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  • : Le blog de Yohan
  • : Voici un blog très subjectif sur ce que je vois au cinéma, à la télévision ou au théâtre, sur ce que je lis ou ce que j'entends.
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moumenta2012.jpg Après Anish Kapoor l'an dernier, c'est au tour de Daniel Buren d'investir la verrière du Grand Palais pour cette édition 2012 de Monumenta. Si l'entrée de l'exposition (la billetterie, le fléchage au sol) rappelle le motif noir et blanc qui l'a rendu célèbre, l'installation est autrement plus colorée.

 

Le noir et le blanc reviennent sous la verrière, sur les colonnes qui maintiennent l'installation. Mais ce n'est pas le coeur du dispositif. L'élément prinicpal de l'exposition consiste en de multiples parasols colorés, transparents. Du coup, le spectacle est autant au dessus du spectateurs, avec ces cercles de couleur et de taille différentes, mais aussi au sol, puisque la couleur y est projetée.

 

Sur le coup, l'effet est assez intéressant, mais l'attrait global s'estompe finalement assez vite. J'ai un peu eu l'impression que l'oeuvre de Buren n'avait qu'un seul niveau de lecture dont on avait assez vite fait le tour. D'autant que des éléments annexes commes les miroirs installés au milieu ou la bande sonore diffusée de façon assez étrange ne sont à mon goût pas très bien exploités.

 

Monumenta 2012 reste tout de même une oeuvre intéressante, notamment par le fait qu'elle oblige l'artiste à prendre en compte la taille de la verrière. Mais là encore, en ne jouant presque que sur l'horizontalité, Daniel Buren n'aborde pas du tout la question du volume de la verrière et fait de son oeuvre un objet ludique mais pas une installation mémorable.

 

Au Grand Palais jusqu'au 21 juin

 

L'avis de Zarline

Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 07:32
- Par Yohan - Publié dans : Expositions
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de-rouille-et-d-os.jpg Quelques heures avant le verdict du festival de Cannes, où le film de Jacques Audiard est souvent cité pour récupérer un prix, il est temps de livrer mes impressions sur ce film. Car contrairement aux nombreux avis très élogieux lus un peu partout, sur Internet ou dans les journaux plus reconnus, je n'ai pas été convaincu par le film.

 

De rouille et d'os a des qualités, c'est indéniable. Il faut tout d'abord mentionner l'ensemble de la distribution du film, très juste. Marion Cotillard tient là un rôle digne de son talent, qui m' fait penser à celui de femme vengeresse vue chez Jeunet dans Un long dimanche de fiançailles. Elle impose sa présence et le handicap dont elle est atteint est finalement une force pour elle. A ses côtés, Matthias Schoonaerts, que je découvre mais dont j'avais déjà entendu beaucoup de bien, est glaçant du fait de son absence d'émotion. Ajoutez à cela une violence sourde et un physique impressionnant, et vous vous dites qu'il serait malvenu de le croiser seul dans une ruelle. Corinne Masiero, qui joue ici la soeur de Schoonaerts, confirme tout son potentiel.

 

Autre qualité du film, certaines scènes très réussies. Au premier rang desquelles je mettrai celle où Marion Cotillard, ancienne dresseuse d'orques qui a abandonné le métier suite à une amputation des deux jambes, reprend les gestes qu'elles effectuaient quotidiennement, dans son fauteuil, sur la terrasse en plein soleil. Son retour au Marineland est également très réussi. Globalement, je pense que toutes les scènes avec Marion Cotillard sont globalement réussies. Je suis plus perplexe avec le personnage d'Ali (Matthias Schoonaerts), pour lequel je trouve qu'Audiard se complait dans une violence gratuite et vaine.

