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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 07:51

tamara dreweStephen Frears est un réalisateur que j'apprécie. Au fil d'une carrière longue et variée, il a abordé beaucoup de genre et de styles différents, avec presque toujours une certaines réussite, que ce soit dans une adaptation comme Les liaisons dangereuses ou dans un film plus biographique comme The Queen. Dans son dernier film, il est parti du roman graphique de Posy Simmonds, Tamara Drewe, pour signer une nouvelle fois un film réussi.

 

Dans la campagne anglaise, Nicholas Hardiment, auteur de romans populaires à succès, et son épouse reçoivent dans leur ferme des écrivains en résidence : il y a un poète maudit, un universitaire américain spécialiste de Thomas Hardy, une auteure de polar lesbien,... Pour aider les Hardiment, Andy est l'homme est à tout faire. La petite bourgade vit sagement, jusqu'au retour de Tamara Drewe, qui reprend possession de la maison qui appartenait à ses parents.

 

Tamara a grandi au village, mais c'est une nouvelle femme. Journaliste dans un magazine people, elle s'est fait refaire le nez et arbore des shorts en jean pour le moins affriolants. Mais c'est la tranquillité de tous les habitants qu'elle contrarie, car son idylle avec une rock star n'est pas dans les coutumes.

 

Frears signe un film très plaisant, qui sous des dehors de comédie aux personnages très marqués, tourne peu à peu vers le mélodrame. Sans y toucher, le réalisateur parvient à entraîner le spectateur sans difficulté dans cette histoire qui peut sembler décousue, mais qui est au final très cohérente.

 

Car chacun, s'ennuyant sans oser le dire, a des rêves que Tamara va peu à peu permettre d'assouvir. Que ce soit pour Andy, qui a l'occasion de côtoyer à nouveau son amour de jeunesse, pour Nicholas Hardiment, qui se découvre une nouvelle jeunesse, ou par les deux pestes qui passent leur temps à l'arrêt de bus et à qui Tamara donne l'occasion de rencontrer leur idole, cette caricature de rocker qui mise tout sur son apparence et n'aime que son chien. Même l'universitaire américain arrivera à trouver du bonheur dans la venue de cette jeune femme.

 

Tout ce petit monde se trouve donc embarqué dans une aventure où aventures conjugales, courses après les vaches et échanges de mails intempestifs seront les principaux événements primordiaux. Une comédie tout à fait agréable, qui confirme tout le talent de Frears, et permet de découvrir, pour ma part, Gemma Aterton, tout à fait séduisante dans le rôle de Tamara, jeune femme futile et rêveuse.

 

L'avis de Kilucru, de Pascale

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 07:39

sang et ebene

Il y a des périodes comme ça où j'ai envie de lire un peu plus de polars. Et c'est la cas en ce moment. J'ai découvert le héros récurrent de Donna Leon, le commissaire Brunetti, qui a l'avantage de travailler dans un endroit de rêve : Venise.

 

Le début de cette nouvelle enquête (je ne démarre pas la série par le début) est liée à l'assassinat d'un émigré noir, vendeur à la sauvette de sacs de contrefaçon sur une place de la ville. Le meurtre a eu lieu à la tombée de la nuit, alors qu'un groupe de touristes américains regardait la marchandise. Autant dire que personne n'a rien vu de très probant, et que l'enquête s'annonce mal. Mais Brunetti, avec l'aide de quelques collègues qui n'hésitent pas aller au delà de la légalité, tente de faire le jour sur cette affaire, malgré les oppositions politiques des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur.

 

Après ma plongée avec Erlendur en Islande, autant dire que ce voyage-ci ne faut pas du même acabit. Le cadre, déjà, est très différent. Mais surtout car Brunetti est un personnage assez hors norme dans le monde des commissaires littéraires. Homme marié, avec deux enfants (tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans la réalité, mais pas dans le polar), il a une passion presque maladive pour tout ce qui touche à la nourriture. Ses repas sont de vrais banquets, et il semble ne pas pouvoir travaiiller correctement s'il n'a pas un estomac bien rempli.

