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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 07:11

une vie de chatDino est un chat qui mène une double vie. La journée, c'est l'animal de compagnie de Zoé, petite fille d'une commissaire de police, qui a perdu son papa quelque temps auparavant. La nuit, c'est le compagnon de Nico, un braqueur de musée, de coffres, qui ne se déplace que sur les toits. Dino sera le lien naturel de ces deux mondes, qui s'uniront pour lutter contre l'infâme Costa, assassin du papa de Zoé et qui ne rêve que de voler le colosse de Nairobi, une statue qui le fascine.

 

Une vie de chat est la nouvelle création des studios Folimage, déj auteur du très joli La prophétie des grenouilles. On retrouve d'ailleurs le dessin assez caractéristique du studio, très lêché, tout en rondeur et coloré. Ici, les deux réalisateurs, Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, s'amusent avec les codes du film policier, tout en y intégrant une note jazzy qui fait penser aux Aristochats, même si le film est au final assez éloigné de l'univers Disney.

 

A travers l'image de Costa, ce méchant digne des plus grands du cinéma (une scène dans une voiture, autour d'une quiche, est d'une tension et d'une drôlerie irrésistible), c'est bien toutes ces références du fim de gangster que convoquent les auteurs. Zoé, petite fille solitaire, est l'enjeu de courses poursuite qui la dépasse. Les influences cinématographiques sont nombreuses, comme dans une scène en barque dans un zoo évoquant celle de La nuit du chasseur, ou toutes ces promenades sur les toits comme dans La main au collet.

 

Mais les références ne nuisent pas au film. Elles sont assez subtilement amenées pour que tout le monde puisse saisir l'enjeu du film. C'est au final une très belle histoire qui est contée, avec des personnages très attachants, comme Nico, ce voleur qui deviendra le protecteur de Zoé. Le film est également servi par un très beau casting voix, avec des acteurs qui donnent une couleur à tous les personnages. Citons Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui ou Bernadette Laffont pour les têtes d'affiche, mais aussi, dans deux seconds rôles, les voix très caractéristiques de Jacques Ramade et de Patrick Descamps.

 

Vraiment, si vous avez des petits enfants et que vous souhaitez les emmener au cinéma pendant les vacances, vous pouvez sans danger aller voir Une vie de chat. C'est assez court, et enlevé pour permettre même aux plus petits de ne pas s'ennuyer.

 

A noter que le film est précédé par un très beau court-métrage, sur le registre de la fable, mettant en scène une souris qui tente d'échapper aux griffes d'un lion en lui apportant à manger. Dans un autre registre d'animation, c'est également une belle réussite !

 

Sur ce, je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes, et je serai de retour avant la fin de cette année 2010 !

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 07:12

naufrages du fol espoirAvant de quitter la région parisienne (ce n'est pour demain, mais cela ne va plus tarder), il y a quelques endroits que j'ai envie de découvrir. Parmi eux, la Sainte-Chapelle, le château de Versailles ou la salle Pleyel. Il y en a au moins un que je peux rayer de la liste, c'est le théâtre du Soleil. Installé à la Cartoucherie de Vincennes (très bel endroit), j'ai eu l'occasion de voir le dernier spectacle mis en scène par Ariane Mnouchkine, Les naufragés du fol espoir. Et je ne regrette aucunement de m'être rendu à l'autre bout de Paris, bien au contraire.

 

Car outre un lieu de spectacle, le théâtre du Soleil est un véritable endoit qui vit et respire le théâtre. Tout y fait référence, de la façade repeinte aux couleurs du spectacle joué actuellement à la salle elle-même, dans laquelle on voit les coulisses, les décors et les loges où se maquillent et s'habillent les comédiens. Dès l'entrée, on est accueilli par Ariane Mnouchkiine en personne, qui nous invite à choisir notre place dans la salle : pas de places attribuées a priori, mais on choisit celle qu'on souhaite, en fonction de son heure d'arrivée. Autant dire qu'il vaut mieux ne pas arriver trop tardivement. Mais avant le spectacle, il faut profiter du lieu, de cette grand esalle dans laquelle sont dressées de grandes tablées pour dîner, dans un décor reprenant une carte de la Terre de Feu (élément essentiel du spectaacle à venir) et les affiches de grands films muets (autre élément primordial). Bref, c'est une immersion complète dans le spectacle, dès le seuil de la salle franchie. En plus, ajoutez à cela que le chauffage était un poil faiblard, et que des couvertures ont été distribuées afin de se couvrir les jambes, et vous pouvez imaginer que l'ambiance était vraiment très particulière.

