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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 07:19
Ce roman est arrivé en deuxième position dans mon classement pour le prix Biblioblog 2009. J'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteur, cette histoire de souvenirs et de deuil.

"Joli premier roman, le goût des abricots secs est une réflexion sur le deuil, le départ. Celui de la voisine, dont le souvenir est toujours prégnant par l’intermédiaire de la musique de Schuman, celui de Vera, dont on ne sait ce qu’elle est réellement devenue. Deuil également d’un lieu, ce grand ensemble immobilier qui devient un personnage à part entière du récit.
Une réflexion servie par une belle écriture, qui si elle perd parfois le lecteur, finit toujours par le ramener sur ses pieds. Je suis assez admiratif de la manière dont l’auteur parvient à changer de sujet ou de période sans en donner l’air, en quelques lignes seulement. Un premier essai réussi."

Malheuresement, il a laissé un peu plus froid mes camarades du jury.

Voilà, ce roman est le dernier de la sélection du prix Biblioblog 2009. Une sélection que j'ai pour ma part trouvé très intéressante, diverse et riche. Deux romans m'ont touché particulièrement, aucun ne m'est tombé des mains. Bref, une expérience très concluante. Merci à Laurence qui a organisé cela, et à tous les votants qui permettent à ce prix de vivre !
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 09:25
Voici l'un des premiers romans de la sélection. S'il a enthousiasmé Laurence lors de sa lecture, les autres membres du jury sont plus sceptiques. Les internautes semblent néanmoins avoir été conquis par ce roman. Il est toujours amusant de voir comment un roman peut provoquer des réactions aussi contrastées.

Pour ma part, voici ce que j'en ai dit après ma lecture :
"Sur le fond, je ne peux que saluer le thème de cet ouvrage, les conditions de logement et de vie d’un jeune sans-papier qui doit faire face à la maladie de sa Mama. On y sent toute la démission de la société actuelle face à ces humains considérés comme des numéros et des envahisseurs.
Sur la forme, je n’ai toutefois pas été complètement convaincu. Je ne saurai dire ce qui m’a retenu, mais il m’a manqué un petit quelque chose pour totalement succomber à cette histoire. Une lecture toutefois marquante, avec le petit Nasser !"

Les avis des autres membres du jury sont ici.
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 11:11
Le roman québecois de la sélection. Qui comme d'autres a suscité des réactions très diverses. Mes impressions ci-dessous, et celles des autres membres du jury ici :

"Ce roman (avec La vieille anglaise et le continent) tranche avec le reste de la sélection. Épisode historique et tragique, Dominique Fortier décrit les périples de l’expédition prise dans les glaces de l’Arctique, récit entrecoupé par la vie de celles qui sont restées à terre. J’avoue que ce mélange ne m’a pas complètement convaincu. Ce va et vient entre Arctique, Angleterre et souvenirs en Tasmanie m’a paru par moment artificiel. J’aurai préféré (mais ce n’est que mon impression de lecteur) qu’on s’attache plus à la vie sur le bateau, à ce huis-clos terrible qui frappe les aventuriers. De bons éléments, mais une trop grande hétérogénéité pour emporter une adhésion totale."
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 22:44

Suite de la recension des ouvrages sélectionnés pour le prix Biblioblog 2009 avec cette oeuvre de science-fiction anticipatrice. Voici les impressions notées après la lecture :

"Plongée dans la science-fiction écologique avec cette nouvelle de 70 pages. J’ai été gêné dans les premières pages par un vocabulaire assez technique, avant de plonger avec Ann Kelvin au fond des mers. Récit à deux voix qui finissent par se rejoindre, la construction est intéressante, et la réflexion sur les usages de la technologie est bienvenue, avec l’introduction de cette méthode inquiétante de transfert d’esprit. L’ensemble reste néanmoins un peu court à mon goût pour mêler à la fois tenants et aboutissants de cette technologie, et intrigue avec péripéties. Un ouvrage intéressant, qui mériterait presque une suite."

Avis relativement partagé par mes camarades du jury, que vous pourrez retrouver par
ici.

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 08:19

Hier a été dévoilé le vainqueur de la troisième édition du prix Biblioblog. Après le merveilleux et troublant roman de Jean-Philippe Blondel, Passage du gué, puis la relecture flaubertienne de Philippe Doumenc, Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, c’est un hommage à la littérature et à Proust qui a été couronné. Le vainqueur est donc :

 

La petite cloche au son grêle, de Paul Vacca.

