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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 10:00

la-pecora-nera.jpgAvant d'être un film, la pecora nera a été une pièce de théâtre et un roman. L'ensemble a été écrit et adapté par Ascanio Celestini, dans ses différentes versions. Ici, il est à la fois derrière et devant la caméra pour raconter l'histoire de Nicola et le chemin qui l'a amené à être interné dans un asile.

 

C'est peu de dire que l'oeuvre est de prime abord déroutante, en raison du point de vue adopté. Une voix off nous guide, celle de Nicola, qui raconte l'histoire au sein de l'internat, le fonctionnement rigide imposé par les religieuses. Pourtant, il est complexe de voir qui parle, car la caméra n'est pas subjective, et donne à voir différents protagonistes. Et quand l'histoire fait des incursions dans le passé de Nicola, le lien entre l'enfant et l'adulte est sensible mais pas évident de suite.

 

L'histoire de Nicola prend peu à peu de l'ampleur, et c'est notamment hors de l'asile que le récit devient le plus intéressant. Les passages sur l'enfance, ces nuits passées dehors alors que ses frères aînés s'amusent avec une fille, et ses jeux avec ses camarades de l'époque sont assez bien rendus. De même, la quête éperdue de Marinella, son amour d'enfance retrouvée par hasard dans un supermarché donne une dimension romantique tout à fait bienvenue, et qui permet un éclairage autre sur la personnalité de Nicola.

 

Le défaut que je trouve finalement au film, c'est de noyer sous une composition un peu trop sophistiquée la volonté de dénoncer les traitements infligés dans les asiles. Du coup, le fait que les méthodes d'ondes électriques ont détruit Nicola ne ressort que peu, alors que c'est un des points abordés apr l'auteur dans sa note d'intention.. Les passages dans l'asile souffrent malheureusement de la volonté permanente de poésie. Mais le film mériterait une deuxième vision, pour le voir à l'aune de la révélation finale, qui apporte un éclairage neuf sur l'ensemble (et qui serait susceptible de modifier cet avis mitigé). Pour autant, je vous conseille de voir cette oeuvre originale et de vous faire votre propre avis, car elle sort des sentiers battus.

 

Un sincère remerciement à Emilie Bramly, qui m'a permis de voir de voir ce film, et même d'assister à une séance de rattrapage (car j'ai parfois du mal à lire les adresses) !

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 07:47

de-lait-et-de-miel-copie-1.jpg[Billet paru sur Biblioblog] Un vieil homme, malade, est sur le point de mourir. Pour la deuxième fois. La première, c'était soixante ans plus tôt, à la sortie de la guerre, alors qu'il fuyait Temesvar, aujourd'hui Timisoara, en Roumanie. Il se souvient de ce moment, dans cet hôpital de Vienne. Se remémore Stéfan, l'ami d'enfance qu'il a perdu de vue à la même époque, et qu'il n'a jamais retrouvé. Revient sur sa vie, en Roumanie puis en Champagne, sur la guerre, sa rencontre avec Suzanne, hongroise ayant fui Budapest en 1956.

 

Car le vieil homme a traversé toute la seconde partie du XXe Siècle. Jeune, il vivait en Roumanie, pays allié de l'Allemagne nazie. Sa jeunesse aurait dû être insouciante aux côtés de Stefan, mais la mort soudaine de sa mère marque une rupture. Les jeux dans la Temes, la rivière du village, ne peuvent de plus pas faire oublier que la guerre est présente, et lors du retrait des troupes nazies, la ville devient une garnison pour les soldats.

 

Son arrivée en France, il la doit à de lointains ancêtres, alsaciens ou lorrains, qui ont été envoyés dans le Banat pour le coloniser, au XVIIIe Siècle. C'est ce qui lui permettra de quitter la région, d'échapper aux soviétiques qui arrivent à l'est et de ne pas se sentir allemand, comme son ami Stefan. Lui fait le choix d'un retour au pays de ses ancêtres avec les nazis, convaincu que sa place est là-bas. Et un mensonge permettra au narrateur de ne pas monter dans le train avec son ami, et de choisir une autre voie. Vers Vienne, puis le France.

