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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 14:42

oslo-31-aout.jpgVoici l'excellente surprise cinématographique de ce début d'année. Elle vient de Norvège, et est signée par Joachim Trier, dont c'est le deuxième long métrage. L'histoire est celle d'Anders, toxicomane qui suit une cure et obtient une journée de sortie pour passer un entretien professionnel. Il en profite pour essayer de revoir ceux qu'il cotoyait avant le début de la cure : son meilleur ami, universitaire plongé dans les études de lettres, sa soeur, ses amis. Mais la confrontation avec la passé est loin d'être anodine.

 

Ce film est un petit bijou. Avec peu de moyens et des acteurs formidables, Joachim Trier signe un film passionnant sur le retour à la réalité d'un homme confronté à ses addictions. Le passé que souhaite retrouver Anders, à l'occasion de cette sortie, est fantasmé : son ex est partie s'installer à New-York, sa soeur s'est remise en couple avec son amie sans le prévenir et son meilleur ami a quitté ses habits de fêtard pour ceux du père de famille rangé, prêt à renoncer à une soirée pour jouer avec sa femme au jeu vidéo.

 

Le film tient sur peu de choses, mais l'utilisation que Joachim Trier fait de la caméra ou du son est vraiment très judicieuse. Que ce soit dans une soirée, au bord d'une piscine d'hiver ou sur une terrasse, tous les plans sont passionnants, avec une mise en scène maligne qui parvient à se faire oublier.

 

Tout le film est vu par les yeux d'Anders. Hormis la séquence d'ouverture qui montre Oslo dans les années 70, on ne quitte jamais le héros. Le film s'ouvre sur une scène de tentative de suicide : Anders ramasse des cailloux pour tenter de se noyer. Méthode peu académique qui échoue, mais qui marque l'ensemble du film. Jamais le spectateur n'oublie cette séquence d'ouverture, et le thème du suicide revient hanter de nombreuses séquences du film, notamment lors de l'entretien d'embauche. Anders Danielsen Lie donne au personnage une profondeur et un trouble qui s'empare du spectateur presque dès l'ouverture, et ne le quitte pas. Un film passionnant, émouvant qu'il faut se dépêcher d'aller voir avant qu'il ne disparaisse des écrans. Le cinéma norvégien a certainement trouvé un grand réalisateur.

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commentaires

P

oui c'est juste ! je suis content de lire de beaux avis comme ça sur le film... d'ailleurs j'ai vu le 1er film du réalisateur ce week end, qui est vraiment super dans un tout autre genre, plus
drôle celui ci...
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Y


De rien, j'aime bien voir aussi de si beaux films. Je guetterai aussi le premier film du réalisateur !



F

Et si ce n'est déjà fait il faut essayer de dénicher l'adaptation de Louis Malle avec Maurice Ronet. Dépression garantie !


PS. C'est gentil d'être venu jouer. Il aurait fallu lire les indices, pour une fois j'en ai mis à l'envers... j'ai causé de gens QUI N'ETAIENT PAS là... :) Retente ta chance ^^
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Y


Merci pour ce conseil cinématograhique. Je zieuterai les films de Louis Malle !



D

Bonjour Yohan, je confirme qu'il faut aller voir ce film librement adapté du Feu Follet de Drieu La Rochelle. C'est remarquable (billet à venir). Bonne après-midi.
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Y


Oui, je n'ai aps cité le roman à l'origine, tu fais bien de le noter. Je lirai ton billet avec intérêt !