 


Ce résultat me ravit, car j’ai vraiment été séduit par ce roman. Voici les quelques lignes que vous pourrez retrouver sur le site du Biblioblog, avec les impressions des autres membres du jury :

 

« Ce roman m’a totalement embarqué dans l’univers de ce jeune garçon et de ses parents, de Marcel Proust et Pierre Arditi. Séduit par les passages décrivant l’influence que les romans ont sur la vie du narrateur, j’ai été ému par ce mélange entre l’univers imaginaire qu’il découvre, ces émois de collégien et la confrontation avec une réalité plus dure. De très beaux passages comme cette scène dans le grand hôtel de Cabourg ou ces promenades le long de la Solène. Mon coup de cœur de cette édition ! »


Pour être complet, le prix de la critique a été remporté par Laurence pour son très joli billet sur Une promesse de Sorj Chalandon.

Laurence, que je remercie chaleureusement de m’avoir permis de participer à cette aventure collective. Merci beaucoup, Laurence !


Vous retrouvez, au fur et à mesure de la publication des billets sur Biblioblog, mes impressions sur l’ensemble des romans de la sélection.


Les impressions du jury sur Laver les ombres, de Jeanne Benameur (le billet que j'y ai consacré ici). 

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 07:42

Incident est le récit de la journée d’une femme en avril 1986. Journée marquée par deux événements : l’explosion d’un réacteur nucléaire à Tchernobyl et l’opération de son frère. La catastrophe nucléaire a pour conséquence des mesures de précaution importantes (je précise que le roman se déroule en Allemagne de l’Est et non en France, car tout le monde sait que le nuage a été arrêté par les Alpes…). L’opération du frère est lourde : une tumeur au cerveau risque de le rendre gravement handicapé si elle n’est pas retirée. Cette femme nous raconte donc cette journée difficile, ses réflexions sur les progrès techniques et sur le pouvoir de l’écriture.

 

Incident est un livre assez difficile à cerner. J’ai apprécié certains passages, quand d’autres me sont tombés des mains. Les réflexions sur l’utilisation du nucléaire, technologie dont on ne connaît pas tous les dangers mais que beaucoup de pays ont décidé de développer, sont intéressantes, tout comme le suivi médiatique qui est fait de l’explosion, et qui est ici largement décrit. Les précautions concernant les légumes ou le lait frais ne sont pas anodins pour les habitants des pays survolés par le nuage. Un passage m’a marqué, celui où elle parle des nuages et des soleils couchants, en se demandant notamment si après ce jour, les poètes et écrivains arriveront toujours décrire un nuage comme avant, blanc, moutonneux et inoffensif, alors qu’un autre type de nuage les menace.

 

Les considérations sur la maladie du frère sont plus absconses pour moi. Je pense ne pas avoir tout saisi dans la relation qui unit cette femme à son frère. Il y a certainement une dimension psychologique qui m’a échappé. Comme l'histoire de ce couple qui revient voir la maison dans laquelle le mari a vécu pendant la seconde guerre mondiale qui est assez étrange, donnant lieu à  une disgression sur l'évolution de l'homme, du primate au sapiens sapiens.

 

Une lecture intrigante, que j’aurai du mal à recommander car elle est assez ardue et que je n’ai pas été totalement convaincu par la forme choisie par Christa Wolf, une introspection qui tourne par moment à la réflexion philosophique imperméable. Bref, très inégal.

 

Incident, de Christa Wolf

Traduit de l'allemand

Epuisé

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 20:07

La famille Wolf habite Jaffa. La mère tient la maison. Le père, Reuven, est propriétaire d’un garage, dans lequel il emploie son fainéant de fils, Meir, et sa fille Mali. Il a également deux employés, des arabes : Touffik, un très bon mécano, et Hassan, son père. Le soir, une fois le repas terminé, Mali rejoint Touffik, et ils vivent clandestinement leur amour. Ils prévoient de fuir, mais un accident funeste va venir contrarier leurs plans. Débute alors un deuil difficile, et une séparation voulue pour l’un, forcée pour l’autre.

 

Ce résumé est assez difficile à rédiger car je ne souhaite pas révéler trop d’éléments de l’intrigue. Volonté de ne pas trop en dire car ce film israélien vaut vraiment le déplacement. Une histoire pleine d’espoir, mais qui est rapidement ternie par les tensions diverses qui apparaissent : au sein de la famille, entre employés du garage. Tension qui sera à l’origine de l’accident qui brisera l’espoir de tous les protagonistes.