 

Mais venons-en à ce qui fâche. Le scénario est pour moi le gros point faible du film. Déjà, les deux personnages principaux, l'handicapé des sentiments et l'handicapée physique, sont des archétypes. Le problème, c'est que je ne les ai pas vus évoluer, prendre de l'épaisseur. Ali reste un homme attiré par la violence, par les magouilles, et même son fils ne lui permet pas de s'assagir. J'ai également eu l'impression qu'Audiard laissé tomber très les personnages secondaires (L'amie de Stéphanie, Céline Sallette, est à peine esquissée) En fait, le vrai problème, c'est que j'ai senti venir toutes les scènes. Il suffit de lier quelques éléments de l'intrigue pour en deviner l'issue. Quand on apprend qu'Ali installe des caméras de vidéosurveillance pour les employés et qu'on sait le métier qu'exerce sa soeur, il n'y pas de surprise. Même chose pour la scène finale avec l'enfant, qu'on sent venir à des kilomètres à partir du moment où ils font un pas sur le lac gelé.

 

Audiard, pourtant scénariste à la base, semble avoir laissé de côté l'intrigue pour se concentrer sur la forme. Si cette dernière est globalement réussie (une réserve sur la violence, trop présente à mon goût), le fond est cousu de fil blanc. Un mélo est généralement assez peu l'occasion de coups de théâtre, mais écrire un scénario convenu à ce point est assez étrange. C'est donc avec une impression très mitigée que je suis donc sorti du film. Mais à vous de vous faire une idée, peut-être suis-je passé un peu à côté.

 

L'avis de Pascale

Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 17:50
- Par Yohan - Publié dans : Films
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my-secret-garden.jpg Stanislas Nordey est un fidèle de l'oeuvre de Falk Richter, jeune auteur contemporain allemand. Il met en scène un texte très autobiographique de Richter, qui débute par les réflexions d'un auteur sur le titre de sa future pièce. Mais l'oeuvre va vite dépasser ce simple problème pour aborder à la fois les interrogations intimes du personnage et ses réflexions sur l' histoire allemande d'après-guerre, celle de la croissance et des souvenirs du nazisme.

 

Le spectacle débute par un tour de force. Pendant 45 minutes, Stanislas Nordey est seul en scène, dans un long monologue. Il incarne l'auteur et fait part de ses pensées les plus intimes. Il revient sur son enfance, sur ses parents possessifs qui n'hésitaient pas à fouiller dans ses affaires. Il avoue avoir tout fait pour s'enfuir de cet endroit, pour s'émanciper, de ses parents mais aussi de cette génération allemande marquée malgré elle par les relents du IIIe Reich. Une grande partie du texte tourne d'ailleurs autour de l'héritage nazi que certains acceptent d'assumer comme comédien, et que le personnage de Nordey ne supporte pas.

 

Puis la scène se remplit. Aux côtés de Nordey, Laurent Sauvage et Anne Tismer viennent apporter de l'eau au moulin du premier. Ce n'est pas une vraie interaction qu'on découvre entre les trois personnages, mais ils se répondent néanmoins, en ajoutent dans l'analyse de l'expérience nazie. Les trois acteurs occupent admirablement le grand plateau et donnent vie à ce très beau texte.

 

Sur le plateau, le décor est minimaliste, uniquement constitué d'un mur fait de grands boîtes metalliques. Ces boîtes prendront vie, pour en fin de pièce mettre en relief ce qui était conté au début. Et ce texte parfois pessimiste, condamnant le matérialsime galopant de nos sociétés, se termine par un barbecue sur une pelouse synthétique. Le seul et faible rayon de lumière de cette très belle pièce.


Le spectacle se joue prochainement à Grenoble (24-25 mai), Cergy-Pontoise (30 mai) et Paris, au théâtre du Rond-Point du 7 au 24 juin.  

Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 08:10
- Par Yohan - Publié dans : Au théâtre
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chercher-le-garcon.jpgEmilie cherche l'âme soeur. Alors que ses essais sont infructueux, elle décide de s'inscrire sur Meet Me, site de rencontre en ligne. Emilie va donc additionner les rencontres, avec des hommes très différents, allant plus ou moins loin avec eux. Chercher est le garçon est un film léger, qui nous emmène dans les paysages de Marseille, à la poursuite du grand amour.