 

Puis, on passe au spectacle. Dans cette dernière création, Ariane Mnouchkine raconte l'histoire d'une équipe de cinéma, en 1914, qui utilise le grenier d'une guinguette, le Fol Espoir, pour tourner de grandes fresques historiques. Le film qu'ils tournent parle d'une grande utopie : les protagonistes, en 1889, rêvent de construire un monde solidaire, plus juste, mais les conservatismes et la finance seront plus forts que leur espoir. Et l'argent conduira au désastre, puisque les passagers d'un bateau seront victimes d'un naufrage provoqué par l'avidité d'un capitaine d'industrie qui souhaitait absolument passer au large du Cap Horn. Mais le tournage est compliqué, car en Europe, tout le monde craint la guerre et la mobilisation générale : entre les différentes scènes muettes, on suit l'actualité, funeste, de Jaurès demandant des grèves européennes pour la paix, à son assassinat.

 

La grande force du specctacle, c'est la mise en scène de ces moments de tournage du film muet. On assiste en effet à la mise en place des scènes, dans lequel aucun protagoniste ne dira un seul mot. Ariane Mnouchkine met de côté l'oralité pour laisser une place immense au visuel. Et les scènes de neige, dans la Terre de feu, ou celles à bord du bateau, notamment avec l'expulsion d'une famille italienne qui tente de fuir la pauvreté de la Sicile sont magistrales et merveilleuses.

 

Si le sujet est riche, avec un fond historique passionnant, Ariane Mnouchkine n'en fait pour autant une oeuvre cérébrale. C'est une pièce qu'on vit, qu'on voit avec bonheur car l'humour et le second degré ne sont jamais loin. Mais que d'émotions lorsque retentit l'Internationale sur ce bateau rempli d'immigré,s ou lorsque l'urgence de terminer le film devient extrème. Vraiment, c'est un merveilleux spectacle que signe Ariane Mnouchkine, servi par des artistes épatants (ils sont une trentaine sur scène), et au service d'un texte admirable. Et le mieux, c'est qu'on ne peut pas dire que la troupe a été opportuniste en abordant un sujet aussi actuel, celui de la lutte acharnée pour monde plus juste et en paix, quand on sait qu'elle a été de toutes les manifestations de cet automne contre la contre-réforme des retraites. Vraiment, un grand chapeau à toute la troupe, et à Ariane Mnouchkine pour l'esprit qu'elle arrive à insuffler à ce lieu, qui respire et vit pour le théâtre.

 

Le spectacle se termine à Paris, mais sera en tournée ensuite à Lyon et à Nantes. N'hésitez pas une seconde !

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 14:30

Ta-memoire-petit-mondePetit monde ou Lino, ce sont les surnoms d'Alain Foix. Lino, c'est surtout le nom de celui qui est resté en Guadeloupe, île où il a grandi avant de prendre un bateau pour s'installer en région parisienne. Alain Foix se rémémorre cette enfance, les instants passés en Guadeloupe auprès de ceux qui l'ont aimé, éduqué dans sa petite enfance, puis ceux passés en métropole, à Bondy, où la vie était plus dure. Car son arrivée ne fut pas des plus simples. Il a suivi sa mère, laissant en Guadeloupe ses frères plus âgés, et l'intégration dans ce nouvel espaace de vie n'a pas été des plus simples.

 

Alain Foix se livre, dévoile son enfance. Ou plutôt des bribes de son enfance, celles dont il se souvient adulte. Il reste des images marquantes, comme celle du Colombie, le bateau sur lequel il a fait la traversée. Ou son séjour à Berck, il a été envoyé autant pour des problèmes physiques que pour être à distance du milieu familial. Ou la vie dans le quartier, marquée par ces jeunes qui découvrent les deux roues ou les jeux qui unissent tous les enfants du quartier.

