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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 09:17

Avouons immédiatement mon inculture : je n’ai pas lu Harry Potter, et ne sais donc  pas comment se terminent les aventures du petit sorcier aux lunettes rondes. En revanche, j’ai vu tous les films qui ont été tirés de ces romans. J’entends déjà la foule hurler son dépit et son indignation face à la version édulcorée de l’œuvre foisonnante de madame Rowling, mais je me contente assez bien de la version cinématographique qui en est donnée.

 

Cet été est donc sorti le sixième volet des aventures de Harry, Ron, Hermione, de leurs professeurs et de leurs adversaires, dirigé par tu-sais-qui. Après avoir découvert l’école, affronté la chambre des secrets, retrouvé le prisonnier d’Azkaban, gagné la coupe de feu et participé à l’ordre du Phénix, Harry fait la rencontre du Prince de Sang-mêlé, ou plutôt de ses anciens livres de cours. Et l’esprit brillant de cet illustre inconnu aidera Harry à affronter les mange-morts, qui sont plus forts que jamais, menés par l’inquiétante Beatrix Lestrange et aidés par Drago Malfoy, le camarade d’Harry qui veut venger son père.

 

De la série de films, ce sixième opus est l’un des plus réussis, avec Le prisonnier d’Azkaban. Non en terme de fidélité à l’œuvre initiale (que je n’ai pas lu, je vous le rappelle, donc pas de comparaison possible), mais d’un point de vue de plaisir de spectateur. Après deux épisodes que je trouvais décevants (un scénario trop classique pour La coupe de feu, un film sans vraiment d’avancées décisives ni de grandes scènes dans L’ordre du phénix), j’ai retrouvé ce qui faisait une partie de mon plaisir : une histoire où les vivants sont les principaux protagonistes, sur lesquels plane la menace de Lord Voldemort, plus puissant que jamais.

 

On y retrouve également l’ambiguïté de certains personnages : le professeur Rogue (incarné par le toujours très bon Alan Rickman) est au centre de cette ambivalence inquiétante. Alors qu’il s’était fait une sorte de virginité dans les épisodes précédents, il redevient l’un des sujets d’attention les plus importants. On retrouve également quelques grandes scènes de combats, comme celle de la grotte, où Harry force Dumbledore à boire un liquide qui pourrait le tuer. Ou cette séquence dans les marais où Harry et ses compagnons affrontent des ennemis cachés dans les roseaux.

 

Surtout, on découvre enfin l’enfance de Thomas Jedusor, qui deviendra plus tard Lord Voldemort. Et tous ces événements, surtout celui qui clôt le film, ne peuvent que créer de l’inquiétude pour Harry et ses amis, qui sentent la menace se rapprocher de manière rapide et inéluctable. Un bon cru que ce sixième opus !

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 08:40

Cette seconde journée à Avignon a été marquée, par hasard, par un élément commun aux quatre spectacles vus ce jour-là. A chaque fois, j’ai assisté à une représentation scénique d’œuvres non théâtrales. Un roman, deux nouvelles dont une fantastique et des exercices de style… Des émotions différentes pour des spectacles prenant des chemins assez éloignés.

  

La très bonne surprise de cette journée fut la représentation de Mon amour. Alors, ne vous fiez pas au titre, qui est à mon assez mal choisi dans le cadre d’un festival comme Avignon où il faut se démarquer pour attirer la chaland. Mon amour est le titre d’un roman de Emmanuel Adély, que la compagnie alsacienne le Talon rouge a adapté pour la scène. Sur la scène, un carré au sol, l’espace de jeu. Aux quatre coins, des chaises, une bassine avec de l’eau et un livre. Mon amour. Ce livre que les comédiens commenceront à lire, à plusieurs voix, avant de lâcher le texte, de revenir de temps à autre au support. Mon amour, ce sont des individus ballotés par la vie et qui trouvent la force de vivre dans ce sentiment qu’ils portent à leur enfant, à leur ami ou qu’ils font payer. Une femme dans un couple en crise, qui se confie à sa sœur. Un enfant homosexuel qui fait le tapin, et doit affronter les déclarations d’amour d’un de ses clients. Un pilier de comptoir, qui noie son désarroi dans l’alcool et les discussions avec un des ses camarades. Le tout servi par une mise en scène de Catherine Javaloyès physique et très inventive (comme l’utilisation des éponges), un travail sur les lumières très réussi de Xavier Martayan et une interprétation magistrale des quatre comédiens : Gaël Chaillat, Blanche Giraud-Beauregardt, Jean-Philippe Labadie, Pascale Lequesne. Vraiment le genre de très bonne surprise d’Avignon, avec un spectacle choisi au hasard (pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? Je ne saurai plus vous le dire) et au final le plus abouti et intéressant des huit vus cette année. Chapeau à toute l’équipe.

