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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:00

melancholia.jpgIl est parfois difficile de faire abstraction des sorties d'un réalisateur en visionnant son film. Et celle de Lars van Trier, à Cannes, a tellement fait parler que son film a été exclu de la compétition, ne pouvant plus recevoir de prix global. Pourtant, que Melancholia aurait mérité mieux !!! La présence de Kirsten Dunst au palmarès permet d'afficher Melnacholia sans trop de polémiques, mais on se dit que c'est un prix de substitution.

 

Car Melancholia est un grand film. Un de ces films dont on sent qu'ils seront un classique en sortant du cinéma. Si je devais le comparer à l'autre grand film de Cannes, The tree of life de Mallick, je dirai que Lars van Trier à réussi un film tout aussi ambitieux et métaphysique que son collègue américain, mais qu'il a réussi à supprimer toutes les scories et surplus qui font de certains parties du film de Mallick un fatras pseudo-religieux indigeste.

 

Melancholia, c'est la confrontation d'un petit groupe d'individus avec la fin du monde. Melancholia, c'est l'analyse de la mélancolie (la dépression du XIXe) qui touche Justine, alors qu'elle a tout pour être heureuse : mariage, richesse... Melancholia, c'est une réflexion profonde et angoissante sur le sens de la vie : que signifie un plaisir, un au revoir, lorsqu'on sait que tout est voué à disparaître ?

 

En plus de ce fond qui irrigue le film de manière très intelligente, jamais didactique, Lars van Trier a eu l'excellente idée scénaristique de faire de son film un huis-clos : tout se passe dans une propriété dans laquelle on a du mal à entrer (première scène dans la chronologie du film déjà déroutante, drôle et angoissante) et qu'on ne quittera jamais, ni à cheval, ni en voiturette de golf. On reste avec Justine, sa soeur Claire, son mari et son fils, et tous les invités du mariage, premier acte du film, partent, parfois contre le gré des hôtes. La fin du monde, nihiliste, est donc vu par les seuls yeux de ce couple et de cette soeur dépressive.

 

Le film, organisé en trois tableaux, est très cohérent. Le premier, d'une beauté visuelle remarquable décrit des scènes de cauchemars de fin du monde, et ne laisse aucun doute sur l'issue du film. La deuxième, le mariage de Justine, fait irrémédiablement penser à Festen de Vintenberg. On y ressent la même angoisse sourde, les fêlures dans les dorures de ce qui devrait être un moment de bonheur. Puis, la troisième partie est la confrontation avec cette planète, qui calme Justine, fascine John, féru d'astronomie, et inquiète Claire. Un trio formidable (Kirsten Dunst, Kiefer « Jack Bauer » Sutherland, Charlotte Gainsbourg), qui donne toute son ampleur à cette dernière partie. De manière générale, l'ensemble du casting est très bon, et confirme la formidable direction d'acteur de Lars van Trier.

 

Et puis il y a cette dernière scène, dont le souffle ne pourra que vous retenir sur votre fauteuil. Pour faire court : allez-y !

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commentaires

Stéphanie 13/09/2011 13:05



Bravo ! :)


Dans mon article j'ai préféré ne même pas parler des propos du réalisateur à Cannes... mais, à quand la possibilité de liker sur ce blog ? ;)



Jeffffffffff 10/09/2011 18:32



 


Melancholia de Lars von Trier


 


Menuet fatal


 


Le traitement de la fin du monde par Lars von Trier ne laisse pas indifférent. S’éloignant des blockbusters, il traite le sujet en lui donnant le goût d’une fable poétique et dramatique.


Après une introduction exhalant un romantisme teinté de morbide, l’humeur de notre héroïne, Kirsten Dunst, se délite au fur et à mesure que la menace se précise. Elle tente bien de donner le
change devant les invités de son propre mariage mais finalement la dépression la submerge. Le couple naissant n’y résiste pas et le flot de sa douleur emporte le bonheur convenu. La dépression
est la plus forte comme cette planète, Melancholia, qui exécute un dangereux pas de deux avec la terre.


Mais la terre n’est pas la seule victime, la raison aussi sort vaincue de ce menuet. Le gendre, scientifique aux certitudes bien campées, et qui incarne ici la raison, fini par être vaincu dans
cette danse lascive entre les planètes. L’intuition de sa belle-sœur est bien plus clairvoyante que les certitudes du monde scientifique. Il est vrai que le réalisateur fait dire à l’héroïne
qu’il n’y a rien attendre de la vie car « ici tout est mauvais ».


Le film est subtilement rythmé par un montage prenant le partie d’une caméra alternant des plans fixes ou à l’épaule, suggérant la quiétude ou la menace.


Dans ce monde ou les faux semblants alternent avec le désespoir, le malheur comme le bonheur bégaient. Le refuge se trouve alors dans le règne du monde animal, incarné par des chevaux, qui a
l’approche du dénouement final s’apaisent, et dans la nature – apparemment paisible - mais tout aussi inquiétante. On peut évidemment être gêné par le nihilisme apocalyptique de l’auteur. Ame
sensible s’abstenir.


L’attitude de la mariée, « insensée » aux yeux de notre scientifique, préfigure en fait le destin de tous. En nous confrontant à l’expérience d’une mort certaine, il fait appel à notre
humanité, et nous invite à livrer les clés de la vie.


Mais pour Lars von Trier, il semble qu’elle n’ait pas d'issue, au final : le manoir est un linceul d’où personne ne peut s’échapper (ni à cheval ni en voiture). Malgré quelques sursauts, la
fatalité d’un destin tragique domine. Et dans le plan final, à la beauté cruelle et frappante, il finit d’achever sa démonstration d’un cinéma dans la pleine puissance de ses moyens et dans le
constat désabusé du monde. Beau film à la beauté vénéneuse.


 


http://www.jeanboye.fr/index.php?option=com_zoo&task=item&item_id=22&Itemid=57


 


Melancholia


Date de sortie cinéma : 10 août 2011


Réalisé par Lars von Trier


Avec John Hurt, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg


Long-métrage français, danois, suédois, allemand.


Genre : Science-fiction, Drame


Durée : 02h10min


Prix d'interprétation féminine : Festival de Cannes 2011


Synopsis : À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia
se dirige vers la Terre...


 



Fabien MORISSET 20/08/2011 12:55



Melancholia m'a boulversé et j'apprécie que nous ayons écrit presqu'en même temps nos opinions très positives.


La mienne est ici :


http://fromtheavenue.blogspot.com/2011/08/melancholia-de-lars-von-trier.html


Bons films!



Yohan 28/08/2011 19:58



Merci pour le lien, je vais y jeter un oeil !



Mélopée 20/08/2011 11:13



Je l'ai vu hier et ai, moi aussi, été soufflée. Autant j'étais restée dubitative devant "The tree of life", autant j'ai adhéré à la construire de ce film. Quant au début et à la fin, c'est juste
du grand art !



Yohan 28/08/2011 19:57



UN excellent film, en effet ! Et comme toi, j'ai préféré ce film à celui de Mallick !