 

Du côté de l'intrigue, il y a presque deux parties dans le roman. Dans la première, l'équipe patauge un peu dans cette affaire. Il y est question de clandestins noirs, de la volonté de ne pas sortir cette affaire, mais Brunetti a du mal à comprendre en quoi ce meurtre est un danger pour la diplomatie ou la sécurité italienne. D'autant plus que les compagnons de détresse du mort ne sont guère loquaces. Cette première partie, très sociale dans son traitement avec cette affaire des immigrés, est assez intéressante. L'ambiance est lourde, pleine de tensions qui ne demandent qu'à éclater et qui menacent constamment Brunetti et ses collègues.

 

Puis les pistes s'éclaircissent, et on retombe au coeur de l'affaire. L'intrigue est intéressante, même si un peu complexe, car les enjeux sont très importants. La fin, qui pourrait en frustrer certains, me semble assez réaliste, et correspond bien au caractère peu héroïque de Brunetti.

 

Une bonne plongée dans cette Venise glaciale du mois de décembre, où les sorties en bateau sont des supplices tellement le froid est cinglant, et qui cadre bien avec cette intrigue très politique. Donna Leon, américaine installée depuis longtemps à Venise, réussit à mêler habilement le lieu, l'intrigue et l'image atypique de ce commissaire.

 

De sang et d'ébène, de Donna Leon

Traduit de l'anglais par William Olivier Desmond

Ed. Points - Policier

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 10:10

poetryMija est une grand-mère active : elle s'occupe de son petit-fils Wook et gagne sa vie, à 65 ans passés, en s'occupant d'un vieux monsieur qu'elle appelle le président. Mija apprend qu'elle est malade d'Alzheimer, et décide alors de prendre des cours de poésie et de participer à des soirées de récitations de poèmes. Mais la beauté qu'elle éprouve lors de ses activités est troublée par ce qu'elle apprend sur son petit-fils et son groupe d'amis.

 

Poetry est un très joli film, qui allie à la fois la grâce de la découverte de la nature, de l'attention portée aux détails, et le sordide et le deuil avec ce crime commis par son fils, qui a participé à un viol collectif, ce qui a poussé la jeune fille à se suicider. Ces deux plans sont constamment présents dans le film, qui s'ouvre sur la découverte du corps inanimé de la jeune fille dans la fleuve, corps qu'on retrouve ensuite à la sortie de l'hôpital et qui marque, avec l'annonce de la maladie, tout le début du film.

 

Ce qui est sensationnel dans ce film, c'est le personnage de Mija, qui est de quasiment tous les plans (voire tous), et qui est une femme fragile mais battante, qui tente de faire entendre raison à ce petit-fils auquel on a envie de mettre une paire de gifles. Incarnée par la fabuleuse Yoon Jung-hee, elle donne le rythme de tout le film. Car  le scénario prend son temps. Rien n'est pressé, on suit cette vieille dame dans ses travaux quotidiens, mais aussi dans sa recherche de 5 millions de wons pour indemniser le famille de la jeune fille. On la suit également dans le bus quand elle se rend sur les lieux du viol et du suicide, on la suit dans ce karaoké où elle chante une chanson avant de discuter avec le propriétaire, on la regarde même jouer au badminton... mais tout se fait à son niveau.

 

Pas de grandes scènes d'action, ni de tendresse, mais un film humain, un magnifique portrait de femme seule, qui a décidé de combattre de manière solitaire sa maladie, et qui a choisi de faire de la place dans sa vie à la beauté. Elle qui n'a jusqu'alors vécu que pour aider les autres décide alors de se prendre en main, et d'assumer une part toute relative d'égoïsme qui lui fait appréhender la vie autrement. Et cette transformation qui est très bien rendue par le réalisateur, Lee Chang-dong.

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 09:30

ensemble c est toutVoilà bien un auteur dont il n'est pas besoin de faire la présentation. Ma seule expérience avec Anna Gavalda avait été assez concluante, avec son recueil de nouvelles Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part. J'ai donc renouvelé avec son roman le plus connu.

 

L'histoire d'Ensemble c'est tout, c'est celle de la rencontre de quatre personnages qui n'ont rien à voir ensemble, sinon d'être isolés dans la société dans laquelle ils vivent. Camille, après avoir abandonné le dessin, sa passion, vit de son travail de femme de ménage de nuit, dans les bureaux déserts. Franck est un roi de la cuisine, mais sa vie privée est assez peu concluante. Il donne peu de nouvelles à Paulette, sa grand-mère, jusque ce que celle-ci ait un accident sérieux. Enfin, il y a Philibert, un aristocrate bégayant qui vit en colocation avec Franck et recueille Camille, qui grelottait de froid sous les toits.