 

D’une situation au départ assez banale, l’accident plonge la famille Wolf dans la tristesse, combattue par un déménagement qui ne fera que retarder l’explosion de cette tristesse refoulée. A cela s’ajoute la situation de Mali, qui tente de surmonter seule les épreuves qui l’attendent, mais qui est obligée de les dévoiler à ses parents. En plusieurs parties, ce qui rend  cette révélation tendue.

 

La vie de cette famille brisée permet à la réalisatrice et scénariste, Keren Yedaya, de décrire la société israélienne, société où arabes et juifs se côtoient, mais où les rancoeurs historiques sont palpables. La famille Wolf est juive, la famille de Touffik arabe. Deux cultures que la réalisatrice n’hésite pas à montrer, sans jugement.

  

Quelques scènes sont fortes et restent en mémoire. Notamment celle de la révélation finale, dans laquelle la mère de Mali, intolérante au dernier point, incarnée par Ronit Elkabetz, a des poses de Mater dolorosa, avec un visage d’une paleur impressionnante. Dans cette même scène, le père (Moni Moshonov, déjà vu dans Two Lovers) laisse également éclater sa colère. Les deux jeunes sont également très crédibles, notamment Dana Ivgy (Mali) qui a des scènes très difficiles à jouer, seule avec son mal de ventre.

Une belle surprise donc que ce film israélien, qui confirme la bonne santé du cinéma de ce pays. Un film fort, touchant, qui d’une situation anodine permet d’aborder beaucoup de sujets. Je vous le recommande !

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 17:38

Hervé est un collégien presque banal : toujours habillé du même pull, il partage sa vie entre sa mère, sa scolarité difficile, ses amis et sa découverte des émois sexuels, qu’il partage entre le catalogue de la Redoute et quelques films plus osés sur Internet. Adolescent naïf, il ne rêve que de sortir avec une fille, mais ne se rend compte de rien lorsqu’Aurore se rapproche de lui. Commence alors une histoire sentimentale pleine de rebondissements, qui va lui permettre de passer un cap.

 

Les beaux gosses est un film osé sur un sujet casse-gueule, car déjà traité un nombre innombrable de fois : la découverte de la sexualité à l’âge adolescent. Mais Riad Sattouf, le jeune réalisateur et co-scénariste du film, réussit à faire de ce teen-movie une œuvre tout à fait réussie, drôle et touchant à plusieurs moment de prêt à ce qui fait la vie des adolescents.

 

Le premier choix fort judicieux du réalisateur est celui de Hervé : ado de quatorze ans en difficulté scolaire, mais bonne pâte. Pas violent pour deux sous, il se laisse porter par les événements, sans vraiment réaliser ce qui se passe. Le choix du lieu est également intéressant : une ville de province (Rennes), calme, sans problème particulier. Cela permet de changer de la banlieue difficile, cadre souvent utilisé récemment pour les films traitant de l’école (Entre les murs, La journée de la jupe), ou de la jeunesse bourgeoise de Paris intra-muros, l’autre extrême souvent dépeint. L’élève est banal, le lieu classique, et cela donne un ton universel au film, ce qui n’est pas pour rien dans sa réussite.

 

L’autre point fort, ce sont les dialogues et le comique de situation. Hervé est toujours affublé de Camel, qui ne cesse de se référer à ses origines tunisiennes pour  expliquer son art d’anticiper les choses. Art souvent contrarié par les événements. Autour du couple central Hervé / Aurore, on trouve tous les types d’élèves  susceptibles d’être rencontrés dans une cour de collège : les jeunes caïds qui tentent de faire respecter leur loi, sans vraiment y parvenir, les filles trop sûres d’elle, les autres complexés et qui cachent leur forme des survêts informes, le bouc émissaire.

