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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:12

madrague-copie-1.jpg[Déjà paru sur Biblioblog] Il ne sera nullement question ici, comme pourrait le laisser penser le titre de ce roman, de Brigitte Bardot et de sa propriété tropézienne. Le lecteur est bien transporté à Saint-Tropez, mais à la fin du XVIIIe Siècle : il y fait la rencontre de Simon Garcin, bagnard à Toulon sous le matricule 12500.

 

De son bagne, alors qu'au loin résonnent les bruits des troupes de Robespierre voulant reprendre la ville aux Anglais et aux Espagnols, Simon Garcin se remémore l'histoire qui l'a amené entre ces quatre murs. Avec sa mère et son père, capitaine caravaneur, ils habitaient une bâtisse sur la côte. Tout s'est noué lorsque le père a accepté une dernière mission payée par Louis d'Astacan, à bord de l'Esperanza. Bateau qui ne rentrera pas au port, et qui marque le début du cauchemar pour la famille.

 

Car les événements se succèdent alors à vive allure : la descente d'un groupe de cavaliers violents et violeurs dans la propriété, le retour de ces cavaliers pour prendre en main la madrague, pêcherie de thon, installée sur la côte, puis l'incendie de la propriété. C'est pour Simon Garcin le début de la fuite, dans l'arrière-pays, pour échapper aux accusations portées contre lui.

 

Dans ce premier roman, Michel Goujon emmène le lecteur dans une histoire personnelle et familiale détruite par les mensonges et les intérêts d'un industriel peu scrupuleux. Il y décrit de manière très chaleureuse ce pays tropézien, qui est celui dans lequel il a vécu. Il aborde aussi avec beaucoup de chair le monde de la mer et de la pêche au thon, activité qui est à l'origine de la soif de pouvoir de d'Astacan et de de la chute de Garcin. Dans de nombreux passages relatant le découverte des sites de pêche par Simon, on imagine aisément les poissons frétiller à la surface de l'eau, remontés par la madrague, le nom du filet utilisé.

 

Pas de grandes fioritures dans la style, mais une construction alternée entre passage au bagne et retour sur la tragédie familiale, avec en toile de fonds les trafics d'esclaves entre Afrique du Nord et Byzance et tentative de résistance des toulonnais face à la Terreur. Une plongée agréable avec le matricule 12500 dans cette histoire ensoleillée et poissonneuse.

 

La madrague de Michel Goujon

Ed. Liana Levi

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 15:58

Eldorado, le précédent film de Bouli Lannersles-geants.jpg, m'avait marqué par la capacité du réalisateur à faire croire que ce road-movie belge se situe dans un no man's land du grand nord américain. Dans Les Géants, cette capacité m'a une nouvelle marquée, mais avec cette fois un sujet que j'ai trouvé beaucoup plus âpre et noir.

 

Les héros, ce sont trois enfants. Deux frères, Zach et Seth, vivent dans la maison de leur grand-père récemment décédé. Du haut de leurs treize ans et demi et quinze ans, ils empruntent la voiture du grand-père, et rencontrent sur la route Danny, jeune garçon de leur âge, qui essaie d'échapper à son frère violent qui sert de gardien au truand local. Peu à peu dépossédé de tous leurs biens, les trois garçons tentent de trouver un toit, mais doivent faire face à l'adversité, celle du climat, celle des truands ou celle de leur naïveté.

 

Si la séance à laquelle j'ai assisté a été un peu perturbée par deux spectateurs émêchés et évacués en cours de film, j'ai été happé par ce film. Happé une nouvelle fois par les paysages montrés par Bouli Lanners, cette Belgique wallonne vallonnée et forestière qui fait penser au Canada du grand Nord. Des paysages très bien utilisés, comme lors de cette incursion en voiture dans un champ de maïs, ou ce plan final juste au dessus de la rivière.

