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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 08:18

argoJe crois qu'avant de voir un film de Ben Affleck, je ne l'avais jamais vu comme acteur. J'avais un a priori assez négatif sur l'acteur (c'est parfois stupide comment on se construit des idées !). Depuis The town, sa précédente réalisation, j'avais revu mon jugement. Avec Argo, son dernier film, c'est sûr : Ben Affleck a un vrai talent de réalisateur et d'acteur (il joue dans ses deux films et est assez convaincant). Dans Argo, il réussit à rendre une tension assez incroyable, avec une grande efficacité.

 

L'affaire des otages américains en Iran est assez connue. Celle racontée dans ce film l'est moins. A moment de l'invasion de l'ambassade américaine par les manifestants iraniens, six ressortissants américains arrivent à fuir et à se réfugier à l'ambassade canadienne. Mais le Canada ne peut pas éternellement cacher les fuyards recherchés par la police iranienne. La CIA monte donc une grande opération pour les exfiltrer, l'opération Argo.

 

Tout cela semble bien banal, sauf que le prétexte qui va permettre aux ressortissants de s'échapper (ou pas) est le tournage d'un faux film de science-fiction. L'intrigue est donc centrée autour de ce faux projet, de sa naissance dans les bureaux de la CIA à l'imprégnation avec les lieux de tournage à Téhéran, en passant par la recherche des producteurs et des finances. On passe ainsi de Hollywood gangréné par des incapables et des frileux à la vie à Téhéran, gouverné par des extrémistes religieux.

 

Ben Affleck réussit parfaitement ce changement d'univers, régulier dans le film. Il rend également parfaitement la tension parmi les otages, qui ne savent pas s'ils doivent faire confiance à cet huluberlu débarqué de nulle part avec un projet fantaisiste. Surtout, Ben Affleck donne un rythme trépidant à cette histoire. La scène d'ouverture est formidable et donne parfaitement le ton de ce film : on voit les manifestants encercler l'ambassade américaine, avec un mélange d'images d'archives et de fiction tout à fait saisissant.

 

Ben Affleck se donne le beau rôle, celui du potentiel sauveur, mais il n'en fait pas trop et rend son personnage attachant. A ses côtés, beaucoup d'acteurs inconnus pour ma part, tous très convaincants. Il faut néanmoins souligner la performance du duo de producteurs, incarné par John Goodman et Alan Arkin, très drôles. Bref, un film efficace qui décrit une affaire géopolitique cocasse et peu connue.

 

Autre film de Ben Affleck : The town

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 21:32

fantastic-2012-lille-3000.jpgDepuis le début du mois d'octobre, Lille et toute la métropole sont passés à l'heure Fanstastic. Comme c'est devenu maintenant une habitude, l'ensemble des structures culturelles et une grande partie des associations travaillent pour transformer la vie de la métropole pour 3 mois. Cette année, c'est parti pour des voyages vers tous les horizons, y compris les plus inattendus.

 

Pour l'instant, la majeure partie que ce j'ai vu est vraiment plaisant. Tout a commencé avec une parade dans les rues de Lille, terminée par un très beau feu d'artifice. Si les rues étaient bondées (ce qui limite forcément le champ de vision), les créatures volantes présentées étaient assez intrigantes. Un peu plus tard, une parade a eu lieu à Mons-en-Baroeul. En plus petit comité, elle m'a permis de découvrir un excellent groupe de percussions pyrotechniques, le tout dans une ambiance fraiche mais très conviviale.

 

Il y a aussi toutes les installations installées dans le centre-ville de Lille. L'un des symboles de cette édition est la maison à l'envers qui trône dans le Vieux-Lille et qu'on peut visiter. Le nuage de brume au pied de la Gare-Europe est surprenant, et l'installation de Thierry Fournier (un écran qui diffuse ce qui s'est passé à cet endroit 24 heures plus tôt) est très ludique. Ensuite, c'est plus ou moins réussi, comme cette soucoupe volante qui accueille les voyageurs à la gare Lille-Flandres (l'ambiance sonore est vraiment bien rendue, mais elle n'est malheureusement pas permanente). Juste en face de la gare, c'est la dentelle lumineuse qui nous attend. D'abord allumée à moitié, c'était une déception. Aujourd'hui complète, c'est un peu plus intéressant, mais si cela fait beaucoup penser à une grande décoration de Noël.

