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  • : Le blog de Yohan
  • : Voici un blog très subjectif sur ce que je vois au cinéma, à la télévision ou au théâtre, sur ce que je lis ou ce que j'entends.
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my-secret-garden.jpg Stanislas Nordey est un fidèle de l'oeuvre de Falk Richter, jeune auteur contemporain allemand. Il met en scène un texte très autobiographique de Richter, qui débute par les réflexions d'un auteur sur le titre de sa future pièce. Mais l'oeuvre va vite dépasser ce simple problème pour aborder à la fois les interrogations intimes du personnage et ses réflexions sur l' histoire allemande d'après-guerre, celle de la croissance et des souvenirs du nazisme.

 

Le spectacle débute par un tour de force. Pendant 45 minutes, Stanislas Nordey est seul en scène, dans un long monologue. Il incarne l'auteur et fait part de ses pensées les plus intimes. Il revient sur son enfance, sur ses parents possessifs qui n'hésitaient pas à fouiller dans ses affaires. Il avoue avoir tout fait pour s'enfuir de cet endroit, pour s'émanciper, de ses parents mais aussi de cette génération allemande marquée malgré elle par les relents du IIIe Reich. Une grande partie du texte tourne d'ailleurs autour de l'héritage nazi que certains acceptent d'assumer comme comédien, et que le personnage de Nordey ne supporte pas.

 

Puis la scène se remplit. Aux côtés de Nordey, Laurent Sauvage et Anne Tismer viennent apporter de l'eau au moulin du premier. Ce n'est pas une vraie interaction qu'on découvre entre les trois personnages, mais ils se répondent néanmoins, en ajoutent dans l'analyse de l'expérience nazie. Les trois acteurs occupent admirablement le grand plateau et donnent vie à ce très beau texte.

 

Sur le plateau, le décor est minimaliste, uniquement constitué d'un mur fait de grands boîtes metalliques. Ces boîtes prendront vie, pour en fin de pièce mettre en relief ce qui était conté au début. Et ce texte parfois pessimiste, condamnant le matérialsime galopant de nos sociétés, se termine par un barbecue sur une pelouse synthétique. Le seul et faible rayon de lumière de cette très belle pièce.


Le spectacle se joue prochainement à Grenoble (24-25 mai), Cergy-Pontoise (30 mai) et Paris, au théâtre du Rond-Point du 7 au 24 juin.  

Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 08:10
- Par Yohan - Publié dans : Au théâtre
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chercher-le-garcon.jpgEmilie cherche l'âme soeur. Alors que ses essais sont infructueux, elle décide de s'inscrire sur Meet Me, site de rencontre en ligne. Emilie va donc additionner les rencontres, avec des hommes très différents, allant plus ou moins loin avec eux. Chercher est le garçon est un film léger, qui nous emmène dans les paysages de Marseille, à la poursuite du grand amour.

 

Sophie Cattani est délicieuse dans le rôle-titre. D'abord perdue devant ces hommes dont elle ne connaît qu'un vague pseudo (les yeux bleu, foot_13, tous plus exotiques les uns que les autres) et dont elle ne partage pas les aspirations, elle prend peu à peu ses marques et confiance en elle.

 

Les hommes sont tous très intéressants à découvrir, de celui qui pense que l'homme doit se comporter comme un bonobo au motard incapable de respecter un rendez-vous. Il y a des poètes, des hableurs (comme Yough Grant, inoubliable dans le rôle du fan inconditionnel de l'acteur anglais), des fans de palymobil,....

 

Et il y a des très beaux moments, comme ce dîner chez la cousine (Aurélie Vaneck qui tient son propre rôle d'actrice dans un feuilleton marseillais à succès). Il y a aussi la rencontre de Gérard, le coureur à pied qui devient un intime d'Emilie, en tout bien tout honneur. Et qui donne à Emilie sa devise, qu'elle applique à la lettre : "Quand tu cours, t'endorfes, t'endorfes, t'endorfes". Et tout cela se finit par une balade en bateau vers les îles du Frioul. Un très joli film qui traite finement des questions de l'amour et de ses affres.

 

L'avis de Pascale

Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 07:32
- Par Yohan - Publié dans : Films
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rebecca.jpg Après Le chien des Baskerville, le deuxième roman qui m'a accompagné en Angleterre est l'ouvrage le plus connu de Daphné du Maurier. Et je dois bien avouer que je ne regrette pas une seconde ma promenade en Cornouailles sur les traces de Rebecca !

