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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 13:10

mon couronnementGilbert Kaplan, scientifique à la retraite, apprend de manière impromptue que son travail a été reconnu  par une institution prestigieuse. Alors qu'il n'attendait plus grand chose de la vie, et encore moins de son passé de chercheur qui lui semble très lointain, il est confronté aux journalistes, aux nombreuses sollicitation dont il est l'objet. A ses côtés, Mme Ambrunaz l'aide au quotidien, et tente de le persuader du bien-fondé de ce couronnement tardif. Sans compter sur sa famille, qu'il retrouve en cette occasion, mais ce ne sont malheureusement pas ceux qu'il souhaite le plus ardemment retrouver.

 

Véronique Bizot dresse ici, en une centaiine de pages, un portrait sensible et saisissant de cet homme en fin de vie, qui doit affronter la vieillesse avec sa dame de compagnie, et qui ne peut s'empêcher de profiter de ce retour sur son passé de scientifique pour plonger dans son histoire. Car la vie de Gilbert Kaplan est marquée par des relations familiales complexes et contrariées. Il y a ses soeurs, Louise et Alice. Louise est celle dont il se sentait le plus proche, mais qui du jour au lendemain a choisi d'accompagner un évèque dans les villes pauvres de l'Inde, et qui n'a plus jamais donné de nouvelles. Alors qu'Alice, l'alsacienne obsédée par la propreté, s'invite plus qu'à son tour.

 

Il y a également les garçons de sa famille. Son frère, reclus dans un chalet des Vosges, et qu'il ne voit que rarement. Et son fils, installé dans une ferme en Picardie, celle que la famille a quitté après le suicide de la mère. Tous, hormis Louise, se retrouvent autour du scientifique pour l'accompagner dans cet ultime hommage, ce qui n'est que peu du goût de ce dernier.

 

A travers les déambulations dans Paris, la vie dans l'appartement de la rue Saint-Lazare ou les escapades plus ou moins forcées au Touquet ou dans la campagne chablisienne, on découvre un vieil homme, en fin de vie, qui souffre de l'absence de ceux qui sont loin, mais qui n'éprouve aucun regret par rapport à sa relation aux proches. Louise est la grande absente, c'est cette image qui parcourt tout le roman, en filigranne. Une belle et tendre évocation de ce personnage, et de la relation qu'il entretient avec Mme Ambrunaz, qui permet de se plonger pendant quelques instants dans ce monde calfeutré et organisé qui refuse d'être dérangé par le bruit venu de l'extérieur.

 

Les avis de Cuné, de Chiffonnette

 

Mon couronnement, de Véronique Bizot

Ed. Actes Sud

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