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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 12:12

Rivaz-LaPoussette.jpgC'est une histoire déroutante. Celle d'une jeune femme qui voit sa vie basculer à 14 ans et demi, à cause d'une poussette.

 

Le roman retrace la vie de cette jeune femme, marquée par un accident de poussette : alors qu'elle promène dans son établissement scolaire le bébé de sa professeur de puéricultrice, les roues de l'engin se prennent dans une grille et l'enfant retombe. C'est pour elle la fin de son rêve de puéricultrice, et le début d'une vie atypique.

 

Car elle a du mal à se reconstruire. Ses études d'horticulture tournent court à cause d'un incendie qui détruit une grande serre à papillons. Elle trouve l'amour sur un terrain de golf, avec un homme-grenouille qui plonge dans les bassins pour récupérer les balles perdues par les joueurs.

 

Mais l'envie la plus forte de cette femme est d'avoir un enfant. Malheureusement, le traumatisme de la poussette l'empêche de devenir mère. Elle trouve un donneur de sperme gratuit en Hollande, mais la fécondation échoue. Elle choisit donc de commander par la poste, un poupon en plastique, nommé Newborn. Mais là encore, elle a du mal à s'en occuper.

 

Ce court roman de Dominique de Rivaz est un exercice assez surprenant. Au coeur de l'ouvrage, on trouve le portrait de cette femme, dont on ne sait pas trop quel est le réel état psychique : est-elle déficiente mentale depuis l'enfance ? Est-ce l'accident de poussette qui est le début de la chute de cette femme ? Et que penser de cette dernière page, qui surprend  le lecteur, car elle présente une nouvelle facette de cette femme ?

 

Mais l'une des forces du roman est de donner, en quelques pages, de grandes scènes de littérature, assez mémorables. La plus marquante est certainement celle où des milliers de balles de golf sont déversées dans les rues de la ville, offrant un spectacle réjouissant sur le coup, mais créant des difficultés urbaines conséquentes (canalisations bouchées, notamment). Mais une scène de plongeon dans un lac ou la sortie de l'homme-grenouille des bassins sont également marquantes. Un petit ouvrage qui sort des sentiers battus et donne à lire une histoire tout à fait originale.

 

La poussette de Dominique de Rivaz

Ed. Buchet-Chastel

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 10:00

pot-bouille.gifPour ce dixième volume de la série des Rougon-Macquart, Zola continue sa description du monde parisien. Après les dorures des ministères, la boutique de Gervaise, l'appartement à Passy et les différentes résidences de Nana, il s'attache ici à décrire le fonctionnement d'un immeuble haussmanien. On se retrouve dans une ambiance proche de celle de La curée, où quelques notables tentent de profiter des travaux d'urbanisme d'Haussmann pour s'enrichir, tandis qu'une grande partie de la population subit plus qu'elle ne profite de ces évolutions.

 

Mais l'apport de ce nouveau roman est d'entrer dans l'intimité de la vie de cet immeuble. Le prétexte est Octave Mouret, qui arrive de Plassans pour s'installer à la capitale, avec l'aide de quelques connaissances. Il prend peu à peu pied dans cette société, où les machinations et les mensonges des plus riches permettent aux bonnes de nourrir leurs discussions. Car si la vie des bonnes est marquée par le sacrifice et la soumission, celle des maitres est occupée à trouver le mariage le plus profitable, à faire fructifier les placements ou à attendre que le vieil oncle avare daigne donner sa part à la famille.

 

C'est donc une grande galerie de portraits que donne à voir Zola. Cela passe par le concierge, ancien serviteur chez un noble qui n'arrive à se faire à la présence d'ouvriers dans la demeure qu'il entretient. Mais aussi par différentes familles, comme les Josserand, où la mari tente péniblement de fournir l'argent pour toutes les coquetteries de sa femme qui souhaite absolument rivaliser  avec les réceptions des voisins du dessous. Cela donne lieu à des pasages où le grotesque de Zola se déploie amplement. C'est d'ailleurs une des caractéristiques de ce roman : on y ressent fortement le regard acide que porte Zola sur ce monde refermé sur lui-même, incapable d'accepter autrui et regardant de travers ceux qui ne partagent pas leur façon de vivre.

