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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 07:08

Dans le cadre du Patounet swap, je me suis mis à lire quelques romans écrits par des Pat, pour être certain de ce que j’enverrai à Bookomaton. C’est comme cela que j’ai plongé dans l’asile de Patrick McGrath, repéré sur le Biblioblog grâce à Pimpi Ys (Pardon, Ys, c'est réparé !!). Et comme il a fait partie du colis, c’est plutôt bon signe…

 

Stella est la femme du directeur adjoint d’un hôpital psychiatrique. Elle a accepté de suivre son mari à la campagne pour favoriser sa carrière, mais ne souhaite qu’une chose : revenir à Londres. Stella est intriguée par Edgar, artiste et pensionnaire de l’hôpital, interné après avoir tué sa femme qu’il avait pris comme modèle. Loin de la monotonie de sa vie de couple, elle cède à la passion que lui inspire Edgar, au point de le rejoindre à Londres après son évasion. Mais l’idylle tourne court, Edgar retrouvant par instant son comportement cyclothymique, et Stella est retrouvée par la police et rejoint son mari, muté au fin fond de Pays de Galles…

 

Voici la première partie de ce troublant et efficace roman. Il raconte l’histoire de Stella, qui est celle qu’on suit à travers les yeux du Dr Cleave, ami du mari de Stella et médecin d’Edgar. Cette narration par une tierce personne (enfin, pas si tierce que cela finalement) donne à la première partie du récit une distance qui permet à l’auteur de s’attarder sur les troubles des patients, sur les tergiversations de Stella. Tout ce que raconte Cleave, il le tient de Stella, qui lui a rapporté les faits plus tard.


Stella, femme isolée et tourmentée, détestée par sa belle-mère et mère paradoxale, est une grande héroïne. Elle est constamment en train de se poser des questions, de remettre en cause ses choix : sa passion pour Edgar est-elle raisonnable ? A-t-elle eu raison d’abandonner son fils pour suivre son amant, dans sa vie de bohême et de fuite à Londres ? Que faire lorsqu’elle revient auprès de son mari ? J’ai beaucoup aimé la description des lieux, cet asile verdoyant avec sa serre, les entrepôts où logent Edgar et Stella, à Londres, lieu de l’angoisse permanente car les policiers recherchent cet assassin en cavale. Surtout, je retiens cette ferme au Pays de Galles, dans un paysage de brume, avec ses collines et ses marécages, lieu où Stella va définitivement succomber…

 

Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue par crainte de déflorer une partie du dénouement tragique. Patrick McGrath signe un beau mais difficile roman sur la déchéance d’une femme, aveuglée par la passion, le dégoût que lui évoque la vie de son mari et qu’il veut lui offrir. Patrick McGrath décrit d’une manière saisissante les ambiances et les lieux, et plonge dans l’intimité de l’être humain pour y révéler la part de folie. Vraiment une belle lecture !

 

L'asile, de Patick McGrath

Traduit de l'anglais par Martine Skopan

Ed. Calmann-Lévy

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 13:50

500 fictions. Deux pages chacune. Soit 1000 pages de microfictions, comme les appelle leur auteur. Dans ces 500 histoires, Régis Jauffret met en scène des quantités de personnages différents, des hommes et des femmes, des enfants, des meurtriers, des suicidaires, des cambrioleurs, des familles presque normales, car une famille normale, chez Jauffret, cela n’existe pas. On entre donc dans ces vies, pour un court instant, le temps de saisir la détresse, le désarroi, le cynisme et plus rarement le bonheur de chacun. Parfois on rencontre même Régis Jauffret, qui se traite comme personnage de ces fictions.

J’ai découvert Régis Jauffret avec Univers, univers, roman étrange et fascinant qui relate les divagations de l’esprit d’une ménagère devant son gigot dans le four, allant de ses fantasmes les plus fous à ses pires cauchemars. Ici, j’ai eu l’impression que Jauffret a poussé plus loin cette expérience littéraire, en traitant des personnages différents à chaque double page. Ce qui donne un recueil à la fois très dense, mais d’une belle homogénéité dans ses sujets.

