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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 18:10

Trois courts textes de Hugo von Hofmannsthal composent ce recueil intitulé Chemins et rencontres. Trois textes qui font la part belle au rêve et au fantasme, aux désirs éprouvés par l'auteur au cours de ses déambulations .

 

Le premier texte, Bonheur manqué, raconte la vision que Hofmannsthal, en voyage sur un bateau, a d'une femme qui voyage sur un autre bateau. Rencontre fugace, rapide, dont le narrateur sait qu'elle n'aura pas de suite autre que le souvenir, chacun ayant son propre objectif de voyage. Il est submergé par le désir, mais sa rationalité le ramène à la réalité.

 

Dans Les chemins et les rencontres, ce sont quelques mots lus dans la marge d'un livre qui le plongent dans ses rêves. Quelques mots manuscrits, en français, entraînent le narrateur à la poursuite d'Agur, personnage croisé autrefois dans un texte. Agur n'est qu'une fiction, mais le narrateur a la volonté de lui donner vie, et c'est par le biais du rêve qu'il y parvient.

 

Enfin, dans Souvenir des beaux jours, Hofmannsthal nous emmène en Italie, où il fait le rencontre d'une femme qui l'intrigue. Elle loge dans le même hôtel, dans la chambre mitoyenne, et notre auteur/héros éprouve beaucoup de plaisir à écouter ce qui se passe à côté. Là encore, rien de charnel, uniquement l'imagination du narrateur.

 

Le point commun de ces textes, outre le désir ou le rêve, est celui du voyage. Tous ces événements se defi classiquedéroulent alors que Hofmannsthal est en voyage dans la Méditerranée, loin de Vienne. Dans ces textes écrits pour le premier en 1897 et les deux suivants en 1907, il donne à lire la vie telle qu'il la rêve, mais avec une retenue, une distance intrigante. Une courte et jolie entrée en matière dans l'oeuvre de Hofmannsthal.

 

Chemins et rencontres, de Hugo von Hofmannsthal

Traduit de l'allemand par Pierre Deshusses

Ed. Rivages Poche - Petite bibliothèque

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 07:49

Dernier retour sur le prix Biblioblog 2010, avec le roman très riche d'Estelle Nollet, qui plonge le lecteur dans un univers sombre, dans lequel l'alcool permet de faire oublier l'enfermement des habitants de cet étrange village. Une bien belle lecture, pour ma part, même s'il n'a pas convaincu tous mes camarades !

 

Voilà un ouvrage ma foi bien étonnant (mais Laurence nous avait prévenus). Un postulat intrigant, avec cet enfermement dans une cité désolée, une enquête menée par un des membres dont on sent qu'il n'est pas le gendre idéal, une folie collective qui trouve sa source dans la boisson et la claustration. Bref, Estelle Nollet met en place tous les ingrédients d'un roman efficace et prenant. S'ajoute à cela le mystère du titre, et on sent qu'on plonge dans un univers insolite. Alors, pourquoi n'est-ce finalement pas mon titre préféré de cette année (de peu, je dois bien l'avouer) ? À cause de la fin de l'intrigue, qui m'a laissé sur ma faim. Autant la fuite et l'opposition des deux camps est un élément qui donne un coup de fouet bienvenu à l'intrigue, autant l'issue finale est un poil décevante. Trop propre, trop jolie par rapport à tout ce qui a été raconté auparavant. Mais hormis cette petite retenue, On ne boit pas les rats-kangourous est un fichtrement bon roman.

 

Et pour terminer ce dernier billet, un lien vers les impressions des jurés sur le dernier ouvrage de la sélection, L'héritier de Sayouba Traoré.

 

Voilà donc une nouvelle belle édition de ce prix, et je suis comme toujours ravi d'en avoir fait partie !

 

On ne boit pas les rats-kangourous, d'Estelle Nollet

Ed. Albin Michel

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 18:47

Dans ce nouveau billet consacré au prix, il est question d'un roman de fantasy, Gagner la guerre. Si la majorité du jury a apprécié ce roman, je ne partage pas leur avis. J'avoue que l'action est prenante mais qu'en terme de narration, certains choix ne m'ont pas semblé justifiés et m'ont fait sortir de l'intrigue. Car lire en se demandant d'où parle le narrateur, qui s'exprime à la première personne, est assez troublant... 