 

Enfin, les adultes sont assez jouissifs. Les scénaristes ne les ont pas sacrifiés, pour le plus grand bonheur du spectateur. On découvre ainsi le malaise (ou mal-être) de certains profs, le charisme de la chef d’établissement qui tranche avec les couettes qu’elle porte le week-end (impressionnante Emmanuelle Devos), la mère d’Aurore, ancien mannequin de la Redoute (Irène Jacob) et surtout, surtout, la mère d’Hervé, femme seule et dépressive, qui ne cesse de surveiller son fils en lui demandant s’il ne se cache pas pour se masturber, le tout avec un sourire aux lèvres. Noèmie Lvovsky incarne à merveille cette mère immature, inquiète pour son linge qui sent mauvais lorsqu’il est sur le balcon et qui s’incruste dans les fêtes de son unique rejeton.

 

L’ensemble de ces personnages donne donc un film plaisant, drôle, et qui en ne respectant pas tous les codes des teen-movies genre American Pie, donne un nouvel horizon à ce type de long-métrage : celui d’être visible par des personnes qui n’ont plus forcément l’âge des personnages du film.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 19:39

Dans la série « théâtre dans le théâtre », après L’illusion comique et avant Arsenic et vieilles dentelles, Molière. Il a lui aussi parlé de cet art dans son œuvre. Dans La critique de l’école des femmes et L’impromptu de Versailles, il en est en effet beaucoup question. Mais ces deux courtes pièces ont une place particulière dans l’œuvre de Jean-Baptiste Poquelin : elles servent à répondre à la polémique née suite à L’école des femmes.

 

Raison de la querelle : un succès acclamé par les pauvres gens, que les marquis, précieux et précieuses, auteurs et acteurs des autres troupes n’ont pas accepté. Mais aussi le reproche fait à Molière de se moquer à travers les paroles de ses personnages de personnalités que tout le monde a reconnu.

 

La critique de l’école des femmes est la première réponse que Molière fait à ses détracteurs. Pour répondre aux accusations qui lui sont faites, il fait intervenir une précieuse (Climène), un marquis fat comme il aime à les dépeindre et un poète malade de jalousie (Lysidas). Pour leur répondre, Uranie puis Dorante se feront la voix de l’auteur et répondront à toutes les attaques. Ces attaques ne sont d’ailleurs jamais réellement étayées : elles reposent sur quelques termes utilisés dans la pièce (« tarte à la crème », « tirer les oreilles »,…) ou sur des interprétations que Molière se défend d’avoir (Le passage d’Agnès qui a perdu le ruban, même si le lecteur n’est pas totalement dupe du double jeu de l’auteur). Il moque l’exagération des reproches qui lui sont faits, avec Climène qui se trouve sur le point de défaillir. La querelle avec Lysidas, le poète, est l’occasion pour le dramaturge d’exposer sa vision de son art. Face aux figures tutélaires avancées par Lysidas (Aristote et Horace) et à ses expressions savantes (protase, épitase), Molière défend le goût du public, du plus grand nombre qui se plait à venir voir ses pièces. Dans le même temps, il réfute les accusations de Lysidas, qui lui reproche de ne pas respecter les règles classiques.  De la modernité, mais point trop n’en faut ! Molière défend également la comédie, face à la tragédie. Il souhaite que la comédie, qu’il juge plus difficile à écrire que la tragédie, soit reconnue au même niveau que la tragédie.

 

L’impromptu de Versailles est la suite de la querelle de L’école des femmes. Pour enfoncer le clou, Molière joue devant le Roi cette pièce qui parle de théâtre. Le spectateur assiste à la répétition d’une pièce de la troupe de Molière, pour laquelle les acteurs ne s’estiment pas près, alors que le Roi est sur le point de les recevoir. Après avoir raillé les manières des acteurs des autres troupes (donc ses concurrents), Molière (acteur lui-même) mène les répétitions. Bien entendu, Molière ne se gêne pas pour égratigner dans cette pièce les pédants, les précieux et ceux qui lui cherchent querelle. Et lorsque la répétition est sur le point de se terminer, ses acteurs lui demandent de faire une réponse plus virulente, plus franche à ses adversaires. Ce à quoi se refuse Molière, qui trouve cette réponse adaptée.

 

Ces deux courtes pièces permettent à Molière, à travers l’art dramatique, de présenter sa vision du théâtre. Loin d’être un traité, elle donne quelques indications sur la manière dont il abordait son art. Elles sont également le symbole des querelles qui agitaient le petit monde parisien des troupes, des acteurs et de la Cour. Une querelle amène une réponse par une pièce (aujourd’hui, on aurait un malheureux communiqué de presse envoyé à l’AFP), à laquelle d’autres auteurs, souvent mineurs, ont également fourni une réponse. Finalement, Molière clôt de son côté la querelle avec L’impromptu de Versailles. Une belle manière de mettre fin à cette dispute, qui ne sera pas sans conséquence pour les œuvres à venir de Molière (la censure de Tartuffe, l’année suivante, y est plus ou moins liée…)

 

Deux petites pièces à découvrir pour tous les amateurs de théâtre !