 

Alors, soyons clair, Ensemble c'est tout n'est pas de la grande littérature. Certaines ficelles sont un peu grosses, en particulier l'histoire de répulsion-rapprochement de Franck et Camille (c'est la partie du roman qui m'a le moins intéressée). Mais dans l'ensemble, ce roman est plaisant, et permet de se plonger avec délectation dans la vie de ces paumés. Car ce qui fait la force du roman, c'est la galerie de personnages qui le compose. On découvre leurs vie petit à petit, leurs fêlures, leurs cassures, et on s'attache irrémédiablement à eux. Les plus intéressants, ce sont inconstestablement, Paulette, la grand-mère en fin de vie, et Philibert, ce jeune aristocrate qui tente de se libérer de sa famille et ses contraintes, mais qui ne trouve pas la force de le faire. Seule sa rencontre avec Camille va lui permettre de prendre confiance en lui, et de participer à un cours de théâtre qui va changer sa vie.

 

L'autre atout du roman, c'est l'écriture pleine de malice de l'auteur. Si certains effets sont attendus, d'autres formules font mouche, et tout l'humour de Gavalda est présent dans ces pages. Elle parvient à naviguer entre l'anecdote drôle et les moments plus tragiques avec une facilité assez déconcertante. Et même lorsque les problèmes se présentent, une solution toujours plus folle que la précédente est trouvée.

 

Ce qui donne un roman enlevé, avec un quatuor attachant qui permet de passer un agréable moment de détente en bonne compagnie. Reste à lire un Musso ou un Levy pour vérifier si l'association des trois, souvent faite, est justifiée, mais je suis assez intimement convaincu que Anna Gavalda se situe quand même un niveau au-dessus de ses collègues producteurs de best-sellers.

 

L'avis de Laurence et beaucoup d'autres chez BOB.

 

Ensemble c'est tout, d'Anna Gavalda

Ed. J'ai Lu

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 11:47

cantique de la racailleAlors, s'il y a un opus 2, c 'est qu'il existe un opus 1. Comme je ne suis pas toujours un garçon logique, j'ai débuté par le 2. Du coup, je suis assez refroidi à l'idée de me plonger dans le 1...

 

Gaston, le héros des 2 opus, sort de prison après 16 ans. Il y a fait la rencontre d'Hepner, qui lui a appris une méthode de concentration, le H+, et présenté des personnes qui lui permettront de trouver de l'argent facilement à sa sortie de prison. Gaston devient donc paparazzi, prenant des clichés lors de fêtes parisiennes ou dans une orgie sur un yacht lors du festival de Cannes, puis est repéré par les services secrets. Ceux-ci le mettent à la poursuite de plusieurs cibles, avant de l'envoyer en Asie. Mais là, Gaston va découvrir la véritable raison de son embauche.

 

Autant le dire de suite, ce roman ne m'a pas convaincu du tout. Le début est très bling-bling. On suit Gaston à sa sortie de prison, qui va d'un appartement laissé par Hepner à des fêtes où il doit prendre des vedettes en photo, le tout sur fond de cocaïne, d'argent facile, et de femmes fatales. La relation de Gaston aux femmes, qui ne sont pour lui que prétextes à des AS (actes sexuels) est d'ailleurs assez rétrograde. On est dans le monde de l'argent, du sexe facile. Le pire, c'est que c'est finalement la partie la plus intéressante du livre, car si elle n'est franchement intéressante, elle est la plus fluide en terme d'écriture.

 

Car après, on part dans une histoire aussi rocambolesque qu'invraisemblable. Gaston devient agent secret et doit suivre à l'étranger des hommes qui menacent de remettre en cause la paix dans le monde. Sauf que c'est à Gaston qu'on veut apprendre quelque chose. On entre alors dans un monde où on navigue entre Chine, Tibet, Egypte, France et Belgique, avec une histoire d'amour improbable et un complot qui met en cause une société secrète digne de chez Dan Brown. Avec en prime un aspect mystico-esotérique qui permet à Ravalec d'écrire ce que bon lui semble sans aucun souci de cohérence. La fin est tellement ahurissante et inintéressante que les 50 dernières pages ont été tournées très, très vite.