Jauffret n’est pas un auteur très évident à suivre. La majorité de ses personnages sont névrosés, en difficulté morale et sociale. Mais la force de Régis Jauffret, et ce qui m’attire dans son univers très sombre, c’est ce regard souvent froid et cynique qu’il porte sur ses personnages. A plusieurs reprises, j’ai souri, voire ri à la lecture des aventures de ces paumés, non par moquerie mais tellement le trait est forcé par l’auteur. Il a une manière très personnelle de transcrire ces histoires dans l’ensemble assez peu optimistes, qui fait que je n’ai pas été plombé par cette lecture. De plus, il a une écriture qui, je ne saurai dire pourquoi, me parle. 

Je dois néanmoins avouer que cette lecture s’est faite à feu doux : six mois que je transporte ce pavé dans mon sac, et ces microfictions m’ont servi de lecture dans mes (courts) trajets quotidiens, sur le quai de la gare ou du métro. J’estime que cette lecture hachée, loin de couper le rythme, permet de ressentir la diversité de cette œuvre. En effet, à plusieurs reprises, il m’a semblé que les microfictions, rangées par ordre alphabétique, avaient un ordre particulier lié aux caractéristiques des personnages, ou à leur actions.

Voilà donc une œuvre singulière, qui ne plaira sans doute pas à tous, et dont il vaut mieux connaître un minimum le ton avant de s’y plonger, car il est volontairement noir. Maintenant, reste à me plonger dans le dernier roman de Régis Jauffret, Lacrimosa, qui a rejoint ma table de chevet il y a peu.

Une lecture des Microfictions a eu lieu lors de la Nuit Blanche au théâtre du Rond-Point. Je n’y ai pas assisté, mais Dédale et Laetitia en parlent.

Pièce vue de et avec Régis Jauffret : Lacrimosa, d'après son dernier roman.

 

Microfictions, de Régis Jauffret

Ed. Folio

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 09:21

Le Capitaine Cook vient d’aborder près de Tahiti. Il envoie Mr Banks à terre pour qu’il prenne contact avec les autochtones. Celui-ci a surtout pour mission d’inculquer à ces derniers les trois valeurs de la société britannique : le travail, la propriété et la moralité. Si les deux premiers principes sont inculqués relativement difficilement, le troisième est totalement incompréhensible pour les tahitiens. Ce qui donne lieu à une rencontre assez peu constructive…

 

Cette pièce de Jean Giraudoux est actuellement jouée au Studio-Théâtre d’Asnières. L’un des mérites de ce centre de formation de comédiens est d’offrir des distributions nombreuses. Ainsi, il y a sur scène une douzaine de comédiens différents, partagés entre représentants de la couronne britannique et tahitiens en pagne. Car oui, les tahitiens se promènent sur le sable vêtus d’un simple pagne, le corps couvert de tatouages (ce qui n’a pas manqué au public de pousser quelques soupirs d’étonnement, voire plus…). Pour les tahitiennes, leurs poitrines sont recouvertes de magnifiques soutiens-gorge végétaux, et je félicite d’ailleurs le responsable des costumes qui sont magnifiques.

 

Pour cette pièce, il est nécessaire d’accepter les conventions du genre. Giraudoux ne cherche pas à faire une description fidèle de l’arrivée de Cook, mais cette rencontre entre deux mondes opposés est pour lui l’occasion de mettre en perspective et en question les valeurs de l’occident. Ainsi, il est surprenant que les anglais et les tahitiens se comprennent parfaitement, hormis sur quelques mots étrangers à leur lexique comme travail, propriété et moralité. Une fois ce parti-pris accepté, on assiste à une rencontre comique entre ces personnages que tout oppose, sans que Giraudoux ne tombe dans la facilité. Et mettre en scène des anglais lui permet de critiquer assez clairement les habitudes de nos voisins d'outre-Manche. J’ai d’ailleurs trouvé que le début de la pièce, entre Mr Banks et le chef tahitien, est plus réussi, plus enlevé que la suite avec l’arrivée de Ms Banks.


