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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 14:19

Bonjour à tous, me voici de retour après quelques semaines de vacances, et donc plein de nouvelles lectures à vous présenter. Moins de films, car ce sont les vacances donc pas d'écran (ni grand ni petit). Mais je vous parlerai théatre, car j'ai passé deux jours au festival d'Avignon, et cette première a été une vraie réussite.

Mais commençons par les livres. Celui dont il est question aujourd'hui est un recueil de nouvelles écrites par un auteur serbe, Svetislav Basara. Ce recueil est nénamoins particulier, car les nouvelles se répondent : les personnages croisés dans une nouvelle réapparaissent quelques pages plus loin, dans une autre. L'auteur, qui intervient beaucoup dans le texte, fait suivre ses réflexions sur plusieurs nouvelles (ou devrais-je quasiment dire chapitre !).

Voilà pour la forme. Pour le fond, je suis malheureusement incapable de faire un résumé de cet ouvrage, ni m
ême de faire part de mes impressions, si ce n'est celle d'etre passé à coté de ce livre. Plusieurs fois, les nouvelles ont un début "réel", comme celle qui donne son nom au recueil, avant de sombrer dans un univers sans queue ni tête, dans lequel je me suis littéralement perdu. Je n'ai pas réussi à saisir l'absurdité du recueil, et à faire mon miel de ce que nous propose l'auteur. Un raté en ce qui me concerne.

Comme j'ai lu ce livre dans le cadre de Masse Critique, organisé par
Babelio, je remercie les Editions les Allusifs, qui ont ajouté au recueil un marque-page aux couleurs de la couverture, et ce mot d'une des responsables qui me laissait présager ce à quoi j'allais être confronté : "Basara est un fou relativement génial mais très découcertant." Effectivement, pour ce qui est du coté déconcertant, j'ai été servi.

Dans le même cadre ont également reçu ce livre
Laetitia B, Papillon et Rose (ces deux dernières ayant été emballées !).

 

Perdu dans un supermarché, de Svetislav Basara

Traduit du serbe par Gojko Lukić

Ed. Les Allusifs

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 23:58

Bonjour à tous,

cela fait maintenant une semaine que je n'ai rien publié, et rien d'autre que ce billet ne sera publié avant le mois d'août pour cause de ... vacances !

Je profite de ce passage momentané sur l'ordinateur pour régler quelques affaires courantes et remercier pleins de personnes rencontrées par le biais de cette page pas si virtuelle que ça.

Sur un point complètement pratique, je tiens à m'excuser auprès de Monsieur
Babelio car si j'ai bien reçu mes deux livres, je n'en ai encore lu qu'un que je n'aurai pas le temps de chroniquer avant août. Je me laisse donc un petit délai, mais les deux billets paraîtront, c'est certain.

Ensuite, mon emploi du temps a été relativement occupé par des activités plus ou moins liées aux blogs, dont je voudrai remercier les différents organisateurs.

Tout d'abord, je tiens à remercier une nouvelle fois
Laurence pour m'avoir proposé de faire parti du jury du prix biblioblog. Cela m'a permis de plonger dans des livres que je n'aurai certainement jamais ouverts, et de découvrir avec fébrilité l'avis des autres membres du jury. Merci donc à tous les participants, aux membres du jury et à Laurence qui a officié avec maestria !

J'ai également été un peu pris par la confection du
swap Eternel féminin organisé par Anjelica. J'ai été ravi de participé à mon deuxième, qui fut comme le premier une vraie réussite. Et merci encore à Lucie qui m'a envoyé un très beau colis.

Et puisque je ne l'ai pas encore fait et que Fashion s'impatiente, je félicite les septs organisatrices de Books & the city. Cette journée de chasse au trésor a été un vrai plaisir, avec la découverte de certains coins de Paris que je ne connaissais pas (et que je ne connais toujours pas, comme la tombe de Bernardin de Saint Pierre (mais j'y retournerai, un jour de beau temps, pour bien vérifier qu'il y est, au Père Lachaise !)) et surtout la rencontre de blogueuses (ou non) avec qui j'ai (et Florence avec moi) passé une excellente journée :
Laetitia B, Mylène, Emmyne, So, Virginie et notre star internationale Karine. Je n'ai pas le temps de faire un compte-rendu détaillé, donc j'utilise le tag envoyé par Laetitia B. et So pour en parler.

