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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 19:45

sur-la-planche.jpgA Tanger, il n'y a pas beaucoup de solutions pour les jeunes filles : c'est le chômage, le travail dans les usines textiles de la zone franche ou le décortiquage des crevettes. Badia est ce qu'on appelle une fille-crevette : toute la journée, elle est assise dans une grande salle à la lumière blanche où elle s'occupe des crevettes avec des gestes mécaniques. Le problème, c'est l'odeur : Badia ne la supporte pas et se frotte désespérément, pour essayer de faire passer cette abominable puanteur. Avec Imane, son amie, elle tente de donner un peu de sens à sa vie. La rencontre avec deux autres filles, des textiles, va apporter un peu de piment. Et quelques larcins apportent du beurre dans les épinards.

 

Sur la planche est un film qui prend aux tripes. Les premières scènes mettent immédiatement dans le ton : le spectateur est pris à parti par la logorrhée de Badia, qui parle avec un débit impressionnant et un accent marqué. La caméra suit l'énergie du personnage principal : tourbillonnante, elle ne laisse pas de repos. Puis le film se pose : on découvre alors l'histoire de ces jeunes femmes, obligées de travailler pour payer leurs logements miteux en location. Dans le rôle de Badia, la jeune Soufia Issami est très convaincante et la mise en scène de Leïla Kilani permet de concilier l'intrigue (une simple histoire d'arnaque et de vol) et description du Maroc contemporain.

 

Car outre l'histoire édifiante des personnages, le plus du film est de donner à voir la vie à Tanger. Ville en pleine expansion économique, elle est un lieu d'immigration pour les marocains, qui quittent les autres villes pour y trouver du travail. Les intérêts économiques sont protégés dans la zone franche, où les allers et venues sont contrôlés par les autorités policières. Les conditions de travail difficile des ouvrières ne les protègent toutefois pas des conséquences de la mondialisation : les délocalisations pour l'Asie ne les épargnent pas.

 

C'est un film pour lequel il faut être en forme : l'intrigue n'est pas totalement linéaire et m'a laissé perplexe (même s'il est assez facile de faire des hypothèses plausibles sur ce qui se passe une fois le générique de fin débuté) et la caméra ne ménage pas le spectateur. Mais c'est un film qui mérite cet effort initial, car il est déroutant et riche.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 15:36

sport-de-filles.jpgGracieuse est palefrenière. Jeune femme farouche, elle rêve de posséder un cheval pour le monter à sa guise. Elle réussit à se faire embaucher dans le haras voisin, tenu par Joséphine de Silène. La star du haras, ce ne sont les chevaux, valeurs marchandes, mais le dresseur allemand, Franz Mann. Ancien champion olympique de dressage, il vit de sa passion mais est payé de façon assez misérable. C'est la confrontation entre Mann et Gracieuse qui est au coeur du film.

 

Et Patricia Mazuy rend cette rencontre assez palpitante. Le film met un peu de temps à se mettre en route, et ne devient vraiment intéressant que lorsque Gracieuse rejoint Joséphine de Silène et Franz Mann à Hanovre, pour un concours international. Persuadée de sa capacité à épater le mythique dresseur, elle n'a peur de rien et avec un bandeau sur les yeux, telle un corsaire, elle est prête à tout pour qu'il s'intéresse à elle. Les relations entre ces deux têtes brûlées, l'un qui avoue jouer la pute auprès de ses employeurs, l'autre qui traverse toute la France et l'Allemagne pour rejoindre le lieu du concours, sont prenantes et ambigües, et la fin du film laisse ouvert tous les possibles.

 

Avant cette confrontation, le film est un poil longuet, mais la manière dont Patricia Mazuy filme les chevaux, leurs exercices, leurs muscles, est très intéressante. Ensuite, après cette mise en place où un univers de ruraux taiseux rencontre celui des riches propriétaires de chevaux (le père de Gracieuse vs la riche propriétaire de chevaux américaine), Patricia Mazuy donne une tournure très chabrolienne au film, avec confrontation de classes, de cultures, et démonstration de l'injustice et des inégalités.

 

Au coeur du film, on trouve également deux très bons acteurs, Marina Hands et Bruno Ganz, tous les deux époustouflants dans ces rôles d'êtres humains qui préfèrent les chevaux à leurs congénères. Ce n'est une vision du monde qui me parle beaucoup, mais Patricia Mazuy signe avec Sport de filles (titre étrange !) un film intéressant sur un monde et une culture qui me sont étrangers et qui ne m'intéressaient pas a priori. Preuve ultime que le film est réussi.