 

Cette journée avait d'ailleurs plutôt bien débuté, avec un spectacle tiré d’une nouvelle marquante lue il y a peu : Le joueur d’échecs, de Stefan Zweig. Monté par la compagnie le Fier Monde (encore une compagnie du Rhône-Alpes, pourtant je n’ai aucune attache particulière avec cette région), on assiste, comme dans l’œuvre initiale au récit du narrateur qui raconte son voyage en paquebot et la rencontre avec Czentovic, la star internationale des échecs, et cet inconnu qui le défie (pour en savoir plus, voir le billet consacré à la nouvelle). Seul en scène, dans un décor de pont de paquebot avec transat, Michel Bernier donne vie à ce récit. S’il est raccourci, il a gardé intact toutes les étapes de la nouvelle. Le jeu de l’acteur, un peu statique au début, prend toute son ampleur lorsqu’il décrit la réclusion de ce joueur d’échecs. Un peu mitigé à la sortie, j’ai réalisé par la suite (vous verrez pourquoi un peu plus loin) que le travail était tout de même assez intéressant, et le résultat tout à fait méritoire. Une belle adptation de ce grand classique.

 

Le soir, autre forme, l’exercice oulipien transposé au théâtre. Dans Pièces détachées / Oulipo, trois comédiens donnent vie aux textes écrits par les oulipiens, dont les plus connus sont Queneau et Perec. Ils reprennent donc les tentatives de ces auteurs, qui peuvent prendre la forme d’aphorismes comiques, de textes où un mot en remplace un autre,… Spectacle encensé à Avignon comme à Paris où il a déjà été joué, j’avoue être resté un peu sur ma faim. Car si le fait de les jouer apporte indéniablement un plus à ces textes, cela reste des exercices, avec leur part de futilité et d’abstraction. On passe un moment agréable avec ces trois comédiens, mais on en ressort avec le sentiment de quelque chose qui se ternira vite. Ce qui est malheureusement le cas.

 

Enfin, voici la première déception vécue à Avignon en seize spectacles (c’est plus que raisonnable). Déception minime il est vrai, car je n’ai pas été déçu par un manque de travail ou par la fainéantise d’un metteur en scène ou d’acteurs, mais je me suis relativement ennuyé. Cette pièce se nomme Le tour d’écrou, et est une adaptation de la nouvelle fantastique d’Henry James. On y découvre une gouvernante, qui arrive dans une maison pour encadrer deux enfants. Mais elle réalise rapidement que des ombres d'anciens locataires planent sur le château, qui ne seront pas sans influence sur le comportement de ses protégés. Je ne connaissais pas le texte de départ, et c’est donc vierge que je me suis rendu à cette représentation. La comédienne, Catherine Chauvière, n’est pas à mettre en cause dans cette expérience ratée. L’élément gênant dans ce spectacle est la quantité de texte. Pendant une heure trente, presque sans répit, la comédienne raconte. Une histoire interminable, avec beaucoup de texte. Et ce, au détriment de la mise en scène, qui en dehors de quelques jeux de lumière, est assez minimaliste. Peut-être la forme fantastique se marie-t-elle mal au théâtre, en tout cas, je n’ai pas été convaincu par cette proposition. Ce qui n’a que rehaussé mon appréciation du joueur d’échecs, vu juste avant…

Une deuxième édition très réussie, qui permet de passer quelques bons moments aux terrasses des cafés de cette belle et chaude ville d’Avignon, et qui donne un nombre d’idées de spectacles incroyables. Heureusement que tous ne se jouent pas à Paris, sinon, on y passerait son année. Pour ceux qui ne connaissent pas le festival et qui apprécient le théâtre, je ne peux que les inciter à faire cette expérience hors norme… Pour l’année prochaine, nous changerons certainement de programme, mais nous y reviendrons un jour, avec pourquoi pas un spectacle dans la Cour d’honneur du Palais des Papes…

Les spectacles de l'an dernier,
ici et .

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 08:32

Comme l’an dernier, les vacances ont débuté par quelques jours passés à Avignon, le centre du monde théâtral pendant un mois. Et je reste stupéfait devant la folie qui s’empare de la ville pendant ces trois semaines (voire un peu plus) : du monde dans tous les coins de la ville, des salles de théâtre dans tous les endroits, même les plus improbables (parfois au détriment des compagnies, obligées de payer cher un petit endroit pas forcément adapté au théâtre). Ce qui est le plus étonnant et le plus réjouissant concerne les spectacles en eux-mêmes : je n’ai sillonné que le festival off, et la diversité de l’offre est hallucinante : des one-man show de comiques reconnus aux spectacles pour enfants, en passant par la chanson, des spectacles taïwanais ou des mimes. Sans parler de la variété des auteurs proposés : les classiques, comme Molière ou Feydeau, sont courus, mais on trouve également des adaptations de textes parfois inattendus (mais cela, c’est le thème de la seconde journée…).

 

Cette première journée a été placée sous le signe de la variété des formes théâtrales : quatre spectacles, et quatre façons d’aborder la scène.

