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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 16:57
Dans une ville des Etat-Unis, les adeptes du skate board se retrouvent sur un terrain de jeu baptisé Paranoid Park. Cet endroit a été construit par les marginaux de la ville, et est redouté à la fois par les autorités et les plus jeunes des skateurs qui estiment ne pas être à la hauteur du lieu. C'est le cas d'Alex : étudiant, un peu perdu entre la séparation de ses parents et sa relation avec une fille qu'il n'aime pas vraiment et qui n'attend que la perte de sa virginité. Mais, poussé par un de ses camarades, il se rend une première fois avec lui à Paranoid Park, puis se promettent de revenir le week end suivant. Alex, abandonné par son camarade le soir prévu, y retourne seul et se retrouve embarqué dans une drôle d'histoire...

Ce film de Gus van Sant, primé à Cannes et déjà Palme d'or pour Elephant, m'a davantage plus que ce dernier : le personnage est plus fouillé et plus attachant que les protagonistes rencontrés dans Elephant. Ce fait divers morbide, inspiré d'un fait réel, est l'occasion pour le réalisateur d'entrer en profondeur dans la psychologie de son personnage.

Mais je suis plus sceptique sur la mise en scène. D'abord, le film est truffé de longs ralentis, assortis à chaque occasion d'une musique différente. Ce qui rend la bande son très riche et assez agréable, mais qui m'a fait sortir du film à plusieurs reprises : "Pourquoi ce ralenti maintenant et avec cette musique ?". Au niveau scénario, le film est composé de deux parties : une première dans un désordre chronologique avec des scènes cohérentes entre elles, mais dont on sent qu'il manque un lien. Puis une seconde partie qui reprend les scènes du début en comblant les trous. La répétition de ces séquences est intéressante, même si j'ai trouvé le procédé un peu facile.

Au final, un bon film, mais je ne partage totalement les critiques dithyrambiques que j'ai pu lire dans divers journaux. Le film est tiré d'un livre de Black Nelson.
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 09:36
Lors de la guerre 14-18, une attaque se prépare pour prendre la côte 110. Mais les troupes sont réduites après de nombreux assauts, fatiguées. Le général Mureau, qui dirige cette équipe, décide néanmoins de porter cette attaque, estimant que les hommes sont assez vaillants pour vaincre. Le jour venu, les troupes qui montent à l'assaut sont fauchées par les balles allemandes, et une partie du bataillon ne sort pas des tranchées. Pour punir cet acte de désobéissance, le général Mureau convoque un tribunal de guerre, pour faire un exemple. Le capitaine, qui veut défendre ses troupes, va tout faire pour épargner ces hommes injustement accusés. Et le général Mureau, qui a voulu, lors de l'attaque, tirer sur ses propres troupes lorsqu'elles ne voulaient pas aller à l'attaque, n'est pas au bout de ses surprises.

Un grand film de Stanley Kubrick, sur la bêtise des dirigeants militaires lors de la boucherie que fut la Grande Guerre, et sur l'obstination vaine du capitaine, magistralement interprété par Kirk Douglas, pour protéger ses  troupes injustement accusées. Des scènes magistrales, comme cette scène finale pleine d'émotion où les soldats, buveurs et braillards, se taisent en entendant chanter une jeune allemande. Dans cette période où la désobéissance face à des ordres jugés absurdes devient un délit (comme le cas des personnes sans papiers), la vision de ce film fait résonner des sentiments malheureusement très actuels. Un film éprouvant lors de la grande scène de bataille, mais qu'il est utile et nécessaire de voir pour comprendre  que l'orgueil et l'inhumanité peuvent parfois  être à l'origine de décisions  contestables...
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 09:05

heure-z--ro.jpgAujourd'hui, retour au cinéma avec un film sorti la semaine dernière, adapté d'un roman d'Agatha Christie.

En Bretagne, dans la vieille demeure de la très vénérée Camilla Tressillian, se retrouvent le temps d'un week-end toutes les personnes qui lui sont chères : Thomas, qui revient d'Asie, son neveu Guillaume et sa femme Caroline, Aude, la première femme de Guillaume, Maître Trevoz et Fred Latimer, un ami de Caroline. Tous les invités sont bichonnés par les deux domestiques, Emma et Heurtebise, alors que Marie-Adeline et Mrs Barnett s'occupent de la maîtresse de maison. Ces retrouvailles s'annoncent houleuses, et elles deviennent problématiques lorsque Maître Trevoz est retrouvé mort dans l'escalier de son hôtel, mais surtout lorsque Camilla Tressillian est assassinée dans son lit. Commence alors, pour le commissaire Bataille, la recherche des événements qui ont pu mener à l'heure zéro, celle du crime.

Pascal Thomas adapte pour la seconde fois un roman d'Agatha Christie, après "Mon petit doigt m'a dit", avec Catherine Frot et André Dussolier. Mais le traitement est tout à fait différent : on assiste dans ce film à une sorte de huis clos dans cette villa de Bretagne, avec quelques événements extérieurs. La tension est palpable dès le début du film, avec les altercations entre Guillaume (toujours surprenant Melvil Poupaud) et Caroline (Laura Smet). La tension monte au fil des minutes, et les différentes pistes suivies par le commissaire Bataille(François Morel) sont déroutantes. Danielle Darieux est toujours aussi rayonnante, mention aussi à Alessandra Martines que je connaissais pas. 

