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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 17:10

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/9/5/8/5051865107859.gifUn homme dégingandé, visiblement anxieux comme le montrent les mouvements de ses mains, monte sur scène. Autour de lui, un contrebassiste beaucoup plus petit que son instrument, un guitariste membre de feu La Tordue et un saxophoniste / guitariste / banjoïste irlandais. Cet homme, c'est Loïc Lantoine, chanteur d'une quarantaine d'années, et qui revendique de faire de la « chanson française ». Et effectivement il ne chante qu'en français, à une exception près.

Loïc Lantoine aborde des sujets et des styles musicaux très différents. Certains, les plus anciens, sont assez durs, que ce soit dans le texte ou dans l'instrumentation, souvenir du fait qu'il a débuté ses concerts avec comme seul musicien François Pierron, son fidèle contrebassiste. Des chansons comme Badaboum, quihttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/grandes/8/5/6/0825646143658.gif donne son titre à son premier album, ou Mauvais ouvrier, sont dans cette veine. L'autre veine revendiquée par ce chanteur aux idées communistes, c'est la peinture réaliste d'un milieu social qu'il connaît, celui des ouvriers : on sent chez lui une aspiration à ce que les choses changent, et une légère pointe de nostalgie dans certains cas, notamment lorsqu'il évoque la fermeture d'un bistrot. Mais si certains textes peuvent être durs, l'ensemble reste gai, presque joyeux, tellement l'artiste est doué. Il arrive à mêler des moments de tendresse (comme dans Pierrot, magnifique chanson sur l'amitié) et des moments de loufoquerie pure, comme cette autre chanson où il évoque l'arrivée d'extra-terrestres sur la Terre ou celle où il raconte comment le Manneken Pis est devenu cet enfant qui fait pipi devant tout le monde. Il n'hésite pas non plus à reprendre des chansons d'autres, comme Quand les cigares, de Raoul de Godewaersvelde (certains nordistes connaîtront, l'auteur ne cachant pas ses racines, citant dans ses chansons Armentières ou en utilisant des mots de patois) ou Monaco de Joe Dassin. L'une de ses chansons les plus drôles est Nny, où il rend une forme d'hommage à un grand chanteur français (ces deux dernières chansons ne figurent pas dans le dernier spectacle, et c'est bien dommage !).

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/grandes110/5/2/8/5051011798825.gifTrès bien entouré, donc, la musique s'est fait plus mélodieuse. Si François Pierron continue à jouer de la contrebasse avec un cintre, un bout de bois, ses doigts ou un archet, Eric Philippon et le musicien irlandais apporte une touche mélodique nouvelle qui ne rompt pas le charme des chansons de Lantoine.

Auteur de trois albums (le premier avec l'aide des Têtes raides, le troisième est un live sur lequel il se fait accompagner de différents musiciens) il est en train de préparer le quatrième. Homme talentueux, qui joue sur scène un vrai spectacle comique entre ses chansons, Loïc Lantoine est vraiment un artiste à suivre, et que je vous invite à découvrir s'il passe près de
chez vous, car vous serez assurés s'y passer un bon moment !

 

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 14:54

Juliette Gréco, icône germanopratine de l’après-guerre, n’a pas cessé depuis soixante ans de chanter. Hier sur des textes de Gainsbourg, d’Aragon, aujourd’hui aidé par les plus jeunes Christophe Miossec, Benjamin Biolay, Marie Nimier, Olivia Ruiz ou Abd Al Malik, elle continue de déployer son talent sur disque et sur scène. Découverte par l’intermédiaire de l’album qu’elle a sorti il y a maintenant cinq ans (et qui contient une très belle version de La rose et le réséda de Louis Aragon), je suis sous le charme. Ainsi, lorsque j’ai reçu une place pour aller la voir sur scène, j’étais aux anges. Bonheur aucunement déçu par la prestation scénique que j’ai pu voir.

 

Il faut bien l’avouer, le début de ce récital m’a fait craindre le pire, à cause de la difficulté pour comprendre ce que Juliette Gréco chantait. Puis, le temps passant et la voix s’échauffant, l’ensemble s’est fluidifié, et l’artiste a pu faire usage de l’ensemble de ses talents d’interprète. Car c’est bien à un travail d’interprète que l’on assiste : Gréco n’écrit pas, ni paroles ni musiques, et demande à d’autres d’écrire pour elle. Artiste très honnête, puisqu’elle rend hommage avant chaque chanson à l’auteur et au compositeur.

 

L’audace de Gréco se voit sur scène où elle mélange les chansons, celles de 1950 avec celles de 2009, où elle chante à la fois ses succès, comme le mythique Déshabillez-moi, mais aussi ceux des camarades qu’elle côtoyait (Brel, Ferré, Gainsbourg). Elle a l’art de mettre dans chaque chanson une part d’elle, de lui donner corps. Sur beaucoup de titres, elle a emmené le public (Ne me quitte pas, La javanaise,…), mais trois titres ont vraiment retenu mon attention et fait déferler les émotions.

