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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 17:00

la_piscine.jpgC'est bien l'été, surtout quand à côté de chez soi, il y a un cinéma qui consacre une salle aux rétrospectives (Merci au Majestic, à Lille !). Car si l'offfre ciné de l'été n'a pas été très affriolante, ce fut l'occasion de faire quelques séances de rattrapges. Au menu, Romy Schneider et Luchino Visconti.

 

Démarrons avec Romy, dont j'ai vu trois films. Le premier est certainement le plus populaire, le plus facile d'accès, notamment en raison de la présence de Romy Schneider aux côtés d'Alain Delon. C'est donc La piscine, de Jacques Deray, qui a ouvert ma rétro cinématographique. Si le film ne m'a pas complétement emballé (peut-être à cause d'Alain Delon, dont je ne suis pas un grand amateur), le film vaut pour l'ambiance vénéneuse qu'il arrive à installer. A l'origine du malaise ambiant, on trouve les personnages de Maurice Ronet (formidable en producteur bling-bling) et de Jane Birkin (convaincante en jeune ingénue mais pas tant que ça). La force du film est de tout laisser hors champ : qu'ont fait Delon et Birkin à la plage ? Et Ronet veut-il renouer avec Romy. Un film au final plaisant.

l-important-c-est-d-aimer.jpg

 

Dans un autre registre, Romy Schneider est étincelante dans L'important c'est d'aimer d'Andrzej Zulawski. On entre dans un univers totalement différent. La scène d'ouverture, un tournage sur un film érotique/pornographique, donne le ton. C'est un film qui refuse tout réalisme, où les personnages ont des comportements souvent étranges. L'intrigue est complexe à résumer, car le film ouvre diverses pistes : l'amour à trois, le désir, la jalousie, la dépression; la représentation théâtrale,... C'est un film déroutant où on découvre Romy Schneider dans un rôle de femme amoureuse et dépressive, avec à ses côtés Fabio Testi, Jacques Dutronc ou Michel Robin.

 

 

affiche-Ludwig.jpg

Et pour être certain de la diversité des rôles joués par Romy, j'ai également vu Ludwig ou le crépuscule des Dieux, de Visconti. Elle retrouve le rôle d'impératrice d'Autriche qu'elle incarnait déjà dans Sissi, mais avec un tout autre traitement. Mais elle n'est finalement qu'un second rôle dans cette grande fresque qui montre la folie des grandeurs et la décadence de Louis II de Bavière. Au centre du film, on trouve Helmut Berger, totalement halluciné, qui joue avec fureur et énergie la lente descente vers la folie du monarque. On y découvre ses relations privilégiées avec Wagner (pour qui il fait construire Bayreuth), ses folies architecturales (la château de Neuschwanstein, notamment) et son homoséxualité difficilement assumée. Visconti signe une grande fresque sur la folie de l'aristocratie, pointant l'incapacité de la cour à entourer ce roi. 

le_guepard.jpg

 

Enfin, pour continuer avec Visconti, j'ai également eu le bonheur de voir une autre fresque sur la décadence et la fin d'un monde, Le guépard. Ici, on se trouve en Italie, au moment crucial de l'unité italienne. J'ai beaucoup aimé ce film, grande fresque sur la fin d'un monde, celui de l'aristocratie italienne qui voit arriver les militants de la République. Le personnage de Salina (Burt Lancaster) est très intéressant, et celui de Tancrède (Alain Delon) vaut pour son évolution politique, significative de ces opportunistes qui finissent toujours par retomber sur leurs pieds, quel que soit le régime en place. Il y a également Angelica, la jeune fille très libre, fille d'un maire républicain, qui joue un rôle non négligeable. Le film est fastueux, avec notamment cette immense scène de bal, et c'est un vrai plaisir de plonger dans cette intrigue. Le guépard est un grand film.

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commentaires

dasola 18/10/2012 07:44


Bonjour Yohan, j'ai bien entenudu vu les 4 films cités. Concernant Ludwig ou le Crépuscule des Dieux, je l'avais vu en salle il y a plus de 20 à l'occasion d'une ressortie de la version de 4h.
J'avoue avoir "décroché" par moment, j'ai trouvé des longueurs mais Romy en Sissi est sublime. Ce qui m'avait surtout géné c'est que le film a été tourn en anglais, doublé en italen (et cela se
voit) et sous-titré en français. Bonne journée.

Yohan 23/10/2012 08:27



C'est marrant, que ce soit pour le Guépard ou Ludwig, films longs, je n'ai éprouvé aucun moment de langueur ou d'assoupissement. En revanche, il est vrai que le fait d'avoir tourné dans une
langue autre que l'italien et d'avoir ensuite doublé les acteurs est assez surprenant. Dans Ludwig, c'est d'autant plus étrange que la cour de Bavière parle italien...