 

L'installation en France se fait en Champagne. En 1956, il fait la rencontre de Suzanne, qui deviendra sa femme. Suzanne a fui Budapest au moment de la répression soviétique, la même année. Elle s'était rendue à la capitale avec son cousin, qu'elle a perdu de vue et jamais retrouvé, avant de venir en France. Une vie de couple démarre, morne, dans laquelle Suzanne ne s'épanouit pas, n'ayant pour seul projet que de bien tenir sa maison. La vie de lait et de miel qui lui était promise par son mari devient alors une chimère. Le couple est plus tard marqué par la perte d'un enfant. Si la parole n'était pas très libre dans la famille, ce traumatisme familial accentue encore le mutisme de tous les membres.

 

Bien que les lieux et les époques soient différentes et nombreuses (Roumanie des années 40, Budapest en 56, France des années 50 et 60), Jean Mattern signe un roman court. Pas d'épopée, mais un récit condensé, riche. La tension du récit est liée à sa construction ; loin de faire un récit chronologique, chaque paragraphe est l'occasion de plonger dans un nouvel épisode de la vie du narrateur, dans une nouvelle époque. Et à chaque entame de paragraphe, le lecteur se demande dans quel pays et à quelle époque il va être emmené.

 

Mais l'ensemble est construit de manière assez habile pour que le lecteur ne soit pas perdu. Les éléments du récit prennent au fil des pages plus d'ampleur, et chaque événement se voit ainsi replacer dans un temps plus long. Ainsi de cette séparation avec Stefan au moment de monter dans le train, qui ouvre presque l'ouvrage et dont on ne connaîtra le fin mot qu'en fin de récit.

 

À noter que ce roman, le second de Jean Mattern, est lié à l'intrigue de son premier roman, Les bains de Kiraly. On y retrouve la vie de Gabriel, le fils de Suzanne et du narrateur de De lait et de miel. Il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu ce premier ouvrage pour saisir l'intrigue du deuxième, et je trouve d'ailleurs que le second est bien plus abouti, plus fort que le premier. En espérant que la pente ascendante se poursuive avec le prochain ouvrage, qui devrait clore cette trilogie qui n'en est pas vraiment une, et que je conseille vivement de découvrir.

 

De lait et de miel, de Jean Mattern

Ed. Sabine Wespieser

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 07:25

horizon.jpgDès la première phrase du roman, le ton est donné : Jean Bosmans se souvient de sa jeunesse. C'est ce lien avec un passé révolu, parfois momentanément oublié, que décrit Patrick Modiano dans L'horizon.

 

L'objet qui occupe le plus les pensées de Bosmans, c'est Margaret Le Coz. Une jeune femme, qui malgré les apparences de son nom, est née à Berlin. Il se rémémorre les soirées passées avec ses collègues de bureau, de drôles de gars un peu louches. Retrace peu à peu leur histoire commune, il y a 40 ans, dans un Paris oublié. Son appartement dans le 15eme arrondissement, celui de Margaret à Auteuil. Les différents employeurs de la jeune femme, gouvernante avant qu'elle travaille dans un bureau : un professeur et sa femme avocate du côté de l'observatoire, le docteur Poutrel et Yvonne Gaucher, avenue Victor Hugo.

 

Mais ce qui lie profondèment Bosmans et Margaret Le Coz, c'est la peur viscérale qu'ils ont de rencontrer, par hasard, des fantômes de leur passé. Pour Margaret, c'est un homme à cause duquel elle est partie d'Annecy. Une crainte mystérieuse, l'homme n'ayant jamais été virulent envers elle, mais une crainte présente. Pour Bosmans, il redoute de croiser sa mère aux cheveux rouges et l'homme aux allures de prêtre défroqué qui l'accompagne. A chaque fois qu'il a eu le malheur de les voir, il n'a pas su résister à leur demande pressante d'argent. Depuis, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour leur échapper.