 

En plus, deux éléments m'ont assez enervé. Le premier est l'apparition, à la page 353 d'un flashcode, petit pictogramme à photographier qui permet d'avoir accès à un petit film sur Internet. La présence de ce gadget, qui implique pour le lecteur d'avoir 1 - un téléphone qui fasse des photos (ce qui n'est pas mon cas) ; 2 - du réseau internet, me fait penser que ce n'est pas par ce moyen que la littérature parviendra à continuer à marquer sa différence.

 

La deuxième chose, et ce n'est plus tant de la faute de Ravalec que de son éditeur, Fayard pour ne pas le nommer, est qu'il y a un nombre incroyable d'erreurs dans le manuscrit : des mots qui se répêtent, des verbes conjugués alors qu'ils devraient être à l'infinitif ou l'inverse, ... C'est se moquer du monde que de publier un livre aussi mal terminé à un prix aussi élevé (20,90 euros, tout de même). Heureusement que j'ai eu mon exemplaire gratuitement !

 

Voilà donc un livre que je suis loin de vous recommander. Daniel Fattore est plus enthousiaste que moi.

 

Je remercie BOB pour le partenariat.

 

Cantique de la racaille opus 2, de Vincent Ravalec

Ed. Fayard

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 16:30

bruit des glaconsCharles Faulque est un écrivain renommé en panne d'inspiration. Dans sa villa du Sud, il tente d'écrire, mais son occupation est plus tournée vers la bouteille de vin blanc qui l'accompagne que vers son ordinateur. Un jour, il reçoit une visite inattendue : c'est son cancer, qui souhaite faire plus ample connaissance avec lui. Les deux hommes, le malade et sa maladie, vont donc apprendre à vivre ensemble, sous l'oeil de Louisa, la bonne, qui aura elle aussi de la visite.

 

Je ne connais pas bien le cinéma de Blier, voire presque pas. Hormis Les valseuses (qui date un peu), le bruit des glaçons est seulement le deuxième film que je vois du réalisateur. Et j'ai été assez agréablement surpris de ce que j'ai vu avec son dernier opus.

 

Le postulat de départ est assez osé, car la représentation de la maladie, et peut-être plus encore du cancer, est un sujet toujours délicat. Ici, il n'y a aucun pathos qui se dégage de cette annonce. Il faut dire que le malade, Charles Faulque, n'a rien pour susciter une profonde empathie. Homme solitaire, qui vit avec une jeune russe, il se repose sur sa renommée d'écrivain, mais n'écrit plus rien depuis un moment. C'est certainement une des clés qui fait que ce film n'est pas aussi dérangeant que cela. Car si le personnage de Dujardin avait été plus bonhomme, plus sympathique, son conflit avec la maladie aurait été plus intense, plus complexe. Ici, il accepte dans un premier temps que sa vie est merdique, et le cancer ne semble pas l'affecter outre mesure.

 

Cette sympathie, je l'ai par contre éprouvée pour Louisa, la bonne, solitaire elle aussi et secrètement amoureuse de Monsieur. Anne Alvaro fait ressentir une tendresse, une amitié derrière un masque de froideur qui m'a touché. Et rien que pour sa voix, je ne pourrai pas dire de mal d'Anne Alvaro.

 

Les deux cancers, Myriam Boyer et Albert Dupontel, sont mesquins au possible. Ils font tout pour inquiéter leur malade, menaçant de développer un cancer du pancréas, plus rapide, ou expliquant que la mammographie est trop tardive. Les deux acteurs s'amusent dans ces rôles hors du commun, et leur jubilation funèbre est assez juste pour ne pas être déplacée.

 

Alors, si la pirouette finale finale est un peu facile, Le bruit des glaçons reste un film intéressant sur un sujet difficile. Blier fait également preuve d'une mise en scène assez intéressante, jouant beaucoup sur le montage, très saccadé, et sur les ellipses temporelles. Ce qui ne fait que rajouter au trouble qui prend le spectateur, avant qu'il ne s'abandonne à cette histoire de maladie et d'amour.

 

L'avis de Pascale (que je mets, bien qu'elle n'aime pas Anne Alvaro)

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 12:56

lampe d'aladinoIl est temps que j'arrête avec les ouvrages de Luis Sepulveda. Car avec sa bonne renommée, et grâce aux avis positifs souvent lus à son encontre, j'essaie régulièrement de donner une chance à l'auteur chilien. Mais après deux romans qui ne m'ont pas convaincu, c'est cette fois un recueil de nouvelles qui m'a laissé assez perplexe. Je crois que j'en ai vu assez pour dire que cet auteur n'est pas pour moi.

