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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 22:34

avant-l-aube.jpgJacques est le propriétaire d'un grand hôtel des Pyrénées. C'est l'hiver, il neige, et il doit faire tourner son établissement. Y travaille Frédéric, jeune en réinsertion après un séjour en prison, qui a quitté sa famille pour s'installer dans ce paysage parfois hostile. Tout se passe bien, jusqu'à la disparition d'un des clients de l'hôtel. Jacques et son fils, militaire, savent ce qui s'est passé. Frédéric, qui devine l'entourloupe, devient alors un incontournable dans l'entourage de Jacques. Car il faut contrôler le jeune homme.

 

Avant l'aube est une bonne surprise de ce début d'année cinématographique. Dans un cadre propice aux mystères (les Pyrénées en hiver, du côté de Gavarnie), Raphael Jacoulot arrive à marier intrigue policière autour de la disparition du client, et peinture des moeurs de la société aisée de province. Sur l'intrigue policière, le spectateur se demande longtemps ce qui est réellement advenu. Le secret est bien entretenu, et le fait de savoir que Jacques est mouillé ajoute du sel à cette enquête. Ajoutez à cela une flic un peu hors norme, qui dénote totalement dans ce cadre feutrée (Sylvie Testud, très drôle et fraîche), et le tout est réjouissant.

 

Sur l'autre aspect, plus social, on plonge dans cette famille bien son tout rapport. Jacques (Jean-Pierre Bacri, qui n'a besoin d'en faire beaucoup pour exprimer beaucoup) est connu de tous, son établissement renommé, et les gendarmes ses amis. Sa femme (Ludmila Mickael) est elle bourgeoise, conventionnelle : l'important est de sauver les apparences. Le fils gendarme (Xavier Robic) n'y voit aucune opposition, mais la réaction de la belle-fille (Céline Sallette) est moins conforme à l'attente familiale. En quelques scènes, Jacoulot parvient à rendre toute l'inertie et l'absence de scrupules de ce milieu.

 

Mais le film doit beaucoup à Frédéric, incarné par Vincent Rottiers. Son duo avec Bacri, entre attirance et utilisation, est le centre du film. Le personnage de jeune en réinsertion, attiré par des lanternes dont il ne perçoit pas qu'elles peuvent brûler, est totalement convaincant. Son évolution est très crédible, et la chute du film, ouverte, permet d'imaginer tous les possibles.

 

Un très bon film, qui permet de se rendre compte que Chabrol a laissé quelques (bonnes) traces dans le cinéma français.

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commentaires

Francdorian 02/05/2011 09:46



Bacri, toujours excellent ! Sylvie Testut, j'adore cette actrice aussi douée pour les rôles comiques que pour la tragédie (souvenez-vous des soeurs Papin), les autres acteurs bien à leur place,
la neige omniprésente, le magnifique décor naturel de nos pyrénées...Tous les ingrédients pour un très bon film.



Yohan 12/05/2011 19:11



Je ne connais pas Sylvie Testud, mais c'est en effet une actrice atypique. Et Bacri est formidable. Effectivement tous les ingrédients sont là pour un grand film, et le mieux, c'est que ça marche
!



Pascale 12/04/2011 09:30



Un des rares grands films de ce début d'année effectivement.


Une ambiance, une histoire et deux acteurs immenses.



Yohan 13/04/2011 12:50



Tu vois, on peut être d'accord parfois !



Titine 29/03/2011 14:18



Entièrement d'accord avec toi, c'est un film très réussi avec d'excellents acteurs. Et cette ambiance à la Simenon/Chabrol m'a enchanté.



Yohan 05/04/2011 19:01



Ravi de voir que ce film a pu trouver quelques spectateurs, il le mérite !