 

Sur fond de secret et de volonté de se cacher, Patrick Modiano signe un roman très intéressant sur la liaison au passé et aux souvenirs. Est-il possible que des paroles, prononcées il y a 40 ans, aient totalement disparu ? Comment Bosmans peut-il renouer avec une période disparue, celle où il travaillait dans une librairie spécialisée dans l'ésotérisme, et qui marque pour lui une forme d'âge d'or qui a pris fin sans qu'il s'en rende vraiment compte. Et peut-on reprendre la main pour renouer avec des événements et des relations aussi anciennes ? Avec une écriture très fluide, Modiano (que je découvre pour l'occasion) propose une escapade parisienne dans les souvenirs d'un homme ordinaire, escapade que je suis assez content d'avoir effectué avec lui et ses amis d'antan.

 

Les avis d'Emeraude, Loïc, Plaisirs à cultiver (tous emballés par le style Modiano), Mazel (plus circonspecte)

 

L'horizon, de Patrick Modiano

Ed. Gallimard

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 12:53

Je-n-ai-rien-oublie.jpgConrad (Connie pour les intimes) est un peu gênant pour ces mêmes intimes : personnage très nature, un poil demeuré, il fait souvent des apparitions au moment où on souhaite qu'il ne soit pas là. Après avoir mis le feu à la maison de Trouville de Thomas, son ami d'enfance qui l'emploie et l'aide, il déboule sans crier gare au mariage de son fils, Philippe. Elvira, la matriarche, ne supporte plus cet homme encombrant. Mais l'état de santé de Connie se dégrade : il perd ses facultés, et la mémoire. Malheureusement pour Elvira, les souvenirs les plus anciens reviennent de plus belle.

 

Adapté de Small world, roman de Martin Suter, Je n'ai rien oublié me laisse une impression de film du dimanche soir : pas extraordinaire, un peu facile, qui se voit sans grande difficulté. La faute à un scénario bancal, à un film qui ne choisit jamais entre chronique d'une déchéance physique et mentale, mélodrame (entre Connie et Elisabeth, l'ex-femme de Thomas) et drame familal dans la bourgeoisie industrielle.

 

Du coup, chacun des genres est traité un peu rapidement, et l'ensemble est assez peu convaincant. En témoigne la scène de la révélation, qui consiste en un monolgue d'Elvira dans sa voiture, alors que la scène d'explication avec son fils est gentimment écartée (et c'est bien dommage). De plus, le montage des scènes est tellement appuyé que l'écran semble crier "Attention, regardez, ce que vous allez voir a de l'importance".

 

Pourtant, le film est plaisant, car le casting réuni par Bruno Chiche est réussi. Outre le petit rôle de Yannick Rénier  (que j'apprécie toujours), on retrouve Françoise Fabian en bourgeoise qui tient la maison d'une poigne de fer, son emploi d'actrice. A ses côtés, Niels Arestrup est un Philippe alcoolique, délaissant sa famille sans scrupule, et Depardieu un malade lunaire, très juste notamment dans la scène au supermarché. La découverte c'est Alexandra Maria Lara, et il est dommage que le personnage de Nathalie Baye (Elisabeth) soit sacrifié, car il aurait mérité plus de place.

 

Une nouvelle fois, un film français se déroule dans un milieu bourgeois, ici issu de l'industrie de l'acier. Thème en vogue actuellement, puisque dans un autre genre, c'est le milieu décrit par Potiche, mais aussi celui de Rapt, de Lucas Belvaux, ou même de l'Arbre et la forêt, de Ducastel et Martineau (avec pour ces deux derniers la présence de Françoise Fabian au générique). Et plus proche, c'est aussi un peu l'ambiance d'Avant l'aube, avec le personnage de la belle-fille qui a un parcours parallèle dans les deux films, et une mère jouée là par Ludmila Mickael. Le cinéma français, à la suite de Chabrol, s'intéresse donc assez au milieu bourgeois, signant souvent des intrigues tournées autour du mensonge, de l'apparence. Je n'ai rien oublié n'est pas la description la plus réussie, mais participe à cet ensemble d'oeuvres traitant de la bourgeoisie.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 07:34

