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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 14:06

nueva konigsberg

Connaissez-vous Jean-Baptiste Botul ? Depuis la méprise de Bernard-Henri Lévy dans un de ses derniers ouvrages, il est presque impossible de ne pas avoir entendu parler de ce philosophe de fiction, inventé par un journaliste du Canard enchaîné. Mais le fait qu'il soit une fiction n'a pas empêché Paul Vacca de s'en emparer pour en faire l'un des héros de son second roman, Nueva Königsberg. Et cela quelques mois avant que le personnage ne soit médiatisé par BHL !

 

Nous sommes en 1946. Botul, philosophe reconnu, est contacté par un de ses confrères pour animer une série de conférences au Paraguay sur la question de la séxualité. Le souci, c'est qu'il s'adresse à une communauté d'adeptes de Kant, qui ont choisi de vivre selon les préceptes du philosophe. Et donc, en abandonnant toute idée de vie sexuelle. L'arrivée de Botul, accompagné de Sébastien Marot, un jeune cinéaste zazou, va remettre en question les choix de vie du groupe kantien.

 

Le livre de Paul Vacca n'est en rien une analyse philosophique qui aurait pour objectif de savoir si les préceptes défendus par Kant sont applicables dans la vie réelle. On se trouve plutôt ici dans le registre de la comédie, du roman léger qui d'une situation burlesque, essaie d'actionner tous les ressorts loufoques possibles. Car si Botul semble assez à son aise dans cette communauté, ce n'est pas le cas de Sébastien Marot, éloigné de son milieu habituel et qui s'interroge sur les raisons d'être de ce groupe, qui a choisi d'émigrer pour échapper à l'oppression.

 

Les idées comiques sont nombreuses et assez bien vues, qu'elles s'appuient sur les textes de Kant ou qu'elles s'inspirent du milieu cinématographique cher à Sébastien Marot. Ainsi, la mise en oeuvre de la synthèse, thème central de la philosophie kantienne se traduit au quotidien par des inventions comme le laivin, mélange de lait et de vin, qui peuvent dérouter celui qui n'est pas prévenu. La personnage de Sébastien, par son amour du cinéma, permet à l'auteur des entrées dans des univers très éloignés du monde kantien, comme la slapstick comedy, popularisée par Laurel et Hardy.

 

Un mélange de différents registres comiques qui fait mouche. Le tout est agrémenté d'une histoire d'amour entre Sébastien et une des membres de la communauté, mais leur relation est bien entendu totalement dépendante des conclusions des huit causeries de Botul sur la sexualité des kantiens.

 

Un roman plaisant et léger, qui n'a semble-t-il d'autre but que celui du divertissement, et qui y réussit assez bien. On est assez loin de l'univers de La petite cloche au son grêle, mais cela prouve que Paul Vacca en a sous la semelle !

 

Voir aussi les avis, dans le même registre, de Joël, Lily, Amanda, Florinette, Cathe, Cathulu, Keisha, Bellesahi, Sylire ou Aifelle

Nueva Königsberg, de Paul Vacca

Ed. Philippe Rey


 

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commentaires

BelleSahi 10/08/2010 13:30



Oui il en a sous la semelle et j'attends le prochain...mais quand ?!



Yohan 18/08/2010 22:30



Ah, ça, c'est à lui qu'il faut le demander ;-)