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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 09:26

Simon est maître-nageur dans une piscine de Calais. Ex futur-champion, sa vie est sur une pente descendante : outre ce métier qui l’enthousiasme peu, il doit gérer la séparation avec Marion, son épouse. L’un des griefs de cette séparation est le peu d’intérêt qu’éprouve Simon pour les migrants qui tentent de passer en Angleterre. Alors que Marion s’implique en participant aux distributions alimentaires, Simon préfère l’indifférence. Mais pour épater Marion, lui montrer qu'elle a tort, et pour se persuader lui-même qu’il n’est pas un être sans cœur, il décide d’aider Bilal, jeune garçon de 17 ans qui souhaite rejoindre l’Angleterre à la nage. Mais cette aide dépasse vite le simple soutien, et Simon risque gros, car la police locale n’est pas tendre ni envers les émigrants, ni envers ceux qui leur viennent en aide.


Il est difficile de ne parler que de cinéma devant un tel film, avec un sujet aussi brûlant. D’ailleurs, le ministre de l’immigration (et de l’intégration ?!? Ah, cela m’a échappé, comme au ministre lui-même ! Car quand on comme objectif affiché d'expulser 25 000 personnes, je me demande où est l'intégration) ne s’y est pas trompé, qui par ses déclarations en a fait une œuvre politique. Philippe Lioret signe un film très documenté sur une situation qui perdure depuis maintenant plusieurs années (et ce n’est pas la fermeture médiatisée de Sangatte qui a arrangé tous les problèmes. Mais comme les média ne s’y intéressaient plus, il est bon que Philippe Lioret y revienne). Le spectateur découvre les techniques utilisées pour grimper dans un camion, apprend avec effroi l’usage qui est fait de ces sacs plastique indispensables pour ne pas se faire prendre et réalise, à son échelle de spectateur bien calé dans son fauteuil, l’inhumanité de ces traitements : personnes marquées au feutre pour que les policiers les reconnaissent plus facilement, tensions entre les migrants qui se battent pour se nourrir,...


La dénonciation du sort réservé aux migrants prend place dans un cadre fictionnel et romanesque, et c’est en ce sens que Philippe Lioret signe un très beau film. Rien n’est appuyé de la part du réalisateur. La narration, qui se fait du point de vue de Simon et non de Bilal, permet cette prise de distance qui rend le film plus fort à mon avis qu’un documentaire. On se situe à la place de Simon, de celui qui ne sait pas comment agir, qui refuse de voir les conditions de vie déplorables de ceux qu’il croise dans la rue et à qui on interdit l’accès aux magasins.

 

De plus, l’histoire romanesque est très présente, avec cette histoire d’amour pas réellement terminée entre Simon et Marion, qui fait écho à la volonté de Bilal de rejoindre Londres pour retrouver sa copine, à qui son père promet un mariage forcé. Cette double histoire d’amour donne au film tout son sens, toute sa profondeur, en mettant en avant ce qu’un homme est capable de faire par amour : se mettre hors la loi, ou risquer sa vie en restant dix heures dans une eau à dix dégrés.

 

Vincent Lindon signe là une de ses meilleures prestations (avec Ceux qui restent, film avec Emmanuel Devos). Loin du quarantenaire bourru qu’il joue habituellement, Simon est un personnage hanté par la volonté de reconquérir sa femme à tout prix. Audrey Dana campe une très sobre et intéressante Marion. Bilal est incarné par un jeune amateur, Firat Ayverdi, troublant de vérité.

 

Après Je vais bien, ne t’en fais pas, Philippe Lioret signe un nouveau très beau film. Avec l’aide au scénario d’Olivier Adam, déjà auteur d’un livre sur le problème des migrants (A l’abri de rien), il offre une œuvre maîtrisée, dénonciatrice sans être démonstratrice. Et qui, je l’espère, amène chacun des spectateurs à réfléchir aux diverses privations de liberté qui voient le jour, petit à petit, et à questionner l’envie de certains de nos gouvernants de promouvoir la délation, ce qui n’est pas sans rappeler des épisodes douloureux (comme le marquage au feutre, l’interdiction d’entrer dans les magasins,…).

 

Sur le même sujet, Jean-Pierre Améris avait signé un joli téléfilm, Maman est folle, avec Isabelle Carré. Le traitement était différent, intéressant, mais la charge moins percutante que celle délivrée par Welcome. Un des films importants de ce début d’année, à aller voir !

Les avis de Dasola, Pascale, Ys,...

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commentaires

Patricia 27/03/2009 12:42

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En revanche, je suis désolée pour les polices de caractère de taille diverse et anacharchique - la faute au copier-coller...
Bonne journée,

Yohan 28/03/2009 12:14


Pas de problème, cela met de la diversité ;-)


Ys 27/03/2009 10:32

"dénonciatrice sans être démonstratrice", c'est ce que j'ai le plus apprécié je crois et qui fait la force de ce film.

Yohan 29/03/2009 13:34


C'est rare que les deux éléments se conjuguent, et c'est la force du film de Philippe Lioret, je suis d'accord avec toi.


Laëtitia 26/03/2009 17:27

J'ai lu ton billet en travers car je compte voir "Welcome" ce week-end" mais j'ai cru comprendre que tu l'avais aimé (beaucoup même non ?!), à suivre...

Yohan 26/03/2009 22:50


Mais tu lis très bien, en travers ! Curieux d'avoir ton retour, comme toujours ;-)
Et félicitations pour tes débuts sonorisés sur la toile, c'est intéressant à entendre !


Patricia 26/03/2009 11:31

Autant pour moi ! trouvé sur le site du Pélerin magazine : "
Dans ce téléfilm, le réalisateur Jean-Pierre Améris et l'écrivain Olivier Adam mettent en scène le quotidien d'une mère ordinaire (Isabelle Carré), dont la vie est bouleversée par son engagement auprès des clandestins de Calais.
Attentif au monde qui l'entoure et soucieux de porter à l'écran des histoires qui ont du sens (Je m'appelle Elisabeth, Poids léger, C'est la vie, Mauvaises fréquentations...), Jean-Pierre Améris se rend régulièrement, pendant trois ans, dans la région de Sangat­te. Avec l'écrivain Olivier Adam, il ima­­gi­­­­­­ne un scénario qui mêle au drame des clandestins une autre problématique : « Avec Olivier, nous avions très envie d'écrire l'histoire d'une femme au foyer : quel sens donner à sa vie lorsqu'on est une maman sans pro­­fession ? » Dans la foulée, Olivier Adam écrit A l'abri de rien  (prix Roman France Télévision 2007). « Le téléfilm traite du même sujet que le livre, mais il ne s'agit pas d'une adaptation », souligne le réalisateur."

Yohan 26/03/2009 22:49



Merci de rendre hommage à ma merveilleuse mémoire ;-)))))


Me reste plus qu'à lire A l'abri de rien !



Stephie 25/03/2009 07:40

Je suis également allée voir ce film il y a deux jours, et j'ai été très touchée. Merci pour ton beau billet à ce sujet.

Yohan 25/03/2009 22:39


J'espère que ce film touchera tous les spectateurs qui le verront. Et merci pour le compliment !