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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 18:56

embrasure.pngDimanche dernier (oui, il y a déjà plus d'une semaine, mais le temps file à une vitesse, en ce moment), le nom du lauréat de l'édition 2011 du Prix Biblioblog a été annoncé : il s'agit de L'embrasure, premier roman d'une jeune auteure suisse, Douna Loup.

 

Pour le dire franchement, ce titre était loin d'être mon préféré. Le fond, c'est la relation entre un chasseur un peu rustre avec la nature, un cadavre découvert inopinémment et une femme rencontrée par hasard. La forme, c'est une écriture très poétique, agréable à lire, et qui m'a laissé me promener sans difficulté dans cette histoire. Le problème, c'est que j'ai trouvé tout cela assez vain : l'histoire ne prend jamais, et le roman repose uniquement sur l'écriture. Il a néanmoins créé une belle adhésion, ce qui fait qu'il a été honoré cette année.

assassinat-yvon-toussaint.jpg

 

Mon favori, qui est également le roman que j'ai proposé cette année dans la sélection et qui a été assez délaissé de la part des membres du jury, était L'assassinat d'Yvon Toussaint. Yvon Toussaint décrit l'épopée d'un journaliste belge (lui-même) sur les traces d'un homonyme, un sénateur haïtien assassiné dix ans plus tôt. J'ai beaucoup aimé cette peinture d'Haïti par les yeux d'un occidental qui n'y connait rien, et qui décrit le pays comme certainement nous le verrions : pauvre, corrompu, mais avec une solidarité qui parvient parfois à s'exprimer. Surtout, et malgré l'avis de nombreux lecteurs, j'ai beaucoup aimé le regard que l'auteur, également narrateur à la deuxième personne, porte sur lui et sur sa vie. Une quête de vérité sur un crime, une enquête personnelle, et la découverte d'un pays.

 

Halte-a-Yalta.pngAutre roman qui a attiré mon attention, Halte à Yalta, d'Emmanuel Ruben. Si le roman n'est pas exempt d'afféteries stylistiques, j'ai beaucoup aimé cette plongée dans un train russe à destination de la Crimée. La manière dont l'auteur mêle le rêve, avec l'image d'un de ses compagnons de voyage, un Tatar au grand nez, et la réalité avec quelques touches de politique caucasienne m'a séduit.

 

jon-l-islandais.jpgDans un autre genre, le très documenté roman de Bruno d'Halluin, Jon l'Islandais, m'a permis de faire un voyage dans le temps (XVe) et dans l'espace (Angleterre, Islande, Portugal). Une plongée prenante dans la vie des islandais de l'époque, avec une description minutieuse mais très bien intégrée au récit de la société islandaise et de ses spécifictés. Un roman dépaysant et fortement instructif.

 

colère du rhinoLa colère du rhinocéros a ravi beaucoup de lecteurs. Pour ma part, je ne suis pas rentré dans ce roman baroque, fanstasque, déjanté. L'accumulation des personnages et des situations étranges ne m'a pas paru  très bien amenée, et la narration à trois voix m'a semblé plaquée. Bref, une petite déception, mais quelques images fortes tout de même.

 

Enfin, il y a le livre sur lequel  j'ai souffert : Chevaucheur d'Ouragan, de Sam Nell. Un roman de fantasy, avec la chevaucheur-d-ouragan.jpgconvocation d'un bestiaire mythologique impressionnant. Malheureusement, je me suis totalement noyé dans cette aventure, ne comprenant jamais les tenants et aboutissants, ou alors en les trouvant dérisoires. La fantasy n'est semble-t-il pas un genre pour moi, mais je pourrai dire que j'ai essayé.

 

Voilà une expérience de lecture qui m'a amené vers des ouvrages inattendus, et m'a permis de faire deux très bonnes lectures. Pour le reste, mon avis est assez éloigné de celui de l'ensemble du jury, mais c'est la règle du jeu !