 

Le recueil se nomme La lampe d'Aladino, et comporte un sous titre, et autres histoires pour tromper l'oubli, qui donnent un peu leur thème aux nouvelles. Car s'il est un point qui peut les rapprocher, c'est ce rapport au passé, assez constant, et notamment à une forme de paradis perdu que les personnages tentent de retrouver ou de se remémorer, que cela concerne un moment d'amitié entre intellectuels ou la vie sur un bateau pirate. La première nouvelle fait intervenir les personnages déjà aperçus dans son ouvrage le plus connu, Le vieux qui lisait des romans d'amour. J'ai trouvé cette entrée en matière un peu facile, car attirant le lecteur sur des chemins qu'il connaît déjà (et que je n'avais pas trop aimé suivre).

 

Ensuite, ce sont des histoires avec des personnages nouveaux, mais je crois que le style de l'auteur, et plus encore sa manière de traiter les histoires ne m'intéressent pas. Il y a une forme de naïveté dans la narration, avec des intrigues mêlant presque toujours réalité et imaginaire, apparition de fantômes notamment, qui ne me parle pas. On voyage beaucoup, en Afrique, en Europe, on rencontre des personnages connus comme Butch Cassidy, mais j'ai trouvé que l'ensemble manquait de force, de conviction. Certaines nouvelles sont plaisantes, comme Hôtel Z qui nous emmène au fin fond de la forêt, mais je les ai vite oubliées.

 

Allez, je n'en dirai pas plus, et vous laisse découvrir l'avis de Laurence, bien plus convaincue que moi.

 

Autre ouvrage de Luis Sepulveda :  Journal d'un tueur sentimental

 

La lampe d'Aladino et autres histoires pour vaincre l'oubli, de Luis Sepulveda

Traduit de l'espagnol par Bertille Hausberg

Ed. Métailié

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 08:15

au bon romanTrois écrivains sont victimes d'accidents étranges. L'un est retrouvé ivre sur un chemin de campagne, après avoir passé la nuit dehors. Une autre a eu un accident de la route alors qu'aucun obstacle n'explique sa sortie de route. Le troisième a été suivi pendant plusieurs jours sur le chemin qu'il parcourt quotidiennement au bord des falaises. Leur point commun : faire partie du comité de sélection de la librairie Au bon roman. Quand Van et Francesca, les deux créateurs du lieu, sont informés de ces accidents, ils décident d'en parler à la police, et racontent l'histoire de la librairie qui a depuis son ouverture défrayé la chronique et attisé les jalousies.

 

Quel plaisir de se plonger dans cette histoire où les bons romans ont la part belle, et dans lequel Laurence Cossé manie astucieusement l'intrigue policière et les références littéraires. Le roman est construit sur un long flash-back, qui retrace la première expérience de ce genre de librairie mise en place par Van dans une station des Alpes puis sa rencontre avec Francesca, qui lui apporte les fonds nécessaires pour une implantation parisienne Ensuite, on suit la mise en place de la librairie, le plan marketing et l'ouverture, avec la question cruciale : comment choisir les romans qui méritent de figurer dans cette librairie idéale ? C'est alors que l'idée d'un comité de sélection surgit, avec l'idée de conserver l'identité des membres cachée.

 

Ensuite, on découvre les attaques contre la librairie : l'ouverture de librairie concurrentes à proximité, mais surtout la campagne de presse contre cette libraire considérée comme élitiste. Car même si Van accepte de commander tous les livres, il n'offre dans ses rayons que les romans choisis. Ce qui est à l'origine d'un grand débat, pour savoir qui sont ceux que personne ne connaît et qui se permettent de faire une telle distinction entre le bon et le mauvais roman. Question intéressante, d'ailleurs, qui mériterait qu'on s'y attarde plus longtemps. Car si le roman entame une réflexion sur la littérature et la lecture, elle s'arrête un peu vite à mon goût. Néanmons, à leur décharge, ils n'estiment pas qu'il ne faut lire que des bons romans, mais qu'il y a assez de librairies qui vendent de tout pour pouvoir faire un choix plus drastique (ce qui n'est pas faux !)