 

Je suis embêté avec ce roman. Il est globalement bien écrit, assez bien construit scénaristiquement, l'auteur a un don particulier pour décrire des scènes magistrales (en particulier la scène d'évasion du palais curial). Mais il y a plusieurs points qui m'ont refroidi. D'abord je dois avouer que je ne suis pas un adepte du genre, et que les descriptions des combats et des blessures infligées ou reçues m'ont semblé très, très détaillées. Mais ce n'est pas le problème premier. J'ai eu une appréhension dès les premières citations du roman, notamment celle de Machiavel qui compare la fortune à une femme « et il est nécessaire, à qui veut la soumettre, de la battre ou de la rudoyer ». Comme entrée en matière, j'ai connu plus enthousiasmant. Globalement, la position des femmes dans le roman me pose question : ce sont soit des traînées, soit des traîtresses… J'ai également eu un problème avec le registre de langue, qui passe sans précaution d'un langage relevé à un langage vulgaire au cours du récit. Enfin, je suis très peu convaincu par la fin, qui pour moi ne fonctionne pas avec le choix de la narration à la première personne, et apparaît donc comme une pirouette. Ce choix de la narration m'a d'ailleurs posé problème à d'autres endroits, car je le trouve incohérent avec une partie de l'intrigue.

 

Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski

Ed. Les moutons électriques

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 18:19

Le roman de Michel Delarche a déclenché des réactions très divergentes au sein du jury. Pour ma part, j'ai plutôt apprécié cette plongée argentine.

 

Une enquête policière à Buenos Aires, en pleine crise financière et en période d'attentat, cela donne de quoi se dépayser. Quand en plus le détective sillonne les rues de la ville en suivant les indications d'un carnet qu'il a découvert sur le corps de la victime, on ne peut s'attendre qu'à être surpris par cette ville qu'on découvre.

Et effectivement, les personnages croisés sont pittoresques, du bibliothécaire à l'agent des services secrets, et on ne sait jamais sur quoi Spagnoletto va tomber.

L'intertextualité avec les écrits de Boulgakov et la recherche du manuscrit de Roberto Arlt ajoutent une dimension littéraire et du piment au récit. Pourtant, si tout est réuni pour me faire chavirer, il a manqué un je ne sais quoi pour que ce roman déclenche mon enthousiasme. Juste une étincelle, ou une pointe de mystère supplémentaire, qui m'ont fait défaut, et qui ont rendu le lecture de ce roman très agréable, mais dont je regrette malheureusement qu'elle ne m'ait pas emmenée plus loin.

 

Les neiges du temps, de Michel Delarche

Ed. Les petits matins

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 18:19

Nouveau retour sur les romans sélectionnés lors de cette quatrième édition du prix biblioblog, avec le roman de Marie Casanova, Et l'odeur des narcisses :

 

Certainement le livre le plus écrit de la sélection, mais j'ai justement eu l'impression que le style prenait parfois le pas sur le fond. Du coup, je me perdais dans les méandres de cette histoire (pourtant pas si compliquée), entre Cayenne, l'Italie, la Corse et Metz. Marie Casanova a une plume et une manière personnelle de raconter les histoires, c'est indéniable. Mais je pense que je n'y suis pas particulièrement sensible. Alors, il reste des images fortes, comme ce charnier dans le bagne de Cayenne où les crocodiles jouent avec les têtes des condamnés, ou ces séances de cinéma qui se transforment en flirts inattendus. On découvre les paysages, les odeurs et les conservatismes de la Corse, mais j'ai manqué d'empathie pour Thérèse. Et pourtant, sa vie ne manque d'épisodes pour en avoir, de l'empathie, pour cette femme boîteuse, aux amours ratés ou inadéquats et à la solitude affermie. Mais voilà, j'ai lu ce roman sans déplaisir, mais sans beaucoup d'émotion.

