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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 18:15

http://idata.over-blog.com/1/84/51/02/silas_marner.gifSilas Marner est tisserand dans un petit village de l'Angleterre, au début du XIXe Siècle. Il est arrivé dans le village après avoir été exclu de sa communauté, suite à une dénonciation calomnieuse de la part de son meilleur ami. Il consacre tout son temps au travail, et voue un culte de plus en plus important à son sac de guinées en or qui grossit. Mais quand ce dernier disparaît, par une nuit de pluie et de brouillard, Marner voit son monde s'écrouler. Le village le prend enfin en considération, et il en devient même la coqueluche lorsque décide d'élever Eppie, une petite orpheline qu'il a trouvé un soir devant se cheminée. Eppie devient le centre de sa nouvelle vie, mais son père, que personne ne connaît, caresse toujours l'espoir de récupérer la jeune fille.

 

Ce doit être la première fois que je lis un roman écrit par une anglaise du XIXe Siècle. Car George Eliot est une femme, moins connue que certaines de ses contemporaines (Austen, Brontë ou Gaskell), mais qui est considérée comme un auteur classique de l'époque. Voilà donc encore un classique que je viens de découvrir.

  

Deux choses m'ont frappées dans ce roman. La première est celle de la description du village, avec ses conventions sociales, car on ne mélange pas les différentes classes. L'Arc-en-ciel, le troquet du village, est le lieu de rencontre des villageois, et le salon du squirrel Cass est celui des bals, des dîners, où tous les convives rivalisent dans leurs tenues. Les deux mondes ne sont pas imperméables (le médecin ou les hommes de religion peuvent assister aux deux), mais il est évident que les comportements y sont très différents. Ainsi, l'arrivée de Marner au cours du bal est une intrusion beaucoup plus étrange que celle au troquet quelques temps auparavant. La description du village permet également la mise en exergue des ragots, des cancans, des stéréotypes qui laissent à l'écart ceux dont on ne comprend pas le comportement. C'est ce qui arrive à Marner à son arrivée.

 

La deuxième chose, c'est la naïveté de l'histoire d'amour racontée : Godfrey Cass veut épouser Nancy Lammeter, mais il est secrètement marié à une serveuse de bar. Je ne voudrais pas paraître désobligeant, mais cette partie du récit m'a paru assez harlequinesque. Si cette histoire reste secondaire, elle occupe toutefois une place relativement importante, notamment au centre du roman. Mais la personnalité de Marner, son amour pour Eppie et sa renaissance à la vie permettent d'oublier, au final, cette partie moins convaincante du récit.

 

Un classique que je suis content d'avoir découvert, même si les nombreuses références religieuses, et la moralité de l'histoire (on finit toujours par être récompensé lorsqu'on a rien à se reprocher) ne sont pas ma tasse de thé. Je ne sais pas si Eliot est typique des romans anglais du XIXe Siècle, mais je crois que cette catégorie littéraire n'est pas forcément ce qui m'attire. Mais je ne demande qu'à être surpris...

Livre proposé par Keisha dans la chaîne des livres, et tous les liens dans le billet de demi-bilan chez Ys.http://les-carabistouilles.fr/wp-content/uploads/2010/03/defi_classique-300x116.jpg
ronde.jpg


Silas Marner, de George Elliot

Traduit de l'anglais par Pierre Leyris

Ed. Folio

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commentaires

keisha 17/03/2010 08:20


Aïe, il va falloir que je le relise, pour me faire une idée...
Je viens de lire Daniel Deronda (850 pages écrites tout petit en VO, j'avais prévenu, la dame ne fait pas dans le light) et j'ai adoré! Le moulin sur la Floss, pas mal du tout (sur mon blog
d'ailleurs), Middlemarch, lu il y a trop longtemps, the pave aussi!
Voilà, s'il y a des amateurs...


Yohan 19/03/2010 19:39


Ah, 850 pages, je vais réfléchir avant de m'y mettre. Mais merci pour ceux qui voudraient découvrir George Eliot ;-)


zarline 12/03/2010 13:21


De cette auteure, j'ai Middlemarch dans ma PAL. J'espère que les références religieuses y seront moins nombreuses, car ce n'est pas franchement ma tasse de thé à moi non plus ;-)


Yohan 16/03/2010 21:41


Ce ne sont pas tant les références religieuses qui sont gênantes que la morale finale, très "béatitudes chrétiennes" : "Heureux les pauvres,..."


Mango 12/03/2010 13:09


Je crois bien avoir lu "Le moulin sur la Floss" mais je ne m'en souviens pas du tout! Tu me donnes envie de lire un autre de ses livres, tiens!


Yohan 16/03/2010 21:39


Il faudra que tu le relises alors ! Ou que tu plonges dans un autre, mais pour te guider, il faut demander conseil à Keisha !


Titine 12/03/2010 11:36


Je suis comme Keisha passionnée de littérature anglaise du XIXème mais je n'ai pas encore lu George Eliot. Etant donné ton commentaire, je pense que je ne commencerai pas par celui-là!!


Yohan 16/03/2010 21:29


Malheureusement, je ne pourrai pas trop te conseiller pour découvrir Geroge Eliot !


keisha 12/03/2010 09:34


Coucou, je suis contente que tu donnes ton avis sur une lecture si loin de tes habitudes (oui, c'est ça la chaîne!) Bienvenue dans le monde des romancières anglaise du 19ème, qui sont (tu l'aurais
deviné) complètement ma tasse de thé.
Cependant, à te lire (car j'ai lu ce livre il y a siiii longtemps), je pense que ce n'est pas le meilleur de Eliot (mais c'est sans doute le plus court, d'où mon choix.


Yohan 16/03/2010 21:28


Merci à toi d'avoir proposé ce titre dans la chaîne, qui me permet maintenant de faire illusion mquand on parle des romancières anglaises du XIXe. Je ne sais pas si je replongerai dans Eliot, mais
je sais au moins à quoi cela ressemble (et cela m'a assez plu, par moment).