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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 07:17

si-tu-cherches-la-pluie m[Billet déjà paru sur Biblioblog] Déhia et Adel sont en vacances, en amoureux, et visitent l'Italie. Leur couple est solide, mais l'histoire des deux amants n'a pas toujours été aussi heureuse. Ce sont leurs histoires, tragiques, ainsi que celle de Badil, le frère d'Adel, que nous conte Yahia Belaskri.

 

Le point commun des trois protagonistes, c'est l'Algérie, le pays dans lequel ils ont grandi et qu'ils ont décidé de fuir. Car ils ont été victimes du fanatisme religieux qui a frappé l'Algérie dans les années 90. Pour Déhia, la violence a pris une forme familiale. Jeune femme libre, poussée par ses parents qui refusent l'emprise irrationnelle de la religion et soutenue par Salim, son amant professeur à l'université, elle voit ses frères prendre une toute autre orientation. Pour eux, rien ne peut se faire sans le consentement de l'autorité religieuse, et il est inconcevable de ne pas se plier aux injonctions de cette dernière.

 

Adel rencontrera une violence plus sournoise, plus lâche, celle des attentats. Employé dans une entreprise, il doit se plier malgré lui aux manœuvres de corruption et de népotisme du pouvoir. Un jour comme les autres, le bâtiment où il travaille est l'objet d'un attentat. Par malchance, Besma, son amie, s'y trouvait également. C'est le début pour Adel d'une lente remontée des enfers.

 

Badil est le jeune frère d'Adel. Virulent, il joue avec les limites de la loi et fait assez vite connaissance de la prison. Dans sa famille, le seul sur lequel il compte, c'est Adel. Mais avec l'attentat, ce dernier ne lui consacre plus de temps ni d'énergie. Alors, quand Badil apprend que son frère est en Europe, il décide de prendre place sur une embarcation de fortune pour traverser la Méditerranée.

 

Par l'évocation de ces trois destins, liés par le malheur et la malchance d'être né dans un pays en proie à des violences religieuses, Yahia Belaskri dresse un portrait assez peu optimiste de l'Algérie. La violence, qu'elle soit frontale ou plus sournoise, fait toujours des victimes parmi ceux qui ont décidé de se tenir à l'écart de celle-ci. C'est en voulant échapper au dictat de la religion ou à la misère générale que chacun sera confronté à un destin tragique. Si l'intrigue du roman est foncièrement morose, l'auteur parvient à ne pas noyer le lecteur sous des torrents de larmes et de bons sentiments. En restant à distance de ses personnages, il dresse un portrait objectif de ce pays qui a été le sien et qu'il a quitté en 1988. La construction, jonglant entre le présent, avec le voyage d'Adel et Déhia en Italie, et le passé, permet d'atténuer l'aspect sinistre de l'ouvrage, car on sait d'emblée que certains vont s'en sortir. Avec une écriture empreinte de beaucoup de délicatesse et de retenue, Yahia Belaskri signe un roman émouvant et porte un regard sans concession sur son pays d'origine.

 

Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut, de Yahia Belaskri

Ed. Vents d'ailleurs

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 07:57

plan socialEmile Delcourt est le patron d'une usine qui fabrique des ancres de marine. La concurrence met son entreprise en difficulté, et il cherche tous les moyens possibles pour diminuer le nombre de salariés sans avoir à mettre en place un plan social. Avec l'aide du délégué syndical CGT, il monte une machination à base d'aération défaillante et de virus pour mener à bien son projet. Le patron et le syndicaliste s'unissent notamment pour affonter Walfard, un consultant venu de Paris et imposé par les actionnaires.

 

François Marchand aborde ce sujet sur un angle totalement décalé. A partir d'une situation vraisemblable, celle d'une usine du Nord de la France devant mettre en oeuvre un plan social, l'auteur utilise toutes les ficelles pour que l'humour s'impose dans son ouvrage. Le patron réalise ce projet délirant qui fera mourir les ouvriers de manière aléatoire. Mais il n'est pas le seul à faire l'objet des sarcasmes de l'auteur : le syndicaliste et le consultant sont également les ciibles des piques humoristiques de l'auteur.

