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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 17:02

et-soudain-tout-le-monde-me-manque.jpgJustine est une jeune fille qui tente de construire sa vie. Employée comme manipulatrice radio, elle occupe le salon de sa soeur, et sa vie amoureuse est un peu tourmentée. Mais le plus compliqué, c'est sa relation avec son père, Eli. Car il est intrusif, notamment auprès de ses petits amis, mais surtout totalement égoïste. La cerise sur le gâteau, pour elle, c'est l'annonce de la grossesse de la femme de son père. Justine essaie donc de construire sa vie, et de la rediriger vers les choses qui comptent vraiment.

 

Voilà un film pleins de bons sentiments, et peut-être un peu trop plein, d'ailleurs. Le personnage de Justine (Mélanie Laurent), jeune fille installée dans son métier mais en précarité sur d'autres points, est assez intéressant, car bancal. Jeune fille toujours en déséquilibre, qui cherche un échappatoire dans la création artistique, avec la radiographie d'objets du quotidien.

 

Sa relation avec son père est complexe. Elle a souffert de son absence, de sa distance et de son intrusion. Un père d'ailleurs tout à fait désagréable, antipathique, ce que rend parfaitement Michel Blanc. La galerie des personnages secondaires est assez intéressant, mais manque un peu de profondeur, en particulier celui de la soeur et de son mari (totalement carictural dans sa fatuité, avec ses maquettes d'avion dignes de François Pignon).

 

Heureusement, et je suis totalement d'accord avec Pascale sur ce point, il y a Guillaume Gouix. Déjà vu dans Poupoupidou ou Les beaux mecs, ce jeune homme dégage une puissance, une force tout à fait impressionnante. Et son duo avec Mélanie Laurent, est assez convaincant. Mais hormis la confirmation de Guillaume Gouix, j'ai trouvé le premier film de Jenifer Devoldère un peu léger, par manque soit d'absurdité et de loufoquerie, soit de profondeur. En demi-teinte, donc.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 22:00

la-nuit-du-chasseur.jpgCertains films sont des petits miracles. Et des grandes merveilles. La nuit du chasseur en est l'exemple parfait. Film tiré du seul 'un roman écrit par Davis Grubb, seul film réalisé par l'acteur Charles Laughton, il est aujourd'hui considéré comme un des plus grands films du cinéma. Et il le mérite totalement. Et, très bonne nouvelle, Carlotta films (qui fait un remarquable travail de diffusion et de restauration) diffuse une version restaurée du film. Et au cinéma, La nuit du chasseur prend toute son ampleur.

 

Car c'est sur grand écran que la merveilleuse mise en scène et mise en lumière du film prennent toute leur ampleur. Les jeux sur les ombres (celle du chapeau du prêcheur, qui vient se superposer sur l'image du jeune John, la plus connue) ajoutent à la dimension onirique du film, et montrent la maîtrise technique du film.

 

La nuit du chasseur est un merveilleux conte. Sans fée ni Prince Charmant, mais avec un méchant digne de ses grands anciens. Prêcheur (Robert Mitchum dans le rôle de sa vie) est constamment inquiétant, et à aucun moment, on éprouve de sympathie pour cet homme machiavélique, capable des pires atrocités (notamment la manipulation des êtres de son entourage).

 

Autre élément du conte, la présence des enfants au centre du récit. John et Pearl, les frères et soeurs du récit, doivent garder secret l'endroit où est caché l'argent volé par leur père. Et ceci devient très compliqué lorsque Prêcheur, qui connaît l'existence de cette manne financière, cherche à tout prix à convaincre les enfants de leur dévoiler la cachette. Tous les coups sont permis, mais John, du haut de ses 7-8 ans, est prêt au combat.

 

Le film est marqué par de magnifiques scènes, notamment cette grande descente sur le fleuve, avec ces animaux qui parsèment le parcours du bateau des enfants. Ou l'apparition de Prêcheur sur son cheval, entonnant son psaume Leaning. Ou encore la scène où Rachel Cooper défend sa maison avec un fusil et en répondant au psaume de Prêcheur.

