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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:24

cirkus-columbia.jpgAprès 20 ans d'exil en Allemagne, Divko revient en Bosnie, son pays d'origine. Le régime communiste vient de tomber, et tout semble possible. L'occasion pour lui de relancer sa vie, en divorçant de sa femme Lucija restée sur place, et d'épouser Azra, la jeune femme qui l'accompagne dans sa mercedes. Mais Lucija ne se laisse pas faire, et avec l'aide de son fils Martin, elle fait tout pour défendre sa dignité. Mais le retour au calme n'est que de courte durée car au loin, les opérations militaires reprennent, sur fond de haines nationalistes.

 

Voilà un film qui mérite vraiment d'être vu (malheureusement, il n'a été que peu distribué, et c'est bien immérité). Car Denis Tanovic, en racontant cette histoire de retour sur la terre natale avec fond de fin de régime communiste et de guerre civile qui couve, maîtrise admirablement son sujet.

 

Ca démarre comme une comédie burlesque, avec Martin, qui fait de la radio en amateur, et qui manque de tuer sa mère en faisant tomber une tuile du toit. Ou avec Divko, obligé d'attendre le retour du patron pour récupérer sa monnaie à la station-service. Cette dimension burlesque sera un fil rouge du film, avec le passage hilarant de la recherche du chat perdu par Divko, sans qui il ne parvient à vivre.

 

Mais peu à peu, l'angoisse s'instille. Entre Martin et son meilleur ami, les relations se tendent. L'ancien maire communiste, qui est resté dans le village, se fait tabasser un soir, devant chez lui. Et les bruits des opérations militaires au loin se font de plus en plus proches. C'est dans ce contexte de crise, de montée des haines et des peurs que se débattent tous ces personnages, interprêtés par une troupe d'acteur formidable (Miki Manojlovic en tête, mais aussi Mira Furlan ou Boris Ler). La grande force du metteur en scène est de concentrer son attention sur eux, leur vie, leurs sentiments, avec un regard souvent touchant et drôle, tout en gardant un oeil sur ce qui se trame et qui aura une influence considérable sur leur existence.

 

Cirkus Columbia n'est pas un film de guerre au sens propre du terme, mais cette dernière irrigue l'ensemble du film. Et je crois n'avoir jamis vu de manière assez réaliste comment, avec les combats, des amis deviennent des ennemis, et comment un idéal légitime (la chute de la dictature communiste) est totalement dévoyé au profit de règlement de compte racistes et nationalistes. Chapeau Mr Tanovic, votre film rend merveilleusement ce moment douloureux et souvent irrationnel de l'avant-guerre !

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