 

Et l'odeur des narcisses, de Marie Casanova

Ed. Galaade

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:13

 

Pour cette quatrième édition du prix Biblioblog, le roman vainqueur cette année est :

 

L'attente du soir, de Tatiana Arfel

 

Vous trouverez les impressions des différents membres du jury en suivant ce lien, et ci-dessous ce que j'ai pu (rapidement) en dire :

 

Ce roman à trois voix est une belle réussite. Le milieu du cirque, décrit ici à travers Giacomo, est un monde que je trouve toujours fascinant, et c'est une porte d'entrée souvent judicieuse dans les fictions. Ici, le personnage de la trapéziste m'a irrémédiablement fait penser à celle qu'on rencontre dans Les ailes du désir, le merveilleux film de Wim Wenders.
Ce qui m'a également plu dans ce roman, c'est que la construction à trois voix, qui reviennent d'abord régulièrement puis de façon moins attendue, se dénoue de manière tout à fait naturelle. Il n'y a pas d'artifices pour inventer une issue qui pourrait être peu crédible, mais des indices, distillés ici et là, qui font que le lecteur n'est pas surpris par ce qui arrive au cours de l'intrigue. A cette construction intelligente s'ajoute également une plume élégante, qui tient le lecteur en éveil pendant tout l'ouvrage.
Mon ouvrage préféré de cette sélection 2010 !

 

La semaine sera d'ailleurs consacrée aux différents romans qui ont fait partie de la sélection cette année, hormis, L'héritier de Sayouba Traoré, déjà chroniqué dans ce lieu.

 

L'attente du soir, de Tatiana Arfel

Ed. José Corti

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:17

[Billet paru sur Biblioblog] Avant de découvrir le roman d'Emmanuel Adely, ma première rencontre avec ce texte eut lieu sur une scène de théâtre, pour une représentation intense et passionnante. Puis, en voyageant dans les rayons de la médiathèque, voilà que je trouve l'ouvrage originel. Ni une ni deux, le voilà dans mon sac, pour une lecture rugueuse et dense.

 

Mon amour, c'est l'histoire des membres d'une famille en décomposition. Daniel, le mari au chômage, est plus proche de ses amis de comptoir que de sa femme, Roberta, qui décide enfin de lui dire ses quatre vérités. C'est également la vie de Monique, la sœur de Roberta, et des enfants du couple, Kévin, Franck ou Nadia, qui tentent de trouver des issues à ce monde bouché dans lequel ils vivent.

 

Ces personnages n'ont pas grand chose pour égailler leur vie : le chômage s'est abattu sur Daniel, qui n'arrive pas à s'en sortir, Roberta ne cesse de penser à son premier mari, qui s'il était un salaud avait au moins le mérite de lui offrir des satisfactions physiques compensatrices. Au cours des discussions avec Monique, elle fait d'ailleurs découvrir à cette dernière ce que signifie l'amour physique, elle qui n'a que des relations conjugales tristes et monotones avec son mari. Et pour les enfants, rien ne semble pouvoir les aider. L'aîné oublie son mal-être dans des relations homosexuelles sans lendemain, avec des hommes de passage, et les plus jeunes voient leur couple se désagréger peu à peu, ou commettent des petits délits qui leur font découvrir les plaisirs d'être embarqué par la police.

 

Mon amour n'est pas une lecture facile. Emmanuel Adely adopte un style oral, où les prises de parole des différents protagonistes se succèdent. On passe ainsi des propos de comptoir tenus par Daniel aux reproches adressés par Roberta ou aux raisons pour lesquelles le couple entre Fred et Nadia bat de l'aile. La narration se fait par des chapitres plus ou moins longs, très denses, dans lesquelles la présentation des dialogues est bouleversé. Il m'a fallu un temps d'adaptation pour me faire à cette présentation, mais il ne fut heureusement pas très long.

 

Le ton est également très cru. Si les passages traitant des relations homosexuelles sont les plus crus, car présentés sans aucune retenue, les propos que se tiennent les différents protagonistes ne sont pas toujours très amènes. Emmanuel Adely nous plonge dans une famille comme il en existe beaucoup, recomposée, avec des enfants qui tentent de s'en sortir comme ils peuvent et des parents qui doivent se battre pour que les fins de mois soient les moins difficiles possible, sans toujours trouver la solution. On ne sait pas précisément où se situe l'action, ni à quelle époque, mais ce manque de précision ne fait qu'accentuer l'universalité du propos. Car si le roman a maintenant cinq ans, il parle toujours de la vie quotidienne de milliers de personnes.