 

Ce roman, empreint de poésie et de tendresse, n'est jamais nostalgique. Alain Foix ne s'appesantit pas sur son passé, mais il l'évoque pour tenter de comprendre celui qu'il est devenu. Si l'écriture est au départ un peu difficile à suivre, le récit prend de l'ampleur au fur et à mesure de l'avancée danronde.jpgs l'âge adulte. Peut-être les souvenirs de l'auteur sont-ils plus précis, peut-être est-il moins obligé d'avoi r recours à un style parfois un peu trop voyant, n'empêche que cela donne finalement une oeuvre touchante, émouvante sur l'histoire d'un jeune enfant quittant sa terre natale pour découvrir un nouvel horizon. C'est une très belle découverte que ce roman, proposé par Stéphie dans le cadre de la chaîne des livres.

 

D'autres avis ici.

 

Ta mémoire, petit monde, d'Alain Foix

Ed. Gallimard - Haute enfance

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:52

cour-nord[Billet déjà paru sur Biblioblog] Depuis quelques années, le monde ouvrier et celui de l'usine sont devenus des cadres fréquemment utilisés par les auteurs de fiction, que ce soit en cinéma ou en littérature. Antoine Choplin, dans Cour Nord, a choisi d'aborder à son tour ce sujet, mais en y ajoutant une touche filiale et jazzy.

 

La cour nord est des endroits de l'usine dans laquelle travaillent Léopold et son père, Gildas, une des figures du syndicat dans l'entreprise. Malheureusement, les années 80, dans le Nord de la France, ne sont pas une période de grande croissance économique et industrielle, et c'est peu de le dire. L'usine est donc menacée, et alors que Gildas débute une grève de la faim pour défendre les intérêts de ses collègues, Léopold est plus intéressé par le concert que son groupe de jazz doit faire à Lille.

 

Il est assez amusant de voir comment Antoine Choplin a réussi à mêler les deux aspects majeurs de cette nouvelle : l'usine, qui est le seul centre d'intérêt de Gildas, et le jazz, auquel Gildas ne comprend rien. A travers la confrontation de deux générations qui ont du mal à se comprendre et à éprouver de l'empathie pour les faits et gestes de l'autre, l'auteur dessine le fossé qui se crée entre père et fils. Et même lorsque Gildas met sa vie en danger, Léopold est très loin de toute l'agitation faite autour de son père.

 

Car pour lui, ce qui compte, c'est de se retrouver avec ses trois amis, pour pouvoir jouer, répéter. Cette plongée dans le jazz semble la seule porte de sortie qu'entrevoit Léopold dans le cadre fermé qu'il connait. Le concert au Biplan, à Lille, est un succès, et on pressent que les quatre compères ne vont pas se faire prier bien longtemps pour partir et vivre autre chose.

 

La description du monde ouvrier, que ce soit la solidarité des ouvriers d'autres usines, le café du coin ou le bus  qui passe les prendre tous les jours, semble assez juste. Mais en épousant le point de vue de Léopold, le narrateur, le lecteur sent nettement que l'auteur a choisi le jazz comme moyen d'émancipation pour son personnage. Au moyen de parties introduites par des termes musicaux et avec une écriture sans fioriture, on suit avec plaisir ce combat générationnel, entre La place d'Annie Ernaux et Ressources humaines de Laurent Cantet pour les sujets abordés, regrettant simplement que cela ne soit pas un peu plus long et étoffé.

 

Cour Nord, d'Antoine Choplin

Ed. du Rouergue

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 20:17

echappee-belleAnna Gavalda est connue pour ses romans qui mettent debonne humeur, ses histoires plaisantes, agréables, auxquelles elle parvient à ajouter une touche personnelle dans l'écriture. Si tout ceci, je l'ai bien ressenti à la lecture de Je voudrais que quelqu'un m'attende quelquepart, son recueil de nouvelles, ou Ensemble c'est tout, je suis beaucoup moins convaincu par l'histoire contée dans L'échappée belle.

