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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 07:04

Nous sommes en 1985. Paul, en froid avec ses parents et sa sœur, vient leur rendre une visite inattendue. Il profite de l'occasion pour leur présenter Solange, sa petite amie, rencontrée par hasard il y a peu. En rupture familiale, il ne comprend pas l'abnégation des femmes de la famille qui prennent soin de son père, gravement malade. Mais entre les piques habituelles du fils, et les relations glaciales entre les membres de la famille, c'est Solange, l'invitée, qui sera cause de l'éclatement de la cellule familiale. Car si elle a rencontré Paul, ce n'est finalement pas par un si grand hasard...


En prenant le parti de parler des pièces de théâtre version papier, le risque existe de se trouver confronté à un texte dont on sent qu'une vision scénique permettrait une toute autre approche. Et c'est, je pense, ce qui pourrait m'arriver si je découvrais une production de cette pièce signée Franck Bellucci. Car si certaines choses m'ont gênées, ou m'ont semblé un poil artificielles, elles pourraient avoir une toute autre résonance sur scène.


Le thème de la pièce est double : celui de la famille (très en vogue actuellement, dont l'une des meilleures représentations est certainement Un conte de Noël de Desplechin), et celui du secret, qui ronge le groupe et qui dévoilé, va modifier tous les comportements (thème beaucoup utilisé également, notamment, et de manière magistrale, par Philippe Grimberg dans Un secret, justement). Cette utilisation de thèmes souvent vus ces derniers temps n'a certainement pas servi ma vision de la pièce, puisque ces modèles trottent toujours un peu en tête. De plus, ces thèmes largement universels ont forcément des rapports avec notre expérience personnelle, toujours plus ou moins marquée par des rapports familiaux compliqués, et des secrets étouffés (ou presque). Mais mon plus gros problème a été de penser à la pièce de Lagarce, Juste la fin du monde, qui si elle ne parle pas du même type de secret, est bien trop proche pour ne pas y penser. Et c'est bien le hic, tellement la pièce de Lagarce est forte et dense.


Ensuite, j'ai eu un problème avec le personnage principal, celui de Paul. Fils qui donne peu de nouvelles à ses parents, qui n'hésite pas à exprimer de manière volontairement provocatrice ses réflexions quant à la situation de sa mère et sa sœur, il est totalement déboussolé quand il apprend le secret. Mais sa réaction ne m'a pas paru totalement logique, et exactement inverse à celle de sa sœur. Cette construction sur l'opposition m 'est paru de trop. Je comprends l'intention de Franck Bellucci par rapport à son personnage (que je vous laisse découvrir), mais cette volonté de modifier le regard du spectateur vis à vis de Paul est trop soudaine pour être totalement crédible.


Je ne suis donc pas totalement convaincu par la pièce dans sa version écrite, qui, si elle part d'un scénario a priori intéressant, souffre des comparaisons que j'ai faite (à tort, bien entendu, mais c'est impossible de faire autrement) avec d'autres pièces travaillant les mêmes thèmes (et la pièce de Lagarce est tellement réussie que c'est presque une gageure de s'y frotter). Mais rien ne vaut une vision sur scène, à laquelle je n'ai malheureusement pas encore eu l'opportunité d'assister (mais je ne désespère pas !).


L'avis de Laurence (dont j'ai finalement un avis assez proche)


Vous retrouverez également toutes les informations des représentations sur le blog de l'auteur (qui est également acteur dans la troupe qui a monté la pièce). Prochaine représentation à la fin du mois, à Tours.


Du même auteur : Ce silence-là

                               Et pour le pire (dont une des nouvelles est proche de la trame de cette pièce, et m'a paru bien plus forte que ce texte de L'invitée)

 

L'invitée, de Franck Bellucci

Ed. Les Mandarines

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 19:39

Dans la série « théâtre dans le théâtre », après L’illusion comique et avant Arsenic et vieilles dentelles, Molière. Il a lui aussi parlé de cet art dans son œuvre. Dans La critique de l’école des femmes et L’impromptu de Versailles, il en est en effet beaucoup question. Mais ces deux courtes pièces ont une place particulière dans l’œuvre de Jean-Baptiste Poquelin : elles servent à répondre à la polémique née suite à L’école des femmes.