 

L'avis de Jérémy

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 18:40

Mi-janvier, au cinéma, c'est festival Télérama. C'est à dire l'occasion, pendant une semaine, de (re)voir les meilleurs films de l'année écoulée, selon la rédaction du magazine. Cette année, sur les 15 sélectionnés, j'en avais vu 11, et la sélection me parait assez logique (un petit regret pour l'absence de Melancholia, et une légère incompréhension face au succès des Bien-aimés). L'occasion de voir deux films laissés de côté au cours de l'année, Drive et Black swan. Deux films que j'ai vu avec un certain plaisir, mais sans un grand enthousiasme.

 

drive.jpgDrive, c'est l'histoire d'un chauffeur, cascadeur et garagiste le jour, client de truand la nuit. Sa vie solitaire et ordonnée est dérangée lorsqu'il fait la rencontre d'Irene, sa voisine. Elle élève seule son fils, et attend la sortie de prison de son mari. Notre chauffeur se prend d'amitié pour la famille et lorsqu'il arrive malheur au mari d'Irene, il décide de le venger.

 

Le film me laisse une impression mitigée. Il y a des moments très réussis, où le sens de la mise en scène de Nicolas Winding Refn et le jeu tout en retenue de Ryan Gosling sont éblouissants (les plans sur son poing qui se ferment sont très réusssis). C'est notamment le cas lors de la scène d'ouverture, poursuite en voiture loin de tous les codes habituels et qui lance le film sous de bons auspices. Malheureusement, le scénario est faiblard, et la mise en scène abuse d'artifices trop voyants pour totalement m'embarquer. Je pense que je suis assez allergique aux ralentis ou aux choix de montage accentués, et Winding Refn choisit ici cette option, malheureusement pour moi. La violence est assez esthétisée et a fini par me mettre mal à l'aise. Un film prometteur, mais qui aurait gagné à une intrigue un poil plus épaisse (ici, on reste sur une banale histoire de vengeance) et à une mise en scène plus sobre.

 

black-swan.jpgBlack Swan est d'un autre acabit. Darren Aronofski plonge le spectateur dans un film qui lorgne vers le film d'horreur. L'histoire est celle de Nina, danseuse qui rêve d'incarner un grand rôle du répertoire. L'opportunité lui est offerte par Thomas Leroy, qui veut qu'elle incarne le cygne blanc et le cygne noir du lac des Cygnes. Mais la schizophrénie du rôle s'empare peu à peu de son interprête.

 

J'ai plus apprécié Black Swan que Drive, sans être totalement convaincu non plus. Outre l'avantage de pouvoir entendre Tchaikovski pendant presque deux heures (tous les extraits musicaux font référence aux musiques du ballet), j'ai trouvé la progression du film assez intéressante. Le démarrage est assez classique, puis on tombe peu à peu dans la folie du personnage. Ce qui relève du rêve ou de la réalité n'est d'ailleurs toujours compris qu'a posteriori, et ce parti pris m'a bien plu. Après, si Natalie Portman est formidable dans le rôle de Nina, le personnage de la mère possessive et étouffante est très attendu, et celui du metteur en scène manipulateur également peu original (Vincent Cassel). Une attention portée aux seconds rôles et à leurs caractères aurait apporté un peu plus de subtilité au film. Mais le final, avec la transformation physique de Nina, est à couper le souffle.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 18:52

ici-bas.jpgDans le Périgord, pendant la seconde guerre mondiale. Soeur Luce s'occupe à l'hôpital des blessés, français ou allemands victimes des attaques des résistants. Un jour, elle est emmenée dans la campagne environnante par le chirurigen, sur les ordres de l'évèque, pour signer un résistant touché par une balle. Le blessé, un homme d'église en plein questionnement sur sa foi, devient pour la jeune femme l'objet d'un amour qui n'est pas réciproque. Ce désir non partagé va être à l'origine de la chute des deux protagonistes.

 

Le sujet du film est puissant : comment concilier la foi, l'amour de Dieu, et le désir physique, contre lequel on s'est battu toute sa vie ? C'est le dilemme qui se pose à Luce, qui ne saura pas résister à la nouveauté qu'incarne Martial. Pour Martial, le dilemme que lui pose sa foi est différent : comment continuer à être croyant quand on combat physiquement l'ennemi  ?