 

L'élément le plus gênant de ce court roman est l'homogénéité des personnages, mais plus encore, de leur milieu social. On suit Garance, qui avec son frère Simon et sa soeur Lola se rendent à un mariage dans la campagne berrichonne. Ils espèrent y trouver leur autre frère, Vincent, afin de recomposer la famille le temps d'un week-end. Mais alors que celui-ci est obligé de travailler dans un château qu'il fait visiter, le frère et les soeurs décident de prendre la poudre d'escampette pour tenter de reconstituer ce quatuor rêvé.

 

Alors Garance est bien sympathique, une jeune femme cool qui n'hésite pas à dire du mal de sa belle-soeur pharmacienne qui est pour elle le prototype de la femme coincée. Garance saisit la moindre petite chose pour la faire enrager. Et le frère, magnanine, est au centre de ce jeu d'échec, ne sachant jamais quelle position adopter, sinon celle du diplomate. Ce n'est pas mieux avec le seconde soeur, encore plus désordonnée que la première. Alors, cette arrivée au mariage se laisse lire, d'un oeil pas vraiment attentif car il n'y a rien de bien passionnant dans toutes ces discussions, même si Gavalda parvient à y faire sentir son style si aprticuler, et qui me plaît assez.

 

Et puis, c'est la chute, le drame. La plongée dans la campagne berrichonne. Et là, Anna Gavalda ne peut s'empêcher d'avoir un regard très condescendant (et je suis presque gentil) sur les gens du terroir. Ce sont des personnes louches, inquiétantes et bien souvent demeurées. Cela pourrait tenir, si à l'inverse les personnages de la ville n'étaient pas traités avec une aussi grande indulgence. Même la belle-soeur parvient à obtenir un regard bienveillant, celui de son mari qui prend sa défense à la fin du roman. Cette différence de traitement, flagrante ici, fait perdre tout charme à ce petit roman, et je vous conseille vivement de passer votre chemin sur celui-ci et de lire les autres productions citées plus haut.

 

L'avis de Laurence

 

L'échappée belle, d'Anna Gavalda

Ed. Le dilettante


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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 14:51

a bout portantCela doit faire un moment que je n'ai pas vu un film ou lu un roman dans lequel le manque de vraisemblance me pose problème. Eh bien, c'est réparé avec le dernier film de Fred Cavayé, A bout portant, dont les problèmes de scénario suffisent à dire que ce film est hautement dispensable.

 

A bout portant, c'est l'histoire d'un braqueur recherché par toutes les polices, Hugo Sartet. Il manque de se faire pincer dans un coup monté par les brigades de police. Pour s'en sortir, Sartet est obligé d'emmener dans sa cavale un jeune infirmier, Samuel, qui sur le moment ne pense qu'à la grossesse de sa femme. On retrouve donc des thèmes écules des films policiers (l'individu lambda qui se révèle plus coriace que prévu, la guerre des polices, la corruption,...), mais tout cela serait acceptable si le scénario avait un minimum de tenue, et les acteurs dirigés.

 

Car pour ce qui est de la vraisemblance, cela débute mal. Sartet (Roschdy Zem) essaie d'échapper à deux types, mais se fait balancer par une moto. Plan suivant, on le retrouve, visiblement le lendemain car la police fait ses premières constatations, et le mec ne souffre que d'une blessure par balle reçue auparavant. Rien de cassé, pas de contusion, et il trouvera même la force de maîtriser l'infirmier pour finir de l'obliger à le faire quitter l'hôpital. Un surhomme, ce Roschdy ! A partir de là, tout est possible, et les mecs courrent avec une balle dans le buffet, sautent dans l'appartement en face par dessus la rue,.... Bref, rien de très consistant au niveau de l'intrigue. Seul le coup monté par Sartet ayant pour but de semer la pagaille dans la ville (c'est autre chose que celle d'Hortefeux) est un poil original. Pour le reste, c'est vu et revu.