lance-flammes.jpg[Billet paru sur Biblioblog] À la fin des Sept fous, on avait laissé Erdosain en proie au doute, face à l'assassinat prévu de Barsut, le cousin de sa femme . Désarroi lié au meurtre, mais également au fait qu'il ne sait plus trop s'il doit faire confiance ou non à l'Astrologue et à son projet d'un groupe cherchant à implanter la révolution en Argentine. Les lance-flammes replonge donc le lecteur dans les bas-fonds de Buenos Aires, pour démêler le fin de mot de cette histoire hors norme.

 

Les lance-flammes est donc la suite immédiate du roman précédent, et pour bien saisir ce dont parle le roman, il est indispensable d'avoir lu Les sept fous. Car on y retrouve les personnages hauts en couleurs du premier opus. Et le premier d'entre eux, c'est Erdosain : il vient de se séparer de sa femme, est sous la menace d'une poursuite en justice pour vol dans son entreprise, et se raccroche à la moindre branche qui se présente à lui. Même la plus pourrie qui soit. En l'occurrence, c'est l'Astrologue qui lui propose une porte de sortie, en lui présentant son projet de société révolutionnaire, fondée sur le modèle de développement du Klu Klux Klan et financée par les maisons closes.

 

Alors que le premier volume se consacrait surtout à Erdosain et sa quête, le récit est ici plus fragmenté, passant beaucoup plus facilement d'un personnage à l'autre. La femme d'Erdosain explique ainsi, dans un long récit, les raisons pour lesquelles elle a décidé de partir. Son mari n'a pas agi sur un coup de tête, mais sa déchéance morale et sociale a des racines bien plus lointaines.

 

Mais le grand morceau de bravoure de roman est un long dialogue entre l'Astrologue et son Avocat. Dans cet échange, le premier explique au second les raisons de son engagement politique : pour lui, le seul moyen d'implanter la révolution en Argentine est d'amener les militaires au pouvoir. Ceux-ci mettront en œuvre une politique qui créera une forte réprobation et le peuple sera alors prêt à se jeter dans les bras de la révolution pour échapper aux militaires. Alors qu'il n'acceptera jamais la révolution dans un cadre pacifié. Ce coup politique à trois bandes, totalement improbable et irréaliste, est révélateur de la folie qui tient tous ces protagonistes.

 

L'autre avantage du roman est de donner de l'épaisseur et de la matière à ce qui pouvait être obscur et parfois ésotérique. Les personnalités prennent véritablement corps, les caractères s'affirment. La folie est partout présente chez ces marginaux, folie qui amènera l'auto-destruction de ce qu'ils veulent construire. Mais le plus sidérant est peut-être que ce que décrit Roberto Arlt, dans les années 30, est malheureusement ce qui est arrivé à son pays par la suite : une dictature militaire, avec l'appui des États-Unis, mais à laquelle le mouvement révolutionnaire n'a pas pu apporter d'alternative. Un dytique de romans à l'intrigue folle, aux personnages marginaux et étranges, mais pas si éloignés de la réalité que cela, finalement.

 

Autre roman de Roberto Arlt : Les sept fous

 

Les lance-flammes, de Roberto Arlt
Traduit de l'espagnol par Lucien Mercier

Éditions Belfond

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 10:49

En ce samedi ensoleillé et (presque) estival, voici une nouvelle édition (la deuxième) du jeu. Cette fois, pas de morceau d'affiche mais un extrait d'une image tirée d'un film. Rien à gagner non plus (c'est juste pour le plaisir !). Attention, tous les films proposés ont un point commun (sauf un, à vous de trouver l'intrus).

