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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 09:45

my-little-princess.jpgVioletta, jeune fille d'une dizaine d'années, vit avec sa grand-mère. Sa mère, Hannah, qui rêve de devenir artiste, s'essaie à la photographie après un échec dans la peinture. Poussé par un ami dans cette activité, elle choisit de mettre en scène Violetta dans ses créations. Mais les poses suggestives et érotiques de la petite fille créent le scandale lorsque les photos sont exposées. Si Hanna ne voit son oeuvre qu'à travers la renommée qu'elle lui apporte, sa fille souhaite arrêter dejouer à la femme désirable. Les relations entre la mère et la fille prennent vite une tournure très conflictuelle.


Film troublant, presque dérangeant, My little princess questionne clairement la limite entre exhibition et travail artistique. Questionnement accentué par le fait qu'au centre du dispositif se trouve ici une enfant d'une dizaine d'années, qu'on voit évoluer successivement avec sa grand-mère et à l'école (cadres ordinaires pour une enfant de cet âge), puis dans l'atelier de sa mère, où elle devient une autre personne. Jamais Hannah n'imagine que ce qu'elle demande à sa fille peut la faire souffrir, malgré les demandes répêtées de sa fille d'arrêter de poser nue. Pour elle, le travail artistique lève toutes les limites, et sa fille devient un objet artistique qu'elle manipule comme on le ferait avec les fruits d'une nature morte.

 

Cette relation complexe mère-fille, dont les clés sont données en partie à la fin du film, est le deuxième point au centre de l'oeuvre (intimement lié au premier). La difficulté de ces relations fait écho à celle qu'a Hannah avec celle qu'elle appelle Mamie, et qui élève Violetta. Jamais elle n'occupera ce rôle de mère, hormis pour servir de modèle à sa fille lorsque cette dernière commence son travail de modèle.

 

Film réalisé par Eva Ionesco, il est tiré de sa propre histoire (ce que je n'ai su qu'en sortant du film). Fille de la photographe Irina Ionesco, elle a posé pour sa mère, notamment pour des photos de nue, alors qu'elle n'était qu'une enfant. Ici, son personnage est tenue de manière assez forte, selon moi (mes accompagnateurs pour ce film n'étaient pas tous d'accord), par la jeune Anamaria Vartolomei, qui associe son aspect enfantin à l'artificialité qui lui vient de sa mère. Mère incarnée par Isabelle Huppert, qui je trouve réussit à associer son aspect fantasque à la folie du personnage (Souvent, la folie de ses personnages est assez austère, comme dans la Pianiste). Film qui aurait gagné à être un poil plus court, car la fin est un peu répétitive, mais que je trouve dans l'ensemble très intéressant sur les questions de l'art et de ses limites, et de l'interférence entre art et relation humaines.

 

PS : Blog en pause pour 15 jours !

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