 

Happé aussi par la tension qui émane de cette histoire. Ces trois gamins ont grandi trop vite, abandonnés par les adultes qui ne sont que des dangers (hormis cette femme qui les accueille dans son antre). Mais ils n'ont pas les armes pour faire face à l'adversité qui leur tombe dessus. On passe alors de scènes douloureuses, où ils perdent tout (la vente de la maison, l'arrivée des déménageurs russes) à d'autres plus drôles (l'ingestion à haute dose de harissa pour assouvir des besoins adolescents, le squatt d'une maison de campagne où ils testent tous les produits àà leur disposition). Mais la drôlerie qui pourrait naître est neutralisée par la crainte de ce qui peut arriver à ces garçons, et si le sourire naît parfois de leurs plaisanteries, il se transforme en regard pathétique, compatissant pour ces enfants qu'on imagine sans avenir.

 

Un beau film, qui confirme les talents de réalisateur de Bouli Lanners, mais qui n'est pas très agréable. Film avec des ados (excellents acteurs, comme tous ceux du film), mais qui n'est pas à mettre devant les yeux de tous les enfants.

 

Autre film de Bouli Lanners : Eldorado

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:41

En ce nouveau week-end prolongé (et pour tous ceux qui ne sont pas allés défiler en ce vendredi matin, et après 11h11 le 11/11/11 et la possible ouverture d'une porte interstellaire ou n'importe quelle aberration numérologique), voici un petit jeu pour vous amuser. Bon, c'est un peu plus facile que d'autres fois, il est possible de tricher (les moteurs de recherche sont de plus en plus performants), mais je compte sur votre sérieux et votre intégrité (de toute façon, y a rien à gagner, sauf ma haute estime, mais ça vous fera une belle jambe !) Allez, au boulot !

 

Les règles : une réponse à la fois, et on rejoue une fois que j'ai validé (et comme je ne serai pas toujours devant mon ordinateur, la validation pourrait parfois prendre du temps ;-)

 

 

 

1 Smoking / No smoking

Trouvé par Hermine

c7 Image 1

 

c7 Smoking

 

2 Cyrano de Bergerac

Trouvé par Hermine

c7 Image 2

 

c7 Cyrano

 

3 Arsenic et vieilles dentelles

Trouvé par Julie

c7 Image 3

 

c7 Arsenic

 

4 Musée haut, musée bas

Trouvé par Florence

c7 Image 4

 

c7 Musée

 

5 Incendies

Trouvé par Florence

c7 Image 5

 

c7 Incendies


6 Don Juan

Trouvé par Florence

c7 Image 6

 

c7 Don juan

 

7 Un tramway nommé désir

Trouvé par Hermine

c7 Image 7

 

c7 Tramway


8 The importance of being earnest

Trouvé par Florence

c7 Image 8

 

c7 Constant


9 Douze hommes en colère

Trouvé par Ys

c7 Image 9

 

c7 Douze hommes


10 Le dîner de cons

Trouvé par Hermine

c7 Image 10

 

c7 Diner

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:20

collector.jpgLe Centre national des arts plastiques investit le Tri postal, à Lille, pour une exposition des oeuvres de sa collection. Sur les trois niveaux, le visiteur découvre donc des oeuvres contemporaines, présentées selon trois axes : la référence aux artistes classiques, l'utilisation du présent dans l'art (logos, histoire,...) et la référence à la solitude et au temps qui passe. Exposition un peu inégale, mais qui a le mérite de présenter quelques oeuvres marquantes.

 

Au rez-de-chaussée, la pièce la plus intéressante est la DS revue et corrigée par Gabriel Orozco. A partir de la célèbre voiture française, l'artiste a construit une oeuvre qui reprend le modèle en le réduisant sur la largeur. Ce sont les mêmes lignes, les mêmes formes, mais avec une largeur réduite. Une place au lieu de deux. A part cette oeuvre visible dès l'entrée de l'exposition, quelques retours sur des détournements de la Joconde ou d'oeuvres de Degas, ou une oeuvre espiègle qui présente des photographies d'Eugène Delacroix et autres personnalités... enfin, de leurs homonymes.