 

Raison de la querelle : un succès acclamé par les pauvres gens, que les marquis, précieux et précieuses, auteurs et acteurs des autres troupes n’ont pas accepté. Mais aussi le reproche fait à Molière de se moquer à travers les paroles de ses personnages de personnalités que tout le monde a reconnu.

 

La critique de l’école des femmes est la première réponse que Molière fait à ses détracteurs. Pour répondre aux accusations qui lui sont faites, il fait intervenir une précieuse (Climène), un marquis fat comme il aime à les dépeindre et un poète malade de jalousie (Lysidas). Pour leur répondre, Uranie puis Dorante se feront la voix de l’auteur et répondront à toutes les attaques. Ces attaques ne sont d’ailleurs jamais réellement étayées : elles reposent sur quelques termes utilisés dans la pièce (« tarte à la crème », « tirer les oreilles »,…) ou sur des interprétations que Molière se défend d’avoir (Le passage d’Agnès qui a perdu le ruban, même si le lecteur n’est pas totalement dupe du double jeu de l’auteur). Il moque l’exagération des reproches qui lui sont faits, avec Climène qui se trouve sur le point de défaillir. La querelle avec Lysidas, le poète, est l’occasion pour le dramaturge d’exposer sa vision de son art. Face aux figures tutélaires avancées par Lysidas (Aristote et Horace) et à ses expressions savantes (protase, épitase), Molière défend le goût du public, du plus grand nombre qui se plait à venir voir ses pièces. Dans le même temps, il réfute les accusations de Lysidas, qui lui reproche de ne pas respecter les règles classiques.  De la modernité, mais point trop n’en faut ! Molière défend également la comédie, face à la tragédie. Il souhaite que la comédie, qu’il juge plus difficile à écrire que la tragédie, soit reconnue au même niveau que la tragédie.

 

L’impromptu de Versailles est la suite de la querelle de L’école des femmes. Pour enfoncer le clou, Molière joue devant le Roi cette pièce qui parle de théâtre. Le spectateur assiste à la répétition d’une pièce de la troupe de Molière, pour laquelle les acteurs ne s’estiment pas près, alors que le Roi est sur le point de les recevoir. Après avoir raillé les manières des acteurs des autres troupes (donc ses concurrents), Molière (acteur lui-même) mène les répétitions. Bien entendu, Molière ne se gêne pas pour égratigner dans cette pièce les pédants, les précieux et ceux qui lui cherchent querelle. Et lorsque la répétition est sur le point de se terminer, ses acteurs lui demandent de faire une réponse plus virulente, plus franche à ses adversaires. Ce à quoi se refuse Molière, qui trouve cette réponse adaptée.

 

Ces deux courtes pièces permettent à Molière, à travers l’art dramatique, de présenter sa vision du théâtre. Loin d’être un traité, elle donne quelques indications sur la manière dont il abordait son art. Elles sont également le symbole des querelles qui agitaient le petit monde parisien des troupes, des acteurs et de la Cour. Une querelle amène une réponse par une pièce (aujourd’hui, on aurait un malheureux communiqué de presse envoyé à l’AFP), à laquelle d’autres auteurs, souvent mineurs, ont également fourni une réponse. Finalement, Molière clôt de son côté la querelle avec L’impromptu de Versailles. Une belle manière de mettre fin à cette dispute, qui ne sera pas sans conséquence pour les œuvres à venir de Molière (la censure de Tartuffe, l’année suivante, y est plus ou moins liée…)

 

Deux petites pièces à découvrir pour tous les amateurs de théâtre !

 

La critique de l'école des femmes ; L'impromptu de Versailles, de Molière

Ed. Classiques Hachette

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 19:21

Dorothee et Martha Brewster vivent avec leur neveu Teddy dans une petite maison de Brooklyn, adossée au cimetière. Elles veillent sur leur neveu, qui se prend pour le Président des Etats-Unis. Elles suivent aussi d’un œil interrogateur les amours de Mortimer, un autre de leur neveu, critique dramatique qui leur rend souvent visite. Elles rêvent qu’il concrétise enfin l’amitié qu’il entretient avec Elaine Harper, la voisine et fille du révérend. Mais la quiétude du lieu va très vite être troublée par l’apparition d’un cadavre et par le retour de Jonathan, le troisième de leur neveu, disparu depuis vingt ans…

 

Avant d’être un film hilarant de Frank Capra avec, entre autres, Cary Grant (merveilleux) et Peter Lorre (alcoolique), Arsenic et vieilles dentelles est une pièce de théâtre signée John Kesselring. Comme souvent, c’est après un succès à Broadway que la pièce fut adaptée (il existe en effet quelques différences entre la pièce et le film, notamment le métier de Mortimer Brewster).