 

La représentation théâtrale à laquelle j'avais assisté, par la compagnie Le talon rouge, rendait tout à fait cette violence qui émane du texte, dans les gestes mais également dans les paroles. Un livre brut, parfois violent, duquel on ne sort pas indemne. Un roman dans lequel l'amour, même si tout le monde en parle et le cherche, est malheureusement absent. Et c'est certainement ce qui manque le plus à ces personnages en perdition.

 

Mon amour, d'Emmanuel Adély

Ed. Joëlle Losfeld

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 12:30

http://image.evene.fr/img/agenda/evt/g/28032.jpgClaire Diterzi est une artiste surprenante, empruntant souvent des chemins inattendus. Dans Tableau de chasse, son précédent album, elle a composé les chansons en s'inspirant d'oeuvres artistiques, notamment picturales. Sur l'invitation de Marcial Di Fonzo Bo, elle consacre son dernier spectacle à Rosa Luxemburg, la révolutionnaire allemande, assassinée en janvier 1919 à Berlin lors de la répression du mouvement spartakiste.

 

Diterzi prend le personnage de Rosa à bras le corps. Dès l'entrée en matière, on ressent l'envie de s'approprier la vie de la révolutionnaire, mais en ne se limitant pas à une simple reconstitution historique. Le recours à la vidéo, aux montages sonores introduisent de la modernité dans cette évocation totalement incarnée. Quelques références nous ramènent dans le Berlin de l'après-guerre, notamment les notes de l'Internationale ou les bruits d'usine évoqués par les coups assénés sur la scène métallique. La lecture des lettres de Rosa Luxemburg, notamment lors de ses passages à la prison de Wonke, plonge les spectateurs dans l'intimité de cette femme, optimiste forcenée mais radicalement lucide sur la société dans laquelle elle vit.


Claire Diterzi n'hésite pas non plus à mettre en avant une image inattendue de Rosa Luxemburg, celle d'une jeune femme rêvant de fonder un foyer et de s'éloigner de la pauvreté de son enfance. Ce passage est d'ailleurs l'un des plus drôles du spectacle, avec la diffusion d'un petit film dans lequel Lambert Wilson joue  et chante ce mari idéal. Ce passage est également l'occasion pour Claire Diterzi de s'exprimer en son nom propre, elle qui a envie de tout vivre au maximum. Philosophie dans la droite ligne de celle qui « voulait tout ».

 

La mise en scène de Marcial di Fonzo Bo, en jouant sur la vidéo et les éléments de décor, sur l'humour également, avec la diffusion d'extraits de Spartacus avec Kirk Douglas, est très réussie. Claire Diterzi semble très à l'aise dans cet exercice, qui est un hommage inattendu mais enthousiasmant à la vie et l'action de la révolutionnaire spartakiste.

 

Le spectacle est en tournée, et un CD avec les chansons du spectacle est disponible.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 17:45

Imogène est fière de ses origines écossaises. Très fière. Pour elle, rien ne vaut un bon whisky, et le rugby n'est un sport que si l'équipe au chardon remporte le match. Sténo-dactylo dans les services de renseignement britanniques, à Londres, elle se voit confier une mission périlleuse : amener, dans sa ville natale, un plan ultra-secret d'avion pour le transmettre à un spécialiste de la question. Mais l'inexpérience d'Imogène et la ténacité des agents soviétiques rendent cette mission plus chaotique que prévu.


Bien que le film ait été reçu assez tièdement (voire sévèrement) par la critique, j'ai passé un moment plutôt agréable dans cette reconstitution de l'Ecosse des années 50. Bien entendu, l'analogie avec la série de OSS 117 vient à l'esprit, mais le fait que l'héroïne soit écossaise, et donc plus lointaine de notre quotidien, crée une distance entre le spectateur et l'action.


C'est surtout la manière dont l'humour est utilisé qui diffère. Ici, on a l'impression d'être projeté dans une grande bande dessinée d'espionnage, lorgnant vers Tintin ou Spirou pour les aventures rocambolesques. Mais le scénario ne dédaigne pas un humour jouant parfois facilement sur les clichés écossais, mais aussi sur un décalage constant avec le caractère affirmé d'Imogène et les péripéties qu'elle rencontre.