Pascal Thomas signe donc un film entre Hitchcock pour le suspens et Chabrol pour la description de la bourgeoisie rentière en vacances. Un film très plaisant, entraînant du début à la fin, et qui laisse au spectateur le temps d'échafauder ses propres hypothèses (ce qui est assez rare !).

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 17:26

jesse-james.jpgMe voici de retour, après une semaine passée à d'autres occupations, pour reprendre le fil de ce blog. Aujourd'hui il est question de cinéma....

A la fin du XIXeme Siècle, Jesse James est connu sur tout le territoire des Etats-Unis : ses larcins font la une des journaux, et il parvient toujours à échapper à la vigilance de la police. Pour son dernier coup organisé avec son frère, il attaque un train avec une nouvelle bande, aui compte notament dans ses rangs les frères Ford et des membres de la famille James. Petit à petit, Robert Ford, le plus jeune des deux frères, obtient la sympathie de Jesse James, et l'accompagne dans ses expéditions. Une relation tumultueuse naît entre eux, d'autant plus que Jesse devient de plus en plus nerveux, se sachant atteint d'une maladie. Il devient irrascible, n'hésite pas à tuer d'anciens membres du clan par paranoïa et les événéments s'enchaînent, jusquà la mort de Jesse James.

Dans ce western, Brad Pitt, dans le rôle de Jesse James, et Casey Affleck, dans celui de Robert Ford, sont tous deux épatants. Ils incarnent de manière très juste ces deux personnages, le premier étant dominateur, et perd peu à peu de sa superbe au fur et à mesure qu'il vieillit. Le second est plus pervers : il idolâtre Jesse, et fait tout pour être à ses côtés. Mais, par jalousie, crainte ou autre chose, il en arrive à tuer son héros. 

Le film ne vaut pas tant pour l'histoire, assez alambiquée et parfois difficile à suivre, que pour la relation qui unit ces deux hommes. Une sorte d'amitié qui naît, sans être très claire pour autant, et qui se traduit par le coup de feu de Robert qui tue Jesse. Cette mort est d'ailleurs selon moi, dans cette version proposée par le réalisateur, plus un suicide qu'un assassinat : Jesse James ne prend plus de précautions, il se sait en fin de vie, et se laisse en quelque sorte tuer par son "ami". Cette hypothèse est en apparente contradiction avec le titre, mais le fait que le tir de Robert Ford soit dans le dos de Jesse explique l'adjectif "lâche" utilisé.

Malgré quelques passages un peu longs, j'ai trouvé ce film très bon, avec Brad Pitt qui retrouve enfin un grand rôle, Casey Affleck très impressionnant, et également une mention spéciale à Sam Rockwell, déjà vu dans Confessions d'un homme dangereux de George Clooney.

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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 07:17

18794900.jpgRetour en Normandie retrace à la fois le retour de Nicolas Philibert (Etre et avoir) sur l'un de ses premiers lieux de tournage, le retour d'acteurs amateurs sur le film qu'ils ont tournés, et le retour de toutes ces personnes sur les 30 ans qui se sont déroulés depuis ce film.

Dans les années 70, René Allio, cinéaste, tourne en Normandie "Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma femme, ma soeur et mon frère". Il est entouré de Nicolas Philibert et de Gérard Mordillat, ses assistants, et tourne à partir d'un livre de Michel Foucault sur le crime commis par Pierre Rivière.

Dans les années 1830, Pierre Rivière assassine sa mère, une de ses soeurs et un de ses frères. Arrêté par la police et condamné à mort, il est gracié et se suicidera en prison 5 ans plus tard.

Cette histoire, très austère, et celle de son film sert de prétexte à Nicolas Philibert pour effectuer un retour sur la vie des acteurs mais aussi sur la sienne : comment les acteurs ont vécu ce film, quelles conséquences apparentes ce tournage a t-il pu avoir sur leur vie depuis ?

Au final, un film parfois austère et très rural (on assiste à l'accouchement d'une truie, on tue le cochon), mais que j'ai trouvé modeste et très honnête : les acteurs amateurs n'hésitent à confier leur difficultés actuelles au réalisateur, comme ses parents dont la fille est malade, et Nicolas Philibert ne nous cache pas les raisons cachées qui l'ont poussé à réaliser ce film : à la fois un hommage à René Allio, mais aussi des raisons plus personnelles. On retrouve aussi des échos à l'actualité : quelle place pour les personnes déséquilibrées face à la justice ; le procès de Pierre Rivière étant un des premiers à avoir fait témoigner des psychologues. Un film très émouvant, que je recommande vivement à ceux qui auront la chance de le voir diffuser près de chez eux : il n'existe pas beaucoup de copies, et il risque de ne pas rester longtemps à l'affiche
.

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