Sinon, je répondrai à tous les commentaires dès mon retour, et vous souhaite à tous et à toutes un très beau mois de juillet.


Tag de Books and the City !!!


Quel est votre meilleur souvenir de Books and the city ?

Je pense que le meilleur moment a été l'ensemble de la journée. L'organisation de cette journée m'a permis de rencontrer cinq blogueuses ou amies de blogueuses, chacune avec une personnalité différente, et la journée s’est très bien passée. Nos courses au Père Lachaise sous la pluie battante resteront dans nos mémoires, mais il faut quand même dire que Books & the city m'a donné l'occasion de parcourir le cimetière par temps de pluie, ce que je n'aurai jamais fait sinon. Il y a aussi au cet éclair de génie autour d'un kebab, quand avec Karine nous avons résolu l'énigme sur la Place des Vosges, les contribuables et Victor Hugo. Là, j'étais content de moi !

Quel a été votre pire galère/moment de doute/pas'd'chance etc. ?

Comme Laetitia a déjà parlé de Bernardin, je penche plutôt pour la soirée (pas l’ensemble de la soirée, juste deux moments). Déjà, on a appris que nous n'avions pas gagné, mais j'ai en plus, d'un geste malencontreux, heurté la corbeille à pain qui a renversé le verre de vin qui a tâché le chemisier d'Amanda. J'en suis encore confus. Heureusement, Amanda m'a donné des nouvelles rassurantes du chemisier en question, il serait en voie de guérison rapide ;-)

A quoi devez-vous votre plus gros fou-rire de la journée ?
Là, j'ai un peu de mal à répondre car il y en a eu beaucoup. Restropectivement, si la recherche des tombes de Daudet ou Sully Prudhomme ne nous a pas fait rire sur le coup, cela reste un moment mémorable. Sinon, il y a l'image de Laetitia qui ne décrochait plus de son téléphone pour obtenir les réponses de sa Maman assise devant l'ordinateur (Merci encore à la maman de Laetitia !), et Karine, qui même après une journée dans Paris, a rallié le Panthéon depuis Bercy à pied ! Increvable, on vous dit !

Qu'aimeriez-vous dire aux organisatrices ?
Comme tout le monde un immense merci à
Chiffonnette, Caro[line], FashionStéphanie, Emeraude, Tamara et Amanda (encore pardon pour le chemisier). Merci de nous avoir concocté une équipe super sympathique, et d'avoir préparé cette magnifique journée que la pluie n'a même pas réussi à gâcher. Merci pour tout ! 

J’ai également été ravi d’accueillir Gaspara, venue expressément d’Italie pour participer au jeu. Et les sacs confectionnés par Fashion et Alinéa sont vraiment so glamourous pour aller sur la plage !!!

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 00:33

Pour mon deuxième swap, j'ai eu l'honneur d'être l'unique représentant du sexe opposé au thème. Oui, le seul garçon parmi toutes ces dames, c'est un peu impressionnant.

Dans tous les cas, j'espère que je n'ai pas posé trop de difficultés à celle qui avait en charge la responsabilité de faire parvenir son colis au garçon (Emeraude avait déjà été embêtée pour le premier auquel j'avais participé, mais elle s'en était très bien tirée ;-). 

Revenons donc au colis qui nous intéresse ici : retour à la maison un soir, la boite aux lettres déjà vide, je rentre chez moi, c'est le bazar avec un frère qui encombre le salon pour la semaine (bah oui, près de 2m en plus, ça prend de la place ;-). Résultat, je ne vois que 20 minutes après mon arrivée qu'un colis est arrivé. En plus pas moyen de l'ouvrir de suite, passage à la Poste obligé pour envoyer le mien.

Sortie de l'appart', puis retour. Et là le grand déballage. D'abord, plein de papier bulle, pour protéger tout ce qui a fait le voyage depuis les Alpes. Puis, plusieurs cadeaux enveloppés dans un joli papier rouge scintillant et un mot sur chacun, plus deux enveloppes, dont une sur laquelle il est indiquée de l'ouvrir en dernier pour ménager la surprise.

