Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 19:19

La-Fee.jpgLe trio burlesque Dominique Abel - Fiona Gordon - Bruno Romy revient sur les écrans, après le très drôle Rumba. Si la danse reste au coeur de leur travail, avec deux très jolis passages au coeur du film, j'ai trouvé l'ensemble moins emballant que leur précédent film.

 

Dom est veilleur de nuit au Havre (ville cinématographiquement à la mode, car on attend sur les écrans les prochains films de Aki Kaurismaki et Lucas Belvaux, également tournés dans la ville). Alors qu'il attend les clients en tentant de manger son sandwich, il reçoit la visite de Fiona, une fée qui lui propose de lui exaucer trois voeux. Dom, pris au dépourvu, demande un scooter et de l'essence à vie. Le troisième voeu ne sera jamais demandé, mais Fiona lui apporte peut-être un cadeau encore plus beau : un enfant.

 

Rien de réaliste dans le traitement du sujet fait par les auteurs : Fiona a un ventre qui grossit instantanément, l'enfant qui naît a au moins six mois,... Mais le principal n'est pas là, il se situe dans le décalage et le loufoque qu'ils arrivent à instiller dans les passages anodins. De la danse au fond de la mer, une chute interminable d'une falaise, un homme qui vole,...

 

Malheureusement, le film manque un peu de rythme, retombant par moment dans une intrigue moins palpitante et énergique. Le défaut du film est peut-être aussi d'avoir voulu trop en dire, notamment avec l'incursion de ces jeunes garçons africains qui veulent à tout prix rejoindre l'Angleterre. Le propos politique est louable, mais rentre en conflit avec le propos principal du film, celui de la victoire de la naïveté et de l'insouciance. Un moment plaisant, mais un peu long.

 

Autre film du trio : Rumba

Repost 0
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 07:21

la-terre-et-le-sang.jpg[Déjà paru sur Biblioblog] Mouloud Feraoun est aujourd'hui un auteur malheureusement oublié. Pourtant, cet écrivain kabyle francophone du temps de l'Algérie française, assassiné en 1962, mérite vraiment qu'une place lui soit faite dans le monde littéraire. Que ce soit pour son premier roman, Le fils du pauvre, autobiographique, ou pour La terre et la sang, plus fictionnel.

 

La terre, c'est celle de la Kabylie et du petit village d'Ighil-Nezman. Là où Amer a grandi aux côtés de ses parents, avant de partir dans les années 10 en France pour tenter de gagner sa vie dans les mines. Il y retrouve d'autres algériens, des membres de sa famille qui l'aide à s'intégrer. Mais après la mort accidentel de son oncle, pour lequel il est soupçonné, il quitte le Nord de la France. Il y retrouve Marie, qu'il a connu petite. Elle est la fille de ses anciens logeurs, et ils décident de partir à deux, lui le kabyle, elle la française, pour Ighil-Nezman.

 

Le retour sur la terre natale, entre les deux guerres, est également la confrontation avec les liens du sang. Les relations de voisinage sont compliquées, chaque famille exerçant à tour de rôle la suprématie dans le village. Et comme toujours dans ces petites communautés, tout se sait. Ainsi, les soupçons qui ont pesé sur Amer sont parvenus aux oreilles de ses oncles, en particulier de Slimane qui tente de faire parler Amer.

 

Quant à Marie, elle se fait appeler Madame par tout le village. Elle trouve petit à petit sa place dans le village, auprès de Kamouma, sa belle-mère, et de Chabha, la femme de Slimane. Mais les querelles villageoises reprennent le dessus, sur fond de difficulté à procréer et à donner un héritier à la famille.

 

C'est donc dans le cadre de ce petit village rural que se noue la tragédie d'Amer. Un peu à la manière d'une pièce classique, hormis le huis-clos même si une grande partie de l'intrigue se déroule dans le village, Amer est pris au piège d'événements qu'il ne contrôle pas. Il essaie de se débattre, de résister à ces forces, ces attractions féminines qui ne pourraient que le condamner, mais il doit se résoudre à céder. De ce fait, sa seule solution est de se cacher, de ne pas montrer ce que tout le monde réprouve, et de faire bonne figure.