 

Sophie Cattani est délicieuse dans le rôle-titre. D'abord perdue devant ces hommes dont elle ne connaît qu'un vague pseudo (les yeux bleu, foot_13, tous plus exotiques les uns que les autres) et dont elle ne partage pas les aspirations, elle prend peu à peu ses marques et confiance en elle.

 

Les hommes sont tous très intéressants à découvrir, de celui qui pense que l'homme doit se comporter comme un bonobo au motard incapable de respecter un rendez-vous. Il y a des poètes, des hableurs (comme Yough Grant, inoubliable dans le rôle du fan inconditionnel de l'acteur anglais), des fans de palymobil,....

 

Et il y a des très beaux moments, comme ce dîner chez la cousine (Aurélie Vaneck qui tient son propre rôle d'actrice dans un feuilleton marseillais à succès). Il y a aussi la rencontre de Gérard, le coureur à pied qui devient un intime d'Emilie, en tout bien tout honneur. Et qui donne à Emilie sa devise, qu'elle applique à la lettre : "Quand tu cours, t'endorfes, t'endorfes, t'endorfes". Et tout cela se finit par une balade en bateau vers les îles du Frioul. Un très joli film qui traite finement des questions de l'amour et de ses affres.

 

L'avis de Pascale

Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 07:32
- Par Yohan - Publié dans : Films
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rebecca.jpg Après Le chien des Baskerville, le deuxième roman qui m'a accompagné en Angleterre est l'ouvrage le plus connu de Daphné du Maurier. Et je dois bien avouer que je ne regrette pas une seconde ma promenade en Cornouailles sur les traces de Rebecca !

 

Dès le premier chapitre, le lecteur est embarqué dans cette histoire. Et même dès la première phrase : "J'ai rêvé l'autre nuit que je retournais à Manderley". Car entre Manderley, ce domaine fastueux et rêvé, et Rebecca, la première femme de Max de Winter tragiquement disparue en mer, le lecteur ne va cesser d'imaginer ce que peuvent évoquer ces noms.

 

Manderley, le lecteur le verra, par les yeux de la narratrice, seconde épouse de Max de Winter qui vient s'installer sur le domaine. En revanche, Rebecca restera un mystère, un fantôme contre lequel la narratrice viendra buter. Car cette dernière ne cesse de se comparer à celle qui a laissé un souvenir incomparable à tous ceux qui l'ont cotoyée. Au premier rang desquel Mrs Danvers, la gouvernante de Manderley qui ne rate aucune occasion pour rappeler à la nouvelle venue qu'elle n'est pas digne de Rebecca.

 

Le roman est vraiment haletant. Il débute à Monte-Carlo, où notre héroïne est au service d'une riche femme sans scrupule. C'est là qu'elle rencontre Max de Winter, qui deviendra rapidement son mari. A Manderley, elle tente de faire bonne figure, organise un bal costumé pour perpétuer les traditions mais le passé la rattrape toujours. 

 

Hormis l'action palpitante, Daphné du Maurier parvient à dessiner des personnages mémorables. Que ce soit Mrs Danvers, Mrs Van Hopper ou Frank, l'homme de confiance de Max de Winter, ce sont des figures qui restent en tête. Et il y a Rebecca, dont le nom suffit à rappeler la force du roman. C'est vraiment un ouvrage passionnant, admirablement construit, en terme de narration, de rythme, d'intrigue et de psychologie des personnages. Un grand et bel ouvrage, qui fait que vous n'oublierez jamais Rebecca et Manderley !