Je commence par le plus simple : le marque-page (facile, c'est écrit sur l'enveloppe). très joli, des herbes sauvages qui se balancent devant un coucher de soleil.

Puis j'ouvre les paquets au fur et à mesure que je les aperçois dans le colis. D'abord, un livre. J'avais noté une inculture complète en auteure féminine d'Afrique et d'Amérique du Sud, le vide pourra commencer à être comblé grâce à ... La maison aux esprits d'Isabel Allende. Très bon choix, qui risque de rapidement rejoindre mes bagages pour les vacances.

Ensuite je tombe sur le CD, et je découvre Hélèna Noguerra pour son dernier album. C'est une artiste que j'ai découvert grâce à l'album Imbécile, où elle chante avec Barbara Carlotti, JP Nataf (oui, le chanteur des Innocents !) et Katerine. Un très bon cadeau pour me permettre de découvrir cet univers.

Et ma swappée a ensuite mis les petits plats dans les grands pour compléter son colis. L'album s'appelant Fraise Vanille, elle a glissé une plaque de chocolat fourré d'une ganache à la vanille, un set de serviettes en papier décorées de magnifiques fraises, et le fin du fin : un paquet de fraises Tagada (qui a été vite terminé !). Enfin, une boite de sablés aux "gouttes de chocolat" (je sens déjà le chocolat fondu en bouche !) de Michel et Augustin, dont j'ai déjà eu l'occasion de goûter d'autres gâteaux.

J'ai enfin pu lire la très belle carte envoyée par ma swappeuse, avec une magnifique photo d'une maison d'Inde.
Très belle carte !!!

Comme je n'ai toujours pas dévoilé le nom de ma généreuse pourvoyeuse de colis, je tiens à remercier très chaleureusement Lucie. Ce que j'apprécie aussi dans les swaps, c'est que ça permet de découvrir de nouveaux blogs sur lesquels on ne s'est pas toujours attardé auparavant. Merci donc à Lucie, dont les facéties swappesques me ravissent.

Et bien entendu un grand merci à Anjelica, qui a organisé seule ce swap qui s'est déroulé de manière parfaite (pour moi en tout cas). Je m'excuse d'avance de ne pas faire figurer les photos, mais je ne suis toujours pas équipé en appareil numérique. Les photos sont donc sur la pellicule de l'argentique, et seront un jour développées (elles sont avec celles du swap Noir c'est noir, dont les organisatrices attendent toujours les photos !!!)

Merci enfin à tous ceux qui ont participé, car ils ont pris le risque de devoir m'envoyer un colis !

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 07:40

Une vraie claque ! Cela faisait un petit moment que je n'avais pas pris une claque pareille au cinéma ! Disons trois à quatre mois et There will be blood, ce qui est déjà beaucoup.

Ce documentaire israélien est une vraie merveille, à la fois sur le fond et la forme.

Commençons par la forme, car c'est l'élément qui frappe en premier : ce documentaire est un dessin animé ! Oui, les interviews que le réalisateur mène sont dessinées par la suite. Et ce dessin permet surtout de décrire les horreurs de la guerre du Liban, qui auraient pu être difficilement soutenables en images de cinéma classique. La forme originale du dessin animé permet à Folman d'apporter un brin d'onirisme dans ce film dur et introspectif. Au passage, la scène d'ouverture du film est un moment effrayant et captivant qui est à voir !

Sur le fond, ce film est un grand documentaire : il traite à la fois de l'Histoire et de l'intime, sans être voyeur, ce qui est en soi un mérite. Et dans ce cas, le risque est que, souvent, au mieux une des deux dimensions seulement parle au spectateur. Or dans ce film, j'ai été happé par les deux dimensions.

Historiquement, l'auteur retrace les débuts de la guerre du Liban, et le massacre de Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens, perpétré par des phalangistes chrétiens, sous les yeux de l'armée israélienne. On plonge donc dans une dimension historique proche (début des années 80), mais qui a malheureusement toujours des résonances.