 

Par ordre de préférence, il y a la forme classique, celle d’une pièce écrite pour la scène par un auteur reconnu. C’est le cas de Nous, les héros (version sans le père) de Jean-Luc Lagarce, montée par la compagnie iséroise Théâtre et compagnie. L’histoire est celle d’une troupe de théâtre qui voyage de ville en ville dans l’Europe de l’Est. Troupe familiale, menée d’une main de maître par sa directrice (Judith Bècle, épatante). La mise en scène de Michel Belletante est à mentionner : il arrive à rendre l’atmosphère de la troupe, notamment avec l’entrée sur scène de cette masse qui est ballottée et qui ne se disloque jamais. Avec leurs valises et leurs manteaux, les acteurs doivent choisir entre respect de leur intégrité artistique et la nécessité d’avoir des spectateurs et donc des revenus. Marquée par de nombreuses scènes de chants et de danse, par un mariage et un passage de marionnettes très réussi, la pièce est traversée par l’image du fils, thème récurrent chez Lagarce, et son rapport aux parents. Ici, le fils est affublé d’un masque de singe qu’il ne souhaite pas quitter, malgré l’insistance de ses camarades. Une jolie pièce, qui doit beaucoup à tous ses acteurs et sa très belle mise en scène.

 

Puis il y a la représentation performance. C’est le cas du projet Replay, monté par le grenoblois Christophe Roussel. Ce spectacle est un mélange entre installation d’art contemporain et prestation scénique. Christophe Roussel, propriétaire d’un répondeur, a pendant dix ans enregistré et conservé tous les messages reçus sur celui-ci. Ceux de sa mère, de ses amis, de la banquière qui souhaite le rencontrer,… Après une présentation des raisons qui l’ont poussé à monter ce spectacle, il nous fait entendre, d’abord par la lecture, puis par différents moyens sonores, ces déclarations informatives ou sensibles, qui ont rythmé sa vie. Le principe, qui peut paraître austère, prend du relief au fur et à mesure de l’avancée de la pièce. Seul sur scène, Christophe Roussel arrive à embarquer le spectateur dans son univers. Une expérience intéressante à vivre, à condition de sa laisser embarquer par cette construction très intime.

 

Autre forme de spectacle, la comédie musicale. Dans Les folies de Lucien, on se retrouve à l’intérieur d’un hôpital psychiatrique, avec un médecin, une infirmière et sept patients qui ont un point commun : ils se prennent pour une œuvre d’art. L’un se trouve dans la peau de Richelieu, une autre dans la Vénus de Boticelli. Et on croise encore la Joconde, le Penseur, les deux paysans de Millet, Ange et Luce et la Maja desnuda de Goya. Chacun ayant une lubie, l’un pour la fabrication de faux billets en épluchure de pomme de terre, l’autre pour la tactique militaire. C’est la deuxième fois que j’assiste à une comédie musicale, et mon jugement est assez similaire : malgré un début un peu poussif, l’ensemble parvient à prendre de l’ampleur, à s’écarter des chemins battus pour au final offrir au spectateur un bon moment. Chaque personnage ayant son morceau chanté, ils ne sont pas tous équivalents. Tous les acteurs ont des talents de chant et de danse indéniable, mais mon attention a été vers le médecin (Loïc Thévenot), l’infirmière Gloria (Léovanie Raud) et les deux jeunes Ange et Luce (Eric Jetner et Sandra Durando), qui sont les plus complets, en terme de chant, danse et de jeu théâtral. Un bon moment, même s'il manque peut-être un peu de passion. Mais cela n’enlève à la performance des acteurs, dont on pouvait voir la sueur dégouliner sur leurs visages pendant la représentation.

 

Enfin, la journée s’est close avec un spectacle plus léger : de l’improvisation. Le principe : avant d’entrer dans la salle, on note sur un morceau de papier un mot, une expression, qu’on dépose ensuite dans un chapeau. Les comédiens tireront au hasard des papiers, un à la fois, et à partir du mot, improviseront une saynète, ici à trois personnages. Bien entendu, le principe même de l’exercice donne des résultats assez variables. Mais dans l’ensemble, les membres montpelliérains de la Compagnie du capitaine se sont brillamment tirés des pièges lancés par le public. Par exemple, à partir d’une phrase comme « Hermine, qu’est ce que je dis ? », ils ont tiré une scène à trois avec un aristocrate atteint d’une crise de pauvrisme. Pour le pratiquer un peu, l’improvisation est un exercice délicat, dans lequel il est nécessaire de bien connaître ses partenaires, et de sentir la scène. Il y a eu parfois quelques petites incohérences au sein d’une saynète, mais l’ensemble s’est avéré très divertissant. De quoi bien terminer cette première journée !