 

A côté, on suit la vie de Van et sa relation assez complexe avec une jeune fille qui s'approche, puis le fuit, avant de le rejoindre à Paris. Cette partie est moins convaincante, d'autant plus que la révélation finale est assez superfétatoire. Hormis cette petite réserve, ce roman donne vraiment envie de découvrir de très nombreux auteurs, que ce soit des auteurs maintenant reconnus comme Cormac McCarthy, ou plus confidentiels comme Noëlle Revaz. Et comme François Vallejo fait partie de la liste avec Le voyage des grands hommes, je ne pouvais qu'apprécier le roman. Vraiment une chouette lecture, qui vous fera noter plus d'un titre.

 

Les avis de Laetitia (que je remercie pour le prêt), de Praline, qui a aussi recensé tous les romans cités et organisé un challenge, Amanda, Cuné, Kalistina, Karine, Bladelor, Leiloona, Fashion, Ys et encore d'autres.

 

Au bon roman, de Laurence Cossé

Ed. Gallimard

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 07:20

tourneeJ'avoue, je ne suis pas très en avance avec ce film. Mais les sorties fin juin, c'est fatal : pas le temps de les voir à ce moment-là. Heureusement qu'il est resté un moment à l'affiche !

 

Joachim Zand, producteur, revient en France après un exil aux Etats-Unis. Là-bas, il a fait la connaissance de filles avec lesquelles il a monté un spectacle assez atypique de New Burlesque. Du Havre à La Rochelle, on suit donc cette troupe, dont la vie est rythmée par les représentations et les déboires d'ordre privé de Joachim.

 

Tournée faisait partie des films français présentés à Cannes cette année. Reparti avec un prix de la mise en scène, il était précédé d'une assez bonne réputation. J'y suis donc allé confiant, et n'est pas regretté mon déplacement.

 

Les héros de cette histoire, ce sont les femmes qui font les numéros présentés dans le film. Plantureuses, n'ayant pas froid aux yeux, elles offrent à leur public en transe des strip-teases, des numéros de cirque totalement foutraques, mais qui constituent néanmoins des performances de haute volée. On suit donc la vie de la troupe, entre les spectacles, avec les nuits passés dans les hôtels, les déplacements en train alors que leurs costumes se déplacent en camionnette. Ces femmes-là sont étonnantes, originales, incroyables de drôlerie, et qui portent des noms à coucher dehors : Dirty Martini, Kitten on the Keys,...

 

A leur côté, il y a Joachim, incarné par Mathieu Amalric qui réalise également le film. On retrouve ici un personnage proche de ceux que l'acteur a pu incarner chez Desplechin, en particulier dans Rois et reines. C'est un être meurtri, qui a vécu un échec professionnel humiliant et qui tente de se refaire. Mais précédé de sa mauvaise réputation, il ne peut rien espérer. De même, du côté familial, tout n'est pas rose. Il récupère ses deux fils, mais est plus embarassé qu'autre chose avec ces deux aadolescents qu'il est obligé d'emmener partout.

 

Alors, le petit défaut du film est de laisser trop de place à Joachim. Ses pérégrinations dans Paris, où il retrouve une ancienne connaissance (maîtresse ? collègue ?) sont assez peu justifiées, et cassent un peu le rythme. En revanche, sa virée en voiture avec l'une de ses vedettes sur la route de Bordeaux est un très bon moment de cinéma, pendant lequel le spectateur suit une histoire dont il ne maîtrise rien, ne sachant jamais comment elle va se terminer. De même, tous les personnages croisés en chemin, de la femme de la station service à la caissière, apporte un grain de folie qui pousse le spectateur à se demander si les artistes sont finalement les plus timbrées du film.

 

De ce fait, l'impression globale pour ce film est très positive. Amalric réussit à donner vie, en quelques plans, à ces filles et à leurs numéros inattendus. Et étant donné le souvenir que j'avais d'Amalric réalisateur (Mange ta soupe, qui m'avait profondèment ennuyé), j'ai été très agréablement surpris par cette virée dans le new burlesque.

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 11:30

une page d'amour

Pour ce cru 2010, j'ai pris un peu de retard avec mon défi Emile Zola. Alors que ma lecture du tome annuel des Rougon-Macquart a habituellement lieu en février-mars, elle a attendu cette année le mois de juillet. Enfin, ce n'est pas bien grave, vu que c'est un défi que je mène seul, et comme je décide des règles, je peux bien les changer quand bon me semble.