 

La critique de l'école des femmes ; L'impromptu de Versailles, de Molière

Ed. Classiques Hachette

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 19:21

Dorothee et Martha Brewster vivent avec leur neveu Teddy dans une petite maison de Brooklyn, adossée au cimetière. Elles veillent sur leur neveu, qui se prend pour le Président des Etats-Unis. Elles suivent aussi d’un œil interrogateur les amours de Mortimer, un autre de leur neveu, critique dramatique qui leur rend souvent visite. Elles rêvent qu’il concrétise enfin l’amitié qu’il entretient avec Elaine Harper, la voisine et fille du révérend. Mais la quiétude du lieu va très vite être troublée par l’apparition d’un cadavre et par le retour de Jonathan, le troisième de leur neveu, disparu depuis vingt ans…

 

Avant d’être un film hilarant de Frank Capra avec, entre autres, Cary Grant (merveilleux) et Peter Lorre (alcoolique), Arsenic et vieilles dentelles est une pièce de théâtre signée John Kesselring. Comme souvent, c’est après un succès à Broadway que la pièce fut adaptée (il existe en effet quelques différences entre la pièce et le film, notamment le métier de Mortimer Brewster).

 

La pièce est drôle, pleine de rebondissement et rythmée, mais elle est ce que j’appellerai une pièce diesel. Composée de trois actes d’inégale importance (en taille, j'entends), chacun a une fonction bien précise. Le premier acte sert d’exposition à l’intrigue : les personnages principaux sont campés, on apprend qui est le meurtrier et les raisons qui l’ont poussé à tuer Mr Hoskins, et comment il se débarrasse du corps. Ensuite, tous les éléments mis en place dans ce premier acte font faire sens, et interviennent dans un sens ou un autre pour faire avancer l’intrigue ou pour apporter une pointe d’humour. Tout cela pour se terminer dans un dernier acte en feu d’artifice, où tout se résout après moult péripéties.

 

En début de pièce, Teddy, le neveu fou qui voit des ennemis et des malades de la fièvre jaune dans tous les coins, porte l’aspect comique. Puis, petit à petit, chacun des personnages se dévoile, révélant des facettes insoupçonnées (et donc drôles), que ce soit les tantes, Mortimer ou Jonathan et son fidèle complice, le docteur Einstein. Et là, le texte prend de l’ampleur, les entrées et sorties permanentes des personnages donnent un rythme qui ne faiblit pas.

 

Keeselring profite d’ailleurs du personnage de Mortimer, et de celui de O’Hara, un sergent, pour parler du théâtre. Et notamment des mauvaises pièces : celles qui sont trop longues, comme celle qu’O’Hara écrit à ses heures perdues. Ou celles auxquelles Mortimer assiste et qu’il trouve indigne de ce grand génie qu’est le cerveau humain. Cette mise en abyme apporte une dimension supplémentaire à cette pièce déjà réussie.

 

Si je vous parle de cette pièce, c’est bien entendu parce que je viens de la lire, mais aussi parce que je l’ai vu sur scène. Enfin, pas totalement puisque je faisais partie de la distribution, et n’ai donc pas pu y assister normalement. J’ai eu l’honneur d’incarner le Président des Etats-Unis en personne, et cela ne m’arrivera vraisemblablement pas tous les jours. Je profite de ce modeste endroit pour remercier mes huit camarades de jeu qui ont permis que ce modeste spectacle voit le jour et si l’aventure fut rocambolesque, le succès fut, semble-t-il, au rendez-vous. Merci aussi à notre professeure / metteuse en scène / régisseuse / coiffeuse, qui nous a beaucoup aidé pour aller au bout de ce projet. Ce fut un vrai plaisir de jouer les rôles de Teddy et de Mr Gibbs (vieux monsieur qui échappe de justesse au tueur) !

PS : J'en profite pour vous annoncer que j'ai quatre places à revendre pour Ubu Roi à la Comédie Française, le samedi 11 juillet à 20h30. Si cela vous intéresse, n'hésitez pas à me le dire...

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