 

A l'étage, on explore les relations entre les oeuvres contemporaines et l'histoire dans tous ses aspects. Ce sont d'abord les détournements des objets commerciaux qui sont au coeur de l'expo, comme avec ces caddies transformées en fauteuil, qui nous interrogent sur notre relation au confort et à la consommation. Ensuite, une salle est réservée à la diffusion du film oscarisé Logorama, signé François Alaux, Hervé de Crécy, Ludovic Houplain. Dans cette oeuvre, l'histoire d'un braquage mais tous les protagonistes (personnages, décors,...) sont déssinés grâce aux logos des marques que nous voyons quotidiennement. Par exemple, le braqueur est Ronald McDonald, et les flics sont des Bibendum.

 

Dans la salle suivante, on retrouve le défilé militaire signé Wang Du, très impressionnant, mais aussi des dessins de Topor ou des photos de guerre qui là aussi placent le spectateur face aux conséquences des actes militaires en les décontextualisant.

 

Au dernier étage, on retrouve un travail sur les vanités et le rapport à la solitude. avec une auto-tamponneuse enfermée seule dans un petit carré de bois, ou des boules miroir qui nous renvoie l'image de la mort venue du plafond. Dernier étage avec moins d'oeuvres, mais peut-être le plus intéressant (et rendu d'autant plus intéressant que le médiateur culturel a très bien fait son travail).

 

Au dernier étage également, l'installation Code de nuit de Cécile Paris permet au visiteur de finir l'exposition dans une boîte de nuit, en se baladant dans les différentes zones définies par l'artiste.

 

Quelques oeuvres très intéressantes, donc, qui méritent le déplacement, jusqu'au 1er janvier 2012.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 21:28

poulet-aux-prunes.jpgAprès Persepolis, Marjane Satrapi s'est une nouvelle fois associée à Vincent Parronnaud pour une adaptation d'une de ses bande-dessinées, Poulet aux prunes. On quitte la biographie de la réalisatrice d'origine iranienne pour plonger dans une histoire moderne digne des contes persans les plus célèbres.

 

Le poulet aux prunes est le plat préféré de Nasser Ali Khan. Violoniste virtuose, il est accablé depuis que sa femme, Faringuisse, a détruit son instrument fétiche. Mais cela n'est finalement rien à côté de la rencontre inattendue avec Irâne, cette femme dont il était follement amoureux de nombreuses années plus tôt. Mais Irâne, dont le père s'est opposé au mariage, ne reconnaît Nasser Ali. Il décide alors de mourir.

 

Le récit est construit en fonction de jours successifs, au cours desquels Nasser Ali imagine des stratagèmes pour mettre fin à ses jours. Il y voit aussi son passé, le futur de ses proches, et rencontre même Azrael, l'ange de la mort. Différentes histoires, qui tissent celle de Nasser Ali, celle de sa rencontre avec Irâne, la belle fille de l'horloger. Celle de son mariage subi avec Faringuisse. Celle de sa fille, joueuse de poker envoûtante (Chiara Mastroianni, merveilleuse) ou de son fils, qui a fui la dictature iranienne et est devenu père d'une caricaturale famille américaine nourrie de hamburgers et de pizzas.

 

De nombreuses petites hitsoires qui s'assemblent et qui forment un puzzle des genres cinématographiques. On passe de la chronique décalée au récit fantastique, en passant par quelques passages animés. Le tout est servi par des acteurs bien choisis, au premier rang desquels Mathieu Amalric, très bon en Nasser Ali Khan, et Edouard Baer en Azrael espiègle. Mais aussi Maria de Medeiros, Eric Caravaca ou Serge Avédikian. Un film un peu inégal, mais qui a le mérite de tenter d'associer des passages très différents dans une seule trame. Un film qui ne mérite certainement pas les nombreuses critiges mitigées voire négatives qui sont sorties dans les médias.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 08:00

skylab.jpgJulie Delpy, dans son nouveau film, nous invite dans la famille de son enfance. On y retrouve ses oncles, tantes, parents et cousins, dans cette réunion dans la Bretagne de 1979. Seule ombre potentielle au tableau : la menace du Skylab, satellite qui doit retomber sur terre, mais personne ne sait où.