Tous les acteurs sont intéressants, l’un d’entre eux est magicien et nous gratifie d’un tour qui émerveille les spectateurs comme les tahitiens en faisant sortir un œuf de sa cuisse. Félicitations donc au Studio-Théâtre de permettre l’éclosion de jeunes acteurs, et de mettre en scène une œuvre méconnue et non dénuée d’intérêt de Jean Giraudoux.

 

Je tiens à mettre en avant le travail de cette scène et de son directeur, car elle actuellement dans une situation délicate. La Drac d'Ile-de-France, direction régionale des affaires culturelles, a décidé de retirer ses subventions, ce qui place le Studio-Théâtre dans un dilemme financier. Subventions retirées pour des raisons sui me paraissent assez obscures, puisqu’il y a notamment des reproches faits à l’adaptation de la Cerisaie de Tchekhov, vue l’an dernier, et que j’avais trouvé très réussie. Pour en savoir plus, le directeur adjoint du théâtre a accordé une interview aux Trois coups. Et une pétition pour les soutenir est à signer ici.

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 10:11

Jörg est un ancien membre de la Fraction Armée Rouge. Après vingt ans en prison, il est gracié par le Président de la République allemande. A l’occasion de sa libération, sa sœur Christiane décide d’organiser un week-end dans la maison qu’elle habite avec Margarethe. Ce week-end réunit d’anciens amis de Jörg, et certains ne l’ont pas vu depuis son passage dans la clandestinité. Ce week-end est donc l’occasion pour chacun de solder les secrets de cette période trouble…

 

Dans ce roman, Bernhard Schlink, auteur du roman à succès Le liseur, revient sur une période sombre de la vie politique allemande, celle du terrorisme mené par la Rote Arme Fraktion, qui avait à sa tête Andreas Baader. Mais, plutôt qu’une grande fresque historique sur l’évolution du mouvement, l’auteur décide d’aborder tous les mystères entourant cette période à travers le prisme du regard rétrospectif. Ainsi, on ne saura jamais précisément ce qui est reproché à Jörg. On se doute, à travers les discussions qu’il a avec ses anciens amis, qu’il a participé à l’assassinat d’un grand patron, mais sans description précise de son parcours. Le seul retour sur le passé se fait par le roman que tente d’écrire Ilse, qui souhaite raconter l’histoire de son ami Jan, mort en France après avoir pris la fuite.


Ce week-end est également l’occasion de régler tous les différents restés en suspens : qui a vendu Jörg à la police, alors que peu de personnes connaissaient l’endroit où il se cachait ? Pourquoi les anciens amis ont-ils pris des chemins si différents, comme Ulrich qui a monté un laboratoire de prothèses dentaires ? Et que cherche Marko, jeune homme qui voit Jörg comme un modèle ?

 

Ce roman pose beaucoup de questions, sans vraiment en résoudre. Pourquoi passe-t-on du coté de la violence pour un combat idéologique ? Comment réagissent les proches face aux volontés autodestructrices de celui qui se lance dans cette lutte ?

 

J’ai apprécié ce roman, qui fait un choix de narration très clair, en se limitant temporellement au seul week-end. Choix de narration qui implique une approche très différente de celle de la saga ou du roman d’action avec suspense à la clé. Et Bernhardt Schlink s’en tire plutôt bien dans cet exercice assez difficile, dans lequel il offre des moments de respiration entre des scènes difficiles pour les protagonistes, qui les fait plonger dans leur passé, avec leurs erreurs ou leurs renoncements. Rien de manichéen, mais une approche nuancée d’une époque où les choix étaient parfois radicaux.

Ce roman m'a fait penser au film de Lucas Belvaux, deuxième opus de sa merveilleuse trilogie, Cavale, qui met en scène un terroriste qui sort de prison et décide que le combat n'est pas fini. Jörg et Bruno, le personnage incarné par Lucas Belvaux, ont des comportements différents, mais les questionnements sont proches.

Je remercie Babelio, puisque j’ai reçu ce roman dans le cadre de l’opération Masse Critique.

 

Les avis de Katell, Mustango, Sybilline

 

Le week-end, de Bernhard Schlink

Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary

Ed. Gallimard

 

 

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 07:58

J’ai eu l’occasion d’assister à la première mondiale d’un opéra, créé à l’Opéra Garnier : Yvonne, Princesse de Bourgogne. Cet opéra est composé par Philippe Boesmans, avec une mise en scène de Luc Bondy. Le livret est une adaptation d’une pièce de Witold Gombrowicz, parue en 1938.