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 08:02

Encore une danse est l’histoire de quatre filles et deux garçons qui ont grandi dans le Sud de la banlieue parisienne. Pas le Sud dangereux, comme Evry ou Corbeil-Essonnes, mais le sud qui touche Paris et la Porte d’Orléans, celui de Montrouge. Dans cette banlieue, nos six amis côtoient de loin la misère qui se réfugie à Bagneux, la ville qui leur fait peur, mais que Rapha et Clara, les deux amoureux éternels, n’hésitent pas à arpenter. Ces quatre filles et deux garçons ont fait leur vie, plus ou moins réussie, faite de hauts ou de bas. Ils se retrouvent de temps à autre, surtout les quatre filles, dans des dîners de filles. Mais Rapha n’est jamais bien loin, cet artiste ténébreux autour duquel se nouera toute l’intrigue (bien qu’elle soit très mince).

 

Je découvre Katherine Pancol avec ce roman, et je pense que ce sera mon unique tentative avec cette auteur. J’ai lu ce roman jusqu’à son terme, rien que pour tenter de voir jusqu’à quelle situation tordue elle allait me mener. Car rien ne m’a intéressé dans ce roman. Dès la première phrase, j’ai senti que c’était mal parti : « C’est le propre de la femme de se dévaluer. 99,9 % des femmes pensent sincèrement qu’elles ne valent pas tripette ». Parole de Clara, l’héroïne du roman, qui a d'ailleurs exaspéré plus d'un de mes autres camarades de la chaine des livres. J’ai senti immédiatement que nous ne serions pas très copains, Katherine et moi.

 

Et le reste est à l’avenant : on suit d’un œil distrait ces histoires de collégiennes, avec ces personnages faussement émouvants qui cachent tous un terrrrribbbble secret, qui a souvent trait à une liaison cachée inavouable (mais pas toujours, attention !). Les personnages sont inintéressants et caricaturaux au possible : Rapha l’artiste ténébreux, Lucille l’égocentrée mariée à un richissime héritier, Joséphine la femme frustrée qui se console avec des aventures d’un soir, Agnès la bonne copine qui vit bien sagement dans son appartement de Clichy, et Clara, cette femme qui ne renonce pas à son amour de jeunesse, et se tourne vers Philippe, son frère qu’il l’a tant aidé. Bref, un roman faussement émouvant, dont on perçoit très rapidement toutes les ficelles. Celles-ci transparaissent d'ailleurs à la fois dans l'intrigue et dans le style, avec une volonté voyante de déconstruire la chronologie de ce récit, au point de parfois amener le lecteur à se demander où il est.

 

A un moment, la maladie fait son apparition dans le roman, et on se prend à espérer une évolution du récit, une vraie réflexion sur cette mauvaise nouvelle. Hélas ! Espoir vite déçu ! La maladie restera une ombre, une menace planante dont chacun s’accommodera, pour vaquer à ses puérils jeux amoureux.

 

Un roman d’à peine 300 pages, que j’ai mis beaucoup de temps à lire, tellement j’ai trouvé cela indigeste car trop sucré (et pourtant j’aime le sucre), comme le rose de cette horrible couverture. Et la moindre pointe de piment ne sentait malheureusement que l’arôme de synthèse.

 

Ce livre était un maillon de la chaîne des livres. J’espère, malgré cet avis, que certains y trouveront leur bonheur…

Livre proposé par Yoshi et lu par Leiloona,  Cécile, BlueGrey, Argantel, Emmyne

 

Encore une danse, de Katherine Pancol

Ed. Le Livre de Poche

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 08:11

Ariane est une jeune fille curieuse. Joueuse de violoncelle, elle consacre une partie de son temps libre à lire les dossiers constitués par son père, détective privé. Malgré elle (ou presque), elle entend dans le bureau de son père un homme préparer un meurtre contre l’amant présumé de sa femme. Elle décide de sauver cet homme, Franck Flannagan, un riche coureur de jupons, et devient une de ses nombreuses maîtresses. Mais elle souhaite être la seule, et monte un stratagème pour aiguiser sa jalousie.

 

Film de Billy Wilder, Ariane vaut à la fois pour les multiples rebondissements de l’intrigue, et pour le jeu des deux acteurs principaux, Audrey Hepburn et Gary Cooper. Concernant l’intrigue, Billy Wilder ne cesse de mettre en scène des situations cocasses : toutes les scènes avec l’orchestre tzigane qui joue Fascination, celles avec le chien de la voisine de chambre de Flanagan,… La majorité de l’action se passe dans une chambre du Ritz, et l’hôtel sert de décor aux amours des deux tourtereaux, et à leur confrontation. La scène la plus drôle du film reste tout de même celle où Ariane, pour rendre jaloux son amant, lui laisse une cassette sur laquelle elle énumère tous ceux qui ont partagé au moins une fois son lit. Prenant à son propre piège Flannagan, réputé pour ses histoires diverses et médiatisées, on voit la décomposition de celui-ci, qui se repasse en boucle cet enregistrement, halluciné et mutique.

 

Concernant les deux acteurs principaux, Audrey Hepburn joue une jeune fille couvée par son père (Maurice Chevalier), qui décide de prendre son indépendance et de vivre seule son histoire d’amour avec Flannagan. Au final, elle se révèle plus maligne que Flannagan, joué par Gary Cooper, qui s’amuse avec ce rôle. C’est le premier film que je vois avec Gary Cooper, et j’en ai profité pour regarder quelques jours après, l’homme de l’ouest, film d’Anthony Mann dans lequel Gary Cooper joue le rôle d’un cow-boy rempli d’un désir de vengeance, froid, loin de sa partition dans Ariane.