 

Un film magnifique, merveilleux, et si vous avez l'occasion de vous rendre au Grand Action (Paris 5eme arrondissement), ne vous en privez surtout pas ! Vous ne le regretterez pas !

 

Le roman de Davis Grubb

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:35

source-code.jpgUn train. Un homme, qui se réveille, et se demande ce qu'il fait là. Une femme lui parle, l'appelle Sean, et semble bien le connaître, puisqu'elle lui raconte sa vie. Mais notre homme ne comprend pas pourquoi on lui parle, pourquoi il est dans ce train de la banlieue de Chicago. Et c'est lorsque le train est victime d'un attentat qu'il découvre la vérité.

 

Voici, rapidement, un résumé des huit premières du film, et je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer les raisons pour lesquelles notre homme est dans le train. Car il est assez intéressant d'arriver vierge devant le film de Duncan Jones, pour profiter pleinement de l'effet de surprise. Et découvrir, petit à petit, la vie de Colter Stevens, que cette femme dans le train s'évertue à appeler Sean.

 

Le film est prenant, monté de manière assez énergique pour emporter le spectateur sans trop de problème. Pourtant, ce n'était pas gagné, car cela démarre un peu comme un n-ième film avec super-héros qui sauve la monde des dangeureux terroristes, un  mélange de Bruce Willis et de Jack Bauer lancé dans un train de banlieue.

 

Mais le film est bien plus subtil que ce qu'il montre au premier abord. Tout d'abord par sa construction, très maligne et subtile, jamais répétitive (alors que ça aurait très bien pu l'être). Ensuite parce qu'on sort parfois du train, et qu'on découvre pourquoi Colter Stevens est là, et pour quoi faire. Et c'est peut-être là que le film devient le plus intéressant, dans sa description de scientifiques démiurges, prêt à tout pour imposer coûte que coûte leur vision du progrès technique.

 

Et il ne faut pas retirer leur mérites aux acteurs principaux, en particulier à Jake Gyllenhall, très séduisant dans ce rôle d'homme hanté par une histoire dont il ne découvre les tenants et aboutissants que progressivement. Mais aussi à Michelle Monaghan, qui permet que l'histoire prenne un tournant romantique par moment, et à Vera Farmiga.

 

J'ai bien conscience que vous n'aurez pas une parfaite vision du film en lisant ce billet, mais je conseille de découvrir ce qui se cache derrière Colter Stevens vous-même, pour garder le plaisir de l'intrigue.

 

Le très bon billet de Pascale, qui n'en dévoile pas trop, et qui m'a incité à choisir ce film-là (et je l'en remercie).

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:24

cirkus-columbia.jpgAprès 20 ans d'exil en Allemagne, Divko revient en Bosnie, son pays d'origine. Le régime communiste vient de tomber, et tout semble possible. L'occasion pour lui de relancer sa vie, en divorçant de sa femme Lucija restée sur place, et d'épouser Azra, la jeune femme qui l'accompagne dans sa mercedes. Mais Lucija ne se laisse pas faire, et avec l'aide de son fils Martin, elle fait tout pour défendre sa dignité. Mais le retour au calme n'est que de courte durée car au loin, les opérations militaires reprennent, sur fond de haines nationalistes.

 

Voilà un film qui mérite vraiment d'être vu (malheureusement, il n'a été que peu distribué, et c'est bien immérité). Car Denis Tanovic, en racontant cette histoire de retour sur la terre natale avec fond de fin de régime communiste et de guerre civile qui couve, maîtrise admirablement son sujet.

 

Ca démarre comme une comédie burlesque, avec Martin, qui fait de la radio en amateur, et qui manque de tuer sa mère en faisant tomber une tuile du toit. Ou avec Divko, obligé d'attendre le retour du patron pour récupérer sa monnaie à la station-service. Cette dimension burlesque sera un fil rouge du film, avec le passage hilarant de la recherche du chat perdu par Divko, sans qui il ne parvient à vivre.

