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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 21:26

images.jpgUne jeune fille de 9 ans, Rachel, expose son enfance, et notamment les rencontres qu'elle fait avec la psychologue qui s'occupe d'elle. On suit donc la petite Rachel dans ses aventures enfantines, entre blagues potaches avec les copines et conflits avec certaines personnes qui lui sont proches. Et découverte de la vie des plus grands…

J'ai lu ce livre un peu par défaut : j'avais une heure à combler et avait oublié mon livre en cours. Qu'à cela ne tienne, comme je me trouvais dans une bibliothèque, j'ai donc choisi un court roman, ce qui m'a permis de le lire en une fois (ouf! Un que je ne ramènerai pas à la maison !).

Au départ, cette histoire n'était pas un roman, mais une pièce de théâtre. L'auteur, qui est également l'actrice qui a joué cette pièce a ensuite décidé de la porter sur le papier sous forme de roman.

Les premières scènes chez la psychologue m'ont fait penser aux scènes de Kiffe kiffe demain de Faïza Guène, à la différence près que l'héroïne de Faïza Guène a rendez-vous avec son assistante sociale. Mais ce regard des plus jeunes sur les adultes sensés les aider est intéressant dans les deux cas. 

Ce livre se lit vite, avec un rythme assez enlevé. On suit avec le sourire les aventures de la petite Rachel. Deux passages m'ont notamment plu : celui où Rachel et sa copine font des blagues à Madame Courtecuisses, et plus encore celui où Rachel ment à sa mère pour s'inscrire au Club des amies de Barbie. Ce passage est très bien écrit, on y ressent l'impatience de la petite fille qui cherche à ressembler à ses copine en s'inscrivant à ce club... Les remarques de sa mère lorsqu'elle apprend cela et les réponses de Barbie lorsque celle-ci découvre que Rachel n'envoie plus d'argent montrent bien les pressions psychologiques qui peuvent peser sur une enfant de 9 ans.

Mais ce roman n'est pas qu'une grande farce : les visites chez la psychologue sont moins légères, le décès de Madame Courtecuisses apporte une pointe de tendresse à ce texte.

Même si ce texte n'est pas un grand texte, il apporte un peu de légèreté et des sourires qui ne peuvent pas faire de mal.

 
Du vent dans mes mollets, de Raphaëlle Moussafir
Intervista Eds. - Les mues
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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 07:59

cahier.jpgEn Afghanistan, aujourd'hui. Une fillette de 6 ans, en voyant son voisin lire des histoires dans son cahier, décide d'aller à l'école. Mais pour s'inscrire, il faut y aller avec un cahier et un crayon. Elle prend donc des oeufs pour les vendre sur le marché, sans l'avis de sa maman, pour obtenir l'argent nécéssaire à l'achat des fournitures.

La réalisatrice de ce joli film est âgée de 19 ans. Elle est la dernière venue de la famille Makhmalbaf, grande famille de cinéastes iraniens. Et du haut de ses 19 ans, son film tient la route.

Il est construit en deux parties : dans la première, la petite Bakhtay (Nikbakht Noruz, époustouflante car elle est de toutes les scènes du film) cherche à acheter son cahier et son crayon. Une fois son cahier en main débute la seconde partie : l'inscription à l'école et les péripéties que lui font subir les garçons du village.

Beaucoup d'émotions passent dans ce film. Tout d'abord, il y a un constat assez alarmant sur la difficulté d'avoir accès à la scolarité dans un pays comme l'Afghanistan. Bakthay n'arrive pas à récolter l'argent pour acheter le strict minimun, sa mère passe ses journées à aller chercher de l'eau et son père est absent. Et lorsqu'elle a son cahier, la séparation des sexes lui impose une nouvelle contrainte.