De même, l'installation à l'opéra souffre d'un lieu d'exposition pas totalement adéquat. Il faut encore que je découvre le terrain de foot bosselé et la création lumineuse de Daan Rosegaarde à l'église Marie-Madeleine, qui valent a priori le coup.

 

Il y a bien sûr les expositions. Au Tri Postal, Phantasia est vraiment très intéressante. Elle renvoie le visiteur à ses peurs, à des univers parfois effrayants, parfois ludiques, et cela donne un ensemble vraiment très réussi. On y découvre notamment toutes les créatures de Nick Cave, faites à partir de matériel de récupération.

Au Palais des Beaux-Arts, on découvre les paysages dans la peinture flamande, en particulier chez Bosch ou Bruegel. On plonge dans un XVIe siècle d'invention, qui mêle religion, mythes grecs ou latins et scènes de la vie quotidienne. Une exposition d'une bonne dimension et avec une présentation très agréable. Dans le même bâtiment, à l'étage en dessous, vous pouvez encore voir l'expo Babel, qui rassemble des oeuvres contemporaines construites autour du mythe. Petite exposition vraiment très intéressante, qui mêle dessin, sculptures, numériques, et permet une plongée passionnante dans la tour.

A l'hospice Comtesse, c'est une immense pieuvre qui accueille les spectateurs, ensuite plongés dans l'arche de Noé. Une installation saisissante !

Les attractions à la gare Saint-Sauveur ne m'ont pas spécialement emballées (me reste à aller dans le train-fantôme !), tandis que celle à la Maison Folie de Wazemmes, autour des liens entre science et fiction, est une bonne piqûre de rappel pour souligner l'ensemble des références scientifiques dans les oeuvres littéraires et cinématographiques.

A voir encore (entre autres) : l'exposition sur la Ville Magique au LAM (Musée d'art moderne), celle sur Marguerite Yourcenar à Cassel ou l'expo Chagall à la Piscine. De quoi faire d'ici le 13 janvier.

 

Il y a encore les spectacles et les projections. J'ai eu la chance de voir une version de Metropolis de Fritz Lang accompagné en ciné-concert par l'orchestre national de Lille. Une belle projection. Les cinémas se mettent aussi à l'heure fantastique avec des rétros. Ce fut l'occasion de revoir sur gand écran Mars attacks, de Tim Burton. Un vrai plaisir.Et les théâtres font de même, comme pour les représentations de La vie est un rêve.

 

Alors, il reste un peu plus d'un mois pour continuer à décourvrir ce qui se passe dans la métropole. Je raterai forcément des choses, mais cette activité culturelle multiforme est vraiment vivifiante ! Alors n'hésitez pas à faire un tour à Lille si vous avez le temps !

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 08:41

in-another-country.jpgCe sont trois histoires qui se déroulent au même endroit, dans une résidence de tourisme d'une petite ville côtière de Corée du Sud. Dans chacune de ces histoires, on retrouve les mêmes personnages : une femme française qui arrive là pour des raisons différentes (attente d'un amant, rencontre avec un collègue cinéaste, volonté de reprendre pied dans une vie où elle est seule), un maître-nageur, des voisins qui la rencontrent et qui essaient de lui voler un baiser,...

 

Si les trois histoires ne se mêlent pas (chacune se développe sans interruption), Hong Sang-soo arrive à manipuler la temporalité grâce aux accessoires : le parapluie de la deuxième histoire revient dans la troisième, on comprend à la fin du film comment cette bouteille de verre est arrivée sur la plage. Ces petites touches permettent de donner un un ton très particulier au film : à la fois avec un certain réalisme, celui de la vie d'une femme prise sous différents angles ; mais aussi un aspect fantastique lié à ces objets qu'on retrouve d'une histoire à l'autre, ou grâce à ce phare (the lighthouse qui done lieu à des scènes assez cocasses) qu'elle ne trouvera jamais, sauf en rêve.