 

Zola en profite pour donner aux bonnes quelques scènes d'anthologie, comme celui du difficile accouchement d'Adèle, seule dans sa chambre du dernier étage. Et au milieu de tous ces personnages, on suit Octave, opportuniste qui arrive à retomber sur ses pieds en se rapprochant de sa patronne qui devient sa femme. Et dont on suivra l'ascension de plus près dans le volume suivant, Au bonheur des dames.

 

Néanmoins, Pot-Bouille ne m'a complétement convaincu. Le dénigrement des bourgeois a un aspect un peu systématique, et sa peinture des domestiques est un peu limitée. Il faut dire que depuis, que ce soit dans La règle du jeu de Renoir ou dans Gosford Park de Robert Altman (et il y en a bien d'autres), les relations entre maîtres et domestiques ont beaucoup servi à la construction de fictions. Pot-Bouille reste toutefois la description un peu vacharde et caustique d'un immeuble bourgeois de ce Paris sous Napoléon III, à une époque où les bourgeois pensent avoir repris le contrôle de la société.

 

Autres romans de Zola : L'Assommoir, Son excellence Eugène Rougon, Une page d'amour, Nana

 

Pot Bouille d'Emile Zola

Ed. Folio - Classique

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 11:52

a_perdre_la_raison.jpgPremier plan : une femme, en larmes, demande à ce que l’enterrement se déroule au Maroc. Plan suivant : quatre petits cercueils blancs montent sur le tapis roulant à destination de la soute de l’avion. Autant dire que le spectateur comprend immédiatement que l’histoire de ce film est loin d’être joyeuse.

 

Retour en arrière : A perdre la raison est l’histoire de Murielle. Mariée à Mounir, dont la famille vit encore en partie au Maroc, elle habite avec lui chez le docteur Pinget. C’est cette relation à trois, entre Murielle, Mounir et Pinget, relation malsaine construite sur des mensonges, des cachoteries et des manipulations, qui est au cœur du film.

 

Car tout débute pour le mieux pour le jeune couple : un mariage, un voyage de noces offert par le médecin. Ce dernier donne également un emploi à Mounir, dans son cabinet, et accepte de les loger, réorganisant même la maison au fur et à mesure des naissances.

 

Mais Murielle sent que la situation ne peut pas durer. Et le film est la description de la déchéance de cette femme. Peu à peu, elle perd pied et personne n’est là pour la soutenir. Son mari la renvoie constamment à son statut de mère, Pinget la considère comme une incapable. Même dans son métier, elle sombre. Et si ponctuellement elle reçoit du soutien (un radiologue à l’hôpital ou sa belle-mère, la seule à la considérer comme une adulte), c’est insuffisant pour lui permettre de sortir du trou dans lequel tout le monde l’enfonce.

 

La mise en scène de Joachim Lafosse est assez épatante, car il arrive à rendre lumineux les quelques moments d’espoir et insoutenables ceux où Murielle est rabaissée, humiliée. Ainsi, la scène où Murielle emmène sa belle-mère dans l’eau, ou celle où elle reçoit un cadeau de sa part, sont intenses. Tout comme le sont, à l’inverse, celle où Pinget écrase de sa personnalité ceux qui l’entourent. Niels Arestrup incarne un individu psychologiquement toxique comme j’en ai rarement vu au cinéma. Ce n’est pas un salaud, violent, barbare, mais un pervers manipulateur aux méthodes froides. A ses côtés, Tahar Rahim est très bon dans le rôle de la petite chose soumise.

 

Mais la grande révélation du film, c’est Emilie Dequenne. Elle retrouve là un rôle absolument formidable, et elle y apporte un désarroi, une tristesse époustouflante. Comment oublier cette scène magistrale où elle roule en voiture et chante la chanson de Julien Clerc, Femmes, je vous aime. C’est le grand retour de celle qui a été découverte il a y 15 ans dans Rosetta, et qui retrouve enfin un rôle où elle peut exprimer abattement, chagrin et désespoir.

 

Après Elève libre, Joachim Lafosse ne fait que confirmer qu’il est des grands cinéastes du moment, Il est en effet un des rares capable de rendre à l’écran les situations psychologiques les plus malsaines sans prendre au piège le spectateur.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 10:01

Cinema.jpgTanguy Viel est amateur de cinéma, comme il a déjà pu le montrer dans son petit ouvrage Hitchcock, par exemple. Retour sur un de ses premiers romans, qui confirme son amour pour le septième art et sobrement intitulé Cinéma.