 

J’ai vu Ariane dans le cadre du festival Cinéma au clair de lune organisé à Paris pendant le mois d’août. Le cinéma en plein air s’installe dans les parcs de la ville, un différent à chaque fois, avec des films ayant pour cadre la ville de Paris. Allez, il vous reste deux semaines pour en profiter. Personnellement, je vous conseille les projections au parc Montsouris, les pieds dans l’herbe, avec un bon pique-nique avant le film, et un pull et une couverture pour éviter d’avoir trop froid ! Car même si le film n'est pas un chef d'oeuvre, une soirée en plein air n'est pas déplaisante !

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 08:50

Martin Eden est marin. Sans aucune fortune, il vit de divers travaux sur les bateaux sur lesquels il est embauché. Amoureux des voyages, sa vie bascule lorsqu’il est invité à un repas par un jeune homme qu’il a aidé lors d’une bagarre. Il découvre le monde des aristocrates, et fait la rencontre de Ruth Morse, jeune fille qui va occuper son esprit. Epaté par le brillant et les connaissances de ce milieu qui lui était inconnu, il se pique de lire tout ce qui lui tombe sous la main pour atteindre le niveau de ses modèles. Il tente même de devenir écrivain, au risque de se couper de son milieu d’origine, qui le considère comme un fainéant refusant le travail manuel, et de ne jamais rejoindre totalement le monde de Ruth, car ses origines populaires le trahissent toujours. Et lorsqu’il atteint enfin son but, vivre de sa littérature, il n’en profite pas, découvrant la mesquinerie de ce monde qui rejette le marginal et qui adule ce qui est à la mode…

 

Martin Eden est un très beau roman de Jack London, riche et ouvrant de nombreuses fenêtres sur la société du début du XXeme siècle aux Etats-Unis. Martin Eden emmène le lecteur tout d’abord dans le monde des petits travailleurs de San Francisco, celui des marins embauchés à chaque voyage, celui des commerçants, comme son beau-frère, des logeuses, comme Maria, la portugaise chez qui il a une petite chambre. On plonge aussi avec lui dans l’enfer des grands hôtels : la buanderie. Avec lui et son collègue, on souffre face à la chaleur qui y règne, aux horaires monstrueux qui leur sont imposés pour des salaires dérisoires. Martin Eden n’est pas ce qu’on pourrait appeler un roman social, mais Jack London dépeint de manière indirecte ce monde qu’il a lui-même cotoyé, celui des monts de piété et de ceux qui comptent sur la moindre pièce pour payer leur loyer.

 

Le roman tourne autour de deux autres thèmes : l’amour que se portent Martin et Ruth, qui doivent affronter les différences sociales qui font que leur deux mondes ne se connaissent pas et se rejettent, et l’envie d’écrire de Martin. Sur ces deux sujets, le regard porté par Jack London est très pessimiste. Dans le premier cas, rien n’arrivera à briser la volonté ferme et indestructible de la famille Morse de séparer Ruth de Martin. Malgré tous ses efforts, Martin ne se mélange pas à cette société. D’abord à cause d'un déficit de connaissance des conventions et de ses tics populaires : ses erreurs de syntaxe, son ignorance concernant certains sujets le mettent à l'écart. Mais lorsque son savoir atteint celui de ses hôtes, il réalise leur bassesse, leur médiocrité : peu savants, ils se réfugient derrière les conventions et le bon goût. Mais les aristocrates ne sont pas les seuls à être épinglés par Martin Eden : les socialistes, avec leurs idées de collectif, laissent froid Martin, qui ne jure que par l’individualisme. Toujours en contradiction avec ce que les autres vénèrent, il est dans tous les milieux une attraction qu’il convient de laisser à l’écart. Martin Eden réalise définitivement cette petitesse d’esprit lorsque ceux qui le jetaient dehors quand il n’avait un sou l’invitent à sa table lorsqu’il croule sous les propositions de contrat de la part des maisons d’édition.

 

Ces dernières sont la seconde cible majeure de Jack London. Martin Eden veut écrire, et vivre de son art. D’abord optimiste, il réalise que ses premiers écrits souffrent d’indéniables défauts dus à sa méconnaissance de la littérature et des règles. Il se plonge alors dans les revues, pour découvrir ce qu’elles publient, mais son œuvre reste inconnue et méprisée. Mais il persiste : il fait des entorses à ses principes en écrivant des petites pièces comiques, espérant en vain avoir plus de succès. Malgré les mises en garde de son compagnon Brissenden, lui aussi poète mais très méfiant vis-à-vis des revues (personnage mystérieux et intriguant, une vraie réussite), il persiste à vouloir être publié. Et lorsque la consécration arrive, il se rend compte qu’il est souvent obligé de mettre un mouchoir sur ses intransigeances pour plaire aux rédacteurs. Surtout, comme pour la famille Morse, il se rend compte de la bêtise de ces maisons, de ces revues, qui pendant plusieurs années ont systématiquement rejeté ses manuscrits, et qui à présent acceptent la plus mauvaise de sa littérature, uniquement du fait de sa renommée.

