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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 09:00

acinqheuresdeparisYigal, chauffeur de taxi dans la banlieue de Tel-Aviv, a une passion : la France. Il écoute Joe Dassin et Adamo, et rêve de voir Paris avec son ex-femme, son nouveau mari et son fils Asafi. Mais il y a un problème : il a peur en avion. Il suit des séances pour surmonter cette phobie, mais rien n'y fait. Sa confiance remonte quand il fait la connaissance de Lina, la professeur de musique de son fils. Il redécouvre les frissons du flirt, et sa peur panique semble disparaitre. Jusqu'au retour de Grischa, le mari urologue de Lina qui fait tout pour émigrer au Canada avec son épouse.


Leon Prudovski réussit un joli film, avec un tour de force assez impressionnant. D'un postulat comique, avec Yigal, chauffeur qui collectionne les embrouilles, les phobies, il tord petit à petit son angle d'attaque pour en faire une comédie sentimentale qui penche par moment vers le drame. La comédie romantique prend peu à peu la place, avec ces séquences de drague entre Yigal et la professeure de musique, notamment lorsqu'il l'accompagne au conservatoire ou chez elle après qu'elle a raté le dernier bus.


Yigal doit également jongler entre sa famille, avec son ex-femme et surtout son ami, qui fait tout pour embarquer Yigal dans une affaire de compagnie d'autocars et le considère comme un raté de la pire espèce. Heureusement, il arrive à discuter avec son fils, même si les conseils qu'il lui donne ne sont pas toujours très recommandables. Les scènes avec son fils, intermédiaire involontaire entre son père et sa professeure de musique, sont d'ailleurs très émouvantes, en particulier celle de ce spectacle de fin d'année dans laquelle Asafi se fait remarquer.


A cinq heures de Paris n'est pas une énième comédie romantique et sentimentale, mais une œuvre douce-amère sur un amour impossible. A cela s'ajoute l'immersion dans la colonie russe israélienne, avec le personnage de Grischa, et la volonté d'ailleurs, Israël ne laissant pas de possibilités à la hauteur des attentes de l'urologue. Pas de revirement spectaculaire dans l'intrigue, mais une acceptation triste et réaliste des histoires d'amour complexes et des échecs qui y sont inhérents.


Un bon premier film, servi également par deux très bons acteurs principaux, Dror Keren et Helena Yaralova, et une bande originale (dans tous les sens du terme), qui mêle Adamo et Joe Dassin sur fond de banlieue de Tel-Aviv.

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