 

Au coeur du film, on retrouve Isabelle Huppert qui obtient là un rôle dans lequel elle est parfaitement à l'aise. Cet aspect décalé, cette légèreté étrange sont des registres dans lesquels elle parvient à pleinement d'exprimer. La voir courir sur ses petits talons, ou d'installer dans une tente avec le maître-nageur sont des moments banals et originaux. A ses côtés, de nombreux acteurs coréens, notamment Yu Junsang qui incarne un maître-nageur qui surveille une plage déserte. Voilà donc un très joli film, qui permet une évasion dans un monde proche et iréel à la fois.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 09:00

pike.jpgPike est un très bon exemple de roman noir. Il y a des meurtres, des armes à feu, des bagarres, de l'alcool et un mystère à élucider. Mais le plus important n'est pas tant la résolution de l'intrigue que l'ambiance qui règne dans l'ouvrage. Ici, c'est bien cette dernière, poisseuse, glauque et violente, qui fait l'intérêt du roman.

 

Comme souvent, dans les romans noirs, on retrouve un flic. Ici, il s'agit de Derrick Krieger, un type odieux qui est poursuivi par toute la ville car il est à l'origine d'émeutes urbaines dans les quartiers : il a abattu un jeune noir qu'il embauchait pour ses trafics. Il a également un intérêt malsain pour une petite fille de douze ans. Sa mère, Sarah, vient d'être retrouvé morte. Le père de Sarah, Pike, un ancien truand, décide de faire la lumière sur la mort de sa fille. Assisté de Rory, son ami, il se met à la recherche des connaissances de sa fille qu'il avait perdu de vue. Mais il n'oublie de protéger sa petite-fille des mauvaises intentions de Krieger.

 

L'intrigue est un peu complexe, et les protagonistes sont très nombreux : on croise des prostituées, amies de Sarah. Le jeune Bogey, une tête brûlée qui ne jure que par l'héroïne et qui prend soin d'un muet en fauteuil roulant, accompagne Pike et Rory pendant une partie de leur quête. Mais le point commun de tous ces personnages, c'est qu'ils sont aussi bêtes, méchants et corrompus les uns que les autres. Alors que le lecteur peut parfois se prendre d'empathie pour le personnage principal, ce n'est pas le cas ici. Pike est certes une victime, mais il n'est pas pour autant recommandable et très sympathique.

Si j'ai trouvé le début du roman très efficace, avec une intrigue qui rentre immédiatement dans le vif du sujet, je me suis un peu perdu en cours d'ouvrage dans l'intrigue. C'est surtout dans la troisième partie, une fois la raison de la mort de Sarah découverte, que j'ai trouvé l'intrigue plus faible. En fait, c'est le personnage de méchant absolu, ici incarné par Derrick Krieger, qui est à mon avis mal exploité. Il apparaît de loin en loin dans l'intrigue et j'ai eu du mal à suivre son évolution et ses raisons d'agir.

 

Après, il faut rendre à Benjamin Withmer sa capacité à rendre haletante cette histoire, qui fait qu'on y plonge avec plaisir. Il est également très fort pour décrire des scènes qui seraient certainement assez insoutenables si elles étaient portées à l'écran. Je pense notamment à la scène de combat dans un bar, qui décrit avec une profusion de détail une bataille au pistolet. Si vous aimez les rencontres avec des personnages antipathiques et les plongées dans un univers sordide et violent, alors, ce roman est pour vous !

 

Pïke de Benjamin Whitmer

Traduit de l'anglais par Jacques Mailhos

Ed. Gallmeister

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 16:36

la-vie-est-un-reve.jpgLa vie est un rêve est certainement la pièce la plus connue du répertoire espagnol du Siècle d'Or, cette période du début du XVIIe qui marque l'essor de la vie culturelle et le début du déclin économique et conquérant du royaume. Pourtant, je n'avais jamais eu l'occasion ni de la lire ni de la voir sur scène. C'est maintenant chose faite avec cette très belle mise en scène de Jacques Vincey.

 

Pourtant, les premières vingt minutes m'ont fait assez peur. L'impression de ne pas bien entendre les acteurs, d'assister à une succession de longs monologues sans échanges entre les personnages m'a fait craindre le pire. Mais passé le premier acte d'exposition, la pièce prend tout son sens et les acteurs, tous très convaincants, ont réussi à donner vie et chair aux personnages et à rendre haletante l'intrigue qui se jouait sur scène.

