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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 16:12

http://medias.jds.fr/images/article/21082/photos/Vincere_300.jpgBenito Mussolini, avant de devenir le dirigeant de l'Italie fasciste, a défendu des idées de gauche : anticlérical, antimonarchiste, il fut la cible des policiers du régime. Directeur d'un journal de gauche, il est apprécié, avant d'être débarqué : il défend l'entrée en guerre de l'Italie, moyen selon lui de régénérer la nation italienne. Seul, banni des milieux dans lesquels il naviguait, il s'appuie sur sa femme, Ida, qui lui a permis d'acquérir un nouveau journal. Mais peu à peu, cette première femme devient encombrante, et Mussolini fait tout pour la tenir loin de lui. C'est la vie d'Ida Dalser qu'a choisi de conter Bellochio, de sa passion amoureuse à son enfermement dans un hôpital de bonnes soeurs, où elle est séparée de son fils, Benito Albino Mussolini...


Vincere est un film osé et assez déconcertant pour le spectateur : Bellochio choisit de raconter cette histoire dramatique de manière outrée, en appuyant certains moments, certains passages. Les personnages eux-mêmes, que ce soit Ida ou Mussolini, sont hors du commun, l'une pour son amour éperdu, l'autre par sa cruauté. En intercalant des images d'archive dans la fiction, le réalisateur montre bien que cette petite histoire est en lien direct avec la grande : que serait devenu Mussolini si sa femme n'avait pas mis à sa disposition son argent quand il en avait besoin ?


Dans les commentaires entendus ici et là, il est souvent fait référence à l'opéra. Je trouve cette comparaison très juste, car les caractères enflammés des personnages (l'amour fou), les péripéties qu'ils vivent (un mariage nié, une accession au pouvoir) entrent tout à fait dans les caractéristiques de l'opéra. Bellochio a d'ailleurs certainement eu cette référence en tête, puisque résonne devant une église un air de Tosca, opéra qui relate lui aussi une relation amoureuse contrariée par la jalousie.


Vincere est un film riche, qui joue sur l'iconographie et sur l'image de Mussolini. Mussolini jeune est incarné par Filipo Timi, avant de devenir une image d'archive lorsqu'il abandonne Ida (Giovanna Mezzogiorno). Mais l'image de Mussolini revient sous les traits de son fils, qui dans une scène très réussie, se moque de la manière dont son père prononce ses discours (discours intéressant à entendre par ailleurs, qui parle de la politique coloniale fasciste en Afrique). Vincere est également un hommage au cinéma, puisque les écrans sont nombreux dans le film, que ce soit la projection du Kid pour les malades, des actualités dans une salle de cinéma ou d'un film catholique sur la voûte d'un hôpital pour les blessés de guerre.


Vincere est donc un film dense, touffu, qui interpelle mais qui mérite vraisemblablement une deuxième vision pour être sûr de bien suivre Bellocchio dans son cheminement artistique. Cheminement marqué par ce qui touche à l'enfermement et à la psychiatrie, puisque avant Vincere, il avait traité de la captivité d'Aldo Moro, homme politique enlevé dans les années 70 par les activistes de gauche dans le très bon Buongioro, Notte.

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commentaires

Ys 13/12/2009 17:06


C'est incroyable ça, tu vas toujours voir les films qui me tentent, tu en as de la chance ! Ce qui m'intéresse particulièrement dans celui-là c'est de voir comment se fait la juxtaposition
fiction/images d'archives et aussi les scènes en hôpital psychiatrique. J'espère pouvoir le voir.


Yohan 13/12/2009 18:41


A croire que nous aurions des goûts cinématographiques. J'ai la chance de vivre en région parisienne, et d'avoir un accès large à tous les films, mais étant originaire de province "rurale", je
comprends ta frustration !