 

C'est dans la difficulté du travail ouvrier, puis dans la sécheresse du village que l'histoire d'Amer se déploie. Une vie pauvre, difficile, dans laquelle il ne trouvera pas de consolation. Mais qui malgré tout n'est pas vaine pour tout le monde, Mouloud Feraoun évitant le misérabilisme et l'émotion facile. Un roman qui mérite vraiment qu'on y s'y attarde.

 

La terre et le sang de Mouloud Feraoun

Ed. Points

Repost 0
16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 18:50

de-bon-matin.jpgUn matin comme tous les autres pour Paul. Rasage, habillage, baiser à sa femme endormie, le bus pour rejoindre son lieu de travail, avec sa malette et son sac de sport. Mais un sac de sport au contenu peu ordinaire : pas de maillot de bain ou de chaussures de course, mais un pistolet. Pour tuer son supérieur hiérarchique et le numéro 2 de la banque dans laquelle il travaille. A partir de cette ouverture violente, le film revient sur la vie de Paul et sur les événements qui l'ont amené à en venir à cette conclusion funeste.

 

Avec une succession de flash-back, le film de Jean-Marc Moutout est brillamment construit. D'emblée, le spectateur sait quelle sera la chute de cette descente aux enfers, celle de ce cadre qui, après un changement de direction, perd petit à petit sa place au sein de la banque, voyant ses compétences et son travail remis en cause. Du cadre en position de décision, il se voit nié professionnellement, et constate qu'il a tout sacrifié pour la banque : sa famille, sa femme, ses amis,... Au point que sa chute dans son métier est une chute dans sa vie d'individu.

 

Paul, incarné par un formidable Jean-Pierre Darroussin, est ici un cadre presque ordinaire. Dévoué à son métier, il est mis sur la touche une fois arrivé la cinquantaine. Moins mordant que ses jeunes collègues, trop proches de l'ancienne direction, il est écarté avec des méthodes honteuses par ses chefs (excellents Xavier Beauvois et Yannick Rénier) : il n'est pas prévenu des annulations de réunions, apprend par messagerie qu'il perd certaines de ses activités,... Pour autant, il n'est pas présenté comme une victime : il subit le système, comme il a pu lui-même le faire subir à d'autres auparavant, sans en être pleinement conscient. C'est un homme déchu, incapable de comprendre son fils, ado dans toute sa splendeur, ou sa femme, engagée dans l'humanitaire. Homme qui ne comprend pas la non-reconnaissance des années passées à se consacrer exclusivement à la banque.

 

Jean-Marc Moutout revient dans le monde de l'entreprise, qu'il a déjà visité dans Violence des échanges en milieu tempéré (avec les très bons Jérémie Rénier et Laurent Lucas). Ici, il prend le parti de montrer comment les individus sont persuadés qu'il est normal que le monde du travail soit reconnaissant, et que le jour où ils sont écartés, ils sont totalement perdus. Le problème de l'entreprise (ou de l'administration) est de fonctionner, et non de reconnaître les mérites de tel ou tel. Et c'est le jour où on est mis de côté qu'on comprend finalement que le monde professionnel est loin d'être celui auquel il faut consacrer l'essentiel de son temps. D'ailleurs, qui a regretté au moment de ses vieux jours de ne pas avoir passé assez de temps à sa vie professionnelle ?

 

Autre film de Jean-Marc Moutout : La fabrique des sentiments

Repost 0
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 08:00

Grande coïncidence aujourd'hui. Alors que j'ai programmé un jeu à l'aveugle il y a deux semaines, je viens de réaliser que l'ouverture de ce lieu date exactement d'il y a quatre ans. Un jeu pour fêter un anniversaire, quoi de mieux !

 

Voici donc une nouvelle série de dix images extraites de dix films, à vous de donner le titre du film en question.

 

Les règles, pour rappel : une seule réponse à la fois, et on ne rejoue que lorsque la réponse est validée !

