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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 10:09

navez-rien.jpegAlain Resnais aime le théâtre. Il l'a déjà montré avec Mélo ou Smoking / No smoking. Dans vous n'avez encore rien vu, il renoue avec le genre théâtral en conviant les acteurs qui ont déjà travaillé avec lui. Il prend le prétexte de la mort d'un metteur en scène pour faire une déclaration d'amour aux acteurs, à tous les acteurs.

 

Pour commémorer le mémoire de ce metteur en scène (Denis Podalydès dans le film), tous les acteurs sont conviés à une projection. Ils doivent décider si les jeunes gens qui montent la pièce qu'ils ont joué ensemble par le passé méritent de reprendre le flambeau. Au cours de la projection, les acteurs reprennent le dessus et se mettent à réciter leur texte, à le jouer avec leurs camarades. Les époques se mêlent, les distributions se confondent et le film file dans un tourbillon d'illusion.

 

Comme toujours, Resnais refuse tout réalisme. Les décors sont clairement de carton-pâte et les réactions des comédiens, qui apprennent un à un la mort du metteur en scène au téléphone au début du film, sont convenues et clairement simulées. Mais ce n'est pas ce qui intéresse Resnais. Ici, il décrit les sensations qui étreignent les acteurs quand ils jouent, les réminiscences des pièces jouées (Antigone et Cher Antoine, de Anouilh) et le jeu constant des acteurs. Peu importe l'histoire finalement : Resnais aime ses acteurs et le montre.

 

C'est d'ailleurs un vrai plaisir de retrouver cette brochette d'acteur vu chez Resnais (ou chez Desplechin ou Podalydès, chez qui Resnais a été pioché). Mathieu Amalric, Anny Duperey ou Michel Piccoli sont touchants, et le couple composé par Lambert Wilson et Anne Consigny émouvants. Ils éclipsent d'ailleurs le couple Pierre Arditi / Sabine Azéma, qui a (comme toujours) les faveurs du réalisateur mais dont on sent ici l'outrance dans le jeu.

 

Si le film est par moment languissant (notamment dans un long dialogue Arditi-Azéma au milieu du film) et peut provoquer quelques assoupissements, Resnais parvient à réactiver la concentration du spectateur au cours du film. Un film qu'il faut que je revois, c'est certain, pour percevoir un peu mieux toutes les nuances qui m'ont échappé à la première vision.

 

Autres films d'Alain Resnais : Les herbes folles Providence, L'année dernière à Marienbad

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commentaires

flo 21/10/2012 00:50


ah bah? ça le fait plus maintenant... Non je n'ai rien bu, et oui, c'est bizarre overblog...

flo 21/10/2012 00:49


commantaire d'intendance : c'est normal que certains mots de ton billet (cours, film et Anne) renvoient vers un lien pour commander un appareil hi tech où qu'on peut faire glisser ses doigts
dessus ??? c'est chelou...


Sinon je plussoie la critique.

Yohan 23/10/2012 08:29



Bon, ça a disparu... peut-être un souci sur la plate-forme...



Emeraude 20/10/2012 21:32


je suis bien d'accord avec les "quelques assoupissements" ! Et pourtant, je garde un excellent souvenir de ce film. Un très bon film c'est évident, avec de très beaux textes et un jeu d'acteur
très émouvant.

Yohan 23/10/2012 08:28



Un très bon souvenir aussi, ravivé par une deuxième vision que je suis très content d'avoir fait. cela m'a permis de me concentrer sur l'intrigue et de comprendre les enjeux. En revanche, je ne
suis pas totalement convaincu par le texte d'Anouilh.