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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 07:52

http://www.lmda.net/imgliv/L61828.jpgLemuel Sears, vieil homme habitué à la ville, profite de l'hiver pour retourner à Janice, la ville de son enfance. Là, il retrouve l'étang sur lequel il patinait quand il était petit. Mais quelle n'est pas sa (mauvaise) surprise lorsqu'il découvre que l'étang sert maintenant de dépotoir. Il demande alors à un détective de mener une enquête, mais celui-ci est rapidement supprimé. Il lui semble donc difficile de mener à bien cette investigation, surtout à distance. D'autant que sa paisible existence est troublée par la rencontre avec une jeune femme, dont il tombe amoureux, mais qui lui mène la vie dure.


La paradis est, pour Sears, cet étang qu'il a connu enfant. Il veut connaître les responsables de son salissement. Mais Sears ne mène pas lui-même l'enquête : il mandate un détective, puis un environnementaliste pour trouver les origines de cette pollution inacceptable. Mais leur fin tragique laisse penser que les enjeux dépassent largement Sears. Mais les figures des deux inspecteurs sont juste ébauchées, car ce n'est pas par ce biais que l'auteur nous apprend ce qui est à l'origine de cette pollution. Et Sears ne sera finalement mis au courant que de manière incidente. Car John Cheever fait le choix d'un récit alterné, entre les aventures amoureuses de Lemuel, et la vie de la petite bourgade autour du lac.


Plus précisèment, il fait entrer le lecteur dans l'intimité de deux familles voisines et qui ont du mal à vivre en bon voisinage. L'une d'entre elles, d'origine italienne, est directement impliquée dans ce qui intéresse Sears, alors que la seconde sera elle insérée dans l'histoire de manière détournée.


Et c'est cette narration alternée qui est le vrai plaisir de ce court roman, car on navigue entre Manhattan et Janice, entre Sears et les querelles de voisinage, entre un supermarché, centre de toutes les tensions, et un voyage au bord de mer qui réunira la famille. Cette diversité de ton,et d'écriture est un vrai plaisir de lecture car, avec de courts chapitres, le lecteur ne sait jamais où l'auteur va l'emmener.


Le seul petit défaut de ce roman concerne l'intrigue amoureuse entre Seras et la jeune femme, qui le tourne un peu en bourrique. Annexe au cœur du roman (la pollution de l'étang), elle ne sert que peu l'intrigue, et si elle permet de cerner un peu plus le personnage de Sears, elle est loin d'être essentielle. D'ailleurs, quelques jours après ma lecture, mes souvenirs sur cet aspect du roman sont minimes, alors que ceux concernant les affaires de Janice sont encore très présents.


Ecrit en 1982 et dernier roman de son auteur, John Cheever, On dirait vraiment le paradis est un roman à la lecture très plaisante, au style agréable, et qui permet de découvrir cet auteur reconnu par ses pairs mais dont les écrits n'ont été que tardivement publiés en France.

 

On dirait vraiment le paradis, de John Cheever

Traduit de l'anglais par Laëtitia Devaux

Ed. Joëlle Losfeld

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commentaires

belle môman.... 07/01/2011 19:56



J'aime bien  quand tu écris qu'on ne sait jamais où l'auteur nous emmène.. C'est ce qui m'a un peu déstabilisée et en même temps séduite!



Yohan 08/01/2011 22:46



Ah, enfin un premier commentaire ! Eh bien, cela me fait très plaisir que tu oses prendre le clavier pour venir ici.


C'est en relisant ce billet que je me souviens de l'intrigue et de ce qui m'avait plu, car mes souvenirs étaient assez flous. D'où la difficulté que j'avais à en parler il y a quelques jours !