 

Repas classique, avec sa partie de foot entre tontons un peu saouls, son méchoui avec un agneau qui cuit sous le regard de ses congénères encore vivants dans la prairie d'à côté, sa sortie à la plage et les chamailleries des enfants. Mais sous le vernis des retrouvailles que tout le monde fête à l'occasion de l'anniversaire de la grand-mère, les personnalités se dévoilent. Et outre la folie de l'oncle Hubert, ce sont autour des failles de l'oncle ancien para ou les divergences politiques, en particulier au sujet de la peine de mort, que se cristallisent les tensions.

 

Pas de grandes nouveautés dans cette chronique familiale et sociétale des années Giscard, mais le regard attentif et subjectif de Julie Delpy qui donne son intérêt à cette carte postale. Car si la rapidité de la narration ne permet pas de traiter en profondeur tous les sujets et les genres (l'humour avec cette sortie sur la plage naturiste, la chronique adolescente, celle politique), les personnages sont assez tranchés pour être tous dignes d'intérêt, enfants ou adultes. On a ainsi la matriarche, entourée de ses enfants, un couple catholique pratiquant, un autre plus libéré, le petit dernier amusette. Et surtout ceux du milieu, qui ont épousé la carrière militaire et qui en subissent les conséquences.

 

Le casting est vraiment très réussi : Emmanuelle Riva et Bernadette Laffont pour les grands-mères, Julie Delpy, Valérie Bonneton, Noémie Lvovsky, Sophie Quinton ou Aure Atika pour les femmes, Eric Elmosnino, Jean-Louis Coulloc'h ou Denis Ménochet chez les hommes. Les enfants sont également très réussis, en particulier Vincent Lacoste, hilarant en ado se croyant irrésistible et rebelle. Et Albert Delpy est très juste dans le rôle du suicidaire tonton Hubert. Une famille comme beaucoup d'autres, mais dans laquelle la parole est peut-être un peu plus libérée, et donne ainsi lieu à un film très agréable et polyphonique.

 

L'avis de Pascale

 

Autre (très bon) film de Julie Delpy : La comtesse 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 19:04

le-diner-de-trop.jpgGjirokastër, petite ville du sud de l'Albanie. En 1943, c'est la porte d'entrée dans la région pour l'armée allemande, qui reprend possession des régions italiennes après sa fuite de Grèce. Le docteur Gurameto le grand retrouve à cette occasion un ancien camarade, le colonel von Schwabe, qui dirige l'armée nazie. Un grand dîner rassemble les deux amis, dîner qui restera dans les annales de la petite ville pour plusieurs années. Car Gurameto devra rendre des comptes concernant ce dîner plusieurs années après, quand les communistes auront pris le pouvoir.

 

Ismail Kadaré, auteur albanais en exil pour fuir la dictature, a la grande habileté de mêler dans ce roman une intrigue historique et un conte. Au niveau historique, le lecteur est embarqué dans la décennie 1943-1953. Au départ, on croise les troupes nazies, accueillies à Gjirokastër par des tirs de mitraillettes. Puis on retrouve Gurameto le grand aux prises avec les autorités communistes, à la recherche d'informations sur un complot médical contre Staline (inspiré de la paranoïa stalinienne contre les médecins juifs en 1953). Là, on quitte les ors des salons du dîner pour se plonger dans la grotte de Shanisha, lieu de torture rendu célèbre par un pacha y ayant torturé les violeurs de sa soeur.

 

Mais Kadaré aborde ce panorama historique des dictatures par le biais du conte. Car qui est vraiment ce colonel nazi qui a assisté au dîner ? Von Schwabe, l'ami de Gurameto ? Ou un homme revenu d'entre les morts ? Et pourquoi les communistes cherchent-ils, dix ans, plus tard, à connaître le fin mot de cette histoire qui a fait le tour de la région ? Gurameto, tel Yves Montant dans l'Aveu, enchaîné dans la grotte, fera les frais des investigations menée contre lui.