 

Le roman est court, et heureusement, car le jeu de massacre devient au fil des pages quelque peu lassant. S'il est plaisant de lire un texte décalé, il me semble que François Marchand n'utilise que cette ficelle pour faire tenir son roman, ce que je trouve personnellement un peu court. Maintenant, si vous souhaitez passer un moment de détente avec un roman drôle, c'est exactement ce qu'il vous faut !

 

Les avis d'Amanda, de Cuné (bien plus emballées que moi)

 

Plan social, de François Marchand

Ed. Le cherche midi

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 07:19

illegalTania élève seul son fils, Ivan. Tania est clandestine, venue de Russie sans papiers. Elle a un travail, chef d'équipe dans une société de nettoyage, et oblige son fils à parler français. Le jour de son anniversaire, elle fait une entorse au règlement, et ils parlent russes en descendant du bus. C'est le moment que choisissent deux flics pour demander les papiers de Tania. Ivan parvient à s'enfuir, et débute pour elle un long calvaire : le séjour en centre de rétention, tiraillé entre son envie de protéger son fils et sa volonté de ne pas céder face aux menaces policières...

 

Illégal, d'Olivier Masset-Depasse, ne révolutionne pas les films sur les sans-papiers et sur la traque dont ils sont victimes. Même si pour nous, Français, il montre  qu'Hortefeux et Besson ont bien des collègues qui font le même sale boulot en Belgique. La  vie de Tania est tout ce qu'on peut imaginer de dégradant pour un être humain : une séparation d'avec la famille, avec laquelle on ne peut renouer que par téléphone à condition d'avoir fait quelques corvées, des interrogatoires policiers qui tentent de faire parler Tania. Toutes les scènes dans le centre de rétention sont emplies d'une tension incroyable. Les amitiés qui se tissent ne sont pas immédiates, et on découvre même les propos racistes des certains détenus envers d'autres. Le personnage de Lieve, la gardienne incarnée par Christelle Cornil, apporte un regard autre sur ce milieu, celui de ceux contraints de faire ce métier pour donner à manger à  leur enfant. Mais si certains tiennent le choc, d'autres ne peuvent soutenir la violence qu'ils rencontrent.

 

Mais les scènes les plus fortes sont finalement celles où on tente de faire monter Tania dans l'avion. Même si elle est accompagnée par une psychologue et une caméra qui filme toutes les étapes, la pression psychologique est insoutenable pour elle. Et quand elle arrive à ne pas être explusé, avec l'aide des passagers de l'avion, elle devient la cible de la rancoeur des flics qui n'ont pas réussi à renvoyer cette étrangère dans son pays.

 

Le film est porté à bout de bras par Anne Coesens, formidable de justesse de bout en bout. Illégal dresse un portrait sans concession sur le monde des centres de rétention, que ce soit du côté des détenus ou des gardiens, et m'a laissé assez déconfit une fois sorti du cinéma. Car même si on se doute de ce que vivent tous ceux qui tentent de rester en Occident en dépit des lois, le voir sur grand écran fout les boules. Et on se dit qu'être européen de l'ouest aujourd'hui, même si on n'en est pas toujours fier, est très confortable. Mais le jour où l'occident sera dépassé et que nous devrons frapper aux portes des voisins plus riches, il ne faudra pas s'étonner s'ils nous traitent comme des bêtes...

 

L'avis de Pascale.

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 19:17

un homme qui crieAdam, ancien champion de natation, occupe un poste de maître-nageur dans un grand hôtel de N'Djamena, la capitale tchadienne. L'hôtel est repris par une société chinoise. Adam perd son poste au profit de son fils, et récupère celui de gardien à la barrière du parking. Son déclassement et sa rupture avec la piscine sont pour lui un déchirement. A cela s'ajoute l'ambiance conflictuelle du pays, avec les luttes entre l'armée et les troupes rebelles. Adam voit ainsi son fils être enrôlé de force dans les troupes régulières, car il a refusé de payer l'effort de guerre. Il faut dire qu'il ne fait pas grand chose pour tenter de le sauver, aigri d'avoir perdu sa place à la piscine.