Cette condition des femmes s'exprime aussi à travers l'utilisation du rouge à lèvres, dont l'usage est souvent prohibé. Il y a à la fois la réaction des adultes, mais aussi celle des enfants. Et c'est là que j'ai trouvé ce film poignant et angoissant : lorsque Bakthay est prisonnière des enfants de son âge qui se prennent pour des combattants.

Elle est d'abord emprisonnée car elle veut aller à l'école, puis les gamins d'une dizaine d'années menacent de la lapider car elle porte sur elle un tube de rouge à lèvres. Cette scène est vraiment une grande scène de cinéma : la caméra se met à la place de la petite fille, jetée dans un trou, avec les gamins qui lui tournent autour, une pierre dans la main, prêts à la lancer. Puis ces apprentis talibans se prennent ensuite pour des américains. Ce changement de statut (Taliban / Américain) permet à la réalisatrice de faire passer sans ambiguité l'idée de la perméabilité des enfants face aux violences qu'ils vivent. 

Le film se poursuit par différentes allégories, assez jolies mais qui peuvent ralentir parfois le film. Peut-être un péché de jeunesse.

Enfin, le site où se déroule l'action est très symbolique : elle se déroule à Bamiyan, là où les talibans ont détruit les Bouddhas géants. Cette destruction pèse d'ailleurs sur l'ensemble du film.

D'ailleurs, le titre en anglais du film est beaucoup plus évocateur que le titre français : Buddha collapsed out of shame (Bouddha s'effondra de honte). Le film débute d'ailleurs par les images de cette destruction.

Un très joli film à découvrir !

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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 09:26

undefinedDeux moustiques espagnols, Diaz et Pancho, se rendent à Berlin chez un cousin, Sigmund. Pancho, l'intellectuel de la bande, passe son temps dans les livres, et Diaz s'apprête à passer du bon temps. Mais leur arrivée à Berlin est moins radieuse que prévue : une maladie touche les humains, dont le sang est impropre à la consommation pour les moustiques. Ajoutez à cela que des statues se déplacent la nuit, et une enquête s'ouvre donc pour les deux moustiques...

Cete bande dessinée est originale par les personnages mis en scène (des moustiques), ce qui m'a donné un a priori plutôt positif.

Néanmoins, la trame du scénario m'a paru assez alambiquée. En effet, le sujet de cette bande dessinée est assez complexe : sous des dehors comiques (les moustiques, etc.), l'auteur y fustige la société libérale, fait revivre les grands dirigeants des Etats communistes. J'avoue que j'ai parfois eu du mal à voir où cette hstoire et cette enquête sur le sang malade me menait.

Du coup, j'ai assez de mal à en parler. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais je suis loin d'avoir été emballé. C'est un peu comme si l'auteur avait voulu en dire beacoup, mais en  passant par une forme allégorique un peu trop confuse (je me rends compte que tout ceci est difficile à comprendre). Allégorique, car les moustiques, parfaitement anthropomorphes, rencontrent des humains. Et confuse, car ils ont voulu dire beaucoup de choses en une seule fois.

Voilà, ce billet est un peu fouillis, mais je pense que je relirai cette BD pour essayer d'en tirer la "substantifique moelle". J'espère pouvoir y arriver !

D'autres avis : chez
Lou et chez Yokaï (qui exprime un peu plus clairement que moi ce que j'ai ressenti)


livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comCette BD a été lue dans le cadre de Masse Critique, organisée par le site Babelio.com

 

Le moustiquaire de Berlin , de Lacoeuille et Drouin

Ed. Glénat - Arte

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 17:10

ch-tis.jpg

C'est un phénomène assez surprenant qui se produit actuellement dans les salles de cinéma françaises. Alors que tout le monde attendait Astérix ou Disco pour exploser le box office, c'est le film de Dany Boon qui rafle la mise. Bon dire, qu'il n'a pas bénéficié du battage médiatique des deux autres est vrai. Mais celui-ci n'a tout de même pas été nul : dans certaines stations de métro, une affiche publicitaire sur trois parlait du film (d'ailleurs, elle est assez laide, cette affiche). Et il a aussi eu droit à son petit passage chez Drucker. Néanmoins, cette réussite reste une surprise.