 

Une seule proposition par personne à la fois, et à vos souvenirs cinématographiques !

 

Edit du 13 avril : avant mon départ pour l'indice (et donc, pas de validation des réponses avant une semaine !), je vous aide un peu sur la récalcitrante !

 

1 Good bye Lenin (Trouvé par Erwan le moussaillon)

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2 Indiana Jones et la dernière croisade (Trouvé par Julie qui a gardé ses deux genoux)

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3 Le rideau déchiré (ou The torn curtain pour les puristes) trouvé par Naomi

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4 Les ailes du désir (ou Der Himmel ûber Berlin pour les puristes) (Trouvé par Pascale)

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5 M le maudit (Trouvé par Pascale)

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6 Le mariage de Maria Braun (trouvé par Julie !!!)

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7 Soul Kitchen (Trouvé par Naomi)

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8 Valkyrie (Trouvé par Julie)

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9 The good german (Trouvé par Pascale qui connaît les règles par coeur, elle !)

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10 Le dictateur (trouvé par Sybilline)

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:35

voix-off.jpgDenis Podalydès, vedette de la troupe de la Comédie-Française, revient sur un des fondamentaux de son métier, et sur ce qui lui a donné d'être acteur : les voix. Celles de ses proches, celles qu'il n'a jamais entendues et qu'il imagine. Et puis celles des acteurs qu'il écoutait, sur les cassettes empruntées à la médiathèque. Un très bel hommage à tous ceux qui par leur voix, ont marqué sa vie.


Les premières voix dont il parle sont celles de sa famille, notamment de ses grands-parents ou de ses frères, qui ponctueront l'ensemble de l'ouvrage. Il y a aussi les voix de l'autorité, celles des professeurs, mais aussi celle d'un camarade, grand ami d'enfance perdu de vue, qui ouvre la galerie des portraits vocaux déssinés par Podalydès. A travers ses souvenirs, Denis Podalydès parvient à convoquer tout un imaginaire, et rend cela tout à fait perceptible pour le lecteur qui ne connaît rien à la vie de l'acteur.


Puis il y a les voix célèbres. Celles des grands acteurs disparus (Barrault, Vilar, son maître, Denner), et celles de ses camarades de jeu (Vuillermoz, Weber, Bouquet dans un drôlatique passage traitant d'un cours de théâtre, Dussolier, Emmanuel Bourdieu). Voix dans ce cas essentiellement masculines, comme si Podalydès avait du mal à trouver des alter-ego féminins (Ludmila Mickael et Christine Montalberti faisant exception).


L'ensemble est vraiment très plaisant à lire, brillamment illustré de très belles photos, de proches ou de personnes célèbres (avec notamment un très beau portrait de Charles Denner). L'ouvrage s'essoufle un peu sur la fin, avec l'introduction d'un roman de jeunesse, intitulé la Voix de l'empoté. Mais cela n'est rien par rapport au plaisir pris avec les trois premiers quarts du livre, qui renvoient chacun vers les voix qui ont marqué sa propre vie. Un très bel exercice, émouvant et sobre à la fois.

 

Les avis de Laetitia (que je remercie pour le prêt), de Florence, Laurent, Yv

 

Autre ouvrage de Denis Podalydès : Scènes de la vie d'acteur

 

Voix off, de Denis Podalydès

Ed. Mercure de France

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 18:56

crime-de-lorient-express.jpgC'est certainement un des ouvrages les plus célèbres d'Agatha Christie et de son héros Hercule Poirot. Je ne sais pas si cela tient au roman lui-même ou au film qui en a été tiré, avec une pléiade de vedettes (Sean Connery, Lauren Baccall, Ingrid Bergman, Anthony Perkins, Jean-Pierre Cassel,...) mais je pense que beaucoup d'entre vous connaissent l'intrigue et surtout le dénouement du meurtre commis dans le plus célèbre train d'Europe.