 

1 Sacré Graal !

Trouvé par Marichola

image 1

 

image 1

 

2 Les aventures de Philibert

Trouvé par Julie

image 2

 

image 2

 

3 Le nom de la rose

Trouvé par Kathel

image 3

 

image 3

 

4 Robin des bois

Trouvé par Incoldblog

image 4

 

image 4

 

5 Non ma fille tu n'iras pas danser

Trouvé par Marichola

image 5

 

image 5

 

6 Le nouveau monde

Trouvé par Julie

image 6

 

image 6

 

7 La reine Margot (version Jean Dréville)

Trouvé par Naomi

image 7

 

image 7

 

8 Le bossu (version de Broca)

Trouvé par Naomi

image 8

image 8

 

9 Merlin l'enchanteur

Trouvé par Sibylline

image 9

image 9-copie-1

 

10 La princesse de Montpensier

Trouvé par Flo

image 10

image 10

Repost 0
12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 07:23

la-brindille.jpgBeaucoup d'enfants en ce moment au cinéma : les deux Guerres des boutons (qui ne m'attirent aucunement), le film tiré du roman d'Abécassis, Un heureux événement (qui ne m'attire pas non plus, bien qu'il y ait Pio Marmaï au casting) ou La guerre est déclarée. Ici, pas d'enfants à l'écran, mais un en devenir, que l'on aperçoit à travers sa mère, une jeune femme à la vie un peu instable, victime d'un déni de grossesse.

 

Sarah est une jeune femme qui a l'air heureuse, en particulier dans sa formation. Stagiaire, elle travaille dans un musée du sud de la France, où elle s'occupe de l'installation des oeuvres. Sa titularisation est en bonne voie, jusqu'à ce qu'elle fasse tomber une toile à cause d'un malaise. La cause de ce malaise : un sixième mois de grossesse, qu'elle ignorait. La conséquence : un tableau détruit, et un poste qui s'envole. Reste une jeune femme seule, sans père pour l'enfant à naître, sans ressources, qui souhaite à tout prix ne pas conserver l'enfant. Et comme elle est au sixième mois de grossesse, reste une seule solution : le confier à l'adoption.

 

Le destin de cette jeune fille, au départ insouciante, puis rapidement angoissée à l'idée de mettre au monde un enfant, est assez joliment présentée par Emmanuelle Millet dans son premier film. On y découvre le parcours de cette femme, qui s'adresse au planning familial avant d'être dirigé vers un centre pour futures mères en difficulté. Le plus difficile, ce sont les regards que portent les autres sur elle.  Elle est mince et les filles du centre ne croient pas qu'elle est enceinte. Un peu farouche, refusant les règles de vie collective, elle se situe en marge et s'attire les foudres de celles autour d'elle qui paraissent joyeuses mais cachent de grandes craintes pour l'avenir. Mais elle doit aussi affronter les remarques des infirmières, qui à mots couverts lui font comprendre que l'abandon d'un enfant n'est pas digne d'une future mère.

 

Sarah va trouver un moyen d'échapper au quotidien grâce à la préparation d'un concours, mais surtout grâce à la rencontre avec Thomas, élève doué, boursier, sympathique et séduisant. Leur histoire prend vite forme mais Sarah ne fait pas part à son ami des bouleversements et des questionnements qui la touche. Christa Théret incarne parfaitement cette jeune femme, passant de la joie à l'abattement, du questionnement à l'inquiétude. Elle forme avec Johan Libéreau un très joli couple qui rayonne au coeur de ce film qui taite d'un sujet complexe de manière subtile.

Repost 0
10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 13:00

le-voyage-des-grands-hommes.jpg[Billet déjà paru sur Biblioblog] Diderot, Rousseau et Grimm. Trois grands hommes des Lumières, qu'on peut imaginer proches par les idées mais sans grand lien. Pourtant, sous la plume de Vallejo, les trois auteurs se rendent ensemble en Italie, suivant ainsi l'ordre de Mme d'Epinay qui met à leur disposition une voiture et un valet, Lambert. Le voyage ne sera pas de tout repos.