 

De ces deux dilemmes, malheureusement, Jean-Pierre Denis (réalisateur du très touchant La petite chartreuse) n'arrive pas faire un film complet. La première partie, une longue et grande exposition, ressemble à un téléfilm. Téléfilm de qualité certes mais qui n'arrive pas à rendre compte des tourments des deux personnages principaux. Les décors sont assez réussis, mais presque trop propres, et la tension du groupe de résistants n'est pas très palpable.

 

Tout cela s'améliore lorsque les personnages sont ravagés, détruits par cette relation impossible. C'est surtout le personnage de Luce qui est au coeur du sujet. Tiraillée par son amour charnel, elle est prête à tout pour l'assouvir, quitte à enfreindre les règles du couvent. Et lorsqu'elle comprend qu'elle est seule à éprouver les sentiments, elle ne résiste pas et cède face aux pensées les plus basses. Elle assume néanmoins jusqu'au bout ses choix, non pas pour devenir une icône, mais car elle est persuadée que c'est par ce moyen qu'elle arrivera à faire comprendre ses actes.

 

Le traitement du film est donc très classique, et le sujet inspiré d'une histoire ayant eu lieu pendant la seconde guerre. Mais le film ne parvient pas à passe outre son sujet, très fort. Lors de la rencontre qui a suivi la projection, il était d'ailleurs assez frappant de noter que Jean-Pierre Denis évoquait constamment le sujet, qu'il estimait trop abracadrant, un peu comme s'il ne se faisait pas confiance pour le rendre crédible. Loin d'être raté, le long-métrage vaut aussi pour la découverte de Céline Sallette, qui tient le rôle de Soeur Luce avec une aisance et un naturel assez confondant.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 08:12

louise-wimmer.jpgLouise Wimmer tente constamment de joindre les deux bouts. Employée de ménage dans un hôtel, elle complète ses revenus avec un boulot chez un particulier. Elle dort dans sa voiture, devenue le dernier objet qu'elle chérit, car sans sa bagnole, elle n'a plus rien pour se sentir protégée. Et quand le moteur refuse de démarrer, l'angoisse l'étreint. Elle ruse pour pouvoir manger, pour rester propre et pour récupérer quelques pièces.


Autant dire que le film est loin d'être une comédie. En restant au plus près de son personnage, presque de tous les plans et filmé de façon très serrée, Cyril Mennegun rend palpable la tension quotidienne et la crainte de la chute fatale. Car si Louise est presque au fond du trou, elle reste sur la dernière marche qui l'empêche de ne pas sombrer. Elle continue à avoir quelques rapports sexuels réguliers, peut compter sur quelques amis (la tenancière du bistrot qui lui récupère son courrier (Anne Benoît), l'homme avec lequel elle joue au PMU et qui lui répare sa voiture (Jérôme Kircher)). Et cette volonté farouche de ne pas tomber fait toute la force de Louise, qui s'enivre parfois de danse et de Nina Simone pour mieux repartir le lendemain.


On ne sait pas vraiment pourquoi elle en est arrivée là. On sent que la rupture avec son mari, recasée avec une femme bien mise et lisse, l'a détruite, et que sa fille a pris ses distances. Mais on comprend aussi qu'elle refuse de leur demander de l'aide et surtout de leur expliquer la situation dans laquelle elle est. Même l'assistante sociale, déroutée pour ses premiers jours de travail, a du mal à saisir cette femme franche, directe, souvent impressionnante.


Venu du documentaire, Cyril Mennegun en garde les codes et introduit dans le film la subjectivité liée à la fiction, avec une profonde empathie pour Louise Wimmer. Il faut dire que la composition de Corinne Masiéro, pour son premier grand rôle au cinéma, est époustouflante. Résistante, parfois orgueilleuse, elle sait aussi devenir une femme douce, joyeuse, et son regard lorsqu'elle lorgne vers les cités HLM de la ville est un exceptionnel moment de cinéma. Je recommande très chaudement !

 

Les avis de Pascale, Jérémy

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 18:00

let-my-people-go.jpg

Voilà un film drôlement original qui est sorti sur les écrans fin décembre. C'est un premier film non exempt de défauts, avec quelques scènes qui auraient mérité plus d'énergie ou de concision, mais qui prend quelques risques et donne envie de suivre son réalisateur : Mikael Buch.



Tout démarre en Finlande, dans un cadre digne de l'univers de Paasilinna. Ruben, français exilé dans ce pays, est facteur. A l'occasion de la livraison d'un colis, il fait une découverte qui va bouleverser sa relation amoureuse avec son ami, Teemu, et le forcer à revenir en France auprès de sa famille (très) juive. Le film joue sur les clichés liés aux homosexuels ou aux juifs, mais avec une légèreté et une loufoquerie qui ne rendent pas l'ensemble lourd. Et l'intrigue, assez minimaliste, cède le pas au traitement décalé qui donne envie de suivre les péripéties de Ruben.