 

Un petit retour sur l'intrigue : Poirot, de retour d'une mission au Moyen-Orient, rentre à Londres grâce à l'Orient-Express. Monté à Istambul bien que le train soit complet grâce à l'insistance de son ami Bouc, directeur de la compagnie, il découvre les passagers de ce train pas comme les autres : une princesse russe, une comtesse hongroise, un militaire britannique, un vendeur d'autos italien, un majordome anglais. Il fera plus ample connaissance avec eux après la découverte du corps de Mr Ratchett, tué de douze coups de couteaux. Surtout, il découvrira qui se cache sous l'identité de ce collectionneur...

 

L'intrigue en elle-même est assez amusante, car Poirot met un temps fou avant de comprendre la raison de ce meurtre, et d'en découvrir le responsable. On le voit  donc perdu par moment, même si quelques éclairs de lucidité montrent bien que le détective belge n'a pas perdu toutes ses facultés. Même une boîte à chapeau peut devenir le moyen de découvrir une partie de la vérité.

 

Plus encore que l'intrigue, c'est la galerie de personnages dépeinte par Agatha Christie qui mérite la lecture du roman. Tous ont des choses à cacher, et chacun joue un jeu particulier. La plus intrigante est certainement Ms Hubbard, grande américaine très extravertie, pleine de panache et de fougue. Mais la princesse Dragomiroff et sa femme de chambre allemande, ou le secrétaire de Mr Ratchett Mr Mc Queen n'ont rien à envier à l'américaine.

 

Une intrigue rondement menée, mais au final assez immorale : la vengeance est ici totalement légitimée, et Poirot prend finalement la décision de ne pas dénoncer le coupable. C'est assez surprenant dans un roman policier, et cela passe assez inaperçu la première fois qu'on découvre l'intrigue, tant la révélation finale est surprenante. Un bon roman policier à l'ancienne, à lire ou relire.

 

Autre roman d'Agatha Christie : Le meurtre de Roger Ackroyd

 

Le crime de l'Orient-Express, d'Agatha Christie

Traduit de l'anglais par Jean-Marc Mendel

Ed. du Masque

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 14:15

jeu-set-et-match[Billet paru sur Biblioblog] Connaissez-vous Guillermo Vilas ? Joueur de tennis argentin, qui a sévi dans les années 70 et 80, vainqueur de 4 tournois du grand chelem. Pourquoi je vous parle de ce joueur, aujourd'hui adepte des tournois pour anciennes stars du tennis ? Car il est l'obsession du narrateur du roman de Jean-Pierre Brouillaud, qui souhaite collectionner tout ce qui a trait au joueur argentin.

 

Cette passion commence enfant, mais alors qu'elle s'arrête habituellement avec le passage à l'âge adulte, elle se poursuit chez notre héros. Et cela malgré son poste d'enseignant à l'université et son mariage avec une femme qui elle aussi aime Vilas, mais moins que lui.

 

Le problème, c'est qu'il découvre Internet, et toutes les possibilités d'achat sur les sites de ventes français et surtout argentin. Pour lui, c'est un nouvel univers qui s'ouvre à lui, et un gouffre dans lequel il tombe allégrement. Malgré les avertissements de sa femme, qui tente même de le soigner en l'emmenant loin de tout ordinateur, rien n'y fera : il poursuit ses recherches et achats à tout prix, ne pouvant réprimer la fréquentation d'un cyber-café lors de ces vacances de la dernière chance. Même l'annonce de la grossesse de son épouse n'aura sur lui aucun effet, si ce n'est celui de se demander pourquoi elle lui dit cela alors qu'il vient de lui annoncer l'achat d'une pièce importante pour sa collection.

Sa situation professionnelle devient difficile, même si le doyen de l'université prend des gants pour lui annoncer qu'il ferait bien de prendre du repos. De même, ses finances en prennent un coup, car les achats à 1 000 ou 2 000 euros sont pour lui de très bonnes affaires. Et le comble de la folie sera atteint avec sa recherche de la finale de l'Open d'Australie gagnée par Vilas, difficilement trouvable et qui devient pour lui une question de survie.

