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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 20:00

http://images.allocine.fr/r_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/74/18/83/19251725.jpgUne famille, dans le salon d'une maison bourgeoise, dit au revoir aux dernières connaissances venues à l'enterrement de Charles, l'un des fils de la famille. Tout le monde entoure Marianne, la mère de Charles, Guillaume, son frère, et Delphine, sa fille. Manque à l'appel Frédérick, le père, qui a décidé de ne pas assister aux funérailles, ce qui a le don d'énerver au plus haut point Guillaume. Mais lorsque le père dévoile pourquoi il n'a pas assisté à l'enterrement, toute la famille est secouée par ce qu'il leur raconte.


Quel plaisir de retrouver le duo Ducastel/Martineau avec ce film ! Le thème, un secret de famille dans une famille bourgeoise, et le ton, un huis-clos dans une maison de famille perdue dans la forêt, surprennent, car ils ne correspondent pas forcément à l'univers habituel des deux réalisateurs. Pourtant, ils se révèlent extrêmement doués pour dépeindre avec délicatesse ce petit univers clos sur lui-même.


Chaque personnage, en quelques images, quelques scènes-clés, prend de l'ampleur, de l'épaisseur, et ils vivent tous devant nous. Au centre de la famille, il y a le couple de Frédérick et de Marianne, couple qui a connu une histoire mouvementée, mais dans lequel on sent toute la tendresse, tout l'amour qui les unit. Guy Marchand et Françoise Fabian sont admirables de sobriété, et chacun réussit à faire sentir dans son personnage le poids du passé. A leurs côtés, on retrouve le frère défait (François Négret, l'inconnu du casting, mais qui ne démérite pas) par la mort de Charles et par l'aveu de son père. Blessé surtout car Charles connaissait ce secret, contrairement à lui, laissé à l'écart. Et puis il y a la famille de Charles, son ex-femme, qui fait de la demeure de ses ex-beaux parents un refuge, un endroit où elle se sent à l'aise. Sa discussion nocturne avec Marianne est passionnante, touchante. Catherine Mouchet donne à ce personnage une distance, une forme de naïveté (son « mais qui n'a pas de problème avec son papa ou avec sa maman » restera dans les annales) qui apporte une touche de légereté bienvenue au film. Puis il y a la fille, Delphine (Sabrina Seveycou) et son compagnon (Yannick Rénier, que j'aime vraiment beaucoup). C'est elle qui va vivre le plus mal la révélation de son grand-père, et ce qu'elle apprend de son père la blesse, comme si elle ne voulait pas y croire. D'abord peu touchée par la mort de son père, elle découvre peu à peu tout ce qui lui a manqué. Heureusement, Rémi est là pour essayer de faire le lien entre les membres de la famille, et pour prendre en main la logistique.


L'autre point fort de ce film est la musique, Wagner que Frédérick écoute en boucle et avec lequel il réveille la maisonnée tous les matins. Manie dont on découvrira les raisons intimes au cours du film. Et il y a cette scène, où Catherine Mouchet choisit de mettre un concerto de Mozart, uniquement car il fait pleurer. Et effectivement, Delphine pleure (et je l'ai accompagnée, d'ailleurs), dans les bras de Rémi. Scène que j'ai trouvé magnifique, à l'image de l'ensemble du film, pour lequel j'ai une immense tendresse (comme pour beaucoup des oeuvres de Ducastel et Martineau, comme Jeanne et le garçon formidable, merveilleux, ou Crustacés et coquillages, sur un autre registre mais tout aussi intelligent). Bref, découvrez les films de Ducastel et Martineau, car ils sont vraiment tous très bons !

Autre film de Ducastel et Martineau : Nés en 68

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commentaires

cathe 14/04/2010 18:55



Je note :-)



Yohan 21/04/2010 15:51



Tu fais bien, car il vaut le coup d'oeil !



cathe 12/04/2010 19:17



Tout à fait d'accord avec toi. Et je ne connais pas les autres films de Ducastel et Martineau mais tu me donnes envie de les voir :-)



Yohan 14/04/2010 08:19



Dans ce cas, je te conseille vivement Jeanne et le garçon formidable, comédie musicale sur la maldie et l'absence, thèùes a priori paradoxaux mais le résultat est tout à fait admirable !