 

Mais peu à peu, l'angoisse s'instille. Entre Martin et son meilleur ami, les relations se tendent. L'ancien maire communiste, qui est resté dans le village, se fait tabasser un soir, devant chez lui. Et les bruits des opérations militaires au loin se font de plus en plus proches. C'est dans ce contexte de crise, de montée des haines et des peurs que se débattent tous ces personnages, interprêtés par une troupe d'acteur formidable (Miki Manojlovic en tête, mais aussi Mira Furlan ou Boris Ler). La grande force du metteur en scène est de concentrer son attention sur eux, leur vie, leurs sentiments, avec un regard souvent touchant et drôle, tout en gardant un oeil sur ce qui se trame et qui aura une influence considérable sur leur existence.

 

Cirkus Columbia n'est pas un film de guerre au sens propre du terme, mais cette dernière irrigue l'ensemble du film. Et je crois n'avoir jamis vu de manière assez réaliste comment, avec les combats, des amis deviennent des ennemis, et comment un idéal légitime (la chute de la dictature communiste) est totalement dévoyé au profit de règlement de compte racistes et nationalistes. Chapeau Mr Tanovic, votre film rend merveilleusement ce moment douloureux et souvent irrationnel de l'avant-guerre !

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 22:05

philibert.jpgPhilibert s'est toujours cru le fils d'un cultivateur d'artichauts breton. Quand son père meurt, il lui annonce qu'il n'a fait que l'adopter, le recevant des mains de son vrai père tué par un bourguignon, le Duc d'Artois, celui avec une tache de vin en forme de rose. Philibert, armé de ses multiples collants colorés et élastiques, se met donc en route pour retrouver l'assassin de son père, et fera des rencontres assez imprévues...

 

Alors là, c'est de la parodie au sens plein du terme. Aucun souci de vraisemblance, ni dans le récit ni dans la reconstitution historique, on est dans la parodie d'oeuvres qui prenaient déjà leurs aises avec l'histoire. Les décors sont de carton-pâte, les rires de gorge et les amours éternels. Du coup, l'accumulation de traits décalés fait qu'il est difficile de tenir une intrigue sur 90 minutes, et Sylvain Fusée a d'ailleurs un peu de mal à le faire. Car quand les originaux sont déjà des oeuvres très marquées, avec des personnages souvent caricaturaux, il est difficile de faire plus royaliste que le roi.

 

Du coup, ce qui marche avec OSS 117 (même producteurs) et qui est surtout dû au décalage du personnage principal, ne fonctionne pas totalement ici. Car Philibert, incarné par Jérémie Rénier qui ne démérite pas et donne de sa personne, n'est jamais assez ridicule pour devenir sympathique. Un peu trop propre sur lui, et le rire ne vient donc pas.

 

Quelques scènes sont très réussies, comme le soulèvement silencieux des galériens dans la soute, mais l'ensemble manque de souffle. Et aussi d'une intrigue, le second dégré ne pouvant reposer seulement sur les décors et les caricatures de Duc (Alexandre Astier), de page (Manu Payet) ou de princesse (Elodie Navarre, assez convaincante). Dommage, car si le film n'est pas raté, et même par moment réussi, il aurait vraiment mérité meilleur sort. Allez on pourra toujours se consoler avec Jean Marais ou Peau d'âne !

 

L'avis de Pascale

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 10:00

la-pecora-nera.jpgAvant d'être un film, la pecora nera a été une pièce de théâtre et un roman. L'ensemble a été écrit et adapté par Ascanio Celestini, dans ses différentes versions. Ici, il est à la fois derrière et devant la caméra pour raconter l'histoire de Nicola et le chemin qui l'a amené à être interné dans un asile.

 

C'est peu de dire que l'oeuvre est de prime abord déroutante, en raison du point de vue adopté. Une voix off nous guide, celle de Nicola, qui raconte l'histoire au sein de l'internat, le fonctionnement rigide imposé par les religieuses. Pourtant, il est complexe de voir qui parle, car la caméra n'est pas subjective, et donne à voir différents protagonistes. Et quand l'histoire fait des incursions dans le passé de Nicola, le lien entre l'enfant et l'adulte est sensible mais pas évident de suite.