Intimement, on plonge dans les réflexions du réalisateur, Ari Folman, sur le rôle qu'il a pu joué lors de cette guerre. Simple soldat, il ne se souvient d'aucune des missions militaires qui lui ont été confiées. Et ce n'est que par le truchement d'un ami qui lui expose les séquelles qu'a eu la guerre pour lui (un cauchemar qui revient toutes les nuits) que Folman se pose la question de son action, et de ce qu’il lui reste de cette période. Il rencontre donc différents protagonistes, qui lui expliquent où ils étaient, et ce qu'ils faisaient. Folman apprend par exemple qu’il a participé à l'assassinat d'un enfant armé dans un verger, et ce n'est qu'en en parlant avec d'anciens camarades que ce souvenir lui revient.

Plus qu'un simple documentaire sur une sombre période du Proche-Orient, ce film est également une réflexion sur notre rapport  à la mémoire et à la sélectivité de celle-ci.


Une grande réussite que ce documentaire, et un film à voir absolument pour réaliser ce que notre mémoire peut nous jouer comme vilains tours. Inconsciemment sert-elle peut-être de rempart contre un passé qu'on veut oublier, mais les cauchemars montrent bien que tout cela ne demande qu'à être déterré.  

Edit du 04/07 : Je vous signale le très bel article de GT, qui s'est pour une fois penché sur le cinéma, et qui l'a fort bien fait !

 

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 12:10

... Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, signé Philippe Doumenc.

En tant que membre du jury ayant proposé ce titre, je suis très content qu'il ait plû à la majorité, même si ce n'était pas mon favori de la sélection.

Vous pouvez retrouver les impressions de tous les membres du jury (donc les miennes) sur chaque roman de la sélection sur
biblioblog. Il faudra être patient, puisque les critiques s'étaleront sur trois jours.

Je rappelle les titres selectionnés (ordre de présentation aléatoire !) : La princesse mendiante (Catherine Clément), Il ne vous reste qu'une photo à prendre (Laurent Graff), Mercredi soir au bout du monde (Hélène Rioux), Le magasin des suicides (Jean Teulé), L'amour avant que j'oublie (Lyonel Trouillot), L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson (Joëlle Tiano) et le vainqueur.

J'ai été ravi d'avoir été sollicité par Laurence pour faire partie de ce jury. Et j'espère que ce n'est pas impoli de postuler pour l'édition suivante ;-) Ce fut une expérience très enrichissante, et qui n'est pas terminée puisque la seconde période palpitante (après la découverte des romans) commence : celle où on découvre les critiques de chaque membre du jury... Et c'est  peu dire que nous sommes loin d'être d'accord sur tous les romans proposés !

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 07:58

Je suis venu tardivement au cinéma (cela doit faire 6 ans environ), et je n'ai découvert beaucoup d'auteurs qu'à partir de ce moment-là. J'avais néanmoins quelques noms en tête avant de véritablement me lancer dans cet art, et Tim Burton en faisait partie. Ce devait être l'un des rares cinéastes dont j'avais vu plusieurs films avant 2002 : Batman 1 et 2, Edward aux mains d'argent et Mars Attacks. Depuis 2002, je ne rate pas un opus de l'oeuvre de Burton, même si je n'ai pas encore comblé tout mon retard. Cet essai d'Antoine de Baecque, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma et chroniqueur régulier dans la revue l'Histoire, m'a donc permis de combler certaines lacunes.

L'œuvre se présente de manière chronologique : on suit le parcours de Burton, de la banlieue de Los Angeles aux plus grands plateaux de cinéma, en passant par quelques échecs personnels traumatisants. On y découvre que Burton a d'abord travaillé pour les studios Disney, en particulier sur Rox et Rouky (loin de son univers actuel) et sur Taram et le chaudron magique (certainement plus proche artistiquement, mais qui fut un échec complet). Par la suite, il va mener une carrière atypique, en travaillant pour les studios (Warner, Fox) mais en gardant sur ses films une emprise importante.

Cette caractéristique est très frappante chez Burton : il bénéficie des moyens des studios, mais parvient à y garder sa patte. Ceci est du en partie au succès de son premier grand film, Beetlejuice (avec Michael Keaton), qui l'impose comme une figure montante. Par la suite, Burton n'aura de cesse d'imposer que les choses se déroulent comme il le veut, et quand il rencontre des oppositions (comme sur le premier Batman), il en sort déconfit.