 

Roman en grande partie autobiographique, Martin Eden est une vraie réussite, loin de l’image habituelle de Jack London, celui de Croc-Blanc. Une œuvre à découvrir !

 

Martin Eden, de Jack London

Traduit de l'anglais par Francis Kerline

Ed. Phébus

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 10:17

Deuxième rencontre avec David Lodge, après la lecture il y a quelques temps de Nouvelles du paradis. Et cette rencontre fut ma foi bien agréable !

 

Vic Wilcox est directeur d’une entreprise de métallurgie dans l’Angleterre du début des années 80. Confronté à une concurrence accrue, il met tout en œuvre, avec ses collaborateurs, pour tenter de défendre son entreprise, le cœur de sa vie. Robyn Penrose est une jeune universitaire en poste à Rummidge. Elle est adepte des thèses défendues par Lacan et Derrida, et est spécialisée dans la littérature industrielle anglaise du XIXeme siècle et la littérature féminine. Malgré sa spécialisation, elle n’a jamais mis les pieds dans une usine, se contentant de ce qu’en racontent les grands romanciers anglais (Dickens, Brontë, Gaskell, Disraeli,…). Mais sa participation quelque peu forcée à l’année de l’industrie va l’amener à découvrir les entreprises anglaises, puisque qu’elle devient la stagiaire de Vic Wilcox, aussi peu heureux qu’elle de ce mélange des genres. Mais ces deux mondes qui ont peu à partager vont se rencontrer et peu à peu apprendre l’un de l’autre...

 

Jeu de société est un roman déjà ancien de David Lodge. Publié en 1988, l’auteur, par la confrontation du monde universitaire qu’il connaît bien et du monde de l’entreprise, diamétralement opposé, parvient à décrire en creux l’état de la société anglaise en cette période de thatchérisme : des usines qui ploient face à la concurrence étrangère, des ouvriers souvent étrangers qui acceptent des conditions de travail totalement indécentes, une université laissée à l’abandon, en particulier ce qui concerne le domaine de la littérature anglaise. Une société en pleine déliquescence, qui n’est pas sans rappeler la situation française actuelle, à l’heure où les plans de licenciements se mêlent aux grèves des universités.

 

Mais le talent de David Lodge est de faire passer cette description peu favorable dans un roman truffé de scènes hilarantes. Rien que le début du roman vaut le coup d’œil, avec une scène du lever de Wilcox qui rappellera des souvenirs à tous (ou presque), avec un réveil à la sonnerie tant attendue, et une envie de  se rendormir au moment où il sonne ! Toutes les scènes dans la famille Wilcox sont d’ailleurs assez réussies : famille qui a réussi, le must étant la salle de bains contiguë à la chambre et les quatre WC, mais dont le rythme de vie est ennuyeux au possible, comme lors des répétitifs repas du dimanche midi avec le père de Vic. Seule l’invitation de Robyn à l’un des ses repas et la préparation d’avocats donne du piment à ces réunions barbantes, mais hilarantes pour le lecteur.

 

La vie de Robyn est elle aussi mouvementée : sa relation avec Charles, universitaire lui aussi, est en dents de scie, mais leurs retrouvailles sont souvent l’occasion de jeux sensuels bien décrits par l’auteur. Mais leur relation prend du plomb dans l’aile lorsque Charles se pique de devenir banquier, en prenant exemple sur le frère de Robyn, en lui piquant à l'occasion son amie, Debbie, une cruche qui arrive à se faire de l’argent sans trop de soucis. Ce qui n'est pas sans horripiler Robyn.

 

Les rencontres entre les deux mondes sont également très drôles.  L’arrivée de Robyn donne lieu à un premier quiproquo assez révélateur, puisque la venue d’une femme provoque un émoi assez violent dans l’usine essentiellement composée d’homme et où les images de femmes nues trônent sur la majorité des murs. Les écarts entre ces mondes sont très sensibles, même si on sent une similitude face à la crise qui les touche, en opposition avec le milieu bancaire représenté par Debbie. L’évolution des sentiments de Vic pour Robyn donne également lieu à des moments hilarants, comme ces scènes qu’il passe dans sa voiture à écouter des chansons larmoyantes qui évoquent des amours passionés.

 

Jeu de société a vingt ans, mais reste très actuel de par son traitement. On y retrouve bien entendu la plume acerbe et drôle de David Lodge, qu’il teinte ici d’une  coloration sociale tout à fait bienvenue. Une oeuvre plaisante, qui n’épargne ni l’entreprise et sa compétitivité à outrance ni l’université et ses spécialistes qui intéressent quinze personnes, et qui devrait pouvoir satisfaire les goûts d’une majorité de lecteurs.