 

En effet, bien qu'illustres aujourd'hui, nos trois grands hommes ne sont dans la vie quotidienne pas à une bassesse près. Tout ceci attriste fortement Lambert, déjà chagriné de devoir accompagner des non-nobles et de ne pas tenir compagnie à son aimée, restée à Paris. Rousseau, homme de salon, est connu pour les quitter brusquement, avant de revenir s'asseoir. Ce n'est pas, comme le pensait Lambert, pour apaiser une colère, mais pour soulager une vessie défaillante. Diderot est lui aussi mal en point et réclame, dès qu'une baisse de forme se présente, un verre de lait. Quant à Grimm, son intérêt se porte plus sur les femmes que sur ses amis.

 

Le point commun des trois hommes : la musique, sujet de discussion entre eux mais aussi d'accord. Et c'est bien un des seuls sujets qui ne donne pas lieu à des querelles. Le point le plus épineux reste la religion, source de discorde permanente entre Diderot et Rousseau, homme qui a goûté au catholicisme et au protestantisme. Entre eux se trouve Lambert. Valet, il fait son possible pour plaire à ses maîtres. Mais il est aussi au centre d'aventures peu commune. Emprisonné pour avoir battu le valet d'un religieux, il manque finir ses jours en prison. Il ne comprend surtout pas les envies diverses et variées des trois hommes qu'il contente.

 

François Vallejo plonge avec ce roman dans le XVIIIe Siècle. Avec malice, il introduit son texte par un clin d'œil littéraire, la trouvaille d'un manuscrit au fond d'un coffre qu'il prétend présenter tel quel au public. Ruse utilisée par les plus grands auteurs pour tenter de convaincre le lecteur de l'authenticité du récit. De ce fait, en plaçant son narrateur au XVIIIe, l'auteur est contraint de donner au texte une ambiance de cette époque, dans la langue, le style, le rythme. Et comme toujours, Vallejo arrive parfaitement à adapter son écriture à son sujet.

 

On découvre également François Vallejo en briseur de mythes. Il dépeint les trois philosophes sous un jour qui n'est pas le meilleur, mais on peut penser, comme plus tard avec Victor Hugo dans Dérive, que tout est très documenté. Autre clin d'œil, l'apparition de Lambert, homonyme du garde-chasse héros de Ouest.

 

Le voyage des grands hommes a donc cette double qualité de s'inscrire pleinement dans la bibliographie de François Vallejo, tout en permettant de découvrir une autre facette de l'auteur. Qui confirme, s'il était besoin, qu'il est un auteur très intéressant et toujours étonnant.

 

Autres romans de François Vallejo : Groom, Ouest, L'incendie du Chiado, Vacarme dans la salle de bal, Madame Angeloso, Dérive, Les soeurs Brelan

 

Le voyage des grands hommes de François Vallejo

Ed. Points

Repost 0
3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 19:04

lettre-au-pere.jpgFranz Kafka a vécu une enfance difficile. A cause de son père, homme autoritaire qui n'avait aucune confiance en Franz et qui ne fonctionnait que par rétorsion et punition. Dessinant un bilan de sa vie et de sa construction en temps qu'adulte, Franz décide d'écrire une lettre à son père. C'est cette lettre que le lecteur contemporain peut lire, lettre qui n'a jamais été envoyée à son destinataire initial.

 

Franz Kafka fait ici le bilan de ses relations avec son père, de son enfance au sein de la cellule familiale à l'age adulte, où son père n'hésite pas à donner avis tranchés sur les mariages successifs de son fils. L'auteur ne ménagé à aucun moment son père : il est présenté comme égoîste, autoritaire, demandant de la discipline alors qu'il est lui-même incapable de suivre les règles qu'il fixe aux autres. Cette image initiale est celle qui irrigue l'enseble de cette lettre.

 

Ne laissant jamais son fils en paix, il remet en cause son choix du retour vers la religion juive, et plus globalement ses choix de vie. Ecrit avec un style très direct, franc, Kafka décrit son père comme un homme toxique, qui a nui à son développement mais qui a aussi eu une influence néfaste sur les milieux dans lesquels il intervenait. Si ce n'est pas l'ouvrage idéal pour aborder la bibliographie de Kafka, la Lettre au père est un ouvrage intéressant pour apporter un éclairage sur l'oeuvre tourmentée de l'auteur tchèque.