 

L'histoire, rapidement résumée, est celle de Sigismond. Héritier d'un royaume de Pologne fantasmé (qui fait forcément penser à celui d'Ubu et dont Jarry s'est peut-être inspiré), il est enfermé dans une tour à la demande de son père, le Roi. Ce dernier a lu les astres qui ont prédi un caractère barbare à son fils. D'où l'enfermement, par mesure de précaution. Mais avant de mourir, il décide de donner une chance à son fils, qui ne supporte pas la vie de cour et le mensonge de son père. S'ensuit une lutte politique mettant en scène tous les protagonistes.

 

Comme je l'ai déjà dit, la pièce doit beaucoup aux acteurs sur scène, qui incarnent tous avec une belle énergie leurs personnages. Le plus marquant est certainement, Antoine Kahan, qui joue un Sigismond qui sort de la poussière de son cachot pour atteindre les sommets du pouvoir. A ses côtés, Philippe Morier-Genoud joue un roi altier, dépassé par des événements dont il ne prend pas l'ampleur et Estelle Meyer une dame de compagnie marquée par un lourd secret. Puis il y a le personnage atypique de Clairon (Philippe Vieux), sorte de bouffon qui apporte une touche de burlesque et de comique tout à fait bienvenu. Il faut d'ailleurs rendre hommage à l'acteur et au metteur en scène d'avoir réussi à intégrer de façon aussi naturelle ce personnage étrange.

 

Outre les acteurs, l'ensemble du travail de mise en scène est à souligner. Que ce soit pour le décor, grande boîte dont les murs tombent un à un au fil de l'intrigue, pour la création musicale qui accompagne toute la pièce, pour les costumes, mélange de classique et de moderne, ou pour les lumières, très réussies. L'ensemble de tous ces bons éléments donne un très beau spectacle, qui je vous incite vivement à découvrir !

 

Spectacle à Lille jusqu'au en tournée en décembre, puis en tournée à Marseille, Malakoff (au beau théâtre 71 en janvier 2013), Nantes, Meylan, Le Perreux, Draguignan, Mulhouse.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 10:55

Voilà, c'est le 800eme billet publié sur ce blog. Je n'ai pas spécialement fêté l'anniversaire d'ouverture du blog (5ans au mois d'octobre) mais ce jeu est l'occasion de marquer le coup !

 

Rien de spécial à gagner, comme d'habitude, si ce n'est ma haite haute estime.

 

Voici donc des extraits d'affiche de films dont il faut trouver l'origine.

 

Attention, je rappelle les consignes du jeu, pour que le maximum de personnes puisse jouer :

Une seule réponse à la fois, et on ne rejoue que lorsque j'a confirmé la réponse.

 

C'est fini ! Merci à tous pour votre participation !

 

1 L'étrange histoire de Benjamin Button

Trouvé par Yspaddaden

Benjamin Button

13 1

 

2 Brazil

Trouvé par Incoldblog

Brazil2

13 2

 

3 Fahrenheit 451

Trouvé par Marichola

fahrenheit 451

13 3

 

4 Faust

Trouvé par Florence

faust sokourov

13 4

 

5 Gainsbourg (vie héroïque)

Trouvé par Incoldblog

gainsbourg

13 5

 

6 Home

Trouvé par Laetitia

home meier

13 6

 

7 L'année dernière à Marienbad

Trouvé par Julie

lanneederniere a marienbad

13 7

 

8 Lemming

Trouvé par FredMJG

lemming moll13 8

 

9 Les derniers jours du monde

Trouvé par Laetitia

Les-Derniers-Jours du monde13 9

 

10 Mars attacks

Trouvé par Stéphane

mars attacks

13 10

 

11 Métropolis

Trouvé par Incoldblog

metropolis lang

13 11

 

12 Minuit à Paris

Trouvé par Mister Loup

Midnight In Paris allen13 12

 

13 Rubber

Trouvé par Florence

rubber dupieux

13 13

 

14 Sous le sable

Trouvé par FredMJG

sous le sable

13 14

 

15 Spiderman

Trouvé par Stéphane

spiderman

13 15

 

16 Batman returns

Trouvé par Stéphane

Batman le défi

13 16

 

17 Eternal sunshine of the spotless mind

Trouvé par Julie

Eternal_Sunshine_of_the_Spotless_Mind.jpg

13_17.jpg

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:27

ici-ca-va.jpgLes romans dont on dit qu'ils ont une écriture poétique ne sont généralement pas de grands moments de lecture pour moi. J'aime quand la forme et le fond sont de qualité et s'allient pour donner de la force à un ouvrage. Je suis donc rentré à tâtons dans le roman de Thomas Vinau, mais ai été séduit par l'écriture et la narration de ce court roman.