 

La première de ces chansons est la plus connue de Léo Ferré, Avec le temps. Chanson magnifique, qui me donne toujours des frissons, et qu’elle interprète à merveille. Les deux autres sont des titres de Brel : les vieux amants tout d’abord, que chante Gréco avec à coté d’elle, au piano, le compositeur de la chanson, Gérard Jouannest, qui est aussi son compagnon. Résonance particulière liée à cette proximité. Enfin, le grand moment a été atteint avec l’interprétation de J’arrive, autre chanson de Brel composée par Jouannest. Entendre cette femme de plus de 80 chanter à la mort que ses « amitiés sont en partance » et qu’elle « n’a jamais fait qu’arriver » auprès d’elle m’a ému aux larmes. Alors que la version de Brel fait ressentir une certaine urgence, Gréco a pris le temps d’installer la chanson, comme si elle était prête à subir ce qui l’attend. Pas de peur ou de crainte, mais une forme de sérénité troublante. A l’inverse, sa version de Ne me quitte pas était beaucoup plus violente et tourmentée que celle de Brel, où on le sent abattu. Le travail sur les lumières était formidable, et ce fut vraiment un magnifique moment, émouvant à souhait.

 

Simplement accompagné d’un piano (Gérard Jouannest) et d’un accordéoniste (dont j’ai oublié le nom, qu’il m’en excuse), Juliette Gréco donne à toutes ces chansons une dimension supplémentaire, soit par leur nouveauté, soit par la nouvelle consistance qu’elle parvient à leur donner. Si jamais vous avez la possibilité de voir prochainement cette grande artiste sur scène, ne vous privez pas car c’est vraiment un moment magnifique.

 

Et j’embrasse amoureusement celle qui m’a fait ce merveilleux cadeau…

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 11:57

dslz.gifRetour à la musique aujourd'hui avec un groupe que j'apprécie particulièrement, Debout sur le zinc. Leurs deux derniers albums (Des singes et des moutons et Les promesses) sont de belles réussites et leurs prestations sur scène sont toujours époustouflantes, pleines de rythme et de vie. 

Ces 7 musiciens se dépensent énormément pour partager leur musique et ils semblent heureux de jouer ensemble. Les chansons de leur répertoire mêlent à la fois des chansons d'amour (Te promettre la lune, dédié au futur bambin), des chansons liés à des sujets de sociétés (Si l'idée nous enchante, sur le manque de réaction des citoyens face à tout ce qui peut se passer d'ignoble, ou Rester Debout) ou plus farfelues (Fallait pas). Les musiques sont toujours très riches, avec une instrumentation variée (trompette, violon, banjo, etc.). Le percussionniste finit même le concert en jouant des claquettes !

Le seul défaut que je trouverai à leur prestation sur scène est de reproduire trop exactement ce qui se trouve sur leurs CD, à la fois au niveau instrumentation et durée des chansons. Les quelques chansons modifiées sont en effet une découverte de choses déjà connues, mais une nouvelle version ne fait qu'ajouter au plaisir de l'entendre. Mais les chansons sur disque sont déjà tellement entraînantes...
  

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 08:22

B2B.gifHuit toulousains, cinq filles et trois garçons, six sur scène et deux dans le public et vous passez une soirée très animée et agréable. Ils varient à la fois des chansons et des musiques plus traditionnelles pour danser. Et la présence de deux membres du groupe dans le public pour montrer aux spectateurs les pas de danse à exécuter est entraînante, et incite fortement à prendre part aux différentes rondes ou autres danses à deux proposées (scottish, java, etc.)

Quand je suis entré dans la salle, je m'attendais à un concert festif mais classique où le public regarde les artistes sur scène. Eh bien, j'ai vite révisé mon opinion : hormis la première chanson où les membres du groupe ne nous incitent pas à danser, tout le reste de la soirée est un grand bal, où les danses s'enchaînent, où on s'amuse, où on prend du plaisir.

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas dansé, et cette soirée m'a énormément plu. Alors, bien sûr, mieux vaut aimer danser pour apprécier totalement le spectacle, mais il est également possible de regarder et les artistes, et les danseurs.

Un très bon moment pour débuter un week-end.
 

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 09:03

blaireuax.jpgBon, il fallait bien que j'en parle un jour, et bien c'est aujourd'hui.


Premier article musical à propos du concert d'un groupe que j'apprécie énormèment :
les Blaireaux.


C'est au départ un phénomène régional, mais qui s'est petit à petit étendu au fil de leurs de leurs concerts. Ces nordistes (4 au départ, ils sont aujourd'hui 6) font de la "chanson française" : des textes très drôles, bourrés de références germaniques, géopolitiques, littéraires (ce sont eux qui m'ont poussé à lire Manon des Sources et Jean de Florette, et ce sont eux qui m'ont fait découvrir Calvino que je n'ai pas encore lu). Leurs albums sont pleins de vie, avec un côté macho totalement assumé, et leurs prestations scéniques sont vraiment réjouissantes. Leur dernier album, Parades prénuptiales, est le plus réussi, et ils commencent à s'accompagner de figures de la scène française (Emily Loiseau fait une apparition dans leur dernier album sur Des moustaches à la Nietzsche).


Bref, si vous avez un jour l'occasion de les voir sur scène et que le nom de leur groupe ne vous décourage pas, je vous assure que c'est un spectacle qui vaut le coup d'oeil, et que vous ne ressortirez pas déçus, car il en a  ans pour tout le monde, de 7 à 77 ans.

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