Cette chronologie, ponctué de beaucoup de succès (Batman, Ed Wood, Sleepy Hollow, L'étrange Noël de Monsieur Jack), est aussi marquée par quelques échecs : le tournage "obligé" de la Planète des singes, la déception liée à la non-réalisation d'un projet sur Superman... Burton est un homme mélancolique, et cela se sent dans son cinéma : le nombre d'être difformes ou marginaux ne se compte plus, et c'est souvent l'inattendu qui l'emporte dans ses films.

On y découvre également ses inspirations, notamment certains films de série B avec Vincent Price, auquel il voue un véritable culte. Et quand il a un projet en tête, on sent que ce monsieur a de la suite dans les idées : il tourne ainsi plusieurs fois avec les mêmes acteurs (Johnny Deep bien entendu, mais aussi Wynona Rider, Michael Keaton, Jack Nicholson, Danny de Vito..). Surtout il mûrit certains projets plusieurs années avant de les réaliser : il en est ainsi de L'étrange Noël de Monsieur Jack, mais également de son dernier opus, Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, dont il avait acheté les droits à la fin des années 80.

Cet ouvrage est donc une excellente plongée dans le monde fantastique de Burton.

Je profite également du fait que cet ouvrage ait été publié par les Cahiers du Cinéma pour vous informer (ou vous rappeler) que les Cahiers sont aujourd'hui en danger, avec un risque de vente à un autre organe de presse qui pourrait remettre en cause la ligne éditoriale du magazine mensuel. Pour aider les Cahiers, vous pouvez bien sûr l'acheter, et pourquoi pas vous abonner !

 

Tim Burton, de Antoine de Baecque

Ed. Les Cahiers du Cinéma

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 12:54

Grâce à la bibliothèque professionnelle de ma chère et tendre, j'ai l'occasion de me plonger soit dans la littérature jeunesse, soit dans des classiques qui ont échappé à ma scolarité. Cette fois-ci, j'ai jeté mon dévolu sur les Contes de frères Grimm, dans une édition scolaire. Huit contes qui font partie de notre culture commune, mais que je n'avais jamais lus.

Les huit contes sont tirés de l'oeuvre des frères Grimm, Contes de l'enfance et du foyer, beaucoup plus conséquente. On y trouve Le roi grenouille, Le loup et les sept cabris, Hansel et Gretel, Le vaillant petit tailleur, Les trois fileuses, Blanche Neige, Les musiciens de la ville de Brême et Le grand-père et le petit fils.

Ce qui est très intéressant avec les contes, c'est leur portée universelle. Ici, on reste dans un cadre européen, mais ces contes allemands (puisque les frères avaient pour but de transcrire les histoires racontées au coin du feu par les paysans) ont pleins de sonorités avec d'autres histoires, mythes ou contes.

Ainsi, dans Hansel et Gretel, tout le monde a en mémoire la maison de pain d'épices, qui permet à la sorcière de capturer les deux enfants. Mais je n'avais pas du tout en tête que le début du conte est similaire au Petit Poucet : Hansel retrouve la première fois le chemin de sa maison par le biais de petits cailloux blancs. De même, l'histoire des trois fileuses m'a fait immédiatement pensé à la mythologie latine, avec les Parques qui tissent la vie de chaque individu.

Un autre trait frappant est celui de la cruauté de ces histoires. Cruauté qui est aujourd'hui totalement occulté. J'avais déjà entendu parler de la différence entre Perrault et Walt Disney concernant Cendrillon : chez Perrault, les belles-soeurs de mutilent pour entrer leur pied dans la pantoufle, et cela est laissé de coté chez Disney. De la même manière, la sorcière de Blanche-Neige ne connaît pas du tout la même fin chez Grimm et Disney. Pour Disney, elle tombe d'un rocher un soir d'orage. Chez Grimm, lors du mariage de Blanche-Neige, les nains la forcent à danser avec des chaussures en fer chauffées à blanc, jusqu'à la mort.