 

Kadaré signe donc un roman fort intéressant, s'inspirant de faits réels pour dénoncer des régimes politiques différents mais tout autant totalitaires, sur fond de fable. Ce qui lui permet des envolées oniriques et fantastiques qui pimentent agréablement le récit, et fournit un autre degré de lecture à ceux qui se penchent sur ce roman.

 

Autre oeuvre d'Ismail Kadaré : La grande muraille

 

Le dîner de trop d'Ismail Kadaré

Traduit de l'albanais par Tedi Papavrami

Ed. Fayard

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 07:26

la-route-de-midland.jpg{Déjà paru sur Biblioblog] Le Salt Café. Un motel miteux perdu au bord d'une route, à proximité de Midland, dans le désert texan. A sa tête, Amy, entourée de deux noirs, Zach et Singer. Peu de clients, que ce soit pour prendre un verre, passer une nuit ou laisser sa voiture en réparation. C'est pourtant là que Will s'arrête pour passer quelques jours.

 

Will n'y vient pas par hasard. Dans le coffre de son véhicule, un cercueil contient le corps de son frère, récemment décédé. Will ne parle à personne de ce qu'il transporte, et lorsque son chargement est découvert, il souhaite garder cela secret. Car Amy ne serait pas forcément heureuse d'héberger contre son gré un macchabée. Mais aussi car c'est justement à cause d'Amy qu'il a amené ce cercueil au cœur du désert.

 

Dans ce roman, Arnaud Cathrine parvient à créer une atmosphère, celle d'un bar presque déserté, où il n'y a pas que la poussière pour rendre visite aux habitants du lieu. C'est une forme de western moderne, évoquant notamment Ennio Morricone pour le décor. Pourtant, le cadre n'est pas l'unique atout du roman, car les liens entre les personnages sont primordiaux. Ceux entre le mort, le frère de Will, et Amy, la tenancière du bar. Mais également entre Will et son frère, car le périple qu'il impose au cercueil n'est pas sans lien avec leur enfance commune, tumultueuse et destructrice.

 

La narration ajoute à ce mélange des genres, très réussi, celui des voix. Celles de Will et de Singer se succèdent, pour dévoiler chacune de nouveaux éléments de l'intrigue. Ajouter à cela quelques enregistrements relatant les confessions de Will sur son enfance, et vous avez un roman à la  construction très intelligente, qui navigue entre inspiration du far-west et drame familial. Un roman qui annonce certains thèmes récurrents de l'œuvre d'Arnaud Cathrine : polyphonie pour la narration, relations fraternelles difficile, paysage et personnages désolés.

 

Autres romans d'Arnaud Cathrine : Le journal intime de Benjamin Lorca, Frère animal (avec Florent Marchet), Les vies de Luka

 

La route de Midland, d'Arnaud Cathrine

Ed. Verticales

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 07:32

the-artist.jpgUne des surprises du dernier festival de Cannes a été le prix du meilleur acteur pour Jean Dujardin. D'autant plus étonnant quand on se souvient de ses débuts : les Nous c'est nous, parodie de boys band au milieu des années 90, puis Loulou dans Un gars, une fille. Mais l'acteur a grandement bonifié, et sa prestation dans The artist, le film surprenant et réjouissant de Michel Hazanavicius, explique parfaitement la remise du prix.

 

Le parti-pris du réalisateur de OSS est osé : réaliser, à l'heure des films en 3D, un film muet en noir et blanc. Hommage aux films des années 20 et 30 et à la naissance des comédies musicales (le thème du film, l'arrivée du film parlant mettant en cause le muet, rappelle  d'ailleurs Chantons sous la pluie), le film mêle habilement acteurs convaincants, scènes marquantes et musique entraînante.