 

L'histoire de Nicola prend peu à peu de l'ampleur, et c'est notamment hors de l'asile que le récit devient le plus intéressant. Les passages sur l'enfance, ces nuits passées dehors alors que ses frères aînés s'amusent avec une fille, et ses jeux avec ses camarades de l'époque sont assez bien rendus. De même, la quête éperdue de Marinella, son amour d'enfance retrouvée par hasard dans un supermarché donne une dimension romantique tout à fait bienvenue, et qui permet un éclairage autre sur la personnalité de Nicola.

 

Le défaut que je trouve finalement au film, c'est de noyer sous une composition un peu trop sophistiquée la volonté de dénoncer les traitements infligés dans les asiles. Du coup, le fait que les méthodes d'ondes électriques ont détruit Nicola ne ressort que peu, alors que c'est un des points abordés apr l'auteur dans sa note d'intention.. Les passages dans l'asile souffrent malheureusement de la volonté permanente de poésie. Mais le film mériterait une deuxième vision, pour le voir à l'aune de la révélation finale, qui apporte un éclairage neuf sur l'ensemble (et qui serait susceptible de modifier cet avis mitigé). Pour autant, je vous conseille de voir cette oeuvre originale et de vous faire votre propre avis, car elle sort des sentiers battus.

 

Un sincère remerciement à Emilie Bramly, qui m'a permis de voir de voir ce film, et même d'assister à une séance de rattrapage (car j'ai parfois du mal à lire les adresses) !

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 12:53

Je-n-ai-rien-oublie.jpgConrad (Connie pour les intimes) est un peu gênant pour ces mêmes intimes : personnage très nature, un poil demeuré, il fait souvent des apparitions au moment où on souhaite qu'il ne soit pas là. Après avoir mis le feu à la maison de Trouville de Thomas, son ami d'enfance qui l'emploie et l'aide, il déboule sans crier gare au mariage de son fils, Philippe. Elvira, la matriarche, ne supporte plus cet homme encombrant. Mais l'état de santé de Connie se dégrade : il perd ses facultés, et la mémoire. Malheureusement pour Elvira, les souvenirs les plus anciens reviennent de plus belle.

 

Adapté de Small world, roman de Martin Suter, Je n'ai rien oublié me laisse une impression de film du dimanche soir : pas extraordinaire, un peu facile, qui se voit sans grande difficulté. La faute à un scénario bancal, à un film qui ne choisit jamais entre chronique d'une déchéance physique et mentale, mélodrame (entre Connie et Elisabeth, l'ex-femme de Thomas) et drame familal dans la bourgeoisie industrielle.

 

Du coup, chacun des genres est traité un peu rapidement, et l'ensemble est assez peu convaincant. En témoigne la scène de la révélation, qui consiste en un monolgue d'Elvira dans sa voiture, alors que la scène d'explication avec son fils est gentimment écartée (et c'est bien dommage). De plus, le montage des scènes est tellement appuyé que l'écran semble crier "Attention, regardez, ce que vous allez voir a de l'importance".

 

Pourtant, le film est plaisant, car le casting réuni par Bruno Chiche est réussi. Outre le petit rôle de Yannick Rénier  (que j'apprécie toujours), on retrouve Françoise Fabian en bourgeoise qui tient la maison d'une poigne de fer, son emploi d'actrice. A ses côtés, Niels Arestrup est un Philippe alcoolique, délaissant sa famille sans scrupule, et Depardieu un malade lunaire, très juste notamment dans la scène au supermarché. La découverte c'est Alexandra Maria Lara, et il est dommage que le personnage de Nathalie Baye (Elisabeth) soit sacrifié, car il aurait mérité plus de place.

 

Une nouvelle fois, un film français se déroule dans un milieu bourgeois, ici issu de l'industrie de l'acier. Thème en vogue actuellement, puisque dans un autre genre, c'est le milieu décrit par Potiche, mais aussi celui de Rapt, de Lucas Belvaux, ou même de l'Arbre et la forêt, de Ducastel et Martineau (avec pour ces deux derniers la présence de Françoise Fabian au générique). Et plus proche, c'est aussi un peu l'ambiance d'Avant l'aube, avec le personnage de la belle-fille qui a un parcours parallèle dans les deux films, et une mère jouée là par Ludmila Mickael. Le cinéma français, à la suite de Chabrol, s'intéresse donc assez au milieu bourgeois, signant souvent des intrigues tournées autour du mensonge, de l'apparence. Je n'ai rien oublié n'est pas la description la plus réussie, mais participe à cet ensemble d'oeuvres traitant de la bourgeoisie.

