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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 09:31

Dans plusieurs siècles, l’Europe sera recouverte par plusieurs mètres de glace et de neige, qui auront enseveli toutes les traces des civilisations passées. Un groupe d’humains, survivant au changement climatique brutal, accompagné de chiens croisés avec des cochons au flair époustouflant, tente de trouver des vestiges érigés par leurs ancêtres, et de comprendre leur mode de vie, leurs croyances, leur manière de pensée. Ils cherchent surtout à retrouver la cité perdue indiquée sur leur carte. Au fil de leur marche et de leurs disputes, ils découvrent des vestiges de ce temps révolu. Jusqu’à ce qu’un petit groupe tombe par hasard dans un bâtiment qu’ils ne connaissent pas. Ce qu’ils y découvrent (peintures, sculptures) leur laisse présager une source primordiale pour comprendre ces civilisations. Mais le Louvre, même recouvert de neige, recèle de nombreux secrets…

 

A la suite de la lecture de la BD de Marc-Antoine Mathieu, Les Sous-sols du Révolu, je me suis plongé dans cette autre BD qui met elle aussi au centre de l’histoire le musée du Louvre. L’intrigue ne démarre vraiment que lorsque les membres de l’équipée tombent dans cet endroit à leur yeux étrange. Auparavant, Nicolas de Crécy en profite pour décrire les querelles qui minent le groupe, et les raisons pour lesquelles il se trouve seul dans cet immense étendue blanche et inquiétante.

 

La première découverte est celle d’un bâtiment de Rungis, qui permet aux scientifiques de s’extasier devant l’art rupestre de nos contemporains (leurs tags, pour aller vite). Le moment le plus convaincant, et qui vaut à lui seul de lire cette BD, est le passage central : un des scientifiques, perdu dans le Louvre glacé, utilise les images qu’il a devant les yeux pour retracer la vie de la civilisation du XVe au XXe siècle. Il en déduit que cette civilisation est une civilisation de l’image et non de la parole ou des mots, que les hommes sont capables de voler (déduction due aux anges), et que cette possibilité est liée à leur mort prochaine. En redessinant dans la BD les œuvres qui permettent d'écrire cette histoire de notre civilisation, Nicolas de Crécy rend l’ensemble extrêmement convaincant, et totalement jubilatoire de par les contresens faits à partir des œuvres regardées. Avec eux, Delacroix devient le nom d’un établissement pour femmes aux mœurs légères, et l’eau est au centre de toutes nos préoccupations.

 

La dernière partie de la BD, plus fantastique, donne vie aux statues du musée et aux personnages des tableaux. Si elle est intéressante, elle ne vaut pas ce qui précède, et n’est malheureusement que le prélude à une fin en queue de poisson, avec un discours attendu et un brin convenu sur l’art qui triomphe et permet de surmonter tous les obstacles.

 

Néanmoins, ces quelques réserves n’empêchent pas de faire de Période glaciaire une approche originale et réussie de nos relations avec les civilisations passées, en nous mettant à leur place et en utilisant comme élément d’explication et de compréhension de notre époque des œuvres qui pour nous ont un sens tout autre.

 

Les avis de Dédale (Biblioblog), Chiffonnette (toutes deux beaucoup plus enthousiastes que moi !)
Période glaciaire, de Nicolas de Crécy
Ed. Futuropolis - Musée du Louvre

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commentaires

Yaneck 29/10/2009 10:04


Salut à toi Yohann.

Peux-tu m'envoyer la note de cet album, pour le classement top bd des blogueurs d'Octobre s'il te plaît? Par le mail de ce commentaire, ce serait le mieux.


Yohan 03/11/2009 12:06



Voilà, ce fut fait en temps et en heure !



Lilibook 13/10/2009 17:47


Ton billet me tente assez pour cette BD, je prend note.


Yohan 14/10/2009 08:11


Je guetterai un billet, alors !


Pascale 10/10/2009 08:48


J'avais beaucoup aimé l'idée et la réflexion qui s'en suit sur l'histoire et l'interprétation que les hommes en font. Beaucoup aimé le graphisme également;


Yohan 11/10/2009 15:47


Cette interprétation est vraiment cce qui fait le plaisir de cette BD, avec ce graphisme inhabituel et très esthétique.


kalistina 10/10/2009 00:42


J'ai eu un peu le même ressenti que toi... J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée, le coup de crayon, les quiproquos qui font le sel de l'histoire, mais la fin m'a énervée!


Yohan 11/10/2009 15:46


Oui, je n'ai parlé du dessin, qui tire sur l'aquarelle, mais il est très réussi. Pour la fin, malheureusement, je n'ai pas adhéré...


zarline 08/10/2009 16:45


Ton avis me donne l'eau à la bouche mais j'ai peur d'être trop déçue par la fin. Elle est si terrible que ça?


Yohan 11/10/2009 15:42


Oh non, il ne faut pas que la fin t'empêche d'ouvrir cette BD. elle m'a déçu car elle est convenue, et car elle est moins bonne que le centre de l'ouvrage qui est passsionnant !