 

A travers le destin de celui que tout le quartier appelle Champion en mémoire de ses exploits passés, Mahamat-Saleh Haroun signe un portrait très juste de cet homme tiraillé entre son amour pour sa piscine et son amour paternel. Il dresse aussi une peinture du Tchad en pleine mutation, où les conflits armés persistent mais où les intérêts économiques étrangers, en particulier chinois, prennent de plus en plus de place. On découvre ainsi de scènes évoquant une période qu'on peut imaginer assez ancienne, avec les demandes du chef de quartier de payer l'effort de guerre, voire traditionnelles, comme cette cérémonie d'enterrement dans la rivière. Mais le passé est balancé par la violence du présent, qui s'exprime différemment et crée d'autres fractures chez les individus : celle du capitalisme économique, qui licencie le cuisinier expérimenté sans aucune perspective, qui met d'emblée les personnes âgées en marge du système.

 

Si le film n'est pas exempt de quelques défauts, notamment par une démonstration parfois un peu trop voyante (l'ancien cuisinier aimait les chiens, le nouveau ne les aime pas), Un homme qui crie est un film qui joue habilement avec les images qu'un occidental peut avoir d'un pays comme le Tchad. La guerre n'est pas cachée, le départ en masse de la ville est bien rendu, et la place des femmes dans cette société d'homme également, que ce soit la mère d'Abdel ou sa petite amie. Mais par ce jeu constant entre tradition et modernité, dont les victimes sont finalement ceux qui ne possèdent rien ou un pouvoir trop petit pour être véritablement puissant, le réalisateur évite de sombrer dans un carte postale facile de son pays. Il faut ajouter que son acteur prinicipal, Youssouf Djaoro, par sa retenue et une forme de fatalisme, permet au réalisateur de pleinement exprimer cette résignation qui n'est pas sans aller avec une volonté de révolte contre le système. Adam ne choisit pas les bons moyens pour lutter contre la violence, et c'est ce parcours chaotique, fait de décisions parfois érronées, qui rend ce film attachant et réussi.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:08

dans la nuit de bicetre[Billet déjà paru sur Biblioblog] Il est parfois difficile de se rendre compte des progrès de la psychiatrie, tellement nous vivons dans une période qui a intégré beaucoup des enseignements de cette discipline. Alors, quand Marie Didier invite le lecteur à se plonger avec elle dans les couloirs de Bicêtre, lieu d'enfermement des aliénés, à la fin du XVIIIeme Siècle, on découvre un univers lointain. Très lointain. Et on rencontre celui qui fut à l'origine d'une évolution importante dans le traitement de la folie, Jean-Baptiste Pussin.

 

Pussin est admis à Bicêtre, après un passage par l'Hôtel-Dieu, pour cause d'écrouelles. Le souci avec Bicêtre, c'est que l'établissement mêle allégrement malades physiques, comme Pussin, et malades psychiques. Pussin se retrouve donc à côtoyer tous les jours ces aliénés, considérés comme des bêtes, et pour lesquels le seul traitement consiste en un enfermement au sous-sol, pieds et poings liés.

 

Pussin découvre peu à peu son environnement, passant de plus en plus de temps avec les aliénés, ceux dont personne ne souhaite s'occuper. Il visite tous les recoins de l'établissement, et se familiarise avec la vie passée aux cotés de ces laissés pour compte. Sa maladie va rapidement passer au second plan, car Pussin occupe ensuite à Bicêtre différents postes de direction. Il va alors en profiter pour tenter de nouvelles approches dans le traitement de la maladie. La plus osée de ces idées, c'est de laisser les fous se promener librement dans Bicêtre. Plus de fers, plus de corps décharnés couchés sur de la paille pourrie dans des loges sombres. et cette mesure, révolutionnaire, est assez mal accueillie par les autres occupants de lieu.