 

Dans la cour du Roi de Bourgogne, le Prince Philippe est à la recherche d’une épouse. Ses yeux tombent sur Yvonne, jeune fille amorphe, laide. Malgré les protestations de ses parents, il décide de l’épouser. Mais la Cour n’accepte pas cette nouvelle venue, et fera tout pour qu’elle disparaisse le plus rapidement possible.

J’ai assez peu de connaissance de l’opéra : ce n’est que la troisième fois que je m’y rends, et n’est pas une grande connaissance de l’histoire de cet art. Ce que je peux néanmoins dire, c’est que ce spectacle m’a plu, alors que l’idée d’une création contemporaine n’est pas ce qui m’attire le plus au départ.


Cette œuvre est hybride, mélange entre le théâtre et l’opéra. Mélange, car si les personnages chantent et sont accompagnés d’un orchestre dirigé par Sylvain Cambreling, le personnage principal, Yvonne, ne prononce que trois mots, sans jamais chanter : cercle, pelote, et un dernier que j’ai oublié. Le personnage d’Yvonne, incarné par une actrice de théâtre, Dorte Lyssewski, marque bien ce mélange entre les genres. La mise en scène de Luc Bondy, homme de théâtre, m’a également beaucoup plu : les décors changent, passant de la cour du château à une salle oppressante, des fenêtres sur les cotés de la scène permettent aux personnages secondaires de scruter la scène. Tout cela est assez vivant.


Ce qui marque surtout, c’est la causticité de la pièce. Aucun personnage ne correspond aux images habituelles. Bien entendu, le personnage d'Yvonne, la molichonne comme l’appelle le Roi, est loin des canons de Blanche-Neige ou Cendrillon. Le personnage du Roi, interprété par Paul Gay, est un homme exubérant, jouant à Superman avec sa cape. Une des tantes d’Yvonne est jouée par un homme,… Bref, il y a beaucoup d’idées de mises en scènes, qui ajoutent à l’aspect de dérision de cette œuvre, où  j’ai souvent ri. D’ailleurs, l’auteur n’hésite pas à mettre beaucoup de mots triviaux, voire grossiers dans la bouche des personnages (je ne sais pas si c’est devenu habituel à l’opéra, mais cela reste surprenant).


Au niveau vocal, j’ai apprécié la prestation de Mireille Delunsch, qui interprète la reine auteur de textes libertins, pleins de "souplesse" et de "caresses". J'ai aussi été impressioné par le personnage du chambellan, une voix de basse. Pour la musique, je n’y connais pas grand-chose, mais elle m’a paru assez éclectique, piochant dans beaucoup de registres différents. Il y a des moments très contemporains, d’autres qui m’ont rappelé Debussy, et le compositeur fait même référence à la musique des XVIIe et XVIIIe lors d’une séance de révérences.


Pour un spectacle qui ne m’attirait pas particulièrement, mais que j’ai vu car il faisait partie d’un abonnement, j’ai été très agréablement surpris car c’est une œuvre drôle, parfois iconoclaste. En fait, je crois que je ne m’attendais surtout pas à autant rire, et à assister à une oeuvre aussi parodique !

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 08:59

April et Franck Wheeler s’aiment. Lorsqu’ils se sont rencontrés, ils sont immédiatement tombés sous le charme l’un de l’autre, et ont senti que leur relation avait un caractère exceptionnel. Mais les rêves de jeunesse ont disparu : April a vu sa carrière de comédienne s’évanouir après une pièce désastreuse, et Franck travaille de manière anonyme dans un bureau. La routine s’est installée, mais April souhaite redonner de l’entrain à leur vie commune et propose à Franck de réaliser ce qu’ils s’étaient promis de faire : s’installer à Paris. Mais cette idée, loin d’être partagée par tous, n’apporte pas que de la sérénité  aux Wheeler…

 

C’est le grand retour du couple de Titanic : Leonardo di Caprio et Kate Winslet. Avec dix ans de plus, on les retrouve dans un film d’un tout autre genre, qui fait éclater leur talent au grand jour. Car ce film, très classique dans sa première partie, à la fois en terme de scénario et de réalisation, explose et finit par prendre le spectateur en témoin d’une situation dont il sait qu’elle peut malheureusement être la sienne.