L'histoire est facile à résumer : le directeur d'un bureau de poste, Mr Abrams, est muté dans le Nord pour sanction disciplinaire. Ce sudiste arrive donc à Bergues, petite bourgade où l'on parle le Cheutimi...

Bon, j'ai plusieurs mauvaises raisons d'avoir vu ce film : je suis originaire de la région où se passe le film, et mieux, je suis né dans la ville où se situe l'action. Encore mieux, le héros du film porte le même nom que le mien. C'est dire si je me sentais obligé d'y aller !

Et je ne regrette pas : j'ai passé un agréable moment, j'ai ri de bon coeur lors de plusieurs passages, notamment celui de la tournée où le directeur accompagne son employé. Ceci dit, ce film reste une bonne comédie, mais ce n'est pas un chef d'oeuvre. Certains passages sont repris des sketches de Dany Boon, mais ils restent en nombre limité. Le scénario n'atteint pas la mécanique très bien huilée du Dîner de cons. 

Le film vaut d'ailleurs surtout pour ses deux acteurs principaux, Dany Boon et Kad Merad. Un petit bémol concernant les rôles féminins, en particulier Line Renaud dont l'accent est à la première écoute très choquant pour un régional.  Dommage qu'une place un peu plus importante n'ait pas été accordée à Philippe Duquesne, le seul avec Dany Boon à vraiment avoir un accent fluide et extrêmement drôle. Il avait d'ailleurs déjà utilisé cet accent pour certains sketches des Deschiens. Mention aussi à Michel Galabru, très drôle dans son rôle de provençal rustre.

C'est un film joyeux, parfois caricatural, mais c'est le jeu de toutes les comédies de caricaturer un minimum les personnages. Je sais que certains de mes ex-compatriotes nordistes ont pu être embêtés par la place que prend l'alcool dans le film, mais c'est vrai qu'il est parfois difficile de dire non lorsqu'on propose une goutte dans le café ! 

J'ai eu la chance (car j'estime que c'est une chance) de voir le film dans le Nord. Pas du tout dans le pays ch'ti à proprement parler, mais la salle était pleine. Il a même fallu réserver ! (Petite parenthèse : Bergues n'est pas non plus à proprement parler dans le pays ch'ti, puisqu'on y parle plus volontiers flamand que ch'ti. Mais pour les besoins du film...). Et ce qui est assez étourdissant, c'est la population qui se rend au cinéma voir ce film : des familles entières, la moyenne d'âge est relativement plus élevée que d'ordinaire, et surtout, certaines personnes n'ont pas été au cinéma dans des temps immémoriaux avant de venir voir ce film. Par exemple, la dame assise juste devant expliquait qu'elle n'était pas allé au cinéma depuis Titanic ! J'étais encore au lycée ! C'est ce qui s'appelle un phénomène. Le plus interéssant est que ce phénomène soit national, et pas seulement régional.

Bref, voilà une surprise dans le paysage des films qui marchent en France, mais ce succès risque de n'avoir qu'un impact limité sur les petits films, malheureusement. Un film agréable pour passer un bon moment, qui ne mérite pas forcément toutes les louanges entendues dernièrement, mais pas non plus d'être jeté d'un revers de la manche. Malgré tout, pourvu qu'ils ne nous fassent pas une suite, genre Bienvenue en Elsass ou Bienvenue en Euskadi !

Ah oui, aussi : est-ce qu'un non-nordiste (ou picard, bien entendu) pourrait me dire s'il l'a vu, et s'il a compris tout ce qui se disait ?
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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 16:24

assommoir.jpgJe me suis lancé un défi "Emile Zola" sur le long terme. C'est à dire lire, à raison d'un par an pendant vingt ans, l'intégralité des Rougon-Macquart. Et dans l'ordre de préférence.