 

Dès le premier chapitre, le lecteur est embarqué dans cette histoire. Et même dès la première phrase : "J'ai rêvé l'autre nuit que je retournais à Manderley". Car entre Manderley, ce domaine fastueux et rêvé, et Rebecca, la première femme de Max de Winter tragiquement disparue en mer, le lecteur ne va cesser d'imaginer ce que peuvent évoquer ces noms.

 

Manderley, le lecteur le verra, par les yeux de la narratrice, seconde épouse de Max de Winter qui vient s'installer sur le domaine. En revanche, Rebecca restera un mystère, un fantôme contre lequel la narratrice viendra buter. Car cette dernière ne cesse de se comparer à celle qui a laissé un souvenir incomparable à tous ceux qui l'ont cotoyée. Au premier rang desquel Mrs Danvers, la gouvernante de Manderley qui ne rate aucune occasion pour rappeler à la nouvelle venue qu'elle n'est pas digne de Rebecca.

 

Le roman est vraiment haletant. Il débute à Monte-Carlo, où notre héroïne est au service d'une riche femme sans scrupule. C'est là qu'elle rencontre Max de Winter, qui deviendra rapidement son mari. A Manderley, elle tente de faire bonne figure, organise un bal costumé pour perpétuer les traditions mais le passé la rattrape toujours. 

 

Hormis l'action palpitante, Daphné du Maurier parvient à dessiner des personnages mémorables. Que ce soit Mrs Danvers, Mrs Van Hopper ou Frank, l'homme de confiance de Max de Winter, ce sont des figures qui restent en tête. Et il y a Rebecca, dont le nom suffit à rappeler la force du roman. C'est vraiment un ouvrage passionnant, admirablement construit, en terme de narration, de rythme, d'intrigue et de psychologie des personnages. Un grand et bel ouvrage, qui fait que vous n'oublierez jamais Rebecca et Manderley !

 

Rebecca de Daphné du Maurier

Traduit de l'anglais par

Ed. Livre de Poche

Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:30
- Par Yohan - Publié dans : Livres
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barbara.jpgBarbara est obligée de quitter Berlin pour s'installer sur la côte Baltique. Elle retrouve un poste à l'hôpital mais pas sa sérénité. La police est-allemande lui reproche d'avoir cherché à fuir vers l'Ouest et Barbara se retrouve sous surveillance. Elle voit donc toutes ses relations par le prisme de cette attention qu'on lui porte, même lorsqu'il s'agit d'un médecin séduisant.

 

Passer après Good bye Lenin et surtout La vie des autres pour décrire le quotidien d'une femme traquée est un peu périlleux. Le réalisateur Christian Petzold arrive à donner par moment une nouvelle vision de la RDA mais sans que son film soit totalement convaincant.

 

Ce qui marche, en tout cas pour moi, c'est le choix de la nature qui est fait ici. Sur la côte baltique, entre dunes et champs, on voit Barbara essayer de fuir cette oppression constante, quitter la ville pour se réfugier dans une forêt ou dans un hôtel et retrouver son amant de l'ouest. La présence de la nature est d'autant plus forte que la photographie, très colorée, la met clairement en valeur. Cela change des tons ocres et beiges de La vie des autres (non pas que je critique la photo de ce film, mais le choix ici permet d'avoir un autre point de vue).

 

Le moins du film, c'est certainement l'intrigue, trop ténue pour vraiment m'intéresser. Les combines de Barbara pour tenter d'échapper à la police, aux fouilles de son appartement et aux fouilles à corps sont intéressantes à voir mais les intrigues secondaires semblent de trop (la jeune fille fugueuse, notamment). Les relations difficiles avec ses collègues féminines, qui voit en elle une berlinoise hautaine, et celles ambigues avec son responsable ne sont finalement pas passionnantes. Le film m'a donc plongé dans un léger ennui, pas forcément désagréable mais dans lequel on se demande quand va se terminer cette histoire qui manque d'énergie. Barbara (Nina Hoss) vit une situation délicate, mais on ne sent jamais l'urgence l'étreindre. Et la fin est finalement un peu trop gentille pour moi. Pas un mauvais film, mais qui manque de rythme et un peu trop survendu à mon goût.