 

Rebecca de Daphné du Maurier

Traduit de l'anglais par

Ed. Livre de Poche

Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:30
- Par Yohan - Publié dans : Livres
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barbara.jpgBarbara est obligée de quitter Berlin pour s'installer sur la côte Baltique. Elle retrouve un poste à l'hôpital mais pas sa sérénité. La police est-allemande lui reproche d'avoir cherché à fuir vers l'Ouest et Barbara se retrouve sous surveillance. Elle voit donc toutes ses relations par le prisme de cette attention qu'on lui porte, même lorsqu'il s'agit d'un médecin séduisant.

 

Passer après Good bye Lenin et surtout La vie des autres pour décrire le quotidien d'une femme traquée est un peu périlleux. Le réalisateur Christian Petzold arrive à donner par moment une nouvelle vision de la RDA mais sans que son film soit totalement convaincant.

 

Ce qui marche, en tout cas pour moi, c'est le choix de la nature qui est fait ici. Sur la côte baltique, entre dunes et champs, on voit Barbara essayer de fuir cette oppression constante, quitter la ville pour se réfugier dans une forêt ou dans un hôtel et retrouver son amant de l'ouest. La présence de la nature est d'autant plus forte que la photographie, très colorée, la met clairement en valeur. Cela change des tons ocres et beiges de La vie des autres (non pas que je critique la photo de ce film, mais le choix ici permet d'avoir un autre point de vue).

 

Le moins du film, c'est certainement l'intrigue, trop ténue pour vraiment m'intéresser. Les combines de Barbara pour tenter d'échapper à la police, aux fouilles de son appartement et aux fouilles à corps sont intéressantes à voir mais les intrigues secondaires semblent de trop (la jeune fille fugueuse, notamment). Les relations difficiles avec ses collègues féminines, qui voit en elle une berlinoise hautaine, et celles ambigues avec son responsable ne sont finalement pas passionnantes. Le film m'a donc plongé dans un léger ennui, pas forcément désagréable mais dans lequel on se demande quand va se terminer cette histoire qui manque d'énergie. Barbara (Nina Hoss) vit une situation délicate, mais on ne sent jamais l'urgence l'étreindre. Et la fin est finalement un peu trop gentille pour moi. Pas un mauvais film, mais qui manque de rythme et un peu trop survendu à mon goût.

 

L'avis de Pascale

Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 22:20
- Par Yohan - Publié dans : Films
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tyrannosaur.jpg Joseph est un homme blessé, à vif. Un soir de beuverie ordinaire, il frappe avec violence son chien, qui meurt sur le coup. Cette violence, Joseph a du mal à la canaliser, surtout depuis la mort de sa femme. Alors il boit. Le seul qui arrive à lui donner quelques moments de satisfaction, c'est son petit voisin, Sam. Mais là aussi, une mère absente et un beau-père violent offrent un horizon peu favorable au petit gars. C'est sans compter sur la rencontre de Joseph avec Hannah, une femme croyante et gérante d'un dépôt-vente. Alors qu'une relation semble pouvoir unir ces deux êtres blessés, la dureté du quotidien et l'horreur de leurs vies reprennent le dessus.

 

Paddy Considine, pour son premier film, signe un film fort, très bien écrit et mis en scène, et servi par deux excellents acteurs. Tyrannosaur est un film fort car le réalisateur ne nous épargne rien de la noirceur des vies de ces paumés de Glasgow. Entre la boisson qui attire tous les hommes, des relations conjugales inscrites sous le sceau de la violence et de la perversion et un futur pour les jeunes générations très noir, le tableau est loin d'être réjouissant.

 

Pourtant, malgré toute cette obscurité, le film n'est pas une longue succession de scènes aussi démoralisantes les unes que les autres. D'où l'excellence de l'écriture du scénario. Par touche, on ressent l'empathie et les rares moments de détente qui peuvent être offerts à ces êtres meurtris. Ainsi, une réception à l'issue d'un enterrement devient un moment presque joyeux. Scénario très efficace aussi par la tension qu'il arrive à maintenir jusqu'au terme de cette histoire glaçante.