 

Les noces rebelles est un film dur et troublant, car il renvoie aux craintes qu’éprouvent tous les couples : comment ne pas tomber dans un routine qui met à bas tous les rêves initiaux. L’action se passe dans les années 50, mais aurait la même résonance dans un cadre contemporain. Ici, le couple Wheeler est bien installé : deux enfants, une maison, un emploi pour monsieur, des voisins attentionnés,… Mais ce n’est qu'une façade. Au fond, chacun voudrait échapper à ce monde. Tout y est présenté comme si une trop grande lucidité face à cette situation sans espoir ne pouvait qu’entraîner la folie. Il est d’ailleurs notable que ce soit le mathématicien réputé fou qui expose les tourments de April (très impressionnant Michael Shannon). L'utilisation d'un fou pour montrer la réalité de la situation est néanmoins un peu trop explicite.

 

On y découvre aussi ce couple enfermé dans une banlieue où chacun se connaît, où les rumeurs et les potins circulent à une vitesse folle. Ainsi, leur projet de départ est désavoué par leurs meilleurs amis. La scène finale donne également un ton cruel à ce film, avec la déclaration de Kathy Bates sur leurs anciens voisins. Fin du film très réussie d’ailleurs, avec le dernier plan sur ce mari fatigué par les déclarations de sa femme.

 

Et surtout, Leonardo di Caprio, et encore plus Kate Winslet, donnent à ce film une profondeur, une force terrible. Que ce soit dans l’exaltation, dans le découragement ou la colère, les deux acteurs principaux sont magistraux. Il est agréable de réaliser comment, en dix ans, ces deux acteurs ont atteint un tel niveau de jeu.

 

Je n’en dirai pas plus, car la dernière partie du film, la plus réussie, est cruelle mais magnifiquement interprétée. Mais c’est vraiment une oeuvre qui interroge, remet en question tous les projets des couples en construction. Ce n’est à mon avis pas un film à aller voir au début d’une relation, car elle pourrait partir sur de mauvaises bases ! Néanmoins, je vous invite vraiment à aller voir ce film de Sam Mendès, très réussi.

 

Les avis enthousiastes de Pascale, Sandra

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 07:10

Soledad est née en Afrique du Nord, mais sa famille est originaire du sud de l’Espagne. Elle nous raconte l’histoire de celle-ci, en particulier celle de sa mère et de ses frères et sœurs, dont l’existence est marquée par une boîte. Cette boîte se transmet dans la famille de fille en fille, à l’âge adulte, et donne à chacune un pouvoir surnaturel. Cette histoire familiale hors du commun,  entre merveilleux et histoire espagnole, entre conte et réalité historique entraîne le lecteur au fond des grottes, le fait assister aux combats de coqs et lui fait surtout découvrir l’amour qui existe au sein de cette famille.


Voilà un beau roman très difficile à résumer, tellement il est foisonnant. L’histoire est racontée en trois livres. Le premier raconte la vie de Frasquita Carasco et de son mari, José. Frasquita est la mère de Soledad, et a plein d’autres enfants : Angela, Anita, Martirio et Clara, les filles, et Pedro El Rojo, le fils aux cheveux roux. José, obnubilé par un coq, Dragon Rouge, joue toute sa fortune dans les combats qu’il lui fait disputer, et va même jusqu’à perdre sa femme. Frasquita revient donc à Heredia propriétaire du coq vainqueur. Le deuxième livre est le départ de Frasquita, et sa vie avec les anarchistes dans les grottes. Le troisième livre raconte la traversée de la Méditerranée, et la vie en Afrique, avec notamment la naissance de Soledad.

