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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 11:50

http://www.cinemovies.fr/images/data/affiches/2009/une-affaire-d-etat-18730-1053542826.jpgUn avion est abattu au dessus du golfe de Guinée. Ce qui crée l'émoi de Victor Bornand, un des proches du Président de la République française, et de certains membres de son entourage. Car la cargaison que transportait cet avion n'était pas anodine : il s'agit d'armes à destination des rebelles qui tentent un putsch au Congo. Rien ne semble transpirer de cet événement, jusqu'à ce qu'apparaissent des informations distillées par un inconnu qui a intérêt à bousculer les hommes en place. Tout est alors permis pour faire taire les bavards, et pour empêcher la police d'y fourrer son nez.


Évacuons immédiatement un éventuel malentendu : contrairement à ce que peut laisser penser l'affiche, l'action du film se déroule exclusivement à Paris, les seules évocations de l'Afrique ayant lieu par l'utilisation d'images de documentaires montrant les combats entre rebelles et militaires. Mais l'Afrique, si on ne la voit pas, est au cœur de l'intrigue de ce film, notamment via la fondation montée par Bornand et promouvant le micro-crédit. La « Françafrique » est clairement visée dans cette fiction.


Une affaire d'Etat est un film rythmé, sans aucun temps mort. L'action débute immédiatement : les premières images montrent l'avion et son explosion, et sont immédiatement suivies par une immersion dans une soirée du gratin parisien, où la cocaïne et les prostituées coulent à flot. Le ton est donné ! On suivra les intrigues menées par Bornand (André Dussolier, très efficace), avec les politiques, les journalistes, les marchands d'armes (Denis Podalydès, peureux à souhait) et son homme de main, Michel Fernandez (Thierry Frémont, un poil monolithique).


Face à eux, la police tente de démêler les nœuds de cette histoire. Mais entre les services de renseignements et la police criminelle, les relations sont tendues. Ce qui ressemble d'abord à des règlements de compte prend peu à peu une dimension qui dépasse le travail de Bonfils et Nora Chahyd (Gérald Laroche et Rachida Brackni, tous deux très convaincants). Et ce sont les services secrets qui prennent alors l'affaire en main (Jean-Marie Winling, comme toujours impeccable).


Alors, si l'intrigue fonctionne, elle n'est pas totalement exempte de facilités de scénario qui lui portent préjudice. Bon, la flic d'origine arabe et donc confrontée au préjugés de ses collègues, c'est déjà vu, et pas forcément essentiel, d'autant que les relations de Chahyd avec Bonfils se caractérisent surtout par une mise à l'épreuve qui ne dit pas son nom, et qui est autrement intéressante. Autre facilité, cette course poursuite finale, trop longue et quasi irréaliste, où un des protagonistes, renversé par un vélo, continue à courir dans les rues de Montmartre en boîtant. Surtout, l'élément le plus gênant concerne le nombre de morts de cette histoire. Il me paraît assez étrange de vouloir garder secrète une histoire en éliminant autant de personnes, même si les premières cadavres découverts ne sont pas « volontaires ».


Mais, malgré ces réserves, ce film d'Eric Valette est prenant, même si le traître (il y a toujours un traître dans ces histoires) est assez rapidement identifiable. Un bon moment devant ce film politique, qui sous couvert d'une intrigue policière aborde de nombreux problèmes de fond. Mais il lui manque une finition dans le scénario, qui lui aurait permis d'être un très bon film.


L'avis de Pascale.

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commentaires

Pascale 24/12/2009 10:28


Par contre j'ai trouvé Rachida à côté de la plaque et Thierry Frémont très bien;

Dussolier : parfait, comme d'hab'.


Yohan 30/12/2009 17:43


Comme quoi on peut être globalement d''accord, et pinailler sur ddes détails. Car Frémont, je l'ai vraiment trouvé assez monolithique (sans être mauvais, toutefois !)


Emeraude 20/12/2009 11:00


tu n'avais donc pas lu le livre de Manotti dont le film est adapté ? Je n'ai jamais rien lu d'elle mais d'après ce que je comprends, elle s'inspire toujours des choses vues, lues, entendues...
Comme toi j'ai trouvé que c'était un bon film, et ça m'a surtout donné envie de découvrir les polars de Manotti


Yohan 30/12/2009 17:40


Je ne savais même pas que c'était tiré d'un roman ! Je note donc le nom de l'auteur, on ne sait jamais !