Sixième épisode cette année. Après La fortune des Rougon, La Curée, Le Ventre de Paris, la Conquête de Plassans et La Faute de l'abbé Mouret, je me suis donc plongé dans l'Assommoir. Bon, petite entorse à la chronologie, puisque Son Excellence Eugène Rougon prend normalement la sixième place de la série.

Je ne vais pas vous faire un long résumé de ce roman, car certains d'entre vous le connaissent sûrement, et pour ceux qui ne l'ont pas lu, il est difficile de résumer une telle oeuvre.

Ce qui m'a marqué dans cette relecture (car j'avais lu de très larges extraits lorsque j'étais au collège), c'est la construction de cet ouvrage. Zola dilate dans chaque chapitre des instants : des scènes qui ne durent que quelques heures sont détaillées sur de très longues pages. On entre donc dans l'intimité de cette scène, dans tous les tenants et aboutissants de ces moments. Chaque chapitre est centré sur une scène mémorable : la bataille au lavoir, la chute de Coupeau, la noce et la visite au musée. Puis, comme l'avait expliquée ma professeur de français de l'époque, on atteint l'acmé du roman lors du repas autour de l'oie grasse rôtie. Bref, cela ira de mal en pis pour la pauvre Gervaise, ruinée par Coupeau et Lantier ! 

Ainsi, tous les épisodes suivants sont sombres : la mort de Maman Coupeau, la déchéance de Gervaise avec la perte de la boutique, ...

Entre ces moments décrits avec un maximum de précision (descriptions d'aileurs tout à fait différentes des descriptions chez Balzac), l'auteur intercale des ellipses de plusieurs années. Cela rend la lecture assez vive, puisqu'on passe de moments forts en moments forts. Les 500 pages du roman s'avalent donc assez vite, et ce mérite revient selon moi à cette construction très travaillée.

Ensuite, ce que j'ai apprécié dans cette relecture est cette plongée dans le Paris de Napoléon III, dans les quartiers populaires des grands boulevards, dans les troquets qui les longent. On plonge dans toute la misère de cette période de construction et de transformation urbaine : la percée des boulevards, la construction des grands hôpitaux parcourent le récit. On y voit les ouvriers au travail, à la forge ou sur les toits. Zola y traite également de la prostitution, avec la figure de Nana qui sera développée par la suite, de l'alcoolisme qui est ici son (presque) sujet principal.

Cette évocation de Paris fait suite à celles de La Curée et du Ventre de Paris, qui ont un tout autre point de vue : les fortunés dans le premier, les commerçants dans le second. Cette diversité des points de vue est une richesse incroyable sur la société de Napoléon III, et si les romans de Zola sont des fictions, la part documentaire constitue un trésor inestimable.

Je ne serai donc que trop vous recommander de plonger de temps à autre dans un des romans de Zola, et L'Assommoir fait partie des plus importants de l'auteur. Sur les six que j'ai lus, il n'y a que La Faute de l'Abbé Mouret qui m'a laissé sur ma faim. Mais autrement, que de bonheur de se plonger dans cette série ! 

A l'an prochain pour le prochain épisode !

Lire aussi l'avis de
Nicolas et de Loupiotte

 

L'assommoir, d'Emile Zola

Ed. Pocket

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 14:10

juno.jpgJuno, une adolescente de 15 ans, tombe enceinte alors qu'elle ne l'avait prévu. Le père est un élève du lycée comme elle et afficionado des tic tac orange. Après avoir songé à avorter, elle décide de le garder. Avec son père, sa belle-mère et sa meilleure amie, elle décide de trouver un couple pour adopter son enfant. S'en suivent des situations cocasses, où la jeune Juno doit faire face à de nombreux événements nouveaux pour elle.

Beaucoup d'échos entendus autour de moi présentaient ce film comme le nouveau Little Miss Sunshine. Je n'adhère pas complètement à cet avis, et considère que le premier était meilleur que celui-ci. Mais ce film est un bon film, quand même.