 

Jeu de société, de David Lodge

Traduit de l'anglais par Maurice et Yvonne Couturier

Ed. Rivages

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 08:55

Montag est pompier. Mais à cette époque, la fonction de pompier a changé : d’extincteur de feu, le pompier est devenu le traqueur de livres, celui qui doit les brûler les uns après les autres, parfois avec leurs propriétaires. Avec l’aide de ses collègues et du limier, machine robotique programmée pour la chasse aux marginaux, il accomplit sa mission avec zèle. Mais la rencontre avec une jeune fille du voisinage transforme sa vision de la société et de la place de la discussion, des livres, face au pouvoir des images. D’agent faisant respecter la force et l'ordre, un faisceau d’événements le pousse à devenir un ennemi de la nation…

 

Fahrenheit 451 est la température à laquelle les livres s’enflamment. C’est le point de basculement vers une société sans mémoire, qui détruit systématiquement les traces écrites de son passé, qui ne jure que par les images qui envahissent les salons (trois des quatre murs de celui de Montag) et asservissent les individus, persuadés d’avoir via leur écran à faire avec une famille. C’est la rupture irrémédiable entre la vie de ceux qui sont dans le rang, acceptant les contraintes posées par le pouvoir, et ceux qui décident de faire face à l’oppresseur, de conserver leurs livres ou de fuir la ville.

 

Montag va peu à peu voir les joies de l’existence qui lui échappent. Par le biais de cette mystérieuse voisine, qui fait avec lui le trajet entre chez lui et les transports en commun, mais qui disparaît subitement. Surtout, ce sont les comportements de sa femme, obnubilée par les images, et la vision de cette femme qui se suicide en brûlant avec ses livres qui l’incitent à reprendre en main sa vie. Cette transformation passe par une remise en cause professionnelle, mais aussi personnelle, avec le départ de Mildred, son épouse.

 

Un des personnages les plus intéressants est celui de ce professeur que contacte Montag et qui l’aide à fuir. Cet homme âgé a connu la montée en puissance du régime en place, et a accompagné sans protester le nouvelle politique vis-à-vis des livres. Aujourd’hui, face  aux drames créés par celle-ci, il regrette d’avoir laissé faire, de ne pas s’être exprimé plus franchement lorsqu’il le pouvait. Cette manière de se taire, de ne pas oser s’exprimer est symptômatique de tous les régimes dictatoriaux et réactionnaires, mais est également très actuel, notamment face aux mesures de régression sociale du gouvernement en place. Car il est beaucoup plus facile de détruire et opprimer, que de faire le chemin inverse.

 

Bradbury signe avec ce roman une œuvre accessible et criante de vérité, de laquelle beaucoup d’écrivains se sont inspirés (notamment Jean-Christophe Rufin pour Globalia, livre à la parenté flagrante). Une œuvre importante, à lire et à relire de temps à autre, pour rester conscient et en alerte !

 

L’avis de Chiffonette

 

Fahrenheit 451, de Ray Bradbury

Traduit de l'anglais par Henri Robillot

Ed. Folio - SF

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 07:18

Hannah Musgrave est la propriétaire d’une ferme bio qu’elle tient avec trois employées. Mais la vie de Hannah, paisible et douce, au bord d’un lac, ne l’a pas toujours été. Et lorsque subitement lui prend l’envie de retourner au Liberia, pays où elle a déjà séjourné deux fois de manière prolongée, elle retrouve les fantômes qui ont marqué sa vie africaine : son mari Woodrow, ministre de la santé, ses enfants, la guerre civile et les chimpanzés.

 

Hannah Musgrave est une femme de combat. Etudiante dans les années 60, elle a pris part à tous les rassemblements étudiants contre la guerre au Viet-Nam. Elle a même été plus loin : elle a monté et dirigé des groupes aux actions plus musclées. C’est en fuyant la police qu’elle a été obligée de se réfugier dans la clandestinité sous le nom de Dawn Carrington puis de fuir en Afrique, au Ghana et au Libéria, où elle a rencontré son futur mari. Il vivra au Libéria dans le luxe, son mari parvenant à conserver son poste de ministre malgré les changements de régime. Mais la guerre mettra fin à cette vie, et poussera Hannah à rentrer aux Etats-Unis pour diriger sa ferme.

 

American Darling est un roman riche : de la situation de groupe qualifié de terroriste dans les années 60 au déclenchement de la guerre civile au Libéria qui mène Charles Taylor au pouvoir (à noter qu’il est actuellement jugé pour crimes), on découvre la vie de deux pays intimement melés. Car Russell Banks profite de ce roman pour donner au lecteur un cours sur l’histoire de ce pays, comment les Etats-Unis ont choisi qu’il soit indépendant tout en gardant la main sur tout ce qui s’y passe. Même lors de la guerre qui oppose trois mouvements (le pouvoir et deux mouvements rebelles), ce sont les Etats-Unis qui mènent la danse, en ayant choisi le vainqueur. Hannah sera d’ailleurs, contre son gré, un des instruments qui mènera Taylor au pouvoir et qui précipitera la fin de sa famille.