 

Jean-Pierre Brouillaud fait une description assez intéressante de cette plongée dans la folie. Avec notamment ce passage obligé du fou clamant ne pas l'être, tout en réalisant que seul les fous sont amenés à prononcer ce type de phrase. Le tout reste malgré tout assez léger, et ceci est notamment lié au sujet de l'obsession, Guillermo Vilas. Un petit roman plaisant, qui évoquera des souvenirs aux fans de tennis, et qui permettra aux autres de découvrir la vie folle d'un passionné de ce sport.

 

Jeu, set et match, de Jean-Pierre Brouillaud

Ed. Buchet-Chastel

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:48

tous-les-soleils.jpgAlessandro est professeur de musique à Strasbourg. Il y vit avec sa fille, Irina, adolescente en pleine découverte des passions amoureuses, et son frère Luigi, qui a quitté l'Italie depuis l'arrivée de Berlusconi au pouvoir. Il mène une vie agréable, passe des week-ends dans la demeure qu'il a acheté à la campagne avec des amis, mais tout n'est pas parfait : il n'a toujours pas réussi à faire le deuil de son épouse, décédée juste après la naissance de leur fille. Ses quelques histoires d'amour n'ont pas duré, et Irina et Luigi ont décidé de prendre en main sa vie sentimentale. C'est sans compter sur la rencontre avec la fille d'une dame âgée à qui il faisait la lecture à l'hôpital.

 

Tous les soleils est assez typiquement le genre de film que je ne me serai pas précipité à aller voir. Une affiche un peu clinquante, une promotion importante, un réalisateur connu pour autre chose dont je ne connais pas le travail. Mais comme j'ai eu la chance de recevoir des places pour assister à une avant-première avec le réalisateur, ç'aurait été dommage de se priver. Et j'ai bien fait de m'y rendre, car Tous les soleils est une comédie très réussie.

 

J'ai d'ailleurs été surpris de voir Philippe Claudel, connu pour son oeuvre littéraire plus sérieuse, aborder ce genre. Mais il s'en tire vraiment bien. Les péripéties de ce père de famille (Stefano Accorsi, vraiment très bon) qui a du mal à accepter que sa fille grandisse (Lisa Cipriani) sont très plaisantes à regarder, et sa rencontre avec Florence (qui m'a fait craindre une baisse de régime en milieu de film, crainte illégitime) prend finalement la place qu'il faut pour ne pas plomber l'ensemble.

 

Philippe Claudel, qui est aussi scénariste, a surtout réussi à marier à merveille les passages comiques et tragiques. Pour les passages comiques, le rôle du frère, interprêté par Néri Marcore, est drôle à souhait. Par moment, il m'a fait penser au colocataire de Hugh Grant dans Coup de foudre à Nothing Hill, par son laisser-aller. Mais Claudel y ajoute une dimension politique qui renforce le comique, comme avec cette factrice qui a le malheur de suivre les conseils de Luigi. On rit souvent, et c'est toujours de très bon coeur, car la construction est très réussie.

 

Côté tragique, cet aspect est tenu apr le duo mère/fille composé par Anouk Aimée et Clotilde Courau. La première est en fin de vie, et Alessandro lui rend visite pour lui faire la lecture. Tout le film est d'ailleurs sous le signe de la littérature, car les livres ou citations littéraires sont très souvent présentes. La seconde est une jeune femme en délicatesse avec son mari et pleine de regrets, qui voit en Alessandro une béquille.

 

Le tout est baigné de soleil, dans la ville de Strasbourg rarement filmée (et pourtant elle le mérite), et la musique occcupe également une place importante (avec une très belle démonstration de tarentelle, danse italienne qu'Alessandro enseigne à l'université). Vraiment une bonne surprise, et si vous avez envie de rire et sourire, ce film est pour vous !

 

Les avis de Fashion, Tamara

 

Ouvrage de Philippe Claudel : Le bruit des trousseaux

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