Car Ruben (Nicolas Maury, très bon) n'est jamais en repos. Harcelé par sa mère (Carmen Maura) qui fait tout pour le remettre dans le monde de la religion, il ne peut pas compter sur son père (Jean-François Stévenin) qui n'a qu'une seule envie : lui présenter sa maîtresse (Aurore Clément). Sa soeur (Amira Casar) est aux prises avec son mari, goy et ancien starlette télévisuelle, qui est banni de la famille pour quelques propos dérangeants ; son frère (Clément Sibony) est un mec, un vrai, chatouilleux sur les questions d'honneur et au coup de poing facile. Et le pire reste Maurice Goldberg (Jean-Luc Bideau), sommité de la communauté juive, qui s'éprend du jeune Ruben lors de la célébration de la fête de Pessah et le harcèle de ses avances.



Le scénario, coécrit par le réalisateur et Christophe Honoré, repose beaucoup sur les personnalités hors normes des personnages. Et ils sont bien servis par des acteurs qui s'amusent visiblement beaucoup. Un exemple de cette folie est la fausse publicité dans laquelle Carmen Mauura tente de vendre un spray pour que les goys deviennent juifs. Une fantaisie agréable, à déguster avec plaisir.

 

L'avis de Pascale

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:06

le-havre.jpgVoir un film de Kaurismaki est une expérience déroutante. Autant, devant L'homme sans passé, je pouvais me dire que cette perte de repères étaitliée à la langue ou aux paysages finlandais qui me sont inconnus. Ces explications ne fonctionnent plus avec Le Havre, puisque le réalisateur finlandais a choisi de tourner en France, en français, avec une majorité d'acteurs locaux.

 

Pourtant, le phénomène de déroute fonctionne encore. Mais ce manque de repères, loin d'être un défaut, donne au film une tonalité et un relief très original. Et ce pour plusieurs raisons.

 

Il y a tout d'abord le fait de se retrouver au Havre, aujourd'hui, mais avec un décor des années 60. Le métier même du héros, cireur de chaussures, est symbolique de cet aspect rétro. Plus globalement, tout ce qui concerne le mobilier ou les moyens de locomotion (ah, cette porte de bus à deux battants qui se replient l'un sur l'autre) est daté. Dans le même temps cohabitent des personnages sortis de cette période (comme le flic joué par Darroussin) et d'autres tout à fait contemporains (les migrants, les CRS, les pêcheurs,...). C'est cette confrontation entre évocation du quotidien des années 70 et problématique contemporaine (le sort des immigrés qui rêvent d'aller à Londres, avec le jeune Miguel Blondin) qui fait tout le sel de ce film.

 

On est donc loin de Welcome, même si le thème est proche. D'autant plus éloigné que le jeu des acteurs est résolument non réaliste. André Wilms, au jeu très hiératique, signe une remarquable performance d'acteur. Si ce qu'il fait paraît simple, il y intègre toute une palette de sentiments, sans quoi le film pourrait être assez plat. A ses côtés, les acteurs sont au niveau, avec le rôle de flic ambigu joué par Darroussin, la femme malade (Katie Outinen) ou une petite apparition glaciale de Jean-Pierre Léaud. Kaurismaki n'oublie pas, dans cette évocation du drame de l'immigration, une pointe d'humour qui ajoute un plus indéniable au film (comme lorsque Marcel Marx, le héros, fait face au directeur de la prison, ou lors du concert de soutien de Little Bob).

 

Une très belle incursion au Havre, à la fois proche et différente de celle du duo Abel/Gordon il y a peu : tout aussi non réaliste et onirique, mais plus convaincante dans le traitement du sujet principal, celui de l'immigration.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:12

17-filles.jpgA Lorient, la jeunesse a peu d'occasions pour s'amuser. Quelques soirées dans les blockhaus de la côte sont les seules sorties amusantes. La vie de nombreuses adolescentes bascule lorsque Camille tombe enceinte et décide de garder le bébé. Elle convainc ses amies que le fait d'être mère sera le début de l'indépendance, et qu'elles pourront construire ensemble une vie différente de celle offerte par leurs parents. 16 camarades tombent ensuite enceinte, et créent avec Camille le groupe des 17 filles.