Je ne vais détailler les huit contes présents ici, mais j'ai passé un bon moment à relire ces histoires. Tout le monde les connaît, mais il est parfois intéressant de revenir à la source pour saisir comment les sociétés évoluent. Et je pense que ces différences de traitement sont loin d'être anodines.

 

Contes, de Grimm

Traduit de l'allemand

Ed. Hachette Littératures - BiblioCollège

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 22:29

Première participation au Club des théières, lieu de rendez-vous de lecteurs (et surtout lectrices) parisiens. Pour cette première, je n'ai pas pu assisté au rendez-vous gourmand chez Fashion, mais j'ai fait mes devoirs : lire un roman qui a un rapport avec les figures géométriques. Rien dans ma bibliothèque, j'ai donc déniché ce roman à la bibliothèque municipale.

Le narrateur, journaliste dans une grande station de radio parisienne, habite la banlieue nord de Paris. Banlieue proche, mais lorsque sa maison sert de cible à un cambriolage, il décide de partir. Ayant les moyens de s'installer dans un quartier plus huppé, il prend une chambre de bonne dans le Triangle d'or, quartier parisien situé entre les Champs Elysées, l'avenue Georges V et l'avenue Montaigne. Que du beau linge ! Mais ce changement d'environnement ne se fait pas sans difficulté...

Alors que le sujet m'attirait plutôt (un changement de voisinage, le passage d'un quartier populaire à un quartier d'aristo), je suis resté sur ma faim, et suis déçu par ce roman. On sent bien qu'il n'arrive pas à se faire à ce quartier de flambeurs, où tout passe par l'apparence. Mais cela traîne, il n'y a pas de rencontres vraiment capitales. On rencontre bien quelques étrangers qui amassent autant qu'ils peuvent avant de repartir, mais tout cela est très désincarné. Il y a bien un peu d'humour, mais il reste trop superficiel.

Ce roman a une part autobiographique (l'est-il complètement ?) puisque l'auteur est journaliste à Europe 1. Mais j'ai vraiment eu du mal à entrer dans cette histoire, à imaginer ce changement social brutal. On sent vite qu'il ne s'y fera pas, et on ne va beaucoup au delà. On croise quelques vedettes du show-biz, mais l'ensemble manque de substance.

Un raté pour cette aventure autour des figures géométriques, mais je pense que mes futures rencontres avec les théières seront plus fructueuses...

 

Ma chambre au Triangle d'or, de Pierre-Louis Basse

Ed. Stock

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 23:25

Visite au Grand Palais pour l'exposition consacrée à Marie-Antoinette. Exposition artistique et historique, présentée de manière chronologique. On y suit le parcours de la future épouse de Louis XVI, de son départ de la cour de Schönbrunn à son enfermement dans la prison du Temple, en passant par la vie au petit Trianon dans les jardins de Versailles. Exposition de peintures, de meubles qui retracent la courte vie de la reine la plus célèbre de France.

J'avoue que je n'y ai pas appris grand chose, le film de Sofia Coppola donnant une vision particulière mais pas totalement absurde de la vie de Marie-Antoinette. Mais la mise en scène des salles est intéressante, avec notamment une deuxième partie consacrée au Trianon, et une troisième beaucoup plus sombre. Deux éléments néanmoins que j'ai appris : l'enthousiasme suscitée par la princesse lors de son arrivée en France, et l'affaire du collier, qui accentue l'image détestable de la Reine, alors qu'elle n'a pas grand chose à voir avec cette affaire.

Et, justement traînait dans ma bibliothèque un petit essai intitulé Marie-Antoinette et le scandale du collier. Quelle coïncidence ! J'ai donc profité de l'occasion pour découvrir cet ouvrage.

Benedetta Craveri, l'auteur italienne, fait oeuvre d'une grande pédagogie : après avoir brièvement résumé l'histoire, elle présente les trois protagonistes de cette sombre affaire d'escroquerie. Marie-Antoinette, la plus célèbre. Le Cardinal de Rohan, homme rejeté par la reine, et qui fait tout pour attirer ses faveurs. Et la Comtesse de la Motte, arriviste dépensière et sans scrupule. Cette dernière va profiter de la crédulité du cardinal pour qu'il achète un collier inestimable, en prétextant qu'elle servira d'intermédiaire à la reine qui souhaite le posséder. Mais une fois le collier récupéré par la comtesse, elle le démonte et revend les pierres qui le compose. Marie-Antoinette ignore tout de la machination, et lorsqu'elle la découvre, il est trop tard. Le bruit court qu'elle a dépensé une nouvelle fortune pour assouvir ce caprice. Calomniez, il en reste toujours quelque chose !