 

Ici ça va. Ce sont les premiers mots du roman. Celui qui les prononce est un jeune homme. Il a décidé de s'installer avec sa compagne, Ema, dans la maison où il a grandi. Outre les travaux de rénovation ou de jardinage nécessaires pour occuper la maison, ce retour est également pour le narrateur une façon de se retourner sur son histoire personnelle. Car cette maison, c'est celle de ses parents, et elle reste la trace d'un moment familial douloureux. C'est cette brèche que tente de combler le narrateur en s'y installant de nouveau.

 

L'histoire n'est pas forcément originale, et n'est pas sans me rappeler l'excellente bande-dessinée de Manu Larcenet, Le combat ordinaire. Mais la force de ce roman et l'attrait que j'y ai trouvé résident dans les choix de narration. Elle se fait par courts chapitres, qui sont des instantanés de la vie nouvelle de ces jeunes citadins. On se promène dans le jardin ou dans la maison, on retrouve avec le narrateur des objets qui ont marqué son enfance. Tout ceci est servi par une écriture toute en douceur, en impressions, et je me suis laissé baigné par cette ambiance.

 

Mais le roman n'est pas qu'une succession de tableaux impressionnistes plus ou moins colorés. C'est également la confrontation entre un jeune adulte et un passé auquel il doit se confronter pour avancer. On découvre lentement, par touches, le drame familial qui a été une étape décisive dans sa construction. Et la venue de son frère, à la fin du roman, montre qu'une nouvelle marche a été montée. Un très beau roman.

 

Ici ça va de Thomas Vinau

Ed. Alma

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 09:10

traviata-et-nous.jpgUn spectacle d'opéra, mine de rien, est une vraie prouesse. Pour que tout fonctionne, il faut que s'accordent les chanteurs, solistes et choeurs, et l'orchestre, le tout dans une mise en scène précise. C'est dire le nombre de contraintes, techniques et artistiques, qui se pose à chaque représentation. C'est cette alchimie très particulière que décortique ce très beau documentaire.

 

Le réalisateur, Philippe Béziat, a choisi de suivre le travail de Jean-François Sivadier sur la Traviata, l'un des opéras les plus populaires et connus du répertoire. Le spectacle a été présenté lors du festival d'Aix à l'été 2011. Dans le rôle de Violetta, on retrouve Nathalie Dessay, la chanteuse lyrique française la plus populaire du moment. A ses côtés, il y a Charles Castronovo qui incarne Alfredo Germont, celui dont Violetta, malade, tombe follement amoureuse. Puis il y a bien entendu Giorgio Germont, le père, qui pose un ultimatum à Violetta : elle doit renoncer à son amour pour favoriser les destinées de la soeur d'Alfredo. C'est Ludovic Tézier qui prête sa voix au père.

 

La construction du documentaire est très intéressante. Chronologiquement, elle suit le rythme de l'opéra. Du coup, on entend une grande partie de l'opéra, chantée en répétition ou interprétée lors de la générale. Puis, il y a la description de la construction d'une mise en scène. On débute dans une salle de répétition, avec les solistes et un piano, pour débuter la mise en place. On découvre les discussions entre Sivadier et les chanteurs. Nathalie Dessay exprime également sa crainte face à certains airs, qui nécessitent une grande technique et qui ne sont pas évidents à rendre sur scène.

 

Puis, petit à petit, s'ajoutent les choeurs. En parallèle, l'orchestre répète avant de venir lui aussi se greffer à l'ensemble. Enfin, c'est la découverte de la scène, avec des costumes et des maquillages qui s'intègrent peu à peu. Au final, on découvre un petit bout du spectacle, tel qu'il a été donné à voir aux spectateurs.