D'accord, ce film est un film indépendant américain, comme on n'en fait pas beaucoup. D'accord, il traite d'une adolescente, comme Little Miss Sunshine traitait d'une fillette de 10 ans. Le ton est plutôt satyrique, comme pouvait l'être celui de Little Miss Sunshine. Mais je l'ai trouvé beaucoup moins incisif que dans le film sorti il y a deux ans. 

En effet, l'une des forces Little Miss Sunshine était de présenter un portrait de famille, où chacun des membres était déjanté. Ici, le réalisateur prend le parti de centrer le film sur l'héroïne, Juno. Ellen Page, admirable de justesse, est donc de tous les plans, et occulte les autres personnages qui aurait pu être intéressant : les parents, Bleeker, le père de l'enfant,... Quant à la famille d'adoption, elle est assez plan-plan. Le mari essaie bien de montrer qu'il a des goûts peu orthodoxes, commes les films gores, le tout reste assez lisse. Et cette histoire qui se conclut en divorce est finalement assez banale.

J'ai aussi trouvé qu'il manquait un peu de rythme au film : le début est plutôt comique, puis on tombe dans un doux ronronnement, seulement relevé à la fin du film. Alors que Little Miss Sunshine était centré sur un épisode entouré de mystère et hilarant (la représentation lors du concours), Juno tend vers l'objectif de l'accouchement, mais en ne prenant pas ce ton comique. Le moment où Juno demande à son père de le conduire à l'hôpital aurait pu donner lieu à une telle représentation, mais le réalisateur en a décidé autrement.

Ce film reste néanmoins un bon divertissement, sur un sujet assez sensible, la grossesse d'une adolescente. Le film parvient donc à aborder ce sujet de manière comique, ce qui est déjà un mérite !

 Un autre avis ici, chez Choupynette, intriguée par le traitement de la question de l'avortement.
  Et celui de la Nymphette, plus enthousiaste.

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 07:03
quint.gifLe héros du roman est un personnage connu : c'est le petit garçon qui apprend l'histoire de son père, prisonnier devenu clown, dans Effroyables jardins

Quelques années plus tard, il mène donc des études d'Allemand, et en cette année 1972 se déroulent les JO de Munich. Il profite donc de cette occasion pour s'installer quelques temps dans une famille allemande afin de mener des recherches sur les comportements des fédérations sportives lors de l'avènement des nazis. 

Mais, comme l'étude de l'allemand est liée à son passé, son voyage dans ce pays autrefois dominateur ne le laissera pas insensible, et c'est toute son histoire et celle de son père qui ressurgira.

Michel Quint, dont j'apprécie beaucoup le style, livre dans ce court roman une très belle histoire d'amour. Une histoire d'amour envers un peuple que le narrateur veut connaître, une histoire d'amour avec Inge, une allemande rencontrée là-bas. Ce roman est aussi l'occasion de peindre l'Allemagne des années 70, entre la référence aux JO et à l'attentat contre les athlètes israéliens aux attentats d'une autre nature commis par la RAF, autrement dit la bande à Baader. Tout cela sur fond de réflexion sur la notion de culpabilité, notion qui a longtemps hanté les allemands.

Comme dans L'espoir d'aimer en chemin, le passé occupe une place prépondérante dans le récit, comme si la vie actuelle du narrateur était totalement liée à ce qu'il a vécu, et surtout à ce que son père a vécu. 

Et ce retour en Allemagne, qui a certainement pour but de renouer avec ce passé, va plonger le narrateur plus loin qu'il ne le pensait dans son histoire. Malgré cela, l'histoire est pleine d'amour, d'amitié, de moment de tendresse, entrecoupée par instant par des épisodes plus durs. Et je trouve que c'est ce mélange réussi qui fait la force de l'écriture de Michel Quint : une répartition presque logique entre difficulté et bonheur. Et j'ai trouvé cette deuxième partie d'Effroyabes jardins plus intéressante que la première, car impliquant beaucoup plus de sentiments contradictoires chez le narrateur.