 

L'avis de Pascale

Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 22:20
- Par Yohan - Publié dans : Films
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tyrannosaur.jpg Joseph est un homme blessé, à vif. Un soir de beuverie ordinaire, il frappe avec violence son chien, qui meurt sur le coup. Cette violence, Joseph a du mal à la canaliser, surtout depuis la mort de sa femme. Alors il boit. Le seul qui arrive à lui donner quelques moments de satisfaction, c'est son petit voisin, Sam. Mais là aussi, une mère absente et un beau-père violent offrent un horizon peu favorable au petit gars. C'est sans compter sur la rencontre de Joseph avec Hannah, une femme croyante et gérante d'un dépôt-vente. Alors qu'une relation semble pouvoir unir ces deux êtres blessés, la dureté du quotidien et l'horreur de leurs vies reprennent le dessus.

 

Paddy Considine, pour son premier film, signe un film fort, très bien écrit et mis en scène, et servi par deux excellents acteurs. Tyrannosaur est un film fort car le réalisateur ne nous épargne rien de la noirceur des vies de ces paumés de Glasgow. Entre la boisson qui attire tous les hommes, des relations conjugales inscrites sous le sceau de la violence et de la perversion et un futur pour les jeunes générations très noir, le tableau est loin d'être réjouissant.

 

Pourtant, malgré toute cette obscurité, le film n'est pas une longue succession de scènes aussi démoralisantes les unes que les autres. D'où l'excellence de l'écriture du scénario. Par touche, on ressent l'empathie et les rares moments de détente qui peuvent être offerts à ces êtres meurtris. Ainsi, une réception à l'issue d'un enterrement devient un moment presque joyeux. Scénario très efficace aussi par la tension qu'il arrive à maintenir jusqu'au terme de cette histoire glaçante.

 

Et puis il y a Olivia Colman et Peter Mullan, qui sont tous les deux exceptionnels dans ces rôles. La fragilité d'Hannah répond à la violence susceptible de surgir à tout moment chez Joseph. Deux personnages complexes, psychologiquement très forts rendus parfaitement par leurs interprêtes. Un film tout à fait saisissant à découvrir, dans la veine du très bon cinéma social anglais, digne du Ken Loach de My name is Joe (déjà avec Peter Mullan et déjà à Glasgow !)

 

L'avis de Pascale

Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 20:09
- Par Yohan - Publié dans : Films
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Cela fait longtemps que personne ne s'est torturé les méninges par ici. Alors, en cette période de ponts et de jours fériés, voici quelques images pour que vous puissiez vous amuser. Comme d'habitude, il suffit de donner le titre du film auquel correspond le morceau d'images. Et comme d'habitude, il y a un petit point commun entre tous les films...

 

Pour que le maximum de monde puisse jouer, merci de ne faire qu'une proposition à la fois. Vous pouvez rejouer quand j'ai validé ou non la réponse.

 

Allez, bonne trituration de neurones...

 

1 L'ultime razzia

Trouvé par Flo

10 1

 

Ultime razzia


2 Inside man

Trouvé par Naomi

10 2

 

inside man


3 Ocean's eleven

Trouvé par Rémi

10 3

 

ocean's eleven


4 Un après-midi de chien

Trouvé par Hermine et Hugues

10 4


un après-midi de chien


5 The town

Trouvé par Naomi

10 5

 

the town


6 Louise-Michel

Trouvé par Florence

10 6

 

louise michel


7 Micmacs à tire-larigot

Trouvé par Mister Loup

10 7

 

micmacs


8 Heat, le chefe d'oeuvre !

Trouvé par Florence

10 8

 

heat


9 Ladykillers

Trouvé par Flo

10 9

 

ladykillers


10 L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Trouvé par Pascale

10 10

 

l'assassinat de jesse james


11 Piège de cristal

Trouvé par Rémi

10 11

 

piege de cristal

Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 12:50
- Par Yohan - Publié dans : Jeu et/ou concours
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chien-des-baskerville.jpg Les voyages forment la jeunesse, parait-il. Ils peuvent aussi être le prétexte pour se plonger dans des ouvrages dont on a souvent dit qu'on les lirait un jour, sans avoir jusque là franchi le pas. Ainsi, une petite virée anglaise a été l'occasion de découvrir deux ouvrages grands-bretons, dans le genre "grand classique de la littérature". Le premier d'entre eux est peut-être le titre le plus célèbre de son auteur et de son héros, Sherlock Holmes : Le chien des Baskerville.

 

Bon, pour tout avouer, mon voyage en Angleterre ne m'a pas mené à Londres ou dans la lande de Dartmoor, en Cornouailles. Mais nous sommes tombés, un peu par hasard, sur la tombe de Sir Conan Doyle. Il faut dire qu'elle n'est pas spécialement mise en valeur, perdue dans un petit cimetière de la région de la New Forest (magnifique endroit), entre Southampton et Bournemouth. Bref, tout cela pour dire que j'ai réussi à trouver un lien entre ma lecture et mon périple...