Cette affaire empoisonne la vie de la Reine, qui ne se débarrassera pas de l'image déjà bien ancrée de femme frivole et dépensière. Alors que la future reine avait été reçue comme une déesse, l'arrivée tardive d'un héritier et cette réputation seront à la base des pires calomnies.

Je suis loin d'être royaliste, mais le sort réservé à cette reine a été humiliant. Bien sûr, elle n'a pensé qu'à son plaisir, ses cheveux, ses chapeaux, et le peuple était sa dernière préoccupation. Mais lorsque les nobles, qui ne devaient pas être plus mal lotis qu'elle, la laissent tomber, c'est une jeune femme (elle a 30  ans en 1785 quand éclate l'affaire) qui est envoyée à l'abattoir. Elle n'était vraisemblablement pas encline à occuper ces fonctions de représentation, son plaisir passant avant tout. Mais il est évident que l'image qu'elle a laissée est loin de lui rendre hommage. Je regrette d'ailleurs qu'une partie de l'exposition du Grand Palais n'ait pas été consacrée à l'image que Marie-Antoinette a laissée, et à son évolution. Car il est certain que cette image a évolué. Une prochaine fois ?
 

L'exposition, organisée par la Réunion des musées nationaux, se tient jusqu'au 30 juin.


Marie-Antoinette et le scandale du collier, de Benedetta Craveri

Traduit de l'italien par Éliane Deschamps-Pria

Ed. Gallimard

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 09:00

Nouveau passage au théâtre du Rond-Point, avec encore une fois un très bon spectacle. Bon, c'est vrai que c'est une pièce de François Morel, avec François Morel et Olivier Saladin (tous les deux d'anciens membres des Deschiens), donc cela s'annonçait bien. Je vous ai déjà parlé de mon affection pour le travail de François Morel, affection qui ne fait que se renforcer de spectacles en films.

Décor minimaliste : deux chaises et deux tables. Après une introduction pendant laquelle Olivier Saladin incite un volatile à prendre son envol, les deux comédiens entrent sur scène avec chacun une boîte en fer. Dans ces boîtes, des cartes postales, que les Rouchon envoient aux Brochon, et inversement. Et ces cartes postales racontent bien des choses...

Morel et Saladin jouent aussi bien les rôles masculins et féminins. La pièce démarre tambour battant, avec les inquiétudes de l'une des deux protagonistes, qui s'inquiète de l'envoi de son bulletin de mots croisés. Puis on navigue dans différents environnements : le voyage organisé, avec le fêtard de service qui a toujours une bonne blague, les souvenirs de Titus, attaché à un arbre près de la sortie de Mâcon, la plongée dans les souvenirs, et l'analyse des photos qui illustrent les cartes.

Les deux acteurs sont très drôles : François Morel est un acteur de théâtre fabuleux. Il a une expressivité surprenante, et la moindre mimique prend une signification particulière. Il a un visage très malléable, et donne l'impression que ce qu'il fait est facile (ce qui n'est pas vrai du tout, vous pouvez me croire). Olivier Saladin lui donne admirablement la réplique, occupant le devant de la scène à plusieurs reprises. Il improvise notamment un très beau sirtaki (bah oui, ils parlent de Grèce, donc sirtaki obligatoire !).

J'ai passé un très très agréable moment avec ces deux comédiens d'un burlesque incroyable, qui font de situations banales de vrais moments de drôlerie, tout cela avec une élégance indéniable. Chapeau aux comédiens !

La pièce ne se joue malheureusement plus au Rond-Point, mais elle a déjà tourné en province et devrait continuer à le faire. Si elle passe près de chez vous, n'hésitez pas une seconde ! C'est une heure et quart de rire quasi assuré !!!

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