 

Puis vient la Révolution, celle qui amènera les hommes sous la guillotine. Pussin assiste aux premiers essais de l'engin, considéré comme un instrument de confort car provoquant une mort rapide. Dans cet univers bouleversé, il est épargné, ne vivant pas les soubresauts de la vie parisienne et continuant son petit bonhomme de chemin à Bicêtre. Sa vie avec Marguerite, qui partage ses idées novatrices, et avec Pinel, médecin resté dans l'histoire pour avoir libéré les fous de leurs fers au détriment de Pussin, est entièrement consacrée au traitement de la folie. Même son départ de Bicêtre pour la Salpetrière ne changera en rien ses orientations professionnelles, puisqu'il se consacre à un asile pour femmes.

 

Marie Didier, médecin, traite avec beaucoup de justesse et d'élégance ce personnage. Si l'ouvrage semble une biographie ordinaire consacrée à un homme oublié de l'histoire de la médecine, l'auteur a l'art d'en faire un véritable ouvrage littéraire. Pussin est autant le héros de cette histoire que les bâtiments de Bicêtre ou ses occupants. En ramenant Pussin en pleine lumière, elle n'en oublie pas pour autant les malades sur qui Pussin a pu essayer ses traitements. Agrémenté de nombreuses références qui prennent naturellement place dans le récit, l'ouvrage est vraiment une très belle réussite en matière d'écriture, et les descriptions des longs couloirs ou des loges restent forcément en mémoire. Dans la nuit de Bicêtre est vraiment un essai passionnant qui mêle habilement et sans aucune ostentation érudition, littérature et expérience personnelle de l'auteur, qui n'hésite pas à prendre place dans le récit. Voilà un ouvrage que je conseille très vivement !

 

Dans la nuit de Bicêtre, de Marie Didier

Ed. Gallimard - L'un et l'autre (épuisé, disponible en Folio)


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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:10

mon couronnementGilbert Kaplan, scientifique à la retraite, apprend de manière impromptue que son travail a été reconnu  par une institution prestigieuse. Alors qu'il n'attendait plus grand chose de la vie, et encore moins de son passé de chercheur qui lui semble très lointain, il est confronté aux journalistes, aux nombreuses sollicitation dont il est l'objet. A ses côtés, Mme Ambrunaz l'aide au quotidien, et tente de le persuader du bien-fondé de ce couronnement tardif. Sans compter sur sa famille, qu'il retrouve en cette occasion, mais ce ne sont malheureusement pas ceux qu'il souhaite le plus ardemment retrouver.

 

Véronique Bizot dresse ici, en une centaiine de pages, un portrait sensible et saisissant de cet homme en fin de vie, qui doit affronter la vieillesse avec sa dame de compagnie, et qui ne peut s'empêcher de profiter de ce retour sur son passé de scientifique pour plonger dans son histoire. Car la vie de Gilbert Kaplan est marquée par des relations familiales complexes et contrariées. Il y a ses soeurs, Louise et Alice. Louise est celle dont il se sentait le plus proche, mais qui du jour au lendemain a choisi d'accompagner un évèque dans les villes pauvres de l'Inde, et qui n'a plus jamais donné de nouvelles. Alors qu'Alice, l'alsacienne obsédée par la propreté, s'invite plus qu'à son tour.

 

Il y a également les garçons de sa famille. Son frère, reclus dans un chalet des Vosges, et qu'il ne voit que rarement. Et son fils, installé dans une ferme en Picardie, celle que la famille a quitté après le suicide de la mère. Tous, hormis Louise, se retrouvent autour du scientifique pour l'accompagner dans cet ultime hommage, ce qui n'est que peu du goût de ce dernier.