 

Le personnage d’Hannah Mugrave ne m’a pas énormément intéressé. D’ailleurs, Russell Banks ne fait rien pour rendre ce personnage sympathique. Jeune fille en rupture avec la société, elle ment à tous et même à ses proches pour se protéger, avant de filer en Afrique avec un camarade louche, puis de se marier à Woodrow. Là, elle abandonne toute velléité contestatrice : elle accepte tout ce que veut son mari, alors que son amour pour lui n’est pas flagrant. Elle ne s’occupe pas de ses enfants, qu’elle laisse aux soins d’une cousine de son mari. Son seul but, qui apparaît petit à petit et qui deviendra son ultime combat en Afrique, est de sauver les chimpanzés, animaux maltraités, utilisés pour des tests cosmétiques ou pharmaceutiques ou comme animaux de compagnie, et qui subissent des sévices. En dehors de cela, elle devient une femme sage, docile, à l’opposé de celle qu’elle était étudiante. Cette dichotomie m’a paru trop abrupte, soudaine, pour être totalement crédible.

 

En revanche, la plongée dans le Libéria est fascinante, comme ce voyage que fait Hannah pour rencontrer la famille de son époux. Hannah est une ombre, un fantôme, son mari ne se préoccupe aucunement d’elle, la famille se contrefiche de la voir, et elle découvre le monde clos d’une tribu, perdue dans le nord du Libéria, qui voue une admiration sans borne pour Woodrow, celui qui a réussi. La description des mécanismes menant à la guerre civile et le plaidoyer pour le sauvetage des singes sont également très intéressants.

 

Russell Banks signe avec American Darling un livre riche, foisonnant, où le sujet l’emporte sur les personnages qui y jouent. Et ce n’est pas rien d’intéresser pendant plus de 500 pages un lecteur qui n’a que peu d’empathie pour le personnage principal !
 

 

A noter l'excellente interview de l'auteur par mes camarades du Biblioblog, publiée l'an dernier !

 

American Darling, de Russel Banks

Traduit de l'anglais par Pierre Furlan

Ed. Babel

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:19

Au fin fond de la Patagonie argentine, Antonio est le propriétaire d’un grand domaine. Agé de 80 ans, il est diminué physiquement, doit rester allongé et son seul contact avec l’extérieur se fait par la fenêtre de sa chambre. Mais persuadé de sa vigueur, il essaie de marcher, pour montrer à son fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps qu’il est encore vaillant. Mais un malaise au milieu d’un champ le ramène à la dure réalité.

 

La fenêtre est un film qu’on pourrait appeler crépusculaire, sur la fin de ce vieil homme, entouré de sa gouvernante et du personnel de maison dans cette demeure abandonnée dans la campagne. Les seuls personnages extérieurs sont un accordeur de piano (qui donne aux films de jolies scènes, comme la découverte des soldats de plomb dans le piano) et les jeunes qui lui viennent en aide après son malaise. Il ne pourra pas vraiment profiter de son fils et de sa fiancée, qui lui rendent visite.

 

Si je parle de ce film, ce n’est pas spécialement pour en parler longtemps, car l’ensemble m’a paru assez anodin et sans grand intérêt. Je voudrais en fait évoquer les précédents films de Carlos Sorin, qui s’ils mettent souvent en scène des personnes en rupture avec leur famille, prenaient le parti de voyager à travers l’Argentine, ce qui donnaient à ces films toute leur force.

 

Le premier d’entre eux, et le plus réussi à mes yeux, est Historias minimas. En racontant l’histoire de trois paumés qui tentent de recoller les morceaux de leur vie familiale, amoureuse ou financière, Carlos Sorin embarque le spectateur pour un périple passionnant sur les routes. Avec un VRP qui veut offrir un gâteau d’anniversaire en forme de ballon de foot, une jeune femme qui monte à la ville pour gagner à la loterie, et un vieil homme qui fuit son domicile pour retrouver son chien. Film touchant, avec ce je ne sais quoi qui en fait une très belle réussite.

 

Les deux films suivants reprennent le thème de la route, avec une quête loufoque de personnages paumés. Dans Bonbon el perro, un jeune homme va faire d’un chien une bête à concours de beauté. Dans El camino de San Diego, un jeune ouvrier forestier trouve une souche d’arbre, qui a pour lui la forme d’un Maradona triomphant. Lui prend alors l’idée d’offrir ce présent à l’idole footballistique du pays, en résidence un peu plus loin.

 

Dans ces trois films, on visite l’Argentine avec des personnages fêlés, brisés, qui tentent de se (re)construire. Cette veine, qui fait la force des ces films, est absente de La fenêtre, huis clos d’un vieux monsieur contraint de subir les effets de la vieillesse. D’où ma déception face à ce dernier opus, ce qui ne m’empêchera pas de continuer à suivre ce réalisateur argentin.

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