 

C'est vraiment passionnant de voir cette construction, le travail d'actrice de Nathalie Dessay, qu'on apprend à faire tomber, la réflexion sur la mise en scène de Sivadier. Et puis la Traviata est vraiment un bel opéra, dramatique, fort, violent. Et je ne résiste jamais à la confrontation entre Violetta et Giorgio, dans cet air où il demande à la malheureuse de pleurer. Vraiment, un très beau documentaire !

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:19

au-galop.jpgPaul est un auteur sur le point de publier un nouveau roman. De ce fait, il est souvent chez son éditeur, où il fait la rencontre d'Ada. Elle est en couple, a une fille et sa vie bascule lorsqu'elle rencontre Paul. Mais outre le fait qu'il sème la zizanie dans son couple, Paul est également très occupé de son côté : il élève seule sa fille et doit affronter la mort de son père qui rend sa mère profondément triste.

 

Au galop est d'un genre que j'appelerai "Qualité française" version XXIe Siècle. C'est un film très bien écrit, avec des personnages et des émotions assez subtiles, des comédiens au diapason. Louis-Do de Lencquesaing, réalisateur et acteur, lorgne visiblement vers les productions de Desplechin ou de Christophe Honoré (version Non ma fille tu n'iras pas danser) et reprend un personnage d'intellectuel déjà vu chez Mia Hansen-Love avec Le père de mes enfants. Beaucoup de bons points, donc.

 

De bons points renforcés par de très bons acteurs, au premier rang desquels Marthe Keller. L'atrice suisse est formidable dans le rôle de veuve un peu dérangée, qui ne réalise pas que sa situation financière n'est pas si reluisante que cela et qui refuse d'accepter la mort de son mari. Puis il y a beaucoup de très bons acteurs, comme Alice de Lencquesaing, intéressante dans le rôle de jeune adulte, ou Laurent Capelluto qui mériterait d'être plus souvent à l'écran.

 

Au galop est donc un film réussi, assez subtil. Malheureusement on ne sort que très peu des beaux quartiers, des CSP + ou des professions artistiques et/ou intellectuelles que le cinéma français semble pas mal apprécier. Car si on entrevoit un stade de blanlieue (Saint-Ouen) par l'intermédiaire de l'ami de la fille de Paul, il trouve le moyen de se blesser en escaladant la statue de Louis XIV sur la place des Victoires. Se crée l'impression que les personnages sont irresistiblement attirés par les beaux quartiers, ce qui est parfois un peu lassant et réducteur.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:05

venus-au-phacochere.jpgLa Vénus au phacochère est un titre mystérieux et assez inattendu pour une pièce de théâtre. La Vénus, c'est Misia Nathanson, femme mondaine de la fin du XIXe siècle. Parisienne, amie de Toulouse-Lautrec, de Vuillard ou de Renoir qu'elle invite dans sa demeure bourguignonne, elle vit avec Thadée Nathanson, directeur de la Revue blanche. Tout se déroule paisiblement jusqu'à ce qu'elle rencontre Alfred Edwards, un homme malpoli, rude, déplaisant mais qui saura, à force d'insistance, se faire une place dans la vie de Misia, au point de l'amener à divorcer.

 

Christian Siméon raconte donc une histoire d'adultère et de séparation sur fond de climat de la Belle-Epoque, avec le tout-Paris culturel qui défile. Outre les peintres déjà cités, Alfred Jarry et Sarah Bernhardt sont protagonistes de l'oeuvre. Mais La Vénus au phacochère n'est pas un documentaire historique, c'est une pièce assez palpitante à lire.

 

Il faut dire que Christian Siméon joue sur différents tableaux. Le premier acte est entièrement épistolaire, avec des échanges entre Misia, son mari et sa meilleure amie, modiste qui déteste Thadée. Puis au fil des actes, les échanges de lettres se mêlent avec des dialogues, des rencontres des divers protagonistes. En lisant l'ouvrage, j'ai presque vu la pièce se monter, même si elle demande un travail de mise en scène indispensable pour rendre les échanges épistolaires. Ce mélange des genres est un vrai plaisir à lire et donne vraiment envie de découvrir le texte, souvent drôle et irrévérencieux, sur scène.

voie des indés

 

Livre lu dans le cadre de l'opération Voie des indés, organisée par Libfly.

 

La Vénus au phacochère de Christian Siméon

Ed. L'avant-scène théâtre - collection des quatre-vents

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