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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 10:13

nana.jpgNeuvième roman de la série des Rougon-Macquart, Nana met en scène la fille de Gervaise, déjà vue dans l'Assommoir. Enfant, elle était espiègle, désobéissante. Jeune adulte, elle est prostituée et est mise en scène au théâtre, où elle triomphe en Vénus, déesse aguicheuse et légèrement vêtue. La vie de Nana est celle de la séduction, et le roman traite du pouvoir érotique et sexuel des femmes sur les hommes, prêts à tout pour s'attirer les faveurs de la jeune fille.

 

Ce qui est très amusant dans Nana, c'est de voir que Zola écrit un roman sur la prostitution qu'on pourrait appeler de luxe sans jamais écrire une seule ligne de scène sexuelle. Il évoque, il insinue, il décrit quelques jeux tendres, quelques baisers, mais ne rentre jamais dans l'intimité de la relation entre Nana et son client. Exercice brillamment réussi qui utilise tous les stratagèmes pour évoquer la passion sexuelle sans jamais le faire directement.

 

L'autre attrait du roman réside, comme dans les autres grands romans de Zola, dans les grands épisodes décrits en longueur. Ici, la scène à l'hippodrome, qui met en scène la haute société, les prostituées aux bras des hommes qui les entretiennent, les parieurs et les chevaux est un grand moment de littérature. Le public criant le nom du cheval, Nana, alors que la femme du même nom vit une période difficile, est un immense plaisir de lecture.

 

Sur le fond, Zola s'attarde plus à montrer l'hypocrisie des milieux bourgeois et nobles qu'à dépeindre celui des prostituées. Même si on voit la vie compliquée de Nana, battue par Fontan, son mari, ou la déchéance de Satin, une de ses amies, le plus marquant reste la folie sexuelle qui s'empare des hommes, même les plus vertueux. L'exemple parfait est ici le Comte Muffat, homme pieux, qui malgré ses premières préventions, cède totalement à Nana et se ruine pour lui offrir une demeure somptueuse. Si Nana connaît une fin tragique, l'ensemble des hommes qui la courtise n'est finalement pas mieux lotie : ruine, suicide, vol,... Tous voient leur comportement profondèment modifié par la fréquentation de Nana, qui au passsage est un personnage assez détestable : égoïste, capricieuse, inconséquente,...

 

Nana est donc un roman très intéressant, mais il faut accepter de passer les 50-100 premières pages, un peu répétitives sur la description du monde du théâtre parisien. Ensuite, c'est un vrai plaisir de lecture que d'assister à ce jeu de massacre.

 

Toujours chez les Rougon-Macquart :L'Assommoir, Son excellence Eugène Rougon, Une page d'amour

 

Nana, d'Emile Zola

Ed. Folio

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commentaires

Emile Zola 01/09/2011 09:14



Superbe roman que ce "Nana", en fait Anna, fille de Gervaise et de Coupeau de "L'assommoir".


Je rends hommage à Emile Zola sur ce site : www.emile-zola-les-rougon-macquart.fr.


Je propose une biographie Emile Zola ainsi qu'une chronique pour chaque roman de la série.


Merci pour votre article et n'hésitez pas à lire le reste de la saga !!


Cordialement



Sibylline 28/08/2011 20:35



Et alors? Quel sera le prochain?



Yohan 24/09/2011 23:22



Dans la liste, le suivant est Pot-Bouille !



Sibylline 28/08/2011 10:21



ah! Je me disais justement l'autre jour: "Mais n'est-ce pas le moment de son Zola annuel?"  


Sais-tu qu'il ne nous manque plus que "La débacle" mais personne n'a le courage de se lancer?



Yohan 28/08/2011 20:01



Normalement, le moment est février, et en ce moment j'ai pris un peu de retard dans mes Zola. Je vais tenter de revenir dans mon planning l'an prochain.


 


La débâcle, c'est le 19eme ! En plus, comme je l'ai déjà lu, je risque de ne pas être le premier à en parler ;-)