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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 10:26
Je tente peu à peu de combler mes lacunes cinématographiques, et à l’occasion d’une exposition consacrée à Dennis Hopper à la cinémathèque française, une rétrospective de ses films (en tant que réalisateur et acteur) est organisée actuellement. Et dans ce cadre, j’ai vu (enfin) Apocalypse now, monument du cinéma des années 70.

 

Lors de la guerre du Viet-Nam, Willard, soldat habitué aux tâches ingrates, doit débarrasser l’arme américaine de Colonel Kurtz, qui utilise des méthodes réprouvées par les dirigeants américains. On suit donc Willard, entouré d’une équipe de quatre personnes, remonter le cours du fleuve pour atteindre son but, la zone retranchée de la jungle dans laquelle se cache Kurtz.

 

Il est assez banal de dire que ce film est un chef d’œuvre. Un petit bémol cependant : j’ai vu ce film dans une version longue (Redux), et je pense que les quelques scènes ajoutées par Coppola lors de la ressortie du film n’apporte que peu à l’intrigue, et en ralentissent même le rythme.

 

En dehors de ce petit bémol, la première heure est absolument fascinante. L’attente de Willard (Martin Sheen) dans sa chambre d’hôtel donne le ton au film : une ambiance poisseuse, un stress qui ne quitteront jamais le héros, ni le film. La scène où Willard reçoit ses ordres (avec Harrisson Ford jeune) est également révélatrice de cette ambiance. On est continuellement dans une attente, celle de la rencontre avec Kurtz, qu’on voit en photo mais qui n’apparaît qu’en toute fin du film.

 

La scène qui m’a vraiment cloué au fauteuil est celle de l’attaque du village vietnamien par la horde d’hélicoptères au son de Wagner et La chevauchée des Walkyries. C’est un passage absolument phénoménal, où la cruauté et la barbarie se mêlent à la vacuité et l’imbécillité du commandant, qui ne jure que par son surf. Le personnage de Kilgore, joué par Robert Duvall, est époustouflant dans ce rôle de colonel insouciant, sûr de sa force et qui se fait rouler dans la farine par Willard.

 

Suite à cette scène, Willard et son équipage remontent le fleuve, et on suit cette épopée, avec les obstacles (la plantation française) et les moments plus « reposants » (l’animation des playmates). Tout est tendu, on sent que le danger est partout et que rien ne sera résolu tant que Kurtz ne sera pas tué. Il y donc encore une attente, perpétuelle, qui marque tout le film.

 

Et puis il y a la rencontre avec Kurtz (imperturbable Marlon Brando), brute sanguinaire, militaire fou qui règne en empereur sur la population d’indigènes qui habite là, et sur un photographe dément (Dennis Hopper). Cette violence, cette folie, présente déjà depuis le début du film à chaque instant, est ici décuplée, multipliée pour atteindre un point de non-retour.

 

Ce qui m’a marqué, en dehors de cette scène d’attaque en hélicoptère, est l’ambiance de folie qui règne dans le film. Il y a bien entendu Kurtz, complètement dérangé. Mais tous les protagonistes de cette histoire sont atteints de folie, à un degré plus ou moins important. Que ce soient les accompagnateurs de Willard (Ce soldat qui se prend d’amitié pour un chien), Willard lui-même ou toutes les personnes qu’il rencontre (les français totalement inconscients de ce qui arrive, les soldats américains), tout le monde est touché par cette folie qui émane de la guerre.

 

C’est donc un grand film, éprouvant car très noir, et qui montre à la fois l’horreur de la guerre et ses conséquences habituellement peu montrées à l'écran.

 

A noter que ce film est une libre adaptation d’un roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres. Coppola a transposé l’action à l’époque qui lui était contemporaine (Chez Conrad, l’action se passe dans l’Afrique coloniale) et cela donne une résonance vraiment particulière et intéressante au film.

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commentaires

anjelica 07/11/2008 12:51

Il semblerait et ce n'est pas la 1er fois que je le vérifie, que ce qui est inoubliable pour moi ne l'est pas forcément pour les autres et inversement bien entendu !

Mon homme se rappelle très bien de ce film.

Yohan 11/11/2008 12:10


La mémoire est un élément qui est vraiment incontrolable ;-) D'où l'intéret des blogs(entre autres), comme soutien dans les périodes où elle flanche !


anjelica 06/11/2008 19:10

Je me rappelle pleins de films que j'ai vu au début des années 1980. Je sais que j'ai vu celui-ci mais je ne sais pas pourquoi impossible de m'en rappeler !

Yohan 06/11/2008 23:23


C'est marrant, ça ! J'avais l'impression que c'est un film inoubliable, mais ça n'a pas l'air d'etre le cas !