 

Autre point faible, la direction d'acteur. Roschdy Zem fait son possible, mais il est peu aidé par Gilles Lellouche qui ne possède visiblement pas encore le charisme et la bouteille pour assumer un premier rôle de ce type. Mais le pire concerne les deux flics, Mireille Perrier et Gérard Lanvin, dans des compositions tellement monolithiques que s'en devient risible. On se demande ce qu'il font là. Et je ne parlerai pas de la femme enceinte qui est là pour faire pleurer dans les chaumières, car Pascale le fait très bien.

 

Le film se résume donc à une suite de course-poursuite, pas forcément palpitantes, et est tout de même asssez violent, tout cela pour finalement pas grand-chose. Bref, même à bout portant, Fred Cavayé a largement raté son deuxième film.

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 17:00

luluDe Frank Wedekind, dramaturge suisse germanophone de la fin du XIXe, je ne connaissais que son oeuvre la plus célèbre, L'éveil du printemps. Avec le choix de Stéphane Braunschweig de monter cette saison à la Colline une autre pièce de l'auteur, Lulu, j'ai pu découvrir une nouvelle oeuvre. Sulfureuse, poignante, parfois dégoûtante, Wedekind nous emmène dans les tréfonds de l'âme humaine.

 

Lulu est une jeune femme, et ce qu'on appellerait aujourd'hui un objet sexuel. Personne n'arrive à la voir autrement que comme un être qu'on manipule pour assouvir ses envies. Cela est vrai de ses différents maris qui meurent tous dans des conditions plus ou moins terribles, mais également de la Comtesse, une amie homosexuelle qui ne rêve que d'une chose, une histoire avec Lulu. Elle est d'ailleurs prête à tout accepter pour y parvenir.

 

Ce qui est d'autant plus terrible, c'est que Lulu n'a pas conscience de ce rôle que lui assigne toutes ses connaissances. Elle semble au début ravi de cette position, jouant les ingénues devant un peintre, ou profitant de la jalousie d'un de ses maris, et organisateur de ses mariages précédents, pour le mettre à l'épreuve lors d'une rencontre libertine. Jamais Lulu, élevée par un père incestueux, n'aura l'idée qu'elle peut sortir de cette position. Losque la misère s'abat sur elle et ses proches, elle ne trouve que la prostitution pour améliorer l'ordinaire, prenant des risques inconsidérés lors de ces rencontres nocturnes : elle est prostituée à Londres, au moment où un criminel se spécialise dans le meurtre de ces dernières.

 

Cette image de femme soumise par les autres et qui admet inconsciemment cette soumission tranche avec celle évoquée dans la précédente création de Braunschweig, Nora dans Une maison de poupée. Alors que cette dernière prend conscience qu'elle peut devenir autonome, Lulu est dans un sentiment totalement opposé.

 

Lulu est au centre de la pièce, et Chloé Réjon est tout à fait à l'aise dans ce rôle sombre et faussement joyeux. Autour d'elle, Philippe Girard fait planer avec brio une violence sourde et Claude Duparfait (un homme) est une admirable Comtesse von Geschwitz, androgyne à souhait et totalement paralysée par son amour impossible. Le tout prend place dans un décor tournant très baroque, allant de l'Allemagne à Londres en passant par Paris.

 

Mais si Wedekind met Lulu au centre de la pièce, il n'omet pas pour autant une forme de dénonciation politique de son époque. Ceci est sensible dans l'acte se déroulant à Paris. Lors d'une soirée pendant laquelle les invités jouent des sommes folles au jeu et où la liberté sexuelle est de mise, l'auteur met en scène un homme d'affaires qui met volontairement en faillite une partie des convives en boursicotant avec des actions qu'il vient de leur vendre. D'un coup, la déchéance de Lulu s'incarne dans celle de cette société qui en quelques instants vient de tout perdre.