 

A travers les déambulations dans Paris, la vie dans l'appartement de la rue Saint-Lazare ou les escapades plus ou moins forcées au Touquet ou dans la campagne chablisienne, on découvre un vieil homme, en fin de vie, qui souffre de l'absence de ceux qui sont loin, mais qui n'éprouve aucun regret par rapport à sa relation aux proches. Louise est la grande absente, c'est cette image qui parcourt tout le roman, en filigranne. Une belle et tendre évocation de ce personnage, et de la relation qu'il entretient avec Mme Ambrunaz, qui permet de se plonger pendant quelques instants dans ce monde calfeutré et organisé qui refuse d'être dérangé par le bruit venu de l'extérieur.

 

Les avis de Cuné, de Chiffonnette

 

Mon couronnement, de Véronique Bizot

Ed. Actes Sud

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 21:41

fendragonJe ne suis pas un grand adepte de la fantasy. En fait, je n'y connais pas grand chose. Alors quand la chaîne des livres propose un roman du genre, c'est l'occasion d'être un peu moins bête. Bon, je ne récidiverai pas forcément, mais j'ai lu cette histoire de dragon, de tueurs de dragons et de magiciennes sans déplaisir.

 

Jenny Waynest est magicienne. Elle tient tout son pouvoir d'un ancien mage, Caerdinn, mais elle sent que sa puissance est limitée. Avec John Aversin, connu pour être le fendragon, soit celui qui a tué un dragon, elle a deux enfants, dont elle se moque passablement, sa seule attention étant tournée vers la magie. Dans les Pays du Nord, ils vivent tranquille jusqu'à l'arrivée d'un jeune garçon, Gareth, qui se dit envoyé par le roi pour amener le Fendragon à Bel, la grande ville du pays. Jenny et John abandonnent leur terre pour rejoindre la capitale et se trouvent aux prises avec des adversaires aux pouvoirs autrement plus puissants que les leurs.

 

Tout débute par l'arrivée du jeune Gareth, dont on sent rapidement qu'il ne dit pas toute la vérité à ceux qu'il vient chercher dans leur pays, oubliés de tous et vivant en autarcie. Le voyage à travers la forêt n'est pas de tout repos, et Gareth découvre les vrais dangers, lui qui n'a vécu qu'à la capitale. Cette première partie est intrigante, mais traîne un poil en longueur. On aimerait connaître le mystère de Gareth plus vite, pour aller dans le vif du sujet.

 

Par la suite, on découvre toute une galerie de personnages merveilleux, que ce soit les gnomes qui détiennent la Pierre, Zyerne la magicienne fourbe et puissante et surtout Morkeleb, le dragon noir. Car c'est lui qui est, avec Jenny, le héros de cette aventure. L'histoire est construite de telle manière que Barbara Hambly ne semble avoir qu'un but, faire se rencontrer, parfois violemment, les deux protagonistes.

 

Si l'intrigue est plaisante et assez bien menée, je dois avouer que l'écriture ne m'a pas emballée : par moment labourieuse, parfois avec des redites. Là, je ne peux distinguer ce qui tient de l'oeuvre originale et la traduction, mais il me semble que cela aurait mérité un peu plus d'attention. Mais je pense que ce qui me bloque dans la fantasy est le cadre très codifié de toutes ces aventures. Car si on se dit qu'une histoire de magicienne permet beaucoup d'audaces, j'ai l'impression de retrouver des personnages, des types déjà rencontrés ailleurs (et pourtant, j'ai lu très peu de fantasy) : les gnomes, les dangers de la forêt, le Fond où a lieu la bataille. Le vrai plus est ici le dragon, mais il arrive malheureusement un peu tard dans le récit. ronde.jpgLecture relativement plaisante et distrayante, mais qui ne m'incite à m'aventurer plus avant dans la fantasy.