 

La pièce est drôle, pleine de rebondissement et rythmée, mais elle est ce que j’appellerai une pièce diesel. Composée de trois actes d’inégale importance (en taille, j'entends), chacun a une fonction bien précise. Le premier acte sert d’exposition à l’intrigue : les personnages principaux sont campés, on apprend qui est le meurtrier et les raisons qui l’ont poussé à tuer Mr Hoskins, et comment il se débarrasse du corps. Ensuite, tous les éléments mis en place dans ce premier acte font faire sens, et interviennent dans un sens ou un autre pour faire avancer l’intrigue ou pour apporter une pointe d’humour. Tout cela pour se terminer dans un dernier acte en feu d’artifice, où tout se résout après moult péripéties.

 

En début de pièce, Teddy, le neveu fou qui voit des ennemis et des malades de la fièvre jaune dans tous les coins, porte l’aspect comique. Puis, petit à petit, chacun des personnages se dévoile, révélant des facettes insoupçonnées (et donc drôles), que ce soit les tantes, Mortimer ou Jonathan et son fidèle complice, le docteur Einstein. Et là, le texte prend de l’ampleur, les entrées et sorties permanentes des personnages donnent un rythme qui ne faiblit pas.

 

Keeselring profite d’ailleurs du personnage de Mortimer, et de celui de O’Hara, un sergent, pour parler du théâtre. Et notamment des mauvaises pièces : celles qui sont trop longues, comme celle qu’O’Hara écrit à ses heures perdues. Ou celles auxquelles Mortimer assiste et qu’il trouve indigne de ce grand génie qu’est le cerveau humain. Cette mise en abyme apporte une dimension supplémentaire à cette pièce déjà réussie.

 

Si je vous parle de cette pièce, c’est bien entendu parce que je viens de la lire, mais aussi parce que je l’ai vu sur scène. Enfin, pas totalement puisque je faisais partie de la distribution, et n’ai donc pas pu y assister normalement. J’ai eu l’honneur d’incarner le Président des Etats-Unis en personne, et cela ne m’arrivera vraisemblablement pas tous les jours. Je profite de ce modeste endroit pour remercier mes huit camarades de jeu qui ont permis que ce modeste spectacle voit le jour et si l’aventure fut rocambolesque, le succès fut, semble-t-il, au rendez-vous. Merci aussi à notre professeure / metteuse en scène / régisseuse / coiffeuse, qui nous a beaucoup aidé pour aller au bout de ce projet. Ce fut un vrai plaisir de jouer les rôles de Teddy et de Mr Gibbs (vieux monsieur qui échappe de justesse au tueur) !

PS : J'en profite pour vous annoncer que j'ai quatre places à revendre pour Ubu Roi à la Comédie Française, le samedi 11 juillet à 20h30. Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à me le dire...

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 07:53

Une petite bourgade de Nouvelle-Angleterre attend impatiemment l’arrivée du nouveau révérend. Mais deux candidats se présentent : le révérend Bloom et le révérend Burton. Malheureusement, aucun des deux ne satisfait vraiment la population du village : le premier est un juif converti, le second est une femme. Les deux révérends, d’abord concurrents, vont pourtant se soutenir lorsqu’ils vont découvrir les activités de ce paisible village…

 

Depuis quelques temps, j’ai décidé de me remettre à lire du théâtre. Si je ne parle pas de toutes les lectures théâtrales ici (car il est parfois difficile de parler d’un écrit qui a pour but d’être mis en scène), il existe de nombreux textes qui se suffisent presque à eux-mêmes. C’est le cas de cette pièce de Slawomir Mrozek, auteur polonais présenté comme un homologue de Kundera.