Alors, ce n'est pas un grand film, mais j'ai passé une agréable heure et demie en le regardant. Imogène est ici incarnée par Catherine Frot, qui retrouve les traits d'espionne de son personnage de Prudence Beresford, mais avec un caractère bien plus trempé. Son duo avec Danièle Lebrun, son ancienne gouvernante qu'elle retrouve dans son village d'origine, fonctionne très bien, et il est presque dommage qu'il n'entre pas en jeu plus tôt dans le film, comme dans la scène dans le bar où Danièle Lebrun moque avec beaucoup d'ironie l'attachement viscéral de ses compatriotes à leur village. A leurs côtés, Lambert Wilson en amoureux transi et timide, Michel Aumont en chef des services secrets ou Bruno Lochet en patron de bistrot apportent une touche comique et décalée. Surtout, ce sont les trognes rencontrées à divers moments du film qui valent leur pesant de haggis.


Alors ne boudez pas votre plaisir, car si le scénario n'est pas extraordinaire et la fin un poil tirée par les cheveux, Imogène McCarthery est finalement une héroïne bien sympathique !


L'avis de Pascale

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 15:19

[Billet déjà paru sur Biblioblog] Gustave Flaubert est connu pour son gueuloir, ses brouillons raturés, travaillés encore et encore, ainsi que son retrait du monde dans sa maison de Croisset. Dans cette biographie, l'auteur centre son étude sur la jeunesse de Flaubert : son entrée en littérature contre le vœu de son père, son voyage initiatique dans le Sud de la France, ses relations avec les femmes,... Une image assez éloignée de celle qu'on a actuellement de ce grand auteur.

 

En de courts chapitres, on découvre l'enfance de l'auteur et ses expériences. L'auteur accorde une place importante aux histoires amoureuses qui n'ont pas été très concluantes. La découverte de l'acte sexuel lors de ce voyage dans le Sud ne peut faire oublier un amour contrarié dans sa jeunesse.


Élève sérieux, discret et aimé de ses professeurs, il n'hésite pas à mener la fronde contre l'un d'entre eux auprès du proviseur. Flaubert est alors armé, au lycée, d'un caractère fougueux et téméraire qu'il abandonnera par la suite, lorsqu'il se consacre à la littérature à plein temps. Car si son père, chirurgien, souhaite que Gustave lui succède dans sa discipline, ce dernier ne partage pas les mêmes ambitions. Il s'inscrit en droit, mais cette concession aux volontés paternelles n'est pas concluante car il échoue à tous ses examens. En parallèle, Flaubert écrit, notamment dans des revues. Il est d'ailleurs le créateur de l'une d'entre elles, lorsqu'il est au lycée. On découvre donc comment Flaubert a fait ses armes en écriture, par des nouvelles qu'il tente de faire publier dans divers endroits. Il s'essaie également au théâtre, mais son expérience est un échec très net. On quitte Flaubert au seuil de l'âge adulte, alors qu'il n'a encore aucune réussite littéraire.

 

Et c'est un peu la limite de cet exercice. On se contente de la jeunesse de l'auteur, comme si l'idée sous-jacente est que les événements qui ont émanés celle-ci étaient nécessaires et suffisants pour comprendre l'œuvre de Flaubert. Si sa relation amicale avec Du Camp ou d'autres événements ont en effet une influence, je trouve néanmoins dommage de se limiter à cette partie de la vie de l'auteur. Car son véritable travail d'écrivain, qui aboutira à Madame Bovary ou Salammbô, est simplement évoqué en post-face. Insister sur des écrits de jeunesse, pour la plupart introuvables ou jugés pas très bons, ne me paraît pas la meilleure manière d'aborder le travail de l'auteur. Maintenant, cet ouvrage a au moins l'intérêt de montrer que même les plus grands auteurs classiques ont mis du temps avant d'atteindre le niveau d'excellence qui fut le leur.

 

Gustave Flaubert à 20 ans, de Louis-Paul Astraud

Ed. Le Diable Vauvert

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