 

Livre de la chaîne des livres proposé par Fashion

 

Fendragon, de Barbara Hambly

Traduit de l'anglais par Michel Demuth

Ed. Points - Fantasy

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 10:14

stormbreakerAlex est un adolescent anglais. Suite à la mort de ses parents, il vit avec son oncle, Ian. Lorsque celui-ci décède d'un accident de voiture, Alex est abattu, et se demande comment il continuera à vivre. Mais c'est sans compter sur sa curiosité, qui l'amène à découvrir que la voiture de son oncle était criblée de balles. Démarre alors pour Alex une période intense, pendant laquelle il découvrira la vérité sur les activités de son oncle et mettra sa vie plusieurs fois en danger.

 

Anthony Horowitz, que je connaissais pour L'île du crâne, aborde ici un nouveau genre littéraire, celui du roman d'espionnage. Comme dans le roman précédemment cité, Horowitz met en scène un jeune collègien qui est confronté à un monde qu'il ne connait pas et qui recèle de nombreux dangers. S'il se met volontairement en danger dans la décharge où il découvre la voiture de son oncle, il se trouve ensuite enrôlé de force dans les  activités du MI6.

 

Car si son oncle a été tué, c'est à cause d'une enquête qu'il menait auprès de Herold Sayle et de l'ordinateur qu'il souhaitait offrir à toutes les écoles du pays, le Stormbreaker. Car si l'intention est généreuse, les services secrets sont méfiants. S'ensuit alors une enquête haletante, où il fera la rencontre d'hommes de main assez peu agréable à voir, d'une méduse géante qui manque de le tuer et plongera dans les mines de Cornouailles.

 

Roman pour adolescent, Stormbreaker est également un roman agréable pour les adultes, car Horowitz truffe son roman de remarques drôles ou de références à d'autres oeuvres. Ainsi, lorsqu'Alex se retrouve en pleine nuit au bord des falaises de Cornouailles, j'ai immédiatement pensé aux héros malfaisants de L'auberge de la Jamaïque, de Daphné du Maurier. Horowitz ne laisse pas de côté l'exigence dans ce roman à l'intrigue classique et plaisante, et permet ainsi à un autre public de prendre plaisir à la lecture de ce bon roman d'espionnage.


Et je remercie Pierre, jeune cousin de 12 ans, qui m'a poussé à ouvrir ce roman !

 

Stormbreaker (Les aventures d'Alex Rider, T. 1), d'Anthony Horowitz

Traduit de l'anglais par Annick Le Goyat

Ed. Le Livre de Poche - Jeunesse

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 07:16

simon wernerSimon est élève au lycée, et personne ne l'a vu depuis plusieurs jours. Aucun de ses camarades ne sait ce qui lui est arrivé, et chacun échafaude des hypothèses sur cette étrange disparition. Le climat est d'autant plus tendu que deux autres élèves de la même classe sont absents les jours suivants. Reste à démêler la réalité du fantasme.

 

Sur une trame pouvant évoquer un film d'horreur adolescent, pendant lequel les disparitions se succèdent, le réalisateur et scénariste Fabrice Gobert parvient à signer un film plus malin qu'il n'en a l'air au premier abord, et qui permet une plongée presque chirurgicale dans le monde adolescent. L'ensemble n'est pas sans défaut, notamment en terme de rythme, assez inégal, mais cela reste un premier film de bonne tenue.

 

La très bonne idée du film tient à son scénario, qui choisit une narration éclatée. On suit en effet au cours du film la vie de différents élèves, qui se croisent, et le point de vue de chacun permettra d'expliquer ce qui était en suspens chez un autre. On suit tout d'abord Jérémie, qui est dans la classe de Simon et qui se déplace en béquille suite à un accident au foot. Jérémie est bien intégré dans la classe, et fait partie d'un groupe tout à fait typique du lycée : une bande un peu fermée sur elle-même, qui a du mal à accepter que chacun s'individualise. Ainsi, quand Jérémie invite Alice, la bombe du lycée, à une soirée qu'il organise chez lui, ses potes sont surpris car ils ne lui connaissaient pas cette amitié. On est toujours dans cette pression du groupe, qui poussent les individus à agir très différemment de ce qu'ils auraient fait s'ils avaient été seuls.

