Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 10:10

poetryMija est une grand-mère active : elle s'occupe de son petit-fils Wook et gagne sa vie, à 65 ans passés, en s'occupant d'un vieux monsieur qu'elle appelle le président. Mija apprend qu'elle est malade d'Alzheimer, et décide alors de prendre des cours de poésie et de participer à des soirées de récitations de poèmes. Mais la beauté qu'elle éprouve lors de ses activités est troublée par ce qu'elle apprend sur son petit-fils et son groupe d'amis.

 

Poetry est un très joli film, qui allie à la fois la grâce de la découverte de la nature, de l'attention portée aux détails, et le sordide et le deuil avec ce crime commis par son fils, qui a participé à un viol collectif, ce qui a poussé la jeune fille à se suicider. Ces deux plans sont constamment présents dans le film, qui s'ouvre sur la découverte du corps inanimé de la jeune fille dans la fleuve, corps qu'on retrouve ensuite à la sortie de l'hôpital et qui marque, avec l'annonce de la maladie, tout le début du film.

 

Ce qui est sensationnel dans ce film, c'est le personnage de Mija, qui est de quasiment tous les plans (voire tous), et qui est une femme fragile mais battante, qui tente de faire entendre raison à ce petit-fils auquel on a envie de mettre une paire de gifles. Incarnée par la fabuleuse Yoon Jung-hee, elle donne le rythme de tout le film. Car  le scénario prend son temps. Rien n'est pressé, on suit cette vieille dame dans ses travaux quotidiens, mais aussi dans sa recherche de 5 millions de wons pour indemniser le famille de la jeune fille. On la suit également dans le bus quand elle se rend sur les lieux du viol et du suicide, on la suit dans ce karaoké où elle chante une chanson avant de discuter avec le propriétaire, on la regarde même jouer au badminton... mais tout se fait à son niveau.

 

Pas de grandes scènes d'action, ni de tendresse, mais un film humain, un magnifique portrait de femme seule, qui a décidé de combattre de manière solitaire sa maladie, et qui a choisi de faire de la place dans sa vie à la beauté. Elle qui n'a jusqu'alors vécu que pour aider les autres décide alors de se prendre en main, et d'assumer une part toute relative d'égoïsme qui lui fait appréhender la vie autrement. Et cette transformation qui est très bien rendue par le réalisateur, Lee Chang-dong.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Lucile 16/09/2010 23:41



La bande-annonce sur France Inter m'a fait assez envie, et ton billet me conforte dans mon idée! Bon, vu ma fréquentation des salles de cinéma, je pense que je le verrai dans un bon moment sous
la forme vodcast! ^_^



Yohan 21/09/2010 19:26



Dans ce cas, je te conseille de te mettre à l'aise et au calme et après une journée calme, car le rythme lent, qui passe bien au cinéma, risque d'avoir des effets hypnotiques inattendus ;-)



Choupynette 11/09/2010 21:34



Avant de lire ton billet j'étais sceptique, et puis tu as piqué ma curiosité. Je suis donc allée visionner la BA. Tout cela m'a donné envie! J'espère pouvoir aller le voir du coup.



Yohan 12/09/2010 20:11



C'est un film très réussi et intéressant. Il faut se plonger dans le rythme, assez lent, mais après, c'est un plaisir !



virginie 11/09/2010 18:20



J'avais vu la bande annonce de ce film cet été et j'avais déjà très envie de le voir. Je crois qu'il va falloir me dépêcher, ces films ne restent en général pas très longtemps à l'affiche !



Yohan 12/09/2010 20:10



Oui, je ne pense pas qu'il va rester très longtemps à l'affiche. Alors vas-y, je pense qu'il devrait te plaire !