J'avoue, je ne suis pas très en avance avec ce film. Mais les sorties fin juin, c'est fatal : pas le temps de les voir à ce moment-là.
Heureusement qu'il est resté un moment à l'affiche !
Joachim Zand, producteur, revient en France après un exil aux Etats-Unis. Là-bas, il a fait la connaissance de filles avec lesquelles il a monté un spectacle assez atypique de New Burlesque. Du Havre à La Rochelle, on suit donc cette troupe, dont la vie est rythmée par les représentations et les déboires d'ordre privé de Joachim.
Tournée faisait partie des films français présentés à Cannes cette année. Reparti avec un prix de la mise en scène, il était précédé d'une assez bonne réputation. J'y suis donc allé confiant, et n'est pas regretté mon déplacement.
Les héros de cette histoire, ce sont les femmes qui font les numéros présentés dans le film. Plantureuses, n'ayant pas froid aux yeux, elles offrent à leur public en transe des strip-teases, des numéros de cirque totalement foutraques, mais qui constituent néanmoins des performances de haute volée. On suit donc la vie de la troupe, entre les spectacles, avec les nuits passés dans les hôtels, les déplacements en train alors que leurs costumes se déplacent en camionnette. Ces femmes-là sont étonnantes, originales, incroyables de drôlerie, et qui portent des noms à coucher dehors : Dirty Martini, Kitten on the Keys,...
A leur côté, il y a Joachim, incarné par Mathieu Amalric qui réalise également le film. On retrouve ici un personnage proche de ceux que l'acteur a pu incarner chez Desplechin, en particulier dans Rois et reines. C'est un être meurtri, qui a vécu un échec professionnel humiliant et qui tente de se refaire. Mais précédé de sa mauvaise réputation, il ne peut rien espérer. De même, du côté familial, tout n'est pas rose. Il récupère ses deux fils, mais est plus embarassé qu'autre chose avec ces deux aadolescents qu'il est obligé d'emmener partout.
Alors, le petit défaut du film est de laisser trop de place à Joachim. Ses pérégrinations dans Paris, où il retrouve une
ancienne connaissance (maîtresse ? collègue ?) sont assez peu justifiées, et cassent un peu le rythme. En revanche, sa virée en voiture avec l'une de ses vedettes sur la route de Bordeaux est un
très bon moment de cinéma, pendant lequel le spectateur suit une histoire dont il ne maîtrise rien, ne sachant jamais comment elle va se terminer. De même, tous les personnages croisés en chemin,
de la femme de la station service à la caissière, apporte un grain de folie qui pousse le spectateur à se demander si les artistes sont finalement les plus timbrées du film.
De ce fait, l'impression globale pour ce film est très positive. Amalric réussit à donner vie, en quelques plans, à ces filles et à leurs numéros inattendus. Et étant donné le souvenir que j'avais d'Amalric réalisateur (Mange ta soupe, qui m'avait profondèment ennuyé), j'ai été très agréablement surpris par cette virée dans le new burlesque.