 

Attention, Viel ne fait pas ici un long article sur l'histoire du cinéma ou sur sa relation personnelle au cinéma ; il met en scène un personnage, narrateur unique du roman, qui a construit toute sa vie autour d'une seul et unique film. Ce film, il l'a vu des dizaines de fois, le connaît par coeur et chaque nouveau visionnage donne lieu à de nouvelles réflexions, qu'il note précieusement dans son carnet. Si la connaissance parfaite d'un film n'est pas forcément originale, ce qui l'est beaucoup plus, c'est qu'il a construit sa vie, personnelle et amicale, à partir de ce dernier. Le narrateur en est tellement intime qu'il l'appelle par son petit nom, Sleuth, comme si c'était un ami de longue date.

 

Dès qu'il en a l'occasion, il propose à ses amis de regarder le film. Et il ne supporte pas que certains d'entre eux puissent ne pas trouver le film formidable. C'est alors pour lui le signe que cette amitié est vaine, car la personne en question n'est pas capable de saisir les subtilités du film et refuse la jouissance que procure le film.

 

Le roman est une longue déclaration d'amour au film, qui tient pour beaucoup en une explication de l'intrigue, particulièrement alambiquée. Car c'est un huis-clos, où les masques tombent, où les jeux de déguisement sont nombreux et importants. Autre force du film et du roman, sa fin en forme de point d'interrogation : quel était l'objectif de Milo Tindle quand il revient chez Andrew Wyke ?

 

C'est aussi un excellent moyen de se replonger dans le formidable dernier film de Mankiewicz, où Michael Caine et Laurence Olivier s'en donnent à coeur joie. Car, petite précaution, je pense qu'il vaut mieux avoir vu Sleuth (Le limier en français, dans sa version première, un film passionnant avec une mise en scène et un sens du suspense formidable) avant de se lancer dans le roman, au risque de perdre le bénéfice de la surprise, un des éléments fondamental du film. (mais je dis cela comme on conseille souvent de lire le livre avant de voir le film, ce que l'on ne fait finalement que rarement. D'où l'idée qu'on peut lire le livre sans voir le film, le plaisir sera différent). Et Tanguy Viel confirme une nouvelle fois, s'il était nécessaire, que son oeuvre littéraire tourne autour du thème de l'arnaque, presque toujours ratée. Un thème qu'il rend comme souvent assez palpitant.

 

Autres romans de l’auteur : Insoupçonnable, Paris-Brest, Hitchcock, par exemple, L'absolue perfection du crime

 

Cinéma de Tanguy Viel

Ed. de Minuit

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 07:48

enfant-aux-cailloux-copie-1.jpgDe Sophie Loubière, je connaissais surtout la voix, mutine et malicieuse. Je pouvais l'entendre dans l'excellente émission de France Inter, Dernier parking avant la plage, où elle mêlait lectures d’œuvres littéraires et conseils décalés pour l'été (cocktails, minute de bricolage). Je savais que son autre passion est le roman noir, radiophonique ou papier. Je m'étais toujours demandé quel écrivain se cachait derrière cette voix. C'est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis plongé dans L'enfant aux cailloux.

 

Il faut tout de suite signaler que Sophie Loubière maitrise à merveille l'art du suspense et la capacité de tenir en haleine le lecteur. Car il est quasiment impossible, tout au long de la lecture, de savoir ce qui arrive à Elsa, cette vieille institutrice à la retraite. Est-elle folle ? A-t-elle besoin de se donner des émotions pour combler sa solitude ? Ou lutte-t-elle seule contre tous, son fils, les services sociaux, son psychiatre ?

 

Elsa est en effet persuadée qu'il se passe des choses plus qu'étranges dans le pavillon en face de chez elle. Officiellement y est domicilié un couple sans histoire, avec ses deux enfants, scolarisé. Mais Elsa a vu, presque toutes les semaines, dans le jardin, un jeune enfant maladif, timide, à qui personne ne parle. Il ne sort que rarement et sa seule occupation est de jouer avec les cailloux qu'il trouve sur le sol.

 

Elsa, intriguée, décide de mener son enquête. Elle se rapproche des parents et des enfants, de l'école où ils sont scolarisés, des services sociaux. Pourtant tout le monde est formel : le couple en question n'a que deux enfants, et rien ne permet d'en douter.

