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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 07:50

notre terreurChouette ! C'est la rentrée théâtrale dans les théâtres parisiens publics. Pour débuter la saison, le théâtre de la Colline reprend un spectacle déjà accueilli l'an dernier, Notre terreur. Le spectacle a été créé et joué par le collectif d'ors et déjà, qui avait présenté Le père Tralalère, et qui laisse dans ses spectacles une grande part à l'improvisation.

 

Notre terreur, c'est la plongée au coeur du Comité de Salut Public, gouvernement de neuf individus qui était au pouvoir au moment de la Grande Terreur. Parmi les membres du comité, il y a notamment Robespierre et Saint-Just, les plus connus aujourd'hui, mais leurs collègues ne sont pas tous proches de ces deux figures : Lindet est un ancien proche de Danton, et d'autres partagaient certaines idées des hébertistes, les gauchistes de la Révolution.

 

La première partie du spectacle est époustouflante. Après un monologue un poil longuet de Saint-Just, on plonge pendant un peu plus d'heure dans les discussions de ce gouvernement. Même si on ne connaît pas grand chose à cette période, la teneur des échanges et les rivalités personnelles sont passionnantes. On comprend vite que chacun a son secteur privilégié : Carnot s'occupe de la guerre, Couthon de la justice ou Lindet du ravitaillement. Les membres évoquent les problèmes de la famine qui menace, de la guerre avec les ennemis qui sont aux portes du pays. Les échanges sont également musclés quant il s'agit de savoir si la mort de Danton était nécessaire ou jusqu'ou il faut aller pour réprimer les contre-révolutionnaire (faut-il emprisonner toute la famille d'un journaliste qui a eu des propos contre le Comité ?).

 

On y ressent toute la force de ce groupe, dont les membres ont beaucoup de diifférends, mais où les décisions sont finalement prises, et souvent dans le sens des plus répressives. Les votes sont mécaniques et les opposants sont rapidement soumis au silence.

 

La seconde partie du spectacle s'intéresse plus particulièrement à l'image de Robespierre. Pour celle-ci, je pense qu'il est nécessaire d'avoir des connaissances plus importantes, ou de lire la note d'intention du metteur en scène, Sylvain Creuzevault. La thèse de ce dernier est de montrer que Robespierre n'a pas eu une influence aussi importante qu'on a pu le dire. Enfermé chez lui, il se pose des questions sur son rôle, son action, et même si ses collègues tentent de le persuader de revenir à la Convention Nationale, il reste  droit dans ses bottes. Pour Creuzevault, Robespierre (et à un moindre degré Saint-Just) sert de bouc émissaire aux thermidoriens, les opposants au Comité qui prennent le pouvoir après la mort de Robespierre. Si cela m'a permis d'y voir un peu plus clair sur cette période historique trouble, j'ai été moins convaincu par la deuxième partie du spectacle.

 

Mais, si le spectacle passe par chez vous (et il devrait le faire, car il part en tournée en Belgique et en France jusqu'au printemps), je vous invente vivement à découvrir cette oeuvre forte, parfois dérangeante, mais toujours inteligente. Elle met le spectacteur au coeur du dispositif, et on ne peut en sortir sans avoir ressenti ce spectacle. Alors, il ne vous reste plus qu'à en guetter le passage !

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commentaires

Flo 17/09/2010 17:53



Je conseille aussi vivement !  D'abord pour cette première heure formidable , qui soulève de vraies questions, politiques certes (au sens noble du mot politique : comment s'occuper "au
mieux" de la cité) mais pas seulemnt. Les discussions, heurts, puis prise de décison finale sont très bien rendus.


Et pour cette phrase , qui m'a conqusie d'emblée au bout d'un quart d'heure : les membres du comité arrivent et s'installent, et un de ces messieurs glisse alors : "J'ai apporté de la brioche,
c'est ma femme qui l'a faite"... eh oui, ce qui frappe alors, c'est que l'assemblée était composée uniquement de mâles ... La révolution féministe était encore loin !


 



Yohan 21/09/2010 19:29



Que dire de plus... sinon qu'en effet, les femmes sont très absentes de la scène, et pour cause... !