 

Et puis il y a Olivia Colman et Peter Mullan, qui sont tous les deux exceptionnels dans ces rôles. La fragilité d'Hannah répond à la violence susceptible de surgir à tout moment chez Joseph. Deux personnages complexes, psychologiquement très forts rendus parfaitement par leurs interprêtes. Un film tout à fait saisissant à découvrir, dans la veine du très bon cinéma social anglais, digne du Ken Loach de My name is Joe (déjà avec Peter Mullan et déjà à Glasgow !)

 

L'avis de Pascale

Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 20:09
- Par Yohan - Publié dans : Films
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Cela fait longtemps que personne ne s'est torturé les méninges par ici. Alors, en cette période de ponts et de jours fériés, voici quelques images pour que vous puissiez vous amuser. Comme d'habitude, il suffit de donner le titre du film auquel correspond le morceau d'images. Et comme d'habitude, il y a un petit point commun entre tous les films...

 

Pour que le maximum de monde puisse jouer, merci de ne faire qu'une proposition à la fois. Vous pouvez rejouer quand j'ai validé ou non la réponse.

 

Allez, bonne trituration de neurones...

 

1 L'ultime razzia

Trouvé par Flo

10 1

 

Ultime razzia


2 Inside man

Trouvé par Naomi

10 2

 

inside man


3 Ocean's eleven

Trouvé par Rémi

10 3

 

ocean's eleven


4 Un après-midi de chien

Trouvé par Hermine et Hugues

10 4


un après-midi de chien


5 The town

Trouvé par Naomi

10 5

 

the town


6 Louise-Michel

Trouvé par Florence

10 6

 

louise michel


7 Micmacs à tire-larigot

Trouvé par Mister Loup

10 7

 

micmacs


8 Heat, le chefe d'oeuvre !

Trouvé par Florence

10 8

 

heat


9 Ladykillers

Trouvé par Flo

10 9

 

ladykillers


10 L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Trouvé par Pascale

10 10

 

l'assassinat de jesse james


11 Piège de cristal

Trouvé par Rémi

10 11

 

piege de cristal

Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 12:50
- Par Yohan - Publié dans : Jeu et/ou concours
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chien-des-baskerville.jpg Les voyages forment la jeunesse, parait-il. Ils peuvent aussi être le prétexte pour se plonger dans des ouvrages dont on a souvent dit qu'on les lirait un jour, sans avoir jusque là franchi le pas. Ainsi, une petite virée anglaise a été l'occasion de découvrir deux ouvrages grands-bretons, dans le genre "grand classique de la littérature". Le premier d'entre eux est peut-être le titre le plus célèbre de son auteur et de son héros, Sherlock Holmes : Le chien des Baskerville.

 

Bon, pour tout avouer, mon voyage en Angleterre ne m'a pas mené à Londres ou dans la lande de Dartmoor, en Cornouailles. Mais nous sommes tombés, un peu par hasard, sur la tombe de Sir Conan Doyle. Il faut dire qu'elle n'est pas spécialement mise en valeur, perdue dans un petit cimetière de la région de la New Forest (magnifique endroit), entre Southampton et Bournemouth. Bref, tout cela pour dire que j'ai réussi à trouver un lien entre ma lecture et mon périple...

 

Venons-en à ce célèbre chien des Baskerville. Bête fantastique, que personne dans la lande n'a jamais rencontré, mais qui fait faire les pires cauchemars aux descendants des Baskerville. Car c'est elle qui est, semble-t-il, à l'origine de la mort de Charles, l'héritier de la famille. Alors, pour assurer la protection de Henry, qui découvre la propriété et la région, Holmes demande à Watson de faire des recherches sur place pour essayer de coincer la bête. Mais le voisinage ne semble pas toujours coopératif et il faudra à Holmes user de beaucoup de ruses pour vaincre le funeste sort des Baskerville.

