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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 17:13

gorges-chaudes[Billet déjà paru sur Biblioblog] Les Cévennes, dans les années 50, sont pour un enfant un terrain de jeu extraordinaire, qui vont permettre au petit Daniel de faire de nombreuses découvertes, bonnes ou mauvaises.

 

Daniel est heureux de vivre dans ce milieu naturel qui s'offre à lui. Élevé par sa grand-mère, Juliette, dont le mari décédé était un mineur anarchiste, il fait son apprentissage de la vie au contact des éléments naturels. Ses plus grands plaisirs sont de se promener dans la forêt, de pêcher dans la rivière, ce qu'il apprend avec un petit gitan. La moindre séparation d'avec Juliette, même pour de courtes vacances à Marseille, est une véritable punition pour lui, obligé de découvrir la ville et de quitter la Cèze qu'il connaît si bien.

 

Pourtant, la magie de l'enfance sera rompu, car Daniel doit aller vivre avec ses parents, qui tiennent un bar en ville. Alors, les vacances deviendront pour lui la seule possibilité d'échapper à la ville, quand il s'évade avec son grand-père en Ardèche. Mais ces moments sont éphémères, et ne réussissent pas à sortir Daniel de son quotidien urbain.

 

Alors, ce sont les femmes qui composeront son imaginaire. Petit, déjà, il avait aperçu la boulangère et un jeune garçon en position équivoque, et avait décidé de faire pareil avec une amie. Les rencontres avec les femmes seront parfois fantasmées, comme avec cette voisine qui se baigne, ou seront plus physiques, comme avec cette autre voisine dans la cité HLM.

 

Le roman est donc une plongée dans le monde rural et ouvrier des années 50, dans ce pays où se mêlent les paysages cévenols et la culture ouvrière avec les mines d'Alès. Au fil du roman, on ressent fortement cette double influence, qui marque profondément le jeune garçon. L'image du drapeau noir des anarchistes dans la chambre de sa grand-mère Juliette est un élément constitutif de la personnalité de ce jeune garçon.

 

Daniel Hébrard tente de rendre, et y arrive assez bien, cette osmose avec la nature par l'évocation des lieux, des sensations olfactives ou visuelles qui ont pu marquer son jeune narrateur. Mais j'ai eu beaucoup de difficulté à lire ce roman. Non par à cause d'un manque d'intérêt par rapport au sujet ou par une écriture trop lâche, mais justement à cause des effets trop recherchés de l'écriture. J'ai trouvé que l'écriture manque de fluidité, et demande pour le lecteur une grande concentration. Qui fait qu'il est difficile de lire cet ouvrage rapidement, et ma lecture hachée a nui à mon impression finale. Car si la recherche stylistique est un atout pour un roman, il est parfois difficile de la tenir sur près de 300 pages.

 

Gorges chaudes, de Daniel Hébrard

Ed. Julliard

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commentaires

caza 06/01/2011 08:35



 suite et réponse ; une autre chose de voir l 'écriture de D Hébrard (à mon avis ) quand il s agit d exprimer   son passé  son enfance  ds ce qu elle a de "tendue " (les
rapports avec pere mere  et la generation au dessus ) le style  est haché et  un peu haleté (il n est pas facile d analyser passé la cinquantaine  ce que furent  ses
rapports avec sa mère !), bref à mon avis   c est le reflet d une certaine tension interieure ; par contre qd il evoque la cevennes  ou les cevennes  les phrases 
sont  plus apaisées  et vous enveloppent ds une bienveillance réconfortante !


il me semble que c est une chose qu on peut retrouver ds le precedent "ts soleils bus " où le jeune andalou  est stressé (la guerre ) ts le long du roman  et où il retrouve une 
certaine sereinité  en  se fixant ds les cevennes  serenité  que je ressens à travers le changement de style  justement ; je ressens cet apaisement .


et ds les hommes forts il y a aussi ce contraste entre  les moments de tension entre Bélou (son gd pere ) et la societé(armée administration parents  "fiancée ) et  les moments où
il peut s abandonner  (qd il soigne sa mule , ou  qu il cultive qq melons )


 bon  je n aime pas trop decortiquer  un texte et  puis depuis 40 ans  je ne l avais jamais plus fait ; mais bon j aimerai bien que les lecteurs reconnaissent
le  travail apres avoir eté séduit  par l histoire .et pour ceux qui le décrient qu ils reconnaissent l'honneteté  de celui qui se découvre ainsi ds son intimité, l abord
difficile  du style  n étant que le corollaire  de la difficulté pour chacun   à exprimer  justement cette intimité !


 bon j arrete  car  à mon tour  je deviens "autobiographe "!!!


 



caza 17/12/2010 18:37



 bonjour : j ai une fois parlé  avec hebrard  du style ; je lui avais preté un recueuil de nouvelles de tim morisson (des histoires de peche  et de chasse ) à l epoque de la
truie qui doute  et avant la parution des hommes forts ;  son commentaire : pas de style ; c est vrai que c etait une traduction ? à l epoque  il ecrivait des feuillets  au
verso des menus du trimestre ; c etait  tres beau  effectivement  un peu durs à lire  car  travaillés ; des vraies phrases  de la vraie grammaire: tout ça necessite
de la concentration mais quel bonheur ; tout se mérite  et remontaient  en moi les souvenirs  de mon enfance  des premiers émois à la chasse  ou au jardin ;l odeur de la
 cuisine de ma gd mère et  l odeur de l encre violette de l'école de la républque  ds mon bassin minier !


 bon je vais lire gorges  chaudes  sans me presser  en laissant remonter à la surface  mon cher passé comme chantait trenet !


 


 



Yohan 05/01/2011 22:13



Merci beaucoup pour ce commentaire étayé sur l'oeuvre d'Hébrard. C'est un auteur que j'ai découvert un peu par hasard, et si je ne suis pas déçu d'avoir croisé sa route, il m'a manqué un petit
quelque chose, une simplicité peut-être, pour être plus convaincu. Mais je vois qu'il a des défenseurs, et c'est très bien (à noter, un article cet semaine sur Bibliobs concernant ce roman !)