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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 22:02

the-tree-of-life.jpgIl y a parfois des films qu'on va voir à reculons. Parce qu'on une expérience avec un des acteurs ou avec le réalisateur qui n'a pas été que concluante. Parce que le sujet du film laisse présager un traitement loin de ses aspirations. Parce que les échos entendus de droite et de gauche crient au navet ou au chef d'oeuvre. Pour le dernier film de Terrence Malick, j'étais un peu dans toutes ces dispositions. Car si j'ai apprécié les Moissons du ciel, Le nouveau monde m'avait copieusement ennuyé. Et le genre new age n'est pas trop de mon goût. Pourtant, The tree of life est un grand film, mais il aurait été plus grand encore si Malick l'avait débarassé de ses scories, en début et en fin de film.

 

Car le récit central du film, la relation de trois garçons avec un père autoritaire, dans les Etats-Unis des années 50, est filmé de manière fascinante. Par touches, par courtes séquences, Malick laisse le spectateur découvrir le fonctionnement de cette famille, totalement centrée autour du père, jamais violent physiquement, mais moralement omniprésent. Les enfants le ressentent, et l'aîné devra grandir en tentant de se détacher. Ce que son frère cadet n'arrivera pas à faire. J'ai été vraiment emporté par ce récit, ces scènes d'insouciance autour d'un jet d'eau qui s'opposent à ce repas horrible, où toute la violence du père s'exprime. Brad Pitt tient encore là un très grand rôle, qui confirme sa place de très grand acteur du moment, à l'aise dans tous les registres. Les enfants sont également au diapason, avec le cadet qui est exactement tel que j'imagine Brad Pitt à dix ans.

 

Les scènes contemporaines, avec Sean Penn jouant l'aîné à la cinquantaine, sont peu nombreuses, et donnent un écho intéressant à ce récit d'apprentissage dans la douleur, entrecoupé de scènes de joie sur lesquelles planent toujours la menace paternelle. Et ces deux récits sont le coeur d'un très bon film.

 

Malheureusement, l'ensemble est précédé et terminé par des images et un discours lénifiant, sur une opposition grâce / nature, avec un discours religieux pompeux, allant de la présence de Dieu au paradis blanc. La représentation des origines est superflue, et plus encore celle des dinosaures, dont on se demande ce qu'ils font là (je m'attendais à entendre la musique de Jurassic Park). Et la symbolique des portes, qui rythment le récit, est également trop facile. Mais finalement, ce ne sont pas les images que je retiens du film, qui est bien plus que le clip new age que certains spectateurs ont uniquement vu. Il y aurait des choses à couper, à réduire, pour rendre l'ensemble plus cohérent, plus dense, mais la manière qu'a Malick de filmer cette relation de famille hors norme (peut-être pas tant hors de normes que cela, en fait) est vraiment saisissante. Je ne peux que vous conseiller d'aller dans une salle pour vous faire votre propre avis.

 

L'avis de Pascale (perplexe)

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commentaires

Ingannmic 08/06/2011 11:21



Je suis en complet accord avec tout ce que tu dis.. des bémols, mais je ne regrette pas de l'avoir vu, car il y a de très beaux passages, j'ai moi aussi adoré la façon dont Mallick filme les
rapports entre les garçons et leurs parents (je ne connaissais pas l'actrice qui joue la mère, mais je l'ai trouvée lumineuse).



Yohan 08/06/2011 22:20



Je ne connaissais pas non plus Jessica Chastain, qui est en effet très bien dans ce rôle effacé. Un film qui crée des avis tranchés, mais qui a le mérite de susciter le débat !



Choupynette 07/06/2011 10:28



plus je lis des billets, plus j'hésite. pourtant j'adore Mallick, mais là... je ne sais pas...



Yohan 08/06/2011 22:15



L'approche du film peut en effet rebuter (ce fut mon cas), mais je ne regrette au final pas une seconde d'avoir vu ce film !