 

C'est sur cette trame que se déploie toute l'habileté de Sophie Loubière. Au cœur du roman, il y a ce doute persistant de savoir où est la vérité. Puis elle y ajoute de nombreux problèmes plus personnels : des relations compliquées avec son fils unique, un retour dans la ville où elle a grandi, des difficultés à affronter un passé qui la rattrape. Mais elle fait également preuve d'une belle maîtrise dans les scènes d'action, assez fortes ici. Le roman est une belle réussite, avec un personnage de femme âgée attachant, une intrigue haletante et une écriture sobre et efficace, que ce soit pour les dialogues ou pour les lettres qui parsèment le roman. Vraiment, je suis très content d'être passé derrière cette voix !

 

L'avis de Liliba, que je remercie pour le prêt de ce roman, d'Enna.

 

L'enfant aux cailloux de Sophie Loubière

Ed. Fleuve Noir

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 09:45

associes-contre-le-crime.jpgPascal Thomas revient avec son couple de détective préféré, Bélisaire et Prudence Beresford. Il poursuit son exploration de l’univers d’Agatha Christie en accentuant une tendance déjà sensible dans le précédent, Le crime est notre affaire : l’affaire policière l’intéresse peu, son attention est surtout portée sur l’ambiance et les personnages qu’il met en jeu dans ses films.

 

Ici, l’intrigue a pour cadre un hôtel (celui du premier épisode, Mon petit doigt m’a dit), transformé en clinique haut de gamme. Elle est spécialisée dans la chirurgie esthétique et la grande originalité de la clinique est la technique du professeur Lanson, qui a trouvé le secret de la jeunesse éternelle. Pourtant, depuis quelque temps, tous ceux qui ont eu recours à ces techniques disparaissent de façon étrange.

 

C’est finalement assez réducteur de présenter le film ainsi, car il repose entièrement sur les deux personnages principaux, et ce sont eux qui donnent le rythme à l’ensemble du film. On y retrouve l’impatience de Prudence, agacée de voir son mari faire le fanfaron dans les librairies devant des lectrices crédules. Dès qu’elle peut remettre la main à la pâte, elle s’y colle avec envie et gourmandise, et sa société de détective privée devient pour elle la source d’aventures à venir. Car ce ne sont pas ses petits-enfants, qu’elle déteste et est incapable de distinguer, qui pourront la tirer d’affaire.

 

Mais là encore, c’est réducteur, car Pascal Thomas se permet beaucoup de choses dans le film. On passe donc de l’ennui à Prudence à des retrouvailles familiale dans un cirque, de confidences dans un chalet à une scène hilarante d'alcootest, et de la clinique aseptisée à une promenade en bateau sur le lac. Pascal Thomas se permet d’amener son film dans des directions totalement délirantes, ouvrant certaines pistes qu’il laisse en route (le personnage de James Van Luydekerke, par exemple), donnant des virages à 180 degré. Il parvient à gagner son pari en maintenant intacte l’attention du spectateur, incapable de deviner où l’intrigue va le mener. Et une nouvelle fois, André Dussolier et Catherine Frot s’en donnent à cœur joie, éclipsant leurs camarades de jeu (hormis l’inquiétant Nicolas Marié), pour le plaisir du spectateur. Un film insolite, une belle réussite.

 

Autres films de Pascal Thomas : Le crime est notre affaire, L'heure zéro

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 18:30

le-silence-de-l-opera.jpgMa nièce, depuis l'âge de ses trois ans, s'est pris d'amour pour Carmen qu'elle regarde en boucle. Depuis, je suis persuadé que les plus petits peuvent aimer l'opéra. Et quand un auteur et un éditeur font un aussi beau travail qu'avec ce magnifique ouvrage pour enfants, on est presque sûr que le rapprochement entre opéra et enfance est en bonne voie.

 

Dans ce conte, le héros est un enfant, Louis. Il aime se promener avec un enregistreur de sons dans la ville, et se rend à l'opéra. Le lieu est désert, mais derrière le calme apparent, c'est une toute une vie qui se cache dans le bâtiment. Louis va donc rencontrer les différents habitants de ce bel endroit, et repartir changé.