 

Alors, si le sujet peut sembler difficile, je trouve que cette pièce mérite qu'on s'y attarde, car Stéphane Braunschweig fait preuve de beaucoup d'ambition et d'inventivité pour raconter cette tragique histoire. Le style, notamment des décors, est parfois déroutant, mais tout ceci prend son sens au fil de cette belle pièce, que le metteur en scène a choisi de monter dans sa première version. La plus violente. La plus crue. Et donc certainement la plus forte, ce qui justifie son sous-titre : une tragédie-monstre.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 08:10

 Picture0008Ce mois de décembre froid et neigeux peut faire penser que Noël est très proche . Po urtant, il faut attendre encore deux semaines avant de découvrir les cadeaux au pied du sapin. Mais Emmyne permet d'anticiper la date fatidique en organisant un swap destiné aux enfants, sur le thème de Noël. L'une des spécificités de ce swap, c'est qu'il fonctionne en binôme: pas de surprise donc pour savoir qui envoie le colis, mais un échange croisé.

 

Picture0009Alors, venons-en à ce colis, que j'ai reçu de la part de l'organisatrice elle-même, et qui devrait beaucoup plaire à ma nièce (qui elle devra attendre  jours avant de recevoir les paquets.) Attention, grande première sur ce blog : pour la première fois depuis trois ans, un billet sera illustré par des photos prises par moi-même. Bon, c'est avec la webcam que j'ai réussi cette prouesse technique (enfin, pour moi), et les couleurs ne sont pas formidables. Mais c'est un début !

 

Alors, ce paquet... Un bon nombre de petit paquets, avec deux sortes de papier-cadeau différents : un Picture0010pour ce qui ira à ma nièce, un autre pour ce qui restera à la maison. Alors, pour ma nièce, comme prévu, il y  aura de quoi lire (enfin, feuilleter, car elle n'en est pas encore à déchiffrer ses livres) : Le Noël de Hérisson, un livre dans lequel un bonnet à toucher voyage de tête en tête, et des retrouvailles avec Emilie (que j'ai beaucoup lu quand j'étais petit), qui a décidé d'installer son petit sapin. Côté activité, c e sera gommettes (c'est parfait, elle adore cela), avec un livre à compléter et un sapin plastifié sur lequel elle pourra positionner à son gré tous les cadeaux. Et il y a également un classique, avec Mr Noël, série qui a elle aussi bercé mon enfance.

 

Côté décoration, elle pourra égayer sa chambre avec une chausse qui sera malheureusement trop petite pour recevoir tous ses cadeaux, et elle aura de quoi bricoler dans les cheveux de ses parents ou de ses oncles et tantes avec barrettes et élastiques aux couleurs de Noël.

 

Picture0012

Puis Emmyne a également glissé dans le colis quelques attentions à mon endroit. Une boîte de mendiant au chocolat qui ne devrait pas passer le week-end, et une lecture (comment aurait-il pu en être autrement), qui me permettra de découvrir un auteur dont j'ai déjà entendu beaucoup de bien sans jamais m'y plonger : c'est un donc un rendez-vous avec Paul Auster, autour de deux scénarii, Smoke et Brooklyn Boogie (mais tout cela a un lien avec Noël, puisqu'un des scénarii est précédé d'une nouvelle intitulée Le conte de Noël d'Auggie Wren). Et bien entendu, le tout était agrémenté d'une très jolie carte.


Voilà donc un colis tout à fait réussi, qui m'a réjoui et qui devrait réjouir ma nièce. Ne reste plus qu'à remettre dans les papiers-cadeau les livres et chouchous destinés à celle-ci afin qu'elle ait elle aussi la joie de déballer des paquets. Encore merci à toi, Emmyne !

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 22:34

HP7Je fais partie de ceux qui découvrent la série Harry Potter par le biais des films. Malgré toutes les recommandations faites de tous côtés, je ne suis pas attiré par la lecture des romans, étant assez peu sensible au genre fantastique (même si Potter est certainement plus que cela). Alors de là à lire 7 tomes !

 

Bref, tout cela pour dire que le grand écran me sert d'entrée dans l'univers du sorcier et de ses amis. Et si certains films m'ont laissé perplexe, j'avais apprécié le sixième volet, Le prince de sang-mêlé. L'intrigue touchant à sa fin, c'est la première partie du septième tome qui est aujourd'hui sur les écrans, et je la trouve dans la lignée du précédent : une réussite, donc.