 

Ici, le texte se suffit car le rythme de la pièce est assez fort, les dialogues assez percutants pour imaginer facilement ce que pourrait donner une mise en scène. Les personnages sont hauts en couleur, et la galerie des personnages secondaires très intéressante. Les deux personnages principaux sont bien entendu les deux révérends, qui font tout pour que l’autre abandonne sa volonté de récupérer le poste, avant de se rendre compte qu’ils sont entourés de paroissiens tous aussi délirants les uns que les autres. Mrs Simpson, la paroissienne la plus fervente, se révèle rapidement être la plus intégriste du groupe. Et il y a les jeux de pouvoir de Mr Wilkinson et de Thomas, qui veulent acheter la confiance du nouveau révérend afin qu’il donne son accord pour leurs activités rémunératrices. Tout ce petit monde, ébloui par la foi religieuse et l’appât du gain, ne voit pas le danger que représente Chuck, jeune sataniste qui sillonne les rues avec ses pancartes et ses bombes.

 

J’ai apprécié la lecture de cette courte pièce absurde. Sur un postulat comique, celui du choix d’un révérend qui choque les conventions bourgeoises des paroissiens, Slawomir Mrozek parvient à changer subtilement de cap pour en faire une charge contre le détournement des principes religieux pour des buts lucratifs. L’air de rien s’installe une mécanique tout à fait intéressante, qui mêle le fond (les enjeux religieux, la dénonciation des conventions) et la forme (les coups de théatre, les idées scéniques).

 

La pièce s’est jouée en 2005 à Paris, mais je guetterai pour savoir si des troupes auraient l’idée de mettre en scène cette œuvre.

 

Les révérends, de Slawomir Mrozek

Traduit du polonais par Gilles Segal

Ed. Avant-Scène Théâtre

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 07:43

Louis, 34 ans, rend visite à sa famille, la première fois depuis dix ans. Pendant les années précédentes, il ne leur a envoyé que quelques cartes postales, sans dire grand-chose de sa vie. Ce retour, c’est pour Louis l’occasion d’annoncer à sa mère, son frère et sa sœur qu’il va bientôt mourir, car il est malade. Mais ce retour ne se passe pas vraiment comme prévu : il n’arrive pas à annoncer ce qu’il a envie de dire. Chacun, à tour de rôle, lui raconte la vie qu’il a vécu pendant son absence, et les reproches ne tardent pas à fuser. Louis, fatigué, désabusé, sent qu’il n’arrivera jamais à leur dire la terrible nouvelle, car ceux qu’on appelle ses proches ne sont pas prêts à entendre ce qu’il à dire.

 

Juste la fin du monde, écrit en 1990, est une des dernières pièces de Jean-Luc Lagarce. L’auteur a écrit cette histoire de famille et de maladie alors qu’il savait lui-même qu’il était condamné à moyen terme, car atteint du Sida. Cette pièce, sur la difficulté de communiquer au sujet de problèmes intimes dans le cadre familial, est un très beau texte, sombre et lumineux.

 

Cinq personnages parcourent la scène : Louis, sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et sa belle-soeur Catherine. Rarement ces cinq personnages se retrouvent ensemble sur scène. Et lorsqu’ils se retrouvent, ils ne se parlent pas vraiment. Dans le texte, chaque personnage décrit lors d’un long monologue la manière dont il vit la situation depuis le départ de Louis. Suzanne aurait voulu qu’il soit plus présent, Antoine lui reproche de lui avoir laissé gérer seul la vie avec leur mère. Entre Antoine et Louis, il y a une tension latente, un conflit larvé qui fait que leurs relations, malgré cette longue interruption, sont dures. Catherine essaie de raisonner son mari, mais elle n’y arrive pas vraiment.

 

Le spectateur sait d’emblée ce qui arrive à Louis, qu’il est condamné à brève échéance. Et comme Louis, il assiste aux discours de membres de la famille, à ses logorrhées qui ne prennent jamais en compte le revenant, ni les raisons pour lesquelles il est parti, ni celles pour lesquelles il est revenu. Par ce mécanisme, Jean-Luc Lagarce place le spectateur au même niveau que Louis : il sait ce que les autres ignorent. Ce qui crée le trouble, la dureté du texte, et amplifie la charge contre le milieu familial, censé être celui qui recueille les confidences et les difficultés de ses membres, mais qui en l’occurrence est incapable de la moindre empathie envers Louis.