 

Venons-en à ce célèbre chien des Baskerville. Bête fantastique, que personne dans la lande n'a jamais rencontré, mais qui fait faire les pires cauchemars aux descendants des Baskerville. Car c'est elle qui est, semble-t-il, à l'origine de la mort de Charles, l'héritier de la famille. Alors, pour assurer la protection de Henry, qui découvre la propriété et la région, Holmes demande à Watson de faire des recherches sur place pour essayer de coincer la bête. Mais le voisinage ne semble pas toujours coopératif et il faudra à Holmes user de beaucoup de ruses pour vaincre le funeste sort des Baskerville.

 

L'une des forces du récit est de rendre cette bête aussi légendaire pour les personnages que pour le lecteur. Car on en entend parler, on a des descriptions sommaires, mais on ne la rencontre pas. Il faudra attendre longtemps pour comprendre vraiment les raisons de cette légende. Le lecteur se retrouve donc en position de faiblesse par rapport à l'intrigue et c'est un des points forts du récit.

 

Il est d'ailleurs d'autant plus en position de faiblesse qu'il voit tout par les yeux de Watson. Eloigné de Holmes, ce dernier ne saisit pas toutes les manoeuvres du grand détective et ce choix de narration, constant me semble-t-il dans les aventures de Sherlock Holmes, ajoute beaucoup de piment à la lecture.

 

Enfin, autre point fort du roman, le décor de la lande de Dartmoor. Paysage littéraire souvent utilisé et très évocateur (Barbey d'Aurevilly et sa lande de Lessay, Daphné du Maurier et les paysages venteux de L'auberge de la Jamaïque), il est ici rendu encore plus inquiétant notamment par l'évocation des bourbiers. Je crois que je garderai longtemps en tête l'image de ces poneys hennisants, en train de se faire avaler par les bourbiers. Des passages qui font froid dans le dos et qui donne une tonalité très intéressante à cette enquête policière.

 

Le chien des Baskerville d'Arthur Conan Doyle

Traduit de l'anglais par Bernard Tourville

Ed. Livre de Poche Jeunesse 

Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 18:12
- Par Yohan - Publié dans : Livres
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californie-paradis-des-morts-de-faim.jpg Après l'Amérique imaginée par Cécile Coulon, voici que l'Europe est une référence pour un dramaturge américian. Dans Californie paradis des morts de faim, Sam Shepard, surtout connu pour ses talents d'acteurs (Les moissons du ciel, Homo Faber), signe une oeuvre ancrée dans une Amérique pauvre et rurale mais qui lorgne vers le vieux continent.

 

L'intrigue est celle d'une famille qui se déchire. Wesley et Emma, les deux enfants, sont au milieu des querelles qui sparent leur mère, Ella, et leur père, Weston. Sujet de ces disputes : les dépenses inconsidérées du père qui a acheté un bout de désert dont on ne peut rien faire, et la maison, que chacun souhaite vendre pour assouvir ses fantasmes.

 

Plus que les personnages, c'est le lieu où se joue l'intrigue qui est saisissant, dès la lecture. On se trouve dans une la cuisine d'une ferme, avec un mouton installé dans une cage pour tenter de le soigner des verts, ou avec une marmite dans laquelle sont plongés des artichauts, seuls mets que les membres de la famille peuvent se mettre sous la dent.

 

L'intrigue, qui tourne autour de ces relations familiales complexes et de ce rêve de fuite face à cette Amérique qui ne leur apporte pas ce dont ils ont besoin, est marquée par les personnages, sombres. Aucun d'entre eux ne semble capable d'apporter une lueur d'espoir, de permettre aux autres de devenir meilleur. Chacun raisonne uniquement selon son propre intérêt et ne voit pas qu'une mise en commun des difficultés et des problèmes permettrait d'apporter une réponse collective, bien plus efficace.

 

Comme chez Cécile Coulon, l'Amérique rurale dépeinte par Sam Shepard à la fin des années 1970 est loin d'être conforme à celle du rêve d'émancipation et de fortune. Et l'Europe ou le Mexique deviennent alors des pistes pour vaincre la misère qui s'abat sur eux, comme si le Nouveau Monde ne pouvait pas être plus intéressant pour eux qu'un retour dans la vieille Europe. C'est une pièce assez pessimiste sur la construction de l'Amérique, vue par le prisme de cette famille qui se déchire.