 

La première personne qu'il croise de loin est un homme sombre, qui laisse tomber une page de sa partition. Puis Louis fait connaissance avec les fantômes qui hantent le lieu. Ah, ce ne sont pas des êtres bien maléfiques. Chaque fantôme incarne un opéra qui a été joué dans le lieu, avec tous ses personnages, sa musique, ses décors… Pour égayer leur journée, les fantômes proposent à Louis de jouer à cache-cache, ce qu'il accepte volontiers. Mais, à la recherche des fantômes, il rencontre des personnages bien curieux. Il y a un cuisinier qui mitonne des marmites de bravos et des casseroles de huées. Il croise également des pompiers, occupés à vérifier la sécurité du bâtiment, un rideau qui a vu passer beaucoup de vie dans ce bâtiment. Mes personnages préférés sont les canards, abandonnés au fond de la cave, les pieds dans l'eau, car personne ne veut entendre leurs sons disgracieux.

 

Non seulement l'histoire est très plaisante, mais l'ouvrage a bien d'autres avantages. Il est en effet magnifiquement illustré. Sur chaque page, un dessin fait face au texte et donne à voir l'histoire de Louis. Par moment, les pages se déplient et ce sont des grandes fresques que découvre le lecteur. On voit ainsi les fantômes, accoutrés selon l'opéra qu'ils représentent. Certains sont très typés (les wagnériens ou les romantiques notamment), laissant apparaître des quadriges de chevaux, un vaisseau fantôme ou une jeune femme maladive.

 

Mais cela ne s'arrête pas là. Comme, dans l'opéra, le mieux est encore de l'écouter, Pierre Créac'h et son éditeur ont eu l'excellente idée d'agrémenter cet ouvrage d'une version audio. L'histoire, contée par la malicieuse voix de Jean Rochefort (qui a plusieurs moments se permet de rire, ce qui vaut vraiment le coup d'oreille), est soutenue par une bande-son composée de nombreux extraits de pièces d'opéra. Si tous ne sont pas reconnaissables (certains extraits sont très courts ou se chevauchent), cela permet à l'auditeur de s'immerger totalement dans cette très jolie histoire. Le silence de l'opéra est selon moi une excellente manière d'initier les plus petits au monde magique et parfois impressionnant de l'opéra, car c'est une entrée en matière très douce. Mais il fournit également beaucoup de plaisir aux plus grands, qui suivent l'intrigue, attentifs.

 

A visiter, le joli site de l'ouvrage

 

Le silence de l'opéra de Pierre Créac'h

Un conte musical dit par Jean Rochefort

Ed. Sarbacane

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 11:45

les-enfants-de-belle-ville.jpgAshgar Faradhi s'est fait un nom en France l'an dernier avec le succès d'Une séparation. Du coup, comme souvent en cas de succès, ses films précédents sortent en France. C'est le cas pour Les enfants de Belle Ville, qui mérite pleinement d'être distribué en France.

 

L'histoire est celle d'A'la. Pour sauver son copain Akbar de la condamnation à mort, il bénéficie d'un bon de sortie exceptionnel. Son objectif est de convaincre le plaignant, le docteur Abolghasem, de retirer sa plainte contre Akbar. Avec l'aide de la soeur d'Akbar, Firouzeh, A'la va tout tenter pour faire changer d'avis le médecin, très croyant et inflexible.

 

L'une des forces du cinéma de Faradhi est de plonger au coeur de la société iranienne. Ici, on découvre les petits commerçants qui vivent grâce au trafic de drogue ou les relations conjugales qui sont loin d'être simples, que ce soit entre Firouzeh et son mari ou chez les époux Abolghasem. On y apprend aussi le fonctionnement de la justice iranienne, qui lit tout sous l'influence de la religion : une femme vaut deux fois moins qu'un homme, et il est possible de racheter le prix du sang. Et comme dans Une séparation, la présence de la religion et son respect strict par un des protagonistes est un des ressorts de l'intrigue.

 

Mais ce qui est ici très original, même si un peu systématique, est la faculté qu'à Faradhi à confronter cchaque personnage à un dilemme moral : comment venger sa fille et accepter le pardon ? Comment arbitrer entre sentiments amoureux et filiaux lorsqu'ils sont contradictoires ? Comment respecter son engagement de femme mariée et la volonté d'aider sa fille handicapée ? L'intégration de ces dilemmes dans le scénario est facilité par l'influence de la religion, indomptable sur bien des points (même si l'imam est finalement plus libéral que le plaignant). Et ceci donne au film un élan et une force tout à fait pertinente, tous les personnages bénéficiant d'un traitement approfondi et subtil. Un film que j'ai préféré à Une séparation.

