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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 07:16

simon wernerSimon est élève au lycée, et personne ne l'a vu depuis plusieurs jours. Aucun de ses camarades ne sait ce qui lui est arrivé, et chacun échafaude des hypothèses sur cette étrange disparition. Le climat est d'autant plus tendu que deux autres élèves de la même classe sont absents les jours suivants. Reste à démêler la réalité du fantasme.

 

Sur une trame pouvant évoquer un film d'horreur adolescent, pendant lequel les disparitions se succèdent, le réalisateur et scénariste Fabrice Gobert parvient à signer un film plus malin qu'il n'en a l'air au premier abord, et qui permet une plongée presque chirurgicale dans le monde adolescent. L'ensemble n'est pas sans défaut, notamment en terme de rythme, assez inégal, mais cela reste un premier film de bonne tenue.

 

La très bonne idée du film tient à son scénario, qui choisit une narration éclatée. On suit en effet au cours du film la vie de différents élèves, qui se croisent, et le point de vue de chacun permettra d'expliquer ce qui était en suspens chez un autre. On suit tout d'abord Jérémie, qui est dans la classe de Simon et qui se déplace en béquille suite à un accident au foot. Jérémie est bien intégré dans la classe, et fait partie d'un groupe tout à fait typique du lycée : une bande un peu fermée sur elle-même, qui a du mal à accepter que chacun s'individualise. Ainsi, quand Jérémie invite Alice, la bombe du lycée, à une soirée qu'il organise chez lui, ses potes sont surpris car ils ne lui connaissaient pas cette amitié. On est toujours dans cette pression du groupe, qui poussent les individus à agir très différemment de ce qu'ils auraient fait s'ils avaient été seuls.

 

Puis on s'intéresse à Alice, la fille sur qui tout le monde se retourne, petite amie de Simon Werner, mais qui est empreinte d'une profonde mélancolie, cataloguée dans son rôle de bombe. Il ya également Rabier, le souffre-douleur du collège, fils du professeur de physique (ténébreux Serge Riaboukine), qui subit de plein fouet les rumeurs qui courent sur son père, mais qui tente de rester ouvert, autant qu'il le peut. Enfin, Simon clôt le récit, et permet de résoudre ce mystère, même si toutes les questions ouvertes dans le film sont loin d'être résolues.

 

Un premier film qui mérite donc d'être vu, pour cette approche assez originale du mileu lycéen dans lequel on ressent cette pression du groupe, pression qui est finalement à l'origine de cette presque banale et tragique histoire. Car quand on est un tant soit peu différent, comment faire pour l'assumer sans être l'objet des sarcasmes de ses camarades ? C'est finalement la question que pose le film.

 

L'avis de Pascale

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