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:48

tous-les-soleils.jpgAlessandro est professeur de musique à Strasbourg. Il y vit avec sa fille, Irina, adolescente en pleine découverte des passions amoureuses, et son frère Luigi, qui a quitté l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Il mène une vie agréable, passe des week-ends dans la demeure qu'il a acheté à la campagne avec des amis, mais tout n'est pas parfait : il n'a toujours pas réussi à faire le deuil de son épouse, décédée juste après la naissance de leur fille. Ses quelques histoires d'amour n'ont pas duré, et Irina et Luigi ont décidé de prendre en main sa vie sentimentale. C'est sans compter sur la rencontre avec la fille d'une dame âgée à qui il faisait la lecture à l'hôpital.

 

Tous les soleils est assez typiquement le genre de film que je ne me serai pas précipité à aller voir. Une affiche un peu clinquante, une promotion importante, un réalisateur connu pour autre chose dont je ne connais pas le travail. Mais comme j'ai eu la chance de recevoir des places pour assister à une avant-première avec le réalisateur, ç'aurait été dommage de se priver. Et j'ai bien fait de m'y rendre, car Tous les soleils est une comédie très réussie.

 

J'ai d'ailleurs été surpris de voir Philippe Claudel, connu pour son oeuvre littéraire plus sérieuse, aborder ce genre. Mais il s'en tire vraiment bien. Les péripéties de ce père de famille (Stefano Accorsi, vraiment très bon) qui a du mal à accepter que sa fille grandisse (Lisa Cipriani) sont très plaisantes à regarder, et sa rencontre avec Florence (qui m'a fait craindre une baisse de régime en milieu de film, crainte illégitime) prend finalement la place qu'il faut pour ne pas plomber l'ensemble.

 

Philippe Claudel, qui est aussi scénariste, a surtout réussi à marier à merveille les passages comiques et tragiques. Pour les passages comiques, le rôle du frère, interprêté par Néri Marcore, est drôle à souhait. Par moment, il m'a fait penser au colocataire de Hugh Grant dans Coup de foudre à Nothing Hill, par son laisser-aller. Mais Claudel y ajoute une dimension politique qui renforce le comique, comme avec cette factrice qui a le malheur de suivre les conseils de Luigi. On rit souvent, et c'est toujours de très bon coeur, car la construction est très réussie.

 

Côté tragique, cet aspect est tenu apr le duo mère/fille composé par Anouk Aimée et Clotilde Courau. La première est en fin de vie, et Alessandro lui rend visite pour lui faire la lecture. Tout le film est d'ailleurs sous le signe de la littérature, car les livres ou citations littéraires sont très souvent présentes. La seconde est une jeune femme en délicatesse avec son mari et pleine de regrets, qui voit en Alessandro une béquille.

 

Le tout est baigné de soleil, dans la ville de Strasbourg rarement filmée (et pourtant elle le mérite), et la musique occcupe également une place importante (avec une très belle démonstration de tarentelle, danse italienne qu'Alessandro enseigne à l'université). Vraiment une bonne surprise, et si vous avez envie de rire et sourire, ce film est pour vous !

 

Les avis de Fashion, Tamara

 

Ouvrage de Philippe Claudel : Le bruit des trousseaux

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 22:34

avant-l-aube.jpgJacques est le propriétaire d'un grand hôtel des Pyrénées. C'est l'hiver, il neige, et il doit faire tourner son établissement. Y travaille Frédéric, jeune en réinsertion après un séjour en prison, qui a quitté sa famille pour s'installer dans ce paysage parfois hostile. Tout se passe bien, jusqu'à la disparition d'un des clients de l'hôtel. Jacques et son fils, militaire, savent ce qui s'est passé. Frédéric, qui devine l'entourloupe, devient alors un incontournable dans l'entourage de Jacques. Car il faut contrôler le jeune homme.