 
Ce qui frappe immédiatement dans ce roman est la dimension merveilleuse du récit (il paraît qu’il ne faut pas confondre merveilleux et fantastique). Frasquita est une couturière hors pair, qui répare tout : un homme à son ombre, des robes de mariée qui assurent pérennité au mariage, un coq à l’agonie… Elle arrive meme à deviner la dimension précise des robes que porteront ses filles le jour de leur mariage. Chacun des enfants aura lui aussi un don : Clara brille telle une luciole,… Il y a également l’image de l’ogre, celle des deux vieilles femmes du village qui aident les femmes à accoucher, ou à enterrer les morts. Tout le roman est truffé de scènes merveilleuses, où la peur se joint à l’étonnement.


Mais il y a également une dimension historique au récit. Outre la plongée dans l’Espagne rurale du début du XXeme Siècle, on assiste à distance aux combats entre anarchistes et troupes militaires, dont on peut supposer qu’ils sont les prémices de la guerre d’Espagne. Ce combat donne d’ailleurs lieu à une terrible scène dans les entrailles de la montagne, avec une course-poursuite démoniaque.


Si j’ai apprécié l’ensemble du roman, c’est le deuxième livre, plus historique, qui m’a le plus emballé. En discutant lors du Club des théières, Chiffonnette a insisté sur l’aspect très féminin du texte : les femmes, silencieuses, dirigent finalement toute la famille, de gré ou de force. Si cet aspect de la lecture ne m’a pas sauté aux yeux sur le coup, il est vrai que ce roman est un hommage aux femmes, à leur arrivée dans l’ âge adulte, mais il est tout à fait lisible par les hommes (je dis cela car je sais que c’est parfois une question qui se pose, même si je ne suis pas du tout persuadé qu’il y ait un sexe à la littérature).


Je remercie Laetitia pour le prêt du roman, qui m’avait parlé de l’analogie avec La maison aux esprits d’Isabel Allende. La parenté est évidente, mais Carole Martinez inverse la proportion merveilleux/historique pour donner la primauté à la première partie. Les billets sur ce livre commence à faire florès que les blogs, notamment chez Fashion, Emeraude…., et s’attire un joli petit succès, un an et demi après sa sortie !

 

Le coeur cousu, de Carole Martinez

Ed. Gallimard

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 09:00

Amputé d’une main et borgne après une attaque aérienne en Lybie, le Colonel nazi Stauffenberg décide que cette tuerie a assez duré. Avec un groupe de résistants allemands, il décide de monter un attentat contre le Führer, qui a pour objectif de mener au pouvoir un gouvernement qui négociera la paix avec les alliés : l’opération Walkyrie. Mais les alliés allemands de Hitler sont encore nombreux, et il sera compliqué pour l’équipée d’atteindre son but.

  

Voici la dernière production avec Tom Cruise en tête d’affiche. L’intrigue traite de la dernière tentative d’attentat contre Hitler, tentative qui a échoué (puisqu’il est connu qu’Hitler s’est suicidé, et n’est pas mort dans un attentat, ce n'est pas dévoiler la fin !). C’est donc la préparation et la mise en place de ce complot contre les dirigeants nazis qui est narré ici.

 

Sur le sujet, on comprend à peu près les moyens par lesquels les opposants souhaitent renverser Hitler. A peu près, car les manipulations ave l’armée de réserve et son commandement ne sont pas très limpides. Enfin, on s’y retrouve.

 

Sur l’interprétation, Tom Cruise est de tous les plans, ou presque. Je n’ai pas été conquis par son interprétation, un peu trop monolithique face aux événements auxquels il doit faire face. Pour ses camarades de jeu, ils sont tous un peu éclipsés, que ce soient Kenneth Brannagh, Tom Wilkinson ou Terrence Stamp. Tom Cruise occupe le devant de la scène, et cela se voit. Son interprétation n’est pas mauvaise, mais je pense que c’est un rôle dans lequel on peut insinuer plus de doutes, de nuances sans tomber dans un pathos de mauvais goût. Ici, c'est sobre, mais presque trop.