 

Autres romans de Kafka : Le procès

 

Lettre au père de Franz Kafka

Traduit de l'allemand par Marthe Robert

Ed. Folio

Repost 0
1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 10:09

habemus-papam.jpgAprès s'être attaqué à Berlusconi dans Le Caïman, Nanni Moretti était attendu pour son nouvel opus au sein du Vatican. Si la charge est moins directe, Moretti arrive à instiller au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue une vraie réflexion politique sur le pouvoir. Un film très surprenant.

 

Surprenant, car il débute comme une grande farce, celle de l'élection du nouveau Pape. Tous les cardinaux  sont réunis dans la Chapelle Sixtine pour élire le nouveau représentant de Dieu sur Terre (dont on voit qu'il n'y a rien de divin là-dedans, mais uniquement des jeux de pouvoir et de compromis). Mais s'il y a des favoris, auncun ne semble très pressé d'assurer cette charge. C'est donc un inconnu, le cardinal Melville, homme de second ordre, qui est élu. Charge qu'il ne peut assumer, refusant de se présenter sur le balcon de la basilique Saint-Pierre, poussant un cri mémorable au moment de se présenter au public. Les cardinaux ont donc recours à un psychanalyste pour tenter de remédier au problème de confiance du nouveau Pape, qui finit par s'enfuir du Vatican.

 

Sur ce point de départ, Moretti signe un film très subtil, très fin, sur la folie du pouvoir et sur le fait que certaines personnes ne sont pas préparées à occuper de telles fonctions. Le nouveau Pape est dépassé par les événements, et l'attente venant des fidèles, des cardinaux et des média est trop dure à supporter pour lui. Un discours totalement opposé à l'ambiance actuelle, où chacun est poussé à aller vers plus de responsabilités, plus de pouvoir, alors que tout le monde n'a pas forcément ses aspirations.

 

Outre le discours, Moretti réussit à exploiter l'espièglerie de Michel Piccoli, qui incarne le Pape refusant le pouvoir, mais aussi celle de son scénario. L'arrivée du psychanalyste au Vatican est ainsi très drôle. Les scènes de volley-ball où les cardinaux jouent les uns contre les autres sont un contrepoint comique à l'envie de fuite du Pape, logé dans un hôtel où il fait la rencontre d'un acteur totalement ravagé par le personnage de Tchekhov qu'il incarne sur scène. Le tout se termine par une très belle déclaration au balcon du Pape, qui clôt le film de manière très intelligente et fine.

 

Moretti signe un très bon film, qui arrive à mêler dérision et réflexion politique de façon très subtile. Un excellent moment de cinéma, intelligent et distrayant.

Repost 0
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 17:49

Mygale.jpgAlmdovar s'inspirant de Thierry Jonquet, voilà un duo assez inattendu et intrigant. Pour garder toute la saveur des deux oeuvres, j'ai décidé de démarrer par le livre de Jonquet avant de voir le film d'Almodovar. Et si les deux oeuvres racontent à peu près la même histoire (avec un ajout dans le film), les deux sont empreintes des lubies des deux artistes : une oeuvre à suspens, très perverse chez Jonquet, quelque chose de plus doux, avec l'introduction de la figure de la mère, thème cher à Almodovar. Mais pour les deux, un vrai plaisir pour le lecteur ou le spectateur.

 

Il va être compliqué de parler des deux oeuvres, de leurs ressemblances et différences sans dévoiler tout l'intérêt de l'intrigue. Mais essayons tout de même, et de manière chronologique.

