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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 20:00

http://img718.imageshack.us/img718/9344/36171499.jpgHarry Quincey habite dans une petite ville industrielle avec ses deux sœurs, Lettie et Hester. Il travaille comme dessinateur de motifs pour tissus, et l'arrivée de Deborah Brown, qui a pour objectif de moderniser la production, l'inquiète. Mais dès l'arrivée de la jeune femme, il est évident que Harry et Déborah ne peuvent que vivre une grande histoire. Tout cela n'est pas du goût de Lettie, jeune femme malade, à l'hypocondrie avérée, et elle fait tout pour garder la main sur son frère.

 

Ce film de 1945 réalisée à Hollywood par Robert Siodmak, démarre comme une gentille comédie sentimentale. Deux êtres se rencontrent et s'aiment, mais leur amour est confronté à la jalousie de l'une des sœurs de Harry. Cette trame vaut pour la première moitié du film. On suit avec intérêt l'histoire de cette famille étrange, dans laquelle les tensions sont visibles. Ainsi, Hester, la plus âgée, ne supporte pas la présence de la cuisinière qui lui refuse l'entrée de sa cuisine. Deborah découvre donc vite que tout n'est pas rose chez les Quincey. Mais la véritable source de tension, c'est Lettie. Femme indécise, frivole, aux envies qui changent chaque matin, elle sait que son frère fera tout pour la protéger, et elle en joue de manière outrancière. Elle est vraiment l'élément perturbateur de ce début de film.

 

Puis l'atmosphère bascule avec d'abord la mort du chien de la famille, puis le départ de Déborah, lassée des tergiversations de Harry qui préfère aller au chevet de sa sœur comédienne plutôt que de partir sur le lieu de leur future union. Harry apprend alors que Déborah s'en mariée à un autre homme, et sa rancœur envers Lettie, qu'il adorait, prend le dessus. Débute alors un second film,, marquée par une forme d'amoralité tout à fait réjouissante. Malheureusement, celle-ci ne va pas jusqu'au bout, et la dernière scène (visiblement ajoutée par les studios pour satisfaire le puritanisme de l'époque) fournit un renversement dont l'effet est plaqué.

 

Dans cette seconde partie, le centre d'intérêt devient Harry (Georges Sanders) : c'est à son tour de manipuler, d'assouvir son besoin de vengeance, au risque d'en faire subir les conséquences aux innocents. L'acteur est très bon dans ce rôle, et répond au très bon jeu de Geraldine Fitzgerald, qui incarne Lettie, et qui dirige le premier acte. Autour d'eux, Ella Raines (Deborah) ou Moyna McGill (Hester) ne font pas fausse note dans cette partition.

 

Un film très intéressant donc, à la fin un peu décevante et plaquée, mais qui vaut pour sa seconde partie, très jouissive, et le jeu des acteurs, parfait.

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