 

Juste la fin du monde est un texte magnifique, avec un très beau travail sur la langue. Lagarce travaille en particulier l’utilisation des verbes, en les répétant sous diverses formes (présent, futur, conditionnel) pour marquer le trouble. Entré au répertoire de la Comédie-Française l’an dernier, cette pièce est en passe de devenir un classique du théâtre francophone contemporain.

 

Juste la fin du monde, de Jean-Luc Lagarce

Ed. Les solitaires intempestifs

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 19:20

Jean-Michel Ribes, actuel directeur du théâtre du Rond-Point dont je vous ai déjà parlé ici, est aussi l'auteur de pièces de théâtre.

Ici c'est un ensemble de scènes, généralement à deux acteurs, qui composent l'ouvrage. Un thème commun : l'absurde. A partir d'une situation banale, un élément parvient à tout faire basculer : un stylo au milieu du salon dans Dimanche ou une perruque Louis XV dans Bronches. Dans d'autres, c'est un quiproquo qui lance la scène : un père qui oublie le prénom de sa fille dans Monique, un spectateur qui ne veut pas féliciter sa belle-soeur actrice,... Le tout se terminant par une visite dans un musée, qui tourne à la dissertation philosophique sur les carpes et l'animalité.

Je trouve ce recueil de pièces assez jubilatoire : on passe d'une situation rocambolesque à une autre, on est surpris à tout bout de champ par l'imagination de l'auteur. On pense aux situations que Dubillard met en scène dans les Diablogues (joués récemment au théâtre du Rond-point, quelle coïncidence !), mais aussi à Topor pour ce coté décalé qui permet à une situation anodine de prendre un aspect comique et irréaliste. On y trouve des sujets qui reviennent souvent d'une situation à l'autre, ce qui permet de faire le lien : les relations familiales, l'amitié, et bien sur le rapport aux animaux...

Il faut donc accepter de plonger dans un univers particulier en ouvrant ce livre, mais on y passe un agréable moment. Dans cette édition  est ajoutée Sans m'en apercevoir, qui fonctionne selon le même principe. J'ai une tendresse particulière pour la scène où une tomate ayant survécu à un accident est interrogée par un gendarme.

En espérant pouvoir ces pièces mises en scène un jour ou l'autre (au Rond-Point), leur lecture permet une évasion rapide et décalée... A découvrir pour ceux qui ne connaissent pas du tout Jean-Michel Ribes.

 

Théâtre sans animaux, suivi de Sans m'en apercevoir, de Jean-Michel Ribes

Ed. Actes Sud - Babel

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 13:58

malade-imaginaire.gifArgan, mari sous la coupe de sa seconde femme Béline, souhaite marier sa fille Angélique. Il veut qu'elle épouse un médecin, car s'estimant très malade, il bénéficie plusieurs fois par jour des lavements et saignées de Mr Purgon, son médecin, et voudrait par ce mariage en avoir un dans sa famille. Angélique souhaite quant à elle épouser Cléante, qui n'est pas médecin, et Argan menace donc de la mettre au convent. Mais l'intervention du frère d'Argan, et surtout de Toinette, la servante, vont mettre à mal les plans de Béline et d'Argan....

J'ai (re)lu avec plaisir cette pièce de Molière, qui fut sa dernière, celle lors de laquelle il eut un malaise mortel sur scène. Cette pièce est en fait assez étrangement construite vu les canons d'aujourd'hui : les trois actes sont entrecoupés de ballet qui viennent s'intégrer au récit, et une chanson de Cléante vient même couper le deuxième acte. Les passages chantés, où figurent bergers, bergères et autres figures pastorales, paraissent désuets sur le papier. Et la dernière partie chantée, en faux latin, est extrèmement compliquée à lire (mais c'est du théâtre, et c'est sûrement plus agréable à entendre).
Néanmoins, les parties purement théâtrales laissent beaucoup de place à des mises en scène originales : les scènes avec les médecins complètement en décalage, les ruses de Toinette pour trahir sa maîtresse, etc.

Pour les parisiens et proches, la pièce est actuellement jouée au théâtre de l'Odéon ( pour une semaine), et à la Comédie Française (jusqu'à Noël). C'est une pièce que, je pense, il faut voir. J'essaierai d'y aller et de faire part à ce moment-là de mes impressions.

 

Le malade imaginaire, de Molière

Ed. Larousse - Petits classiques

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