Un roman court, qui se lit vite et qui mérite le détour.
Aimer à peine, de Michel Quint
Ed. Joëlle Losfeld
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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 07:00
Aujourd'hui, ouverture d'une nouvelle rubrique avec de la bande dessinée. C'est un genre que je connais un peu par ses grands classiques (Tintin et Astérix surtout) mais la bande dessinée contemporaine est de plus en plus riche. Après avoir découvert Persépolis de Marjane Satrapi i y a quelques années, j'ai ainsi plongé dans Tardi, Sfar, et consorts.

Aujourd'hui donc, Le combat ordinaire de Manu Larcenet. Cette BD comporte pour le moment 3 tomes, le quatrième étant prévu prochainement. Je parlerai des trois premiers tomes simultanément.

On plonge donc dans la vie de Marco, jeune photographe habitué aux reportages exotiques et aux sujets difficiles. Mais il n'a plus d'idée et souhaite se reposer. Il décide donc d'arrêter son analyse, entamée dix ans auparavant, et sa vie semble devenir banale : il rencontre une jeune vétérinaire, les relations avec ses parents sont compliquées, celles avec son frère restent juvéniles et tournent autour des jeux vidéos et des pétards. Mais la vie de Marco ne sera jamais classique, car de perpétuelles crises d'angoisse lui rappellent ses tourments.

Cette bande dessinée est assez stupéfiante. On entre en effet dans la vie d'un dépressif qui essaie de s'en sortir mais qui n'y parvient que difficilement, et Manu Larcenet parvient à faire de cette BD et de son personnage un univers qu'on a envie de connaître. Le premier tome  tourne autour de la rencontre de Marco et d'un voisin un peu mystérieux, et traite du rapport au passé, du pardon et de la culpabilité. Le second, intitulé Les quantités négligeables, parle notamment du rapport aux origines sociales (thème qui me parle beaucoup, et qui rejoint un peu La Place d'Annie Ernaux) ; le troisième enfin, Ce qui est précieux, des relations avec les parents et à la paternité.

Ce que j'apprécie beaucoup dans cette série, c'est le temps que se laisse l'auteur pour poser les situations. Ainsi, il n'hésite pas à laisser de nombreuses cases sans texte pour uniquement décrire les gestes de son héros. Les scènes où Marco est victime de crises d'angoisse sont aussi assez troublantes. A travers donc quelques dessins et des situations qui peuvent être familières à tout le monde, Manu Larcenet parvient à mettre e
n question notre rapport à la vie. Et ce n'est pas son moindre mérite.
 
Bref, une BD très émouvante, qui touche des points sensibles en peu de mots et qui touchera beaucoup de monde, j’en suis sûr.

Le tome quatre est à venir début mars, et Tamara en parle très bien
ici, , et enfin ici. Je la remercie pour son billet, car c’est elle qui m’a incité à plonger dans Larcenet dont j’avais entendu parler mais pas encore exploré.
Le combat ordinaire : 
T.1 : Le combat ordinaire
T.2 : Les quantités négligeables
T.3 : Ce qui est précieux
de Manu Larcenet
Ed. Dargaud

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 07:40
noir.jpgSix réalisateurs, six styles de dessin. Ce film est un ensemble de six courts-métrages créés autour du thème du noir et de la peur. Et c'est très réussi !

Le premier court-métrage se développe tout au long du film. Et il est assez angoissant. Un vieil homme tient en laisse quatre dogues horribles, aux crocs acérés, et
malheur à ceux qui croiseront leur chemin. Celui-ci est esthétiquement très beau, avec un dessin crayonné très agréable, mais totalement en contradiction avec l'histoire racontée.

Un deuxième court-métrage suit la progression du film. Il présente des réflexions sur la crainte dans son ensemble, très bien servies par la voix de Nicole Garcia.