 

Si le film s’était limité à cela, j’aurai vu un film correct, pas transcendant mais qui se laisse regarder. Mais il y un élément qui m’a vraiment horrifié, et qui gâche l’ensemble du film : la musique ! Mais quelle idée a eu le compositeur, John Ottman, de composer cette musique. Et quelle autre mauvaise idée de la faire jouer aussi fort ! Elle est tonitruante, écrase tout le reste. Déjà, entre les bombardements et les avions, il y a un potentiel bruit important. Mais là, c’est vraiment trop ! Il y a un moment où on entend quelques notes de Wagner et sa chevauchée des Walkyries, mais le reste de la musique m’a vraiment paru lourd, sans subtilités aucune, au point de faire oublier le reste.

 

Voilà, je n’en dirai pas plus, vous aurez compris que je suis loin d’être convaincu par l’ensemble.

Je remercie Sandra d’avoir organisé un concours pour pouvoir assister à cette séance (son avis ici). Je dois d’ailleurs avouer que j’ai pris plus de plaisir à jouer pour gagner des places qu’à voir le film. (le but du jeu était de reconnaître 10 films dont elle avait sélectionné une image)

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 16:23

Voilà un sujet que j’ai trouvé intéressant !  Comment préparer un colis qui répond à la problématique du Pat, avec livres et divers accompagnements blonds, ronds, bons et cons ? et aussi comment les autres participants allaient-ils répondre aux règles fixées par Cuné, la grande organisatrice de cet échange livresque et souvent gourmand ?

 

Me voilà donc inscrit à ce swap, et alors que la date fatidique de l’envoi approche (mon colis est temriné et vient juste de partir à la Poste), mon colis n’est toujours pas annoncé dans ma boite aux lettres. Pas encore inquiet, je me rends donc naïvement au Club des théières du mois de janvier, en oubliant que plusieurs participantes au swap sont inscrites (Elément qui m’était complètement sorti de l’esprit). Et alors que nous nous installons, avec nos lectures du mois et nos préparations sucrées, voilà que Stéphanie me tend un sac rempli de quelques paquets emballés. Après un bref instant d’hésitation, voilà que mes neurones s’activent et que les synapses se débouchent : Stéphanie me donne en main propre le colis que mon facteur ne verra donc jamais !!! Après une question, pour la forme, pour savoir si je le déballe ici ou plus tard, me voici donc en séance d'ouverture publique de colis swap.

 

Six paquets emballés de vert s’offrent donc à moi, chacun accompagné d’un mot qui laisse présager des présents plus ou moins "réjouissants"...

 

Je commence par le plus petit, sur lequel est écrit « Parce que c’est un peu (ou beaucoup) con d’offrir ça à un homme ». Tout un programme ! Après l’ouverture fébrile du paquet, je découvre un porte-clé à l’effigie de Dora l’exploratrice ! Youpi ! Avec ça je n’oublierai plus jamais mes clés ! En plus, il y a dans son dos un bouton, dont nous n’avons toujours pas réussi à comprendre l’intérêt. Il manque certainement une pile, mais je vous avertirai une fois que Dora parlera ;-)

 

Pour le reste, Stéphanie a brouillé les cartes, offrant des cadeaux ronds et bonds, blonds et bons et parfois ronds. Soit, en vrac,

-         une boite de Louis et de lingots d’or … au chocolat suisse, crémeux et tout à fait délicieux.

-         une boite double face (un coté, c’est un motif panthère, de l’autre un motif coloré) avec du thé Cupidon, soit du thé et des cœurs et une intéressante odeur de fruits exotiques.

-         une boite de M&M’s, dont j’ai compris tout l’intérêt à retardement. Outre l’aspect décoratif de cet M&M’s magicien, il sert de distributeur de M&M’s (un à la fois, il faut etre patient) : vous actionnez son bras, et il sort un M&M’s sur son livre !!! Cela fera fureur en soirée !

 

Et puis, il y a bien entendu l’aspect plus culturel de la chose, avec deux ouvrages écrits par des Pat. Et je dois dire que dans deux genres très différents, Stéphanie est bien tombée :

-         Les fantômes d’Ombria, de Patricia A. McKillip : un roman de fantasy, primé dans divers festivals. Je ne lis pas de fantasy habituellement, mais je suis ravi d’entrer dans le genre sur une recommandation. Je vous dirai ensuite si je poursuivrai ;-)

-         Le débarcadère des anges, de Patrick Raynal. Un roman policier ou noir (ou les deux, il n’y a pas de quatrième de couverture) publié dans une très jolie édition, sobre mais élégante, la collection Suite Noire des éditions La Branche. Je connais un peu plus ces genres, mais je suis également heureux de découvrir un nouvel auteur.