 

La bande-annonce du film m'avait laissé un peu sceptique, avec la crainte que le traitement soit pop, décalé. J'ai pourtant bien fait de me laisser entraîner, car j'ai beaucoup aimé cette chronique adolescente bretonne. Inspirée d'un fait divers américian, l'intrigue présente la volonté d'émancipation des jeunes filles et tous les stratagèmes développés pour échapper aux contraintes parentales. La jeune Clémentine est même hébergée dans un mobil-home car son père devient menaçant. Les réactions des adultes sont dans l'ensemble assez lamentables, comme celle du principal qui ne trouve rien de mieux que de diffuser le film d'un accouchement pour éteindre les envies de grossesse des lycéennes.

 

Delphine et Muriel Coulin, pour leur premier film, impriment également un rythme très particulier au film. De nombreux plans, sur les immeubles ou sur les lycéennes silencieuses, ponctuent le récit et donnent une dimension supplémentaire à la simple présentation du fait divers. Avec une économie de moyens, quelques mélodies bien choisies, les deux réalisatrices signent un film touchant, se situant à la bonne limite pour ne pas condamner ses jeunes filles ni justifier inconditionnellement leur geste. Unne bonne surprise !

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 11:11

carnage.jpgRoman Polanski, après son excellent Ghost Writer l'an dernier, s'offre une petite récréation avec Carnage. Le film est adapté de la pièce de Yasmina Reza, Le Dieu du carnage, que j'avais vu lors de sa création à Paris. Polanski garde exactement le même rythme et la même histoire, et mes impressions sont identiques : un film plaisant, très bien servi par un excellent quatuor d'acteurs, mais dont le propos reste trop limité pour en faire une oeuvre forte.

 

Les quatre excellents acteurs incarnent deux couples de parents : le premier (Jodie Foster - John C. Reilly) reçoit le second (Christoph Waltz - Kate Winslet, épatante) chez lui pour régler un problème de bagarre entre leurs enfants. Si tout semble pouvoir se régler rapidement, les reproches cachés sortent les uns après les autres, et ce sont finalement les personnalités enfouies qui jaillissent : le beauf lâche, l'homme d'affaires libéral, la femme propre sur elle et réduite au silence, la dame patronesse qui se donne bonne conscience.

 

Polanski reprend la même trame, et hormis les scènes d'ouverture et de fermeture qui mettent en scène les enfants, on reste dans le huis-clos de l'appartement. La tension monte petit à petit, le vernis craque, et quelques scènes risquent de devenir culte. Comme celles où Christoph Waltz dévore un crumble pomme-poire-pain d'épice en parlant au téléphone. Ou lorsque Kate Winslet jette le téléphone dans le vase de tulipe.

 

Film assez réussi dans le genre, mais qui restera certainement une oeuvre mineure dans le parcours cinématographique de Polanski.

 

Autre film de Polanski : The ghost writer

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 07:33

l-art-d-aimer.jpgEmmanuel Mouret signe avec L'art d'aimer un joli film sur les différentes façons d'aimer, et de concevoir la vie amoureuse. Par le biais de sketchs, dans lesquels les personnages finissent par se croiser, il dépeint des histoires parfois compliquées, souvent tendres, mais toujours pleines d'amour et de désir.

 

Au rang de mes préférés, il y a celle de ce couple (Gaspard Ulliel - Elodie Navarre) qui décide de vivre une histoire parallèle. Mais les scrupules les étreignent, et ils finissent dos à dos dans un café, sans se voir. Il y a également l'historie de ce couple mûr (Ariane Ascaride - Philippe Magnan). L'épouse ressent de subites bouffées de désir pour tous les hommes qu'elle croise, avec l'envie d'y répondre. En en parlant à son mari, qui accepte les pulsions de son épouse, elle se libère, et son histoire d'amour avec son mari peut alors continuer.

 

On y trouve une femme soumise à un mari ignoble (Judith Godrèche - Louis-Do de Lencquesaing, détestable à souhait), qui apprend que son meilleur ami est fou d'elle (Laurent Stocker). Elle accepte de coucher avec lui, mais dans le noir. Et elle réussit à mettre en place un stratagème qui ne la compromet pas, jusqu'il soit découvert. Et puis il y a cet homme, en recherche d'histoires sans lendemain (François Cluzet), qui ne comprend pas le jeu de sa voisine, qui veut puis ne veut pas (Frédérique Bel), trouvant toujours les approches non spontanées. On ressent beaucoup de plaisir dans ce film, finalement très sobre, et dans lequel les acteurs semblent tous s'être beaucoup amusés. Un très bon divertissement du dimanche soir.

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