 

Puis on s'intéresse à Alice, la fille sur qui tout le monde se retourne, petite amie de Simon Werner, mais qui est empreinte d'une profonde mélancolie, cataloguée dans son rôle de bombe. Il ya également Rabier, le souffre-douleur du collège, fils du professeur de physique (ténébreux Serge Riaboukine), qui subit de plein fouet les rumeurs qui courent sur son père, mais qui tente de rester ouvert, autant qu'il le peut. Enfin, Simon clôt le récit, et permet de résoudre ce mystère, même si toutes les questions ouvertes dans le film sont loin d'être résolues.

 

Un premier film qui mérite donc d'être vu, pour cette approche assez originale du mileu lycéen dans lequel on ressent cette pression du groupe, pression qui est finalement à l'origine de cette presque banale et tragique histoire. Car quand on est un tant soit peu différent, comment faire pour l'assumer sans être l'objet des sarcasmes de ses camarades ? C'est finalement la question que pose le film.

 

L'avis de Pascale

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 17:13

gorges-chaudes[Billet déjà paru sur Biblioblog] Les Cévennes, dans les années 50, sont pour un enfant un terrain de jeu extraordinaire, qui vont permettre au petit Daniel de faire de nombreuses découvertes, bonnes ou mauvaises.

 

Daniel est heureux de vivre dans ce milieu naturel qui s'offre à lui. Élevé par sa grand-mère, Juliette, dont le mari décédé était un mineur anarchiste, il fait son apprentissage de la vie au contact des éléments naturels. Ses plus grands plaisirs sont de se promener dans la forêt, de pêcher dans la rivière, ce qu'il apprend avec un petit gitan. La moindre séparation d'avec Juliette, même pour de courtes vacances à Marseille, est une véritable punition pour lui, obligé de découvrir la ville et de quitter la Cèze qu'il connaît si bien.

 

Pourtant, la magie de l'enfance sera rompu, car Daniel doit aller vivre avec ses parents, qui tiennent un bar en ville. Alors, les vacances deviendront pour lui la seule possibilité d'échapper à la ville, quand il s'évade avec son grand-père en Ardèche. Mais ces moments sont éphémères, et ne réussissent pas à sortir Daniel de son quotidien urbain.

 

Alors, ce sont les femmes qui composeront son imaginaire. Petit, déjà, il avait aperçu la boulangère et un jeune garçon en position équivoque, et avait décidé de faire pareil avec une amie. Les rencontres avec les femmes seront parfois fantasmées, comme avec cette voisine qui se baigne, ou seront plus physiques, comme avec cette autre voisine dans la cité HLM.

 

Le roman est donc une plongée dans le monde rural et ouvrier des années 50, dans ce pays où se mêlent les paysages cévenols et la culture ouvrière avec les mines d'Alès. Au fil du roman, on ressent fortement cette double influence, qui marque profondément le jeune garçon. L'image du drapeau noir des anarchistes dans la chambre de sa grand-mère Juliette est un élément constitutif de la personnalité de ce jeune garçon.

 

Daniel Hébrard tente de rendre, et y arrive assez bien, cette osmose avec la nature par l'évocation des lieux, des sensations olfactives ou visuelles qui ont pu marquer son jeune narrateur. Mais j'ai eu beaucoup de difficulté à lire ce roman. Non par à cause d'un manque d'intérêt par rapport au sujet ou par une écriture trop lâche, mais justement à cause des effets trop recherchés de l'écriture. J'ai trouvé que l'écriture manque de fluidité, et demande pour le lecteur une grande concentration. Qui fait qu'il est difficile de lire cet ouvrage rapidement, et ma lecture hachée a nui à mon impression finale. Car si la recherche stylistique est un atout pour un roman, il est parfois difficile de la tenir sur près de 300 pages.

 

Gorges chaudes, de Daniel Hébrard

Ed. Julliard

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