Les quatre autres courts tiennent en un seul morceau. On passe d'un jeune étudiant entomologiste dont la petite amie se transforme à une jeune fille rejetée par ses nouveaux camarades de classe qui lui font peur avec la légende d'un samouraï. Il y a également  l'histoire de ce jeune garçon qui se remémore une partie de son enfance, avec une histoire portée par la voix rocailleuse d'Arthur H. Enfin, le coup du spectacle est le dernier court, dont je ne dirai rien.

Dans ce film, on est ainsi plongé dans les craintes que chacun peut éprouver à un moment : du noir, d'un monstre, de la vie dans son ensemble. Le dessin en noir et blanc plonge toute le salle de cinéma dans une ambiance qui nous sort de l'ordinaire. Et de voir les peurs s'incarner sur l'écran produit un effet de crainte.

Tous les dessins sont très différents : entre le dessin très crayonné du premier à celui très léger quasiment numérisé (s'il ne l'est pas ?) de ceux de l'écolière, en passant par de simples formes géométriques, il y en a pour tous les genres.

C'est donc un film d'animation que je conseille fortement, mais surtout aux adultes. Pour les enfants, certaines scènes peuvent être un peu angoissantes. En même temps, vu les dessins animés diffusés le matin, plus grand chose ne doit les effrayer.

Comme nous sommes également dans une période de commercialisation intense du cinéma, ce film (sorti il y a 2 semaines à peine) est déjà très peu diffusé à Paris (je ne sais pas ce qu'il en ait de la province, j'espère qu'il y aura une belle carrière). Ainsi, pour sa deuxième semaine d'exploitation, il n'était présenté que dans trois cinémas parisiens. Donc pour ceux qui en ont l'occasion, sautez dessus...  
 
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 10:22

colum.jpgCe livre est un livre voyageur du biblioblog, mis en errance par Dédale et déjà attrapé par Catherine et Coeurdechêne. J'ai donc été le quatrième à recevoir ce livre.

Pour l'intrigue, je vous laisse voir du côté du biblioblog, Dédale en parle très bien.

Ce livre m'a vraiment enthousiasmé, car il est prolifique. La trame narrative fait s'imbriquer deux époques : la première situation est contemporaine, la seconde est une remontée au cours du XXeme siècle.

La première situation nous présente Treefrog, marginal qui vit dans les souterrains du métro. La seconde la vie de Nathan Walker, ouvrier noir employé dans les chantiers de construction des tunnels du métro. Et ces deux histoires vont finir par faire une seule et même épopée.

J'ai trouvé beaucoup d'intérêt à ce texte : la description des ouvriers m'a plongé chez Zola (dont je vous parlerai bientôt !), on y sent le racisme envers les noirs, envers les couples mixtes et envers les métisses, on plonge dans la violence des individus délaissés par la société contemporaine, avec leur monde secret, étrange, sale et inhospitalier. J'ai vraiment été embarqué dans des recoins que je ne soupçonnais pas, et cet aspect d'aventure est pour moi un point important dans un roman. Car, que ce soit au fond d'un tunnel, au sommet d'un gratte-ciel en construction ou dans les souterrains du métro, je me suis vraiment retrouvé plongé dans ces univers, qui deviennent familiers dans le roman alors qu'ils me sont totalement inconnus.

C'est au final un livre noir dans tous les sens du terme : il parle des noirs, des pauvres, des opprimés, et le suspens est maintenu jusqu'au bout de savoir quel est le lien entre Nathan Walker et Treefrog.

Je ne connaissais pas cet auteur, et remercie Dédale de m'avoir permis de le découvrir en faisant de ce livre un livre voyageur. Plus d'information concernant ce livre voyageur sur le biblioblog.

 

Les saisons de la nuit, de Colum McCann

Traduit de l'américain par Marie-Claude Peugeot

Ed. 10/18 - Domaine Etranger

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