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 19:00

Avant que les choses sérieuses ne reprennent vraiment (la rentrée, ça arrive), voici un petit moment ludique pour occuper ce week-end.


Le but du jeu est de retrouver le titre du film dont est tirée l'image ci-dessous.I y a des choses relativment faciles, d'autres moins (car filsm moins grand public, parfois)


Et même s'il n'y a rien à gagner, ce n'est pas une raison pour ne pas fixer des règles du jeu (que vous avez intérêt à respecter, crénom de boudiou) :


VOUS NE POUVEZ PROPOSER QU'UNE REPONSE A LA FOIS !

Vous pouvez rejouer lorsque j'ai répondu favorablement ou non à votre proposition.


Allez, bon amusement et pas d'inquiétudes ni de réclamations si je ne réponds pas rapidement : c'est week-end de braderie à Lille !

 

 1 Peau d'âne

Trouvé par Florence

12 1

 

 

2 Le complexe du castor

Trouvé par Julie

12 2

 

 

3 Il est plus facile pour un chameau...

Trouvé par Julie

12 3

 

4 Chat noir chat blanc

Trouvé par Florence

12 4

 

5 Les chèves du Pentagone

Trouvé par Mister Loup

12 5

 

6 Les trois jours du Condor

Trouvé par Dasola

12 6

 

7 Le corbeau

Trouvé par Incoldblog

12 7

 

8 Black swan

Trouvé par FredMJG

12 8

 

9 Un éléphant ça trompe énormément

Trouvé par Béatrice

12 9

 

10 Le guépard

Trouvé par Incoldblog

12 10

 

11 Le loup-garou de Londres

Trouvé par Julie

12 11

 

 

12 Mammuth

Trouvé par Ed

12 12

 

13 La mouche

Trouvé par Hermine

12 13

 

14 La graine et le mulet

Trouvé par Florence

12 14

 

15 Les oiseaux

Trouvé par FredMJG

12 15

 

16 Harry Potter et l'ordre du Phénix

Trouvé par Ys

12 16

 

17 Fish Tank

Trouvé par Mister Loup

12 17

 

18 Poulet aux prunes

Trouvé par Julie

12 18

 

19 La taupe

Trouvé par FredMJG

12 19

 

20 Tyrannosaur

Trouvé par Mister Loup

12 20

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 23:14

starbuck.jpgAprès les passionnants élans amoureux de Laurence et Fred, voici un autre film québecois qui joue sur un tout autre registre, celui de la comédie où tout se termine bien. Si la fin est un peu attendue et très positive, l'ensemble du film est plaisant et globalement drôle, ce qui est déjà un bon point pour ce type de film.

 

Il faut dire que le point de départ de cette intrigue est engageante. David Wozniak, fils dilettante d'une famille où tout le monde réussit, a arrondi ses fins de mois en donnant son sperme à la banque canadienne du sperme. Résultat : il est le père de 533 enfants, qui ont décidé de retrouver leur géniteur, qui était enregistré sous le nom de Starbuck. Mais David ne veut absolument pas être retrouvé, et fait tout pour éviter d'être reconnu, malgré son envie de rencontrer ces enfants.

 

Tout le film joue sur cette ambivalence. David cherche à rester caché, et demande à son meilleur ami, avocat raté qui se consacre à l'éducation de ses enfants, de  le défendre. David, en recevant la description de quelques uns de ses enfants, ne peut résister à l'envie de les voir. Il fera la connaissance d'un joueur de foot, d'un serveur de bar, d'une fille suicidaire ou d'un fils handicapé. Il les rencontrera tous lors d'une réunion où ils essaient de définir une stratégie pour débusquer Starbuck ou lors d'un week-end où ils font plus ample connaissance.

 

Un des aspects mineurs du film et néanmoins intéressant est la description de l'opprobre médiatique jetée sur Starbuck. Sinon, dans l'ensemble, le film reste gentillet car très calibré. C'est néanmoins une bonne comédie pour l'été, qui permet de passer un moment agréable.

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