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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 07:27

Mademoiselle-ChambonCe film est un petit miracle. Stéphane Brizé, à partir d'une histoire on ne peut plus classique (voire bourrée de clichés) et alors qu'il ne se passe pas grand chose, signe un film sensible, subtil et tendre. Une vraie prouesse !

 

Jean vit avec sa femme, Anne-Marie, et son fils Jérémy, dans le sud de la France. Maçon, c'est un homme attentionné, qui prend soin de son père en fin de vie, et qui est aimé de tous. Alors qu'il va chercher son fils à la sortie de l'école, l'institutrice, Mademoiselle Chambon, lui demande s'il peut venir présenter son métier devant la classe. C'est la première rencontre entre Jean et Véronique Chambon, et le début d'une relation troublante.

 

Le scénario est, comme je l'ai dit, on ne peut plus classique, et on y retrouve des éléments qui peuvent paraître difficiles à intégrer dans le film, comme cette opposition presque trop flagrante entre l'intellectuelle qui joue du violon et le maçon, manuel, qui bataille avec sa femme pour aider son fils à faire un exercice sur les compléments d'objet direct. Mais Stéphane Brizé instaure un charme, un mystère, une sensibilité dans toutes les scènes qui fait que ces éléments passent sans aucun problème.


De nombreux passages sont lumineux, pleins d'une tendresse comme j'en ai rarement vu au cinéma, comme ce passage où Mademoiselle Chambon écoute Jean parler de son métier dans son classe, le moment où ils écoutent des morceaux de violon assis dans un canapé ou ceux où Jean nettoie les pieds de son père.

 

Il est complexe de parler de ce film, car l'intrigue est minimale, mais le pouvoir évocateur immense. Stéphane Brizé raconte, dans une interview, qu'il a laissé les acteurs improviser leurs textes, pour justement leur laisser la place pour exprimer le doute, l'incertitude. Car ce film est plein de silences, de moments où ni l'un ni l'autre ne savent quoi dire, et c'est littéralement troublant.

 

Le film tient aussi beaucoup à ses acteurs. Le couple principal, Vincent Lindon – Sandrine Kiberlain, est vraiment merveilleux. Ce sont deux acteurs que je découvre vraiment depuis peu (depuis La moustache et Welcome pour Lindon, depuis Après vous et Très bien, merci pour Kibelain), et qui sont vraiment de formidables interprètes. Je tiens également à souligner la prestation de Aure Atika, très sobre et juste dans le rôle de la femme de Jean, et la présence de Jean-Marc Thibault, qui incarne avec beaucoup d'émotion le père de Jean.

 

C'est vraiment un film inattendu, merveilleusement filmé et réussi. Loin de la guimauve qu'aurait pu donner un tel scénario, Stéphane Brizé signe une oeuvre personnelle et intime, que je trouve formidable.

 

Les avis de Laëtitia (emballée), de Pascale (beaucoup plus réservée)

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commentaires

Pascale 05/11/2009 00:08


Je m'en veux de ne pas avoir été touchée moi qui suis si sentimentale !


Yohan 05/11/2009 20:02


Bah oui, je ne comprends vraiment pas ta réticence ;-). Toi qui adore Sur la route de Madison, je pensais que