 

Huitième opus des Rougon-Macquart, Une page d'amour prend place entre deux monuments de la bibliographie de Zola : L'assommoir et Nana. On quitte donc pour un moment Gervaise et sa fille, pour se plonger dans l'histoire  de l'amour impossible entre Hélène et le docteur Deberle.

 

Hélène est arrivée de Plassans avec son mari et sa fille, Jeanne. Malheureusement, son mari est rapidement décédé, et elle s'est retrouvée seule. Elle a néanmoins pu compter sur quelques amis, l'Abbé Jouve et Monsieur Rambaud, qui lui ont permis de trouver un appartement à Passy. Le propriétaire du logement est le docteur Deberle, qui habite à proximité. Hélène va rencontrer pour la première fois Henri Deberle alors qu'elle cherche désespèrement un médecin pour Jeanne. En sauvant l'enfant, Deberle et Hélène se trouvent liés par le destin de manière beaucoup plus forte qu'ils ne l'auraient souhaités. Mais il n'est pas très bon pour une veuve et un médecin marié de vivre un amour au grand jour.

 

Dans ce nouveau roman, Zola poursuit son exploration de la vie parisienne. Cette fois, on se trouve dans les villages de l'ouest parisien, qui deviendront bientôt des quartiers de la capitale. Du haut des collines de Passy, Hélène vit une passion dont elle sait qu'elle est déraisonnable mais contre laquelle elle est incapable de lutter. Son attirance pour Deberle est forte, et réciproque. Pourtant, l'amitié d'Hélène avec la femme du docteur, une mondaine qui ne jure que par les soirées qu'elle organise ou les vacances à la mer, et les relations entre leurs enfants respectifs devraient être un frein assez fort. Mais cette relation, qu'on voit naître, grandir par des faits et gestes infimes, en particulier par l'émoi qui touche Hélène à chaque fois qu'elle aperçoit le docteur, ne sera finalement qu'un moment à passer dans la vie des amants.

 

Hormis Hélène, Jeanne est un des personnages très intéressant du roman. L'enfant, malade, va être le ressort dramatique de cette histoire d'amour. Hélène est beaucoup plus touchée par les demandes de sa fille qui souhaite ne plus voir Henri Deberle que par les scrupules liés à son amitié avec Mme Deberle. Jeanne est jalouse de ces hommes qui convoitent sa mère, Rambaud puis Deberle, et elle fait tout pour qu'ils ne se voient que peu. C'est d'ailleurs lors de l'absence de sa mère que Jeanne contracte les maladies les plus graves.

 

Hélène est totalement dépendante de sa fille, et étouffée par le remord. Elle sait qu'elle ne doit pas aimer, et s'efforce de se tenir. Mais quand elle voit que Mme Deberle cache à peine sa relation avec Malignon, un jeune dandy qui a un avis sur tout, et souvent contraire à celui de la majorité, elle oublie ses scrupules et souhaite confondre les amants, avant de regretter son geste. Femme indécise, qui a du mal à assumer ses décisions, Hélène est le centre de cette histoire, parfois un peu trop centrée sur cette histoire d'amour, mais elle reste un personnage tout à fait attachant.

 

L'autre grande vedette de ce roman, c'est Paris. Zola utilise la vue qu'a Hélène depuis sa fenêtre de Passy pour décrire à de multiples reprises le paysage parisien, changeant au gré des évolutions de l'histoire. L'auteur prend quelques libertés avec la chronologie (il cite des monuments qui ne seront créés que quelques années après la période du récit), mais son exploration aérienne de Paris est palpitante. Les méandres de la Seine, ou les réverbérations du ciel sur les toits donnent lieu à de très belles pages.

 

Une page d'amour n'est certainement pas le meilleur Zola. Comme dans La faute de l'abbé Mouret, il a une tendance à être démonstratif, en faisant de tous les éléments des signes de l' évolution de l'intrigue amoureuse. Néanmoins, les personnages secondaires et certaines scènes marquandefi classiquetes, comme celle de la balançoire ou de la réception pour les enfants, méritent vraiment qu'on s'attarde sur ce roman qui fut une pause dans la rédaction de la série. Mais une pause tout à fait digne d'intérêt ! Et quel plaisir de lire Zola ! Un régal à chaque fois (ou presque !) 

 

Toujours chez les Rougon-Macquart : Son excellence Eugène Rougon et L'Assommoir

 

Une page d'amour, d'Emile Zola

Ed. Le Livre de Poche

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