 

L'embrasure de Douna Loup, Ed. Mercure de France

L'assassinat d'Yvon Toussaint d'Yvon Toussaint, Ed. Fayard

Halte à Yalta d'Emmanuel Ruben, Ed. JBz & Cie

Jon l'Islandais de Bruno d'Halluin, Ed. Gaïa

La colère du rhinocéros de Christophe Ghislain, Ed. Belfond

Chevaucheur d'Ouragan de Sam Nell, Ed. Mnemos


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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 19:30

medianeras.jpgBuenos Aires. Je ne connais presque rien de cette ville, juste des impressions littéraires. Celles laissées par le roman policier et vagabond de Michel Delarche, Les Neiges du temps. Et celles d'Erdosain, le héros du dyptique signé Roberto Arlt, Les sept fous et Les lance-flammes. Medianeras permet une plongée d'une heure trente dans la ville, sur les pas de Martin, un jeune homme phobique prisonnier de son orrdinateur, et de Mariana, jeune femme qui tente de faire le deuil d'une longue relation.

 

Les deux héros sont presque voisins, mais ne se connaissent pas. Dans cette grande ville, ils se croisent parfois, sans se voir, font des rencontres ailleurs. Pour Martin, c'est une jeune fille avec qui il entre en contact pour qu'elle promène son chien. Mariana est elle la cible d'un homme qu'elle croise à la piscine. Mais tous les deux semblent perdus dans cette ville, ne sachant pas quelle direction prendre, quel sens doit prendre leur vie.

 

Mais le plus intéressant dans le film n'est pas la relation inexistante entre eux (et dont on se doute qu'elle va venir par devenir réelle), mais la visite que le réalisateur, Gustavo Taretto, nous fait faire de la ville. Les medianeras du titre, ce sont les murs mitoyens qui séparent les individus. Mais c'est surtout un prétexte à cette passionnante promenade architecturale dans la ville : voir comment les habitants s'approprient les murs aveugles, au point d'y trouer de petites fenêtres. Découvrir la cacophonie dans la construction, où des maisons de style européens du XIXe cotoient des constructions modernes. Apprendre comment les rivalités personnelles ont pu guider les choix des constructions.

 

Alors, nos deux héros permettent d'apporter un fil rouge, mais dès que le réalisateur se concentre sur leur histoire, l'intérêt diminue. En particulier à la fin du film, où l'attente mutuelle est de trop. Heureusement, une pirouette permet de dénouer de manière intelligente et espiègle cette escapade dans la capitale argentine. Promenade que je vous conseille, si vous avez encore l'occasion d'y participer.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 22:24

c-etait-hier.jpg[Déjà paru sur Biblioblog] Certaines pièces de théâtre, très plaisantes sur scène, sont plus difficiles à lire. En ce qui concerne l'œuvre de Harold Pinter, la lecture est assez aisée, et la tension contenue dans les échanges est assez bien rendue. Et même si tout cela ne vaut pas une bonne mise en scène, une plongée dans l'œuvre de l'auteur de théâtre britannique du XXe le plus connu est assez instructive.

 

Car la force de l'écriture de Pinter, c'est de laisser la place à la tension et au mystère. Ici, on se trouve face à un trio : Deeley et sa femme, Kate, attendent l'arrivée d'Anna. Anna et Kate étaient amies, il y a longtemps, mais ces retrouvailles sont les premières depuis des lustres. Elles ont certainement des tas de choses à se raconter : Anna sur sa vie en Italie, Kate sur la sienne dans la campagne anglaise. Mais les souvenirs reviennent, et chacune a retenu des choses différentes. Pour Kate, Anna est celle qui lui a emprunté ses sous-vêtements, quand elles étaient jeunes.

 

Tout semble donc se dérouler convenablement, entre personnes de bonne compagnie. Et puis, cela bascule. Car Deeley se souvient à son tour d'Anna. De l'avoir rencontrée, dans un taverne, et d'avoir essayé de la séduire. Anna n'en a aucun souvenir. Cette confrontation des personnages à travers leurs souvenirs est assez saisissante et Pinter, en quelques répliques, parvient à donner une épaisseur aux personnages et un ton aux conversations.