 

L'une des forces du récit est de rendre cette bête aussi légendaire pour les personnages que pour le lecteur. Car on en entend parler, on a des descriptions sommaires, mais on ne la rencontre pas. Il faudra attendre longtemps pour comprendre vraiment les raisons de cette légende. Le lecteur se retrouve donc en position de faiblesse par rapport à l'intrigue et c'est un des points forts du récit.

 

Il est d'ailleurs d'autant plus en position de faiblesse qu'il voit tout par les yeux de Watson. Eloigné de Holmes, ce dernier ne saisit pas toutes les manoeuvres du grand détective et ce choix de narration, constant me semble-t-il dans les aventures de Sherlock Holmes, ajoute beaucoup de piment à la lecture.

 

Enfin, autre point fort du roman, le décor de la lande de Dartmoor. Paysage littéraire souvent utilisé et très évocateur (Barbey d'Aurevilly et sa lande de Lessay, Daphné du Maurier et les paysages venteux de L'auberge de la Jamaïque), il est ici rendu encore plus inquiétant notamment par l'évocation des bourbiers. Je crois que je garderai longtemps en tête l'image de ces poneys hennisants, en train de se faire avaler par les bourbiers. Des passages qui font froid dans le dos et qui donne une tonalité très intéressante à cette enquête policière.

 

Le chien des Baskerville d'Arthur Conan Doyle

Traduit de l'anglais par Bernard Tourville

Ed. Livre de Poche Jeunesse 

Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 18:12
- Par Yohan - Publié dans : Livres
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californie-paradis-des-morts-de-faim.jpg Après l'Amérique imaginée par Cécile Coulon, voici que l'Europe est une référence pour un dramaturge américian. Dans Californie paradis des morts de faim, Sam Shepard, surtout connu pour ses talents d'acteurs (Les moissons du ciel, Homo Faber), signe une oeuvre ancrée dans une Amérique pauvre et rurale mais qui lorgne vers le vieux continent.

 

L'intrigue est celle d'une famille qui se déchire. Wesley et Emma, les deux enfants, sont au milieu des querelles qui sparent leur mère, Ella, et leur père, Weston. Sujet de ces disputes : les dépenses inconsidérées du père qui a acheté un bout de désert dont on ne peut rien faire, et la maison, que chacun souhaite vendre pour assouvir ses fantasmes.

 

Plus que les personnages, c'est le lieu où se joue l'intrigue qui est saisissant, dès la lecture. On se trouve dans une la cuisine d'une ferme, avec un mouton installé dans une cage pour tenter de le soigner des verts, ou avec une marmite dans laquelle sont plongés des artichauts, seuls mets que les membres de la famille peuvent se mettre sous la dent.

 

L'intrigue, qui tourne autour de ces relations familiales complexes et de ce rêve de fuite face à cette Amérique qui ne leur apporte pas ce dont ils ont besoin, est marquée par les personnages, sombres. Aucun d'entre eux ne semble capable d'apporter une lueur d'espoir, de permettre aux autres de devenir meilleur. Chacun raisonne uniquement selon son propre intérêt et ne voit pas qu'une mise en commun des difficultés et des problèmes permettrait d'apporter une réponse collective, bien plus efficace.

 

Comme chez Cécile Coulon, l'Amérique rurale dépeinte par Sam Shepard à la fin des années 1970 est loin d'être conforme à celle du rêve d'émancipation et de fortune. Et l'Europe ou le Mexique deviennent alors des pistes pour vaincre la misère qui s'abat sur eux, comme si le Nouveau Monde ne pouvait pas être plus intéressant pour eux qu'un retour dans la vieille Europe. C'est une pièce assez pessimiste sur la construction de l'Amérique, vue par le prisme de cette famille qui se déchire.

 

Californie paradis des morts de faim de Sam Shepard

Adapté de l'anglais par Pierre Laville

Ed. Actes Sud Papiers

Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 18:43
- Par Yohan - Publié dans : Théatre, sur papier
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