 

Avec la mort de Dumbledore, Harry n'est plus en sécurité à l'école. Avec quelques amis, il décide de prendre la poudre d'escampette et d'aller à la recherche des horcruxes, fragments de l'âme de Voldemort qu'il faut détruire pour le tuer. On quitte le cocon de Poudlard pour partir sur les chemins inhospitaliers, dans les forêts où Harry, Ron et Hermione plantent leur tente, en attendant de trouver une piste. Film beaucoup plus introspectif et contemplatif que les précédents, j'en ai apprécié le rythme, qui rend parfaitement compte du trouble et du manque d'inspiration des jeunes gens pour trouver la solution à leur problème. On y voit au final assez peu les méchants, hormis dans cette grande scène finale avec une Béatrix Lestrange toujours plus démoniaque et délirante, mais les autres affreux restent dans l'ombre.

 

On y retrouve des personnages croisés auparavant, un peu perdus de vue, comme les elfes de maison qui occupent une place primordiale dans l'intrigue. Mais il est vrai qu'il est assez difficile de parler de l'intrigue, car l'ambiance est l'élément clé du film. Cette attente, ces tergiversations, ces tentatives pour échapper au mal parfois hasardeuses, parfois fructueuses, sont passionnantes à vivre dans cet univers gris-bleu de la forêt et des grands espaces. Ne sachant toujours pas comme se termine la saga (s'il vous plaît, n'en dites rien !), j'attends maintenant l'opus suivant et dernier, qui me permettra de clore cette aventure cinématographique ma foi assez prenante.

 

Les avis de Pascale, de Bladelor

Et l'épisode précédent, HP 6.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 19:11

bouquinerAnnie François travaille dans une maison d'édition. Sa vie, elle la passe entourée de livres : les professionnels qu'elle lit et corrige au bureau, les personnels qui envahissent son appartement, sans compter ceux de son compagnon dans lesquels elle pioche de temps à temps.

 

Sous forme d'abécédaire, mais pas dans l'ordre alphabétique, elle raconte son rapport aux livres, parfois compulsif, boulimique, narre des anecdotes sur sa vie avec les bouquins qui ont une place primordiale dans sa vie, surtout dans les périodes où la maladie l'oblige à rester couchée. Elle a un rapport physique avec les romans ou essais qu'elle aime, appréciant de les toucher, les palper et ayant beaucoup de mal à les prêter.

 

Si j'ai apprécié cette chronique d'une lectrice assidue, je ne me suis pas retrouvé dans son portrait. Déjà, je n'ai pas une attirance matérielle pour les livres. J'aurai du mal à lire sur un écran, mais je ne fétichise pas le livre que je tiens entre mes mains. Qu'il soit neuf ou pas, emprunté ou non, avec des cornes,... m'indiffére totalement. Annie François a par exemple un a priori négatif sur les bibliothèques, lieu qu'elle ne fréquente pas, alors que pour ma part j'aime beaucoup flâner en bibliothèque,  car le livre emprunté, même s'il n'est pas ouvert, ne coûte rien. Pour ma part, l'idée de me séparer de livres pour raison de place ne me pose aucun problème, même s'il y en a certains auquels je tiens un peu, tout de même !

 

Surtout, j'ai du mal à faire passer la lecture avant tout. Je ne suis pas du genre à lire l'intégrale de l'oeuvre d'un auteur dont je viens d'aimer un livre, ou du genre à oublier ce qui se passe autour de moi lorsque je lis. Loin de moi l'idée de dénigrer ceux qui ont ce type de relation à la lecture, mais il est vrai que lire ce témoignage, assez bien écrit par ailleurs, ne m'a pas toujours parlé. En fait, j'aime lire, je passe du temps à cette activité, mais finalement, je lis assez lentement et surtout, je ne pense pas avoir un rapport compulsif aux livres. Bien sûr, j'ai dans ma bibliothèque de quoi tenir un moment, mais c'est uniquement pour avoir le choix en temps voulu !

 

Bouquiner, d'Annie François

Ed. Points

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