 

Je remercie donc très chaleureusement Stéphanie pour ce joli colis, dont les éléments alimentaires risquent de faire long feu, et je remercie bien entendu Cuné pour l’organisation de ce swap au titre très bien choisi.

 

A très bientôt pour des nouvelles des romans reçus…

Et quelques photos à venir (Oui, j’ai aussi profité de l’appareil photo de Stéphanie pour une fois illustrer un swap…)

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 09:39

Dans la série « L’Inde vu par les cinéastes occidentaux », voici le second volet : avant Slumdog Millionaire de Danny Boyle, Wes Anderson avait lui aussi installé l’action de son dernier film en Inde. Film vu récemment alors qu’il est sorti il y a un bon moment maintenant, mais que j’avais raté trois fois (retard, grève de trains ou salle comble). Une sorte de malédiction !

 

Les frères Whitman ne se sont pas parlés depuis un an. La dernière fois, c’était aux funérailles de leur père, que leur mère avait d’ailleurs volontairement ratées. Francis a donc décidé de rassembler ses deux frères, Peter et Jack, pour un voyage à bord du train le Darjeeling Limited. Mais ce qui devait être des retrouvailles fraternelles tourne vite au règlement de comptes, et le voyage prend des tournures inattendues.

 

Bon, pour la comparaison avec Slumdog Millionaire, je ne vais faire long car le cadre est totalement différent. Ici, nous sommes en compagnie d’occidentaux qui découvrent l’Inde. Pas comme touristes, mais parce qu’il y a pour une nécessité pour eux à traverser ce pays. Mais cela n’empêche pas Wes Anderson de montrer les habitants du pays, notamment à travers le village dans lequel débarquent par accident les trois frères.

 

Comme souvent, l’aspect comique est primordial chez Anderson. La scène d’ouverture du film donne d’ailleurs le ton, puisqu’on voit Bill Murray exaspéré dans un taxi, puis courant comme un dératé après un train qu’il n’aura pas. Alors que Peter (Adrien Brody) plus jeune et plus leste, parvient à le dépasser et à sauter in extremis sur le marche pied. Ensuite, c’est une galerie de personnages loufoques : Francis (Owen Wilson), victime d’un accident de moto, porte constamment des bandages sur la tête. Le principal trait de caractère de Francis : sa propension à décider pour ses frères, ce qui exaspère Peter, le futur père qui a des difficultés à assumer son nouveau statut. Jack (Jason Schwartzman) est le plus placide, quelque peu hypocondriaque comme ses frères, mais plus détaché. Sa situation sentimentale, exposée dans un court-métrage qui précède le film, est vacillante, mais il espère recoller les morceaux. Ce qui ne l’empêche pas de butiner pour faire passer son désespoir.

 

Mais ce qui me plaît particulièrement chez Wes Anderson, c’est le mélange des émotions, entre comédie et tragédie. Mélange qu’on retrouvait déjà dans La famille Tennenbaum, avec Gene Hackman en père d’une famille loufoque, malade et cloué au lit. Dans A bord du Darjeeing Limited, le deuil est présent à deux reprises. Il y a tout d’abord le deuil qui frappe les trois fils, qui est la raison pour laquelle ils ont initié ce voyage. Mais il y a également la mort accidentelle de ce jeune indien, que Peter ne parviendra pas à sauver de la noyade. Cette mort donne lieu à une très belle séquence représentant un rite funéraire indien, les participants habillés de blancs, avec incinération au bord du fleuve.

 

Cet aller-retour permanent entre les émotions est pour moi la grande réussite de ce film, servi par de très bons acteurs (ceux déjà mentionnés, mais aussi Anjelica Huston), qui incarnent subtilement leurs personnages totalement loufoques. Après La vie aquatique, qui ne m’avait pas laissé un grand souvenir, ce dernier film de Wes Anderson est une belle réussite !

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