 

Outre Jean Dujardin, très bon dans ce rôle muet où il peut faire étalage de tout son bagage d'expressions, il est entouré de Bérénice Béjo, déilicieuse, un peu oubliée dans les articles évoquant le film. De très bons seconds rôles également, en particulier John Goodman en caricature de producteur hollywoodien. Et il y a bien sûr le chien, un cabot  inséparable de son maître, qui occupe le devant de la scène.

 

Michel Hazanavicius, dans cette comédie romantique qui n'en respecte pas tous les codes, a également un sens très aigu de la mise en scène. Que ce soit avec cette belle scène dans l'escalier ou ce passage de rêve avec une utilisation très surprenante du son, ou encore avec cette première tentative de tournage entre George Valentin (Dujardin) et Peppy Miller (Béjo), la composition des scènes permet au film d'avancer et de définir les personnages.

 

A cela, il fautr encore ajouter l'utilisation de la musique, même si j'ai mis un peu de temps à être emporté par celle-ci. Son utlisation au début m'a paru assez attendue, et les différents hommages rendus passent un peu inaperçus. Ce n'est que lorsque la musique de Bernard Herrmann se fait entendre en fin de film que l'émotion pointe grâce à la musique, avant la grande scène finale, pimpante et joyeuse.

 

De très bons ingrédients pour un résultat pleinement réjouissant. Une fable d'un autre temps qui permet de se rendre compte que les innovations technologiques ne sont peut-être pas l'avenir du cinéma, comme on peut l'entendre partout.

 

Autre film de Michel Hazanavicus : OSS 117 : Rio ne répond plus

 

L'avis de Pascale

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 23:01

jeanne-et-marguerite.jpgJeanne est une jeune femme moderne. Habituée à écrire pour les autres, elle raconte son histoire d'amour compliquée avec un homme qu'elle ne connait qu'à peine. Marguerite, c'est une femme du début du XXe Siècle, qui fait la rencontre de l'amour sur la plage de Nice. Deux femmes bien différentes, mais dont les histoires sont contrariées par une même cause : la guerre.

 

Pour Marguerite, la guerre qui met en danger son amour pour Eugène est la guerre de 14. Pourtant, Marguerite croit en la force des sentiments qui l'unissent à son aimé, comme ont pu le montrer les moments de longue séparation dus à son séjour en Suisse pour ses études. Marguerite, restée à Nice, ne cesse alors d'attendre le retour de celui qu'elle chérit. Mais l'arrivée de la guerre, et les nouvelles de moins en moins fréquentes sont un danger autrement plus important.

 

Jeanne, elle, a fait la rencontre sur Internet d'un homme avec qui elle vit un amour épisodique. Leurs rencontres dans la vie réelle se font dans le noir. Son amant, secret et mystérieux, part régulièrement pour des périodes de durée inégale, avant de refaire surface, inopinément, dans la vie de Jeanne pour son plus grand bonheur. Un homme dont elle sait peu de choses, jusqu'à apprendre que ses départs sont souvent liés aux guerres qui se mènent dans des pays plus ou moins lointains : Afghanistan, Tchétchénie,...

 

Deux histoires menées en parallèle qui racontent des amours contrariés, compliqués. Deux femmes qui sont en attente, après avoir trouvé celui avec qui elles souhaitent passer de longs moments, mais résignées à cette attente. Avec une écriture agréable, Valérie Péronnet donne vie dans son premier roman à ces deux femmes. Si j'ai apprécié cette lecture et l'écriture de l'auteur, que j'ai pour ma part effectuée par petites touches alors que le roman peut certainement se lire d'une seule traite, je suis resté en peu sur ma faim en ce qui concerne l'intrigue. Le roman n'est bien entendu pas le lieu où décrire de grandes aventures, mais j'aurai aimé creuser un peu plus les motivations de ces deux femmes, leurs aspirations, leurs espoirs et déceptions. Mais hormis cette petite réserve, Jeanne et Marguerite est un roman à découvrir pour ceux qui apprécient les écritures subtiles et pudiques.

 

Jeanne et Marguerite de Valérie Péronnet

Éditions Calmann-Lévy

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