Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 08:51

laure au bout du mondeLaure est institutrice, dans le village dans lequel elle a grandi. Un village de la Drôme provençale, Eourres, dans lequel son enfance a été marquée par les difficultés de la vie paysanne et sa découverte du monde de l'école. Le collège a été pour elle une véritable révélation, et sa plongée dans les livres lui a permis de sortir par le haut de sa situation miséreuse. Tout ceci à la surpise de ses parents qui ne comprenaient pas l'intérêt de se plonger dans le travail scolaire, quand Laure était attendue pour mener les troupeaux.

 

Laure est une enfant volontaire. Dès sa naissance, sa vie était fragile : sa mère a eu du mal à allaiter, et il a fallu recourir à l'ânesse du village pour nourrir la petite. Ce sont ensuite les marques d'un travail éprouvant qui marquent Laure, comme ce coup de faux qu'elle se donne à la jambe en récoltant la lavande. Ou cette cheville tordue pour échapper à une harde de sangliers en forêt. Malgré cela, elle tient plus que tout à continuer à aller à l'école, malgré les brimades d'un de ses camarades. Elle fait ce qui est en son pouvoir pour obtenir l'argent nécessaire et obligatoire à la poursuite de ses études.

 

Mais à travers le personnage de Laure, Pierre Magnan a surtout l'intention de d'écrire le mode de vie de vie des paysans de la Drôme provençale, dans les années 50-60. On y découvre les querelles de voisinage séculaires, dont personne ne connaît plus les raisons et qui empoisonnent la vie quotidienne. On y voit la détresse des producteurs de lavande lorsqu'ils découvrent que les produits importés coûtent moins chers, et que leur production ne vaut plus grand-chose. Ou la difficulté à rembourser les traites du tracteur, engin merveilleux pour ces paysans. On découvre enfin ces paysages, forêts et cols, troupeaux et chemins, qui font l'attrait de ces paysages.

 

Mais, car il y a un mais, je suis resté un peu à côté de cette histoire. Une affaire d'écriture, que j'ai parfois trouvé artificielle, pas très fluide. J'y ai en fait ressenti le travail de l'auteur, et je l'ai vu en train de construire son roman et de fignoler ses pharses. Je pense aussi que j'ai trop lu dernièrement des romans sur l'enfanronde.jpgce. Après les romans autobiographiques de Daniel Hébrard et Alain Foix, j'avoue que je suis un peu lassé du genre, et ceci a contribué à ne pas m'enthousiasmer pour cette lecture. Elle reste plaisante et agréable, mais ce n'est vraisemblablement pas un ouvrage qui restera dans mes annales.

 

Roman lu dans le cadre de la chaîne des livres, et proposé par Hathaway

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Libellune 29/07/2011 14:03



Ca commence mal : Laure n'est pas du tout institutrice dans le village d'Eourres...



Yohan 17/08/2011 22:05



Pardon pour cette erreur, qui ne remet néanmoins pas fondamentalement en cause mon impression sur le roman.



sophie 15/03/2011 20:44



un titre qui me disait mais aprés ce billet un peu moins envie de le lire



Hathaway 27/01/2011 08:08



C'est un livre qui m'a beaucoup touché mais je comprends ta remarque sur l'écriture. Merci de l'avoir lu !



Yohan 01/02/2011 19:07



Mais de rien ! Le livre a eu la chance de m'arriver avant la fin de la chaîne ;-)



BlueGrey 25/01/2011 15:08



Perso, j'ai trouvé la succession de difficultés et de malheurs que rencontre Laure un peu excessive...


Toutefois j'ai aimé l'autre aspect du livre, cette plongée dans un naguère qui longtemps parut immuable mais qui pourtant actuellement se délite, inexorablement.


Et l'on ressent bien je trouve toute la nostalgie de l'auteur pour cette vie rurale qui disparaît peu à peu et à laquelle il rend un bel hommage.



Yohan 01/02/2011 19:07



Oui, la nostalgie est bien rendue, mais comme cela fait plusieurs romans que je lis avec ce sentiment nostalgique, j'ai eu un petit trop plein. Mais le livre se lit bien, et est globalement
agréable.