 

Chez Jonquet, on trouve au centre de l'histoire le personnage de Mygale, Richard Lafargue,chirurgien esthétique qui séquestre chez lui une femme. C'est cette femme qui lui a donné ce surnom, lors des premiers jours de son enfermement. Le médecin a une fille (on se sait rien, il me semble, de sa femme), interné en asile psychiatrique. Peu à peu, on découvre les raisons de la maladie de sa fille, et la véritable identité de cette femme enfermée. En parallèle, on suit les débboires d'un paumé qui cherche à se faire de l'argent, et jette son dévolu sur celle qu'il prend pour la femme de Mygale. Il cherche donc à l'enlever pour récupérer une rançon. Deux histoires qui finissent par se rejoindre pour se finir assez abruptement, laissant le lecteur en plein questionnement face aux choix complexxes des personnages. Un roman troublant.

 

la-piel-que-habito.jpgAlmodovar choisit d'ajouter une suite à l'histoire de Jonquet et transforme assez radicalement le personnage de la femme enlevée. Elle perd de son aspect manipulateur, très présent chez Jonquet, mais conserve une rage de vengeance. Autre changement, Almodovar adoucit le fin de cette histoire, avec une pointe d'optimisme. Surtout, il donne au médecin une raison d'agir, cherchant à créer une peau résistante aux brûlures, et il introduit deux personnages, celui de la mère de Mygale, et celui de sa femme, à l'origine de cette funeste histoire.

 

Au final, ce sont deux oeuvres bien différentes qui sont présentées, à la fois dans leur fond, mais aussi dans la forme. Chez Jonquet, on ressent un univers poisseux, sombre, avec beaucoup de scènes se déroulant la nuit. Almodovar donne à son film un aspect beaucoup plus clinique, chirurgical, avec un médecin qui fait de vraies interventions, et un détachement des personnages. Almodovar a pris chez Jonquet la trame pour la transposer dans son univers (il n'y a pas chez Jonquet de frère bandit déguisé en tigre, mais bien un petit escroc qui a une toute autre fonction dans la narration). Jonquet est au final bien plus pervers et tordu et son livre risque de laisser plus d'images au lecteur que le film, très intéressant et bien fait, mais presque un peu trop mélo. Néanmoins, ne boudez pas votre plaisir si vous pouvez associer les deux oeuvres !

 

Autre film de Pedro Almodovar : Etreintes brisées

Autre livre de Thierry Jonquet : Le livre de ma mère, Face A / Face B (avec Chauzy), La Bête et la Belle

 

Mygale de Thierry Jonquet

Ed. Folio / Policier

Repost 0
23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 22:17

*(bon, d'accord, c'est tard pour une rentrée !)

 

Pour reprendre les bonnes habitudes, voici un nouveau jeu pour vous occuper en ce premier week-end d'automne. Comme d'habitude, (sinon, les représailles seront terribles), une seule proposition à la fois, et on rejoue lorsque le maître du jeu (donc moi) a dit que c'était bon ou pas.

Dix photos extraites de film pour dix titres à retrouver (avec un point commun entre les films, assez évident).

 

Je vous souhaite un très bon jeu !

 1 Certains l'aiment chaud

Trouvé par Marichola

5 1

 

5 certains l'aiment chaud

 

2 Huit femmes

Trouvé par Naomi

5 2 (2)

 

5 huit femmes

 

3 Jeanne et le garçon formidable

Trouvé par Julie

5_3--2-.jpg

 

5 jeanne et le garcon formidable

 

4 The pirate

Trouvé par Julie

Indice : Pub Mérinos

5 4

  5 le pirate

 

Avec la vidéo de la chanson Be clown (dont s'est fortement inspiré la pub Mérinos):

 

 

 

5 Les temps modernes

Trouvé par Sibylline

5 5

 

5-les-temps-modernes.jpg

 

6 Mary Poppins

Trouvé par Pascale

5 6

 

5 mary poppins

 

7 West Side Story

Trouvé par In cold blog

5 7

 

5 west-side-story

 

8 On connaît la chanson

Trouvé par Julie

5 8

 

5 on connait la chanson

 

9 Les demoiselles de Rochefort

Trouvé par Florence

5 9

 

5 les-demoiselles-de-rochefort

 

10 An american in Paris

Trouvé par Julie

5 10

5 un américain à Paris

Repost 0