 

Avant l'aube est une bonne surprise de ce début d'année cinématographique. Dans un cadre propice aux mystères (les Pyrénées en hiver, du côté de Gavarnie), Raphael Jacoulot arrive à marier intrigue policière autour de la disparition du client, et peinture des moeurs de la société aisée de province. Sur l'intrigue policière, le spectateur se demande longtemps ce qui est réellement advenu. Le secret est bien entretenu, et le fait de savoir que Jacques est mouillé ajoute du sel à cette enquête. Ajoutez à cela une flic un peu hors norme, qui dénote totalement dans ce cadre feutrée (Sylvie Testud, très drôle et fraîche), et le tout est réjouissant.

 

Sur l'autre aspect, plus social, on plonge dans cette famille bien son tout rapport. Jacques (Jean-Pierre Bacri, qui n'a besoin d'en faire beaucoup pour exprimer beaucoup) est connu de tous, son établissement renommé, et les gendarmes ses amis. Sa femme (Ludmila Mickael) est elle bourgeoise, conventionnelle : l'important est de sauver les apparences. Le fils gendarme (Xavier Robic) n'y voit aucune opposition, mais la réaction de la belle-fille (Céline Sallette) est moins conforme à l'attente familiale. En quelques scènes, Jacoulot parvient à rendre toute l'inertie et l'absence de scrupules de ce milieu.

 

Mais le film doit beaucoup à Frédéric, incarné par Vincent Rottiers. Son duo avec Bacri, entre attirance et utilisation, est le centre du film. Le personnage de jeune en réinsertion, attiré par des lanternes dont il ne perçoit pas qu'elles peuvent brûler, est totalement convaincant. Son évolution est très crédible, et la chute du film, ouverte, permet d'imaginer tous les possibles.

 

Un très bon film, qui permet de se rendre compte que Chabrol a laissé quelques (bonnes) traces dans le cinéma français.

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 19:06

never-let-me-go.jpgJe n'y connais pas grand chose en science-fiction, mais il y a un genre que j'apprécie : l'anticipation. Dans le sens : pas de grandes balades dans l'espace ou de monde très futuriste, mais voir comment, dans un futur proche, les nouvelles technologies, les choix de sociétés (politiques, écologiques) auront un impact sur nos vies et comportements. C'est dans ce genre que je range le bon film de Mark Romanek, Never let me go. Avec une spécificité pour ce film : c'est de l'anticipation... dans notre passé !

 

Que j'explique : l'innovation en question (que je ne citerai pas pour ménager le suspense) a lieu dans les années 1950, et on suit son application dans les années 1970 à 1990. Les décors sont donc conformes à ce qui existait à l'époque, comme les vêtements ou les véhicules. Pas de risque donc de vieillesse prématurée du film pour cause d'effet de mode dans notre vision du futur (comme en souffre Fahrenheit 451, de Truffaut, par exemple).

 

L'histoire, c'est celle de trois amis, Kathy, Thommy et Ruth. On les découvre enfants, dans une institution austère dirigée par une directrice qui l'est tout autant (Charlotte Rampling). Si les enfants, dans un cocon, ne perçoivent pas le danger qui rôde, une de leurs enseignantes, nouvellement arrivée et rapidement débarquée, les informe de la raison pour laquelle ils sont dans cette institution (Je n'en dirai rien, pour ne pas gâcher votre plaisir).

 

Mais entre les trois amis, l'amitié se transforme en rivalité amoureuse, Ruth piquant Thommy à Kathy. Surtout, les trois jeunes gens savent que leur vie est comptée (pourquoi ? vous ne le saurez pas !!!), et que cet épisode amoureux n'est qu'un moment agréable qui ne peut pas durer.

 

Never let me go, adapté d'un roman de Kazuo Ishiguro, est un film très agréable à voir, très joliment réalisé et interprêté, et intelligemment écrit. Jamais le spectateur n'est pris pour un zozo, et petit à petit, il découvre la  vie de ces trois jeunes gens, pathétiques dans leur foi en une possible survie. Carey Mulligan, Andrew Garfield et Keira Knightley sont tous les trois très bons, offrant à leur personnage la profondeur qui sied au film. De la science-fiction intelligente, intelligible, et qui mérite le déplacement.

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