 

Californie paradis des morts de faim de Sam Shepard

Adapté de l'anglais par Pierre Laville

Ed. Actes Sud Papiers

Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 18:43
- Par Yohan - Publié dans : Théatre, sur papier
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mefiez-vous-des-enfants-sages.jpgAvant de raconter l'histoire de Thomas Hogan dans Le roi n'a pas sommeil, Cécile Coulon avait déjà emmené ses personnages en Amérique dans son roman précédent. Ici, pas de grande propriété forestière mais une escapade entre désert de l'ouest américain et San Fransisco, dans une famille qui a des difficultés à se construire.

 

Le début du roman permet de faire la rencontre de personnages sans bien saisir les liens qui les unissent. Il y a une jeune fille qui ne rêve que d'une chose : fuir la ville de ses parents pour San Fransisco ; un jeune homme suédois qui débarque aux Etats-Unis ; un homme, Eddy, un peu instable, qui vit une histoire d'amour compliquée.

 

Puis l'intrigue se noue autour de Lua, qui sera le lien entre tous ces personnages. Lua est une jeune fille, qui voit sa vie basculer à cause d'une araignée. Son père l'a ramenée de son travail où il exerce comme chercheur, et la petite bête poilue parvient à s'échapper de la boîte. Commence alors pour Lua une série de cauchemars qui n'est que le début d'une lente descente aux enfers.

 

Une nouvelle fois, Cécile Coulon s'empare du mythe américain tel qu'on peut le percevoir en France pour en faire le prétexte à une histoire très personnelle. Elle décrit avec force l'adolescence de la jeune Lua et parvient à donner vie à l'ensemble de ses personnages, le tout avec une concision qui semble réellement être sa marque de fabrique. Cécile Coulon est définitivement un auteur à suivre.

 

Méfiez-vous des enfants sages de Cécile Coulon

Ed. Viviane Hamy

Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 07:29
- Par Yohan - Publié dans : Livres
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combat-de-coqs-en-Flandre.jpgLes tableaux inspirent souvent les écrivains. Il n'est pas rare soit d'en écrire l'histoire, comme le fait Tracy Chevalier, ou celle des personnages qui le compose (par exemple Philippe Besson dans L'arrière saison). Les éditions Invenit ont décidé de parcourir les musées du Nord-Pas de Calais et de confier à des auteurs l'écriture d'un court essai à propos d'une oeuvre représentative de chacun des établissements.

 

Jean-Bernard Pouy s'est penché sur une tableau de Rémy Cooghe, visible au musée de la Piscine à Roubaix : Combat de coqs en Flandre. Le tableau, visible ici, a été réalisé à la fin du XIXe siècle et représente au premier plan un combat de coqs (joute très populaire dans le Nord et en Belgique), entouré de spectateurs et de parieurs.

 

Dans son essai, Jean-Bernard Pouy fait le choix non pas de faire une plongée historique dans l'oeuvre mais d'évoquer les à-côtés. Il croit reconnaitre dans le public Victor Hugo, au centre de l'oeuvre, personnage qui centralise les regards. Il ne cherche pas à identifier tous les notables de Roubaix qui figurent sans aucun doute dans l'oeuvre. La composition, avec ces gradins verticaux, ce mélange de bourgeois en haut-de-forme et d'ouvriers à casquette, permet de montrer la mixité sociale des ces spectacles.

 

Pour Pouy, le tableau évoque à la fois les débats passionnés de l'Assemblée de la 3eme République et les représentations du monde théâtral, comme celle qu'on peut voir dans Les enfants du Paradis de Marcel Carné. Pouy s'interroge également sur l'argent, omniprésent dans ces salles où les paris s'enchaînent et quasiment absent de la représentation. De même, qui est cet homme au premier plan à droite, qui attire tous les regards, plus intéressés par ce qu'il chche derrière la balustrade que par les coqs qui s'entretuent au milieu de la piste ?

 

C'est une manière très ludique de plonger dans les oeuvres picturales des musées et tout ceci est servi par un très beau travail d'éditeur, avec une reproduction de l'oeuvre en question et différents encarts illustrés qui reprennent des détails du tableau. Un très bel ouvrage, tiré d'une collection qui visite tous les musées du Nord-Pas de Calais.

 

Rémy Cooghe, combat de coqs en Flandres de Jean-Bernard Pouy

Ed. Invenit - Ekphrasis

Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 07:12
- Par Yohan - Publié dans : Livres
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