 

Et, en plus de cette tension, il y a le mystère. Je ne le révélerai pas ici, pour préserver la lecture des béotiens comme moi qui une fois la pièce terminée, ont envie de s'y replonger pour comprendre qui sont vraiment ces trois personnages. Une pièce courte, mais qui tient le lecteur en haleine et le bouscule, petit à petit et de plus en plus fortement, dans ce qu'il pensait avoir saisi des personnages.

 

C'était hier, d'Harold Pinter

Traduit de l'anglais par Eric Kahane

Ed. Gallimard

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 18:19

et-pendant-ce-temps-la-les-araignees-tricotent-des-pulls-.gifRachel, je l'ai rencontrée il y a quelques années, alors qu'elle était un peu plus jeune et qu'elle avait maille à partir avec sa psychologue et sa maîtresse d'école. Maintenant, Rachel est un peu plus âgée (au moins huit ans 3/4), mais n'en a toujours pas fini de ses conflits parentaux et de ses questions existentielles. Avec sa bande de copains, elle fait également une grande découverte : celle du sexe, vu comme naïvement à cet âge-là mais qui devient une préoccupation majeure. Jusqu'à imaginer King Kong comme le fanstasme masculin ultime.

 

Comme on me l'avait signalé, ce second tome des aventures de Rachel est plus réussi que le premier. On y trouve en effet un fil rouge dans la construction qui m'avait paru plus ténu dans Du vent dans mes mollets.  L'écriture de Raphaële Moussafir, imitant celle d'un enfant et évoquant Le petit Nicolas, est assez savoureuse, et donne à Rachel un caractère très amusant : la vision qu'a Rachel de la domestique, une normande à l'élocution très limitée, est très drôle. De même que les nombreuses références culturelles, comme Dallas, qui parsèment le roman et qui donne le sourire.

 

Rachel a un regard sans concession sur le monde des adultes, et donne au fil du texte sa propre définition d'expressions toutes faites, que le lecteur voit ainsi sous un autre jour. Un petit ouvrage espiègle comme son héroïne, qui vous fera monter plusieurs fois le sourire aux lèvres, et pour lequel la préface signée Arnaud Cathrine est une très bonne entrée en matière.

 

Et je remercie Béatrice pour le prêt de ce roman !

 

Et pendant ce temps-là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets, de Raphaële Moussafir

Ed. Les mues - Intervista

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 18:34

opera-de-quat-sous.jpgL'opéra de quat'sous, signé par Brecht avec une musique de Kurt Weill, est entré dans le panthéon du monde théâtral. En adaptant un opéra de John Gay écrit deux siècles plus tôt (L'opéra des gueux),  Brecht actualise l'histoire de ces exploiteurs de mendiants dans les bas-fonds de Londres. Pourtant, si Brecht a déjà été joué à la Comédie-Française, c'est la première fois que l'Opéra de quat'sous y est présenté. Version montée par Laurent Pelly, et que j'ai trouvé très réussie.

 

Brecht a rafraîchi l'intrigue en la situant dans le Londres de l'époque victorienne. Pelly en fait de même en introduisant des éléments contemporains (livreur de pizza, portable) de manière parcimonieuse. Mais le thème de la pièce de Brecht reste universel : l'homme ne vit que par l'exploitation de l'homme, et tous les moyens sont bons pour asseoir son pouvoir. Les dominants, ici, ce sont les Peachum, qui déguisent des hommes pour les faire passer pour des mendiants. Il y a aussi Mackie, en cheville avec le chef de la police, qui contrôle tous les brigands du quartier. Sous leurs ordres, des femmes, mais aussi des paumés qui tentent de survivre en trichant. Mais les vrais dominants restent dans l'ombre, simplement évoqués par Mackie lors de la scène finale ou par la police : la reine, qui se fait couronner, et les banques. Ici, on restera dans les bas-fonds, qui ont eux aussi leur organisation hiérarchique et injuste.

 

La pièce de Brecht a un contenu politique évident, mais reste un grand spectacle. Notamment grâce à l'utilisation permanente des chansons, puisant dans différents registres (cabaret, chanson populaires, tango,...). Ajoutez à cela les changements de décor à vue, et un dénouement en happy end annoncé comme tel, et vous plongez dans un spectacle tout en sachant que c'en est un.

 

Mais la grande force de la pièce, hormis son sujet et sa mise en scène (que j'ai trouvé sobre et éclairante), est la formidable prestation de la troupe. Ce sont les acteurs habituels qui entonnent toutes les chansons, pour certaines d'entre elles assez difficiles. Et ils le font tous avec brio. Au premier rang, Léonie Simaga, qui incarne une merveilleuse Polly Peachum. Son duel avec sa rivale (Marie-Sophie Ferdane), en prison, est un grand moment de théâtre. Mention aussi à Véronique Vella, irrésistible dans le rôle de Mme Peachum, petite femme acariâtre qui a elle son morceau de bravoure lors d'une descente dans un bordel. Bordel où règne en maîtresse Sylvia Bergé, surprenante prostituée.

 

Mais les hommes ne sont pas en reste, car Thierry Hancisse est un Mackie tout à fait savoureux, jouant merveilleusement de la force sensuelle qui lui est caractéristique. Son rival, Mr Peachum, est incarné par Bruno Raffaeli qui use de sa haute stature pour asseoir son pouvoir sur les mendiants. Et les rôles secondaires (Laurent Natrella en Tiger Brown, Jérôme Pouly, Christian Gonon ou tous les jeunes comédiens de la troupe) apportent une fraîcheur dans leurs personnages. 

 

Et l'orchestre, dirigé par Bruno Fontaine, reprend les musiques de Kurt Weill, en laissant la place aux chanteurs. Ce qui rend la pièce tout à fait audible, et je n'ai eu aucun problème de compréhension lors des parties chantées. Un grand spectacle, qui permet de passer une excellente soirée et de se familiariser avec le théâtre de Brecht de manière abordable, car l'auteur allemand peut parfois impressionner.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 10:40

Etant donné les participations enflammées au jeu de la semaine dernière, voici un nouvel épisode, le quatrième.

 

Une nouvelle fois, un thème commun (qui devrait être moins évident que la dernière fois). mais attention, le but n'est pas de trouver le point commun, mais le  nom des 10 films en compétition !

 

Comme d'habitude, une réponse à la fois, et on ne rejoue pas avant validation !

 

1 A bord du darjeeling Limited

Trouvé par Naomi

image4.1

 

4 a bord du darjeeling limited

 

2 Incendies

Trouvé par Florence

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4 incendies

 

3 La comtesse

Trouvé par Julie

image4.3

 

4 la comtesse

 

4 Match point

Trouvé par Naomi

image4.4

 

4 match point

 

5 Il était une fois en Amérique

Trouvé par Florence

image4.5

 

4 once-upon-a-time-in-america

 

6 Providence

Trouvé par la fan resnaisienne Julie

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4 providence

 

7 The american

Trouvé par Julie

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Image4.7.1.jpg

  4 The American

 

8 Rapt

Trouvé par la fan belvausienne Florence

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4 rapt

 

9 Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

Trouvé par la coupeuse de chou Naomi

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4 sweeney-todd1

 

10 Le voyage en Arménie

Trouvé par Julie

image4.10

 

4 voyage en arménie

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 17:45

lautre fille[Billet déjà paru sur Biblioblog] Après le magnifique Les Années, le lecteur des œuvres d'Annie Ernaux pouvait imaginer qu'elle était arrivée à la fin d'un cycle. Et redouter que ce soit l'un de ses derniers ouvrages, voire le dernier. Heureusement, elle continue d'écrire, cette fois-ci une lettre à sa sœur. Une sœur qu'elle n'a pas connue, et dont elle a longtemps ignoré l'existence.

 

Annie Ernaux signe une lettre qui restera sans réponse, que son destinataire ne lira même jamais. Car c'est une lettre à une morte, à un membre de sa famille qui aurait dû lui être proche, mais qui est entouré du plus grand mystère. Car les parents n'ont jamais souhaité en parler. N'ont jamais mentionné le nom de cette première enfant. Et c'est en entendant une discussion, à l'âge de dix ans, qu'Annie apprend, contre le gré de ses parents, l'existence de cette sœur.

 

En plus du mystère, cette dernière est entourée d'une aura globalement positive. Pour sa mère, c'est un ange, une petite sainte partie trop vite. A l'opposé, Annie est pour ses parents une enfant turbulente, loin de cette enfant chérie. Cette opposition inconsciente est une des briques de la fabrication de la personnalité d'Annie Ernaux, qui a vécu dans l'ombre de sa sœur.

 

Pourtant, l'auteur ne souhaite pas qu'on fasse de cette lettre une analyse psychanalytique. Ce passé douloureux n'est pas la raison pour laquelle elle a produit son œuvre littéraire, mais un événement dans son parcours de femme. Elle profite de cette lettre, qui lui rappelle la Lettre au père de Kafka, pour faire des parallèles avec la vie de sa sœur : la maladie qui l'a emportée, alors qu'elle a survécu au tétanos. Se souvenir des photos, sur lesquelles elle pensait figurer et qui étaient celles de son aînée.

 

Mais c'est aussi un retour sur la façon dont elle a vécu son existence. Sa découverte tardive du secret, mais surtout les raisons pour lesquelles elle n'en a jamais parlé avec ses parents. Et aujourd'hui, il ne lui reste qu'une tombe rénovée, à proximité de celle de ses parents, et qu'elle fréquente annuellement. Une lettre pour enfin évoquer cette ombre qui l'a suivie tout sa vie, et enfin affronter cette histoire familiale, seule.

 

Autres ouvrages d'Annie Ernaux : La place, Journal du dehors, Les années, L'occupation

 

L'autre fille, d'Annie Ernaux

Ed. NiL

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 18:08

le-complexe-du-castor.jpgLe complexe du castor, c'est celui de Walter Black. Dirigeant d'une entreprise de fabrication de jouets, et père de de famille a priori comblé, il est profondément dépressif. Sa femme ne le supporte plus, et elle lui demande de partir de la maison. C'est un castor qui le sauve, une marionnette trouvée dans un carton et qu'il enfile sur sa main. Elle sera son côté winner, celui qui le poussera à surmonter sa maladie et redevenir un battant à l'américaine. Mais l'emprise du castor, perpétuelle, même dans la plus stricte intimité, devient gênante.

 

Jodie Foster signe avec Le complexe du castor un film pas initéressant mais un peu bancal. Car il y a deux histoires. La plus intéressante, et la mieux interprêtée (avec un Mel Gibson très surprenant, il faut dire que ce doit être le premier film dans lequel je le vois), c'est celle de ce dépressif. Totalement absorbé par son castor, qui devient un personnage à part entière à tel point qu'on oublie que c'est une peluche, il ne peut plus envisager de sortir sans lui. D'ailleurs, quand sa femme le force à s'en séparer, la sortie au restaurant se transforme en drame. Mel Gibson donne vie à cet homme, passant avec un  aisance admirable du loser au winner, voire en prononçant des paroles de battants avec une tête de trois pieds de long. Surtout, Jodie Foster pousse son film jusqu'au bout, là où la résolution n'est plus possible que par un acte lourd de conséquences.

 

Mais il y a un deuxième film, la description de la famille et surtout la vie du fils aîné, qui fait tout pour ne pas ressembler à son père. Et là, c'est moins réussi. Parce que les situations sont téléphonées, parce qu'on tombe dans la romance un peu facile, avec un jeune écorché et une beauté qui cache un terrible secret. Et puis la scène finale, dans laquelle la guimauve dégouline, n'est pas une conclusion très adéquate du film.

 

Un film pas initéressant, qui m'a permis de découvrir Mel Gibson, que j'ai trouvé bon acteur ici (ce qui ne présage en rien de mon avis sur ces autres occupations, privées ou cinématographiques), et qui permet d'aborder le thème de la dépression comme une vraie maladie, et non un simple sujet de comédie. Bref, de le traiter comme on le fait peu au cinéma.

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 19:04

monumenta-2011.jpgLeviathan. Tel est le nom de l'oeuvre qui occupe actuellement l'enceinte du Grand Palais. Une stucture à la forme assez indescriptible, composée d'un coeur dans lequel les spectateurs peuvent prendre place, et de trois excroissances, trois pétales, trois bourgeons, qui viennent agrémenter la structure intiale.

 

Lors de la visite, nous avons d'abord aperçu la structure de l'extérieur, observée depuis les escaliers du fond de l'enceinte, puis tourné autour, collant l'oreille sur la structure, entendant les cris, les applaudissements des spectateurs installés dans l'antre de la bête. Puis nous sommes entrés, et le choc est assez fort. Déjà, il y a la chaleur et la pression liée à l'air qui est envoyé dans la structure (d'ailleurs, je n'y suis pas resté trop longtemps, car cela me faisait assez mal au crâne.)

 

Surtout, ce qui est étonnant, c'est qu'on ne retrouve pas clairement à l'intérieur la structure observée juste avant. Les trois pétales, qu'on ne peut qu'observer, prennent des couleurs, des formes, qui sont loin de ce qu'on peut imaginer. Vu de nuit, éclairée par des spots, la struture était d'autant plus surprenante que toutes les parties n'étaient pas éclairées de la même manière. Ce qui laissait d'importantes zones d'ombre, et place au mystère.

 

L'autre élément frappant, c'est la façon dont le son se répercute dans la structure. Les ondes frappent les bords de la structure, les bruits reviennent, décalés, amplifiés, et tous les spectateurs se prennent au jeu de crier ou de taper dans leurs mains, même les plus âgés, espiègles comme des gamins qui auraient fait une bêtise. Une expérience que j'ai trouvé intéressante et sensoriellement novatrice, et que je recommande (et pourtant, je ne suis pas un grand adepte de l'art contemporain ! Tout arrive !)

 

Pour un autre avis, vous pouvez passer chez Laetitia, et écouter ensuite les enregistrements qu'elle a fait à l'intérieur de l'oeuvre.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 12:25

 

Vu la demande pressante de certains visiteurs, voici un nouveau jeu, juste pour le plaisir car il n'y a rien à gagner.

 

Pour les règles,il suffit de donner le titre du film dont est tiré l'image.

Une réponse à la fois, et on ne rejoue pas avant validation.

 

 

1 Avant l'aube

Trouvé par Julie

Image1

 

Image1_bis.jpg

 

Avant-l-aube.jpg

 

2 Dans la brume électrique

Trouvé par Julie

image2-copie-1 

 

dans-la-brume-electrique.jpg

 

3 Inglorious Basterds

Trouvé par Naomi

image3-copie-1

 

inglorious basterds

 

4 We own the night (Ou La nuit nous appartient)

Trouvé par Julie (qui fait un carton)

image4-copie-1

 

we-own-the-night.jpg

 

5 The big sleep (soit Le grand sommeil)

Trouvé par Julie

image5 - Copie

image5_bis.jpg

 

Le grand sommeil

 

6 Shutter Island

Trouvé par Julie

image6 - Copie

 

Shutter-Island.jpg

 

7 OSS 117 - Le Caire nid d'espions

Trouvé par Naomi

image7-copie-1

 

image7_bis.jpg

 

oss-117.jpg

 

8 Rubber

Trouvé par Naomi

image8-copie-1

 

Rubber.jpg

 

9 Scènes de crime

 Trouvé par Florence


image9

 

scenes-de-crimes.jpg

 

10 Usual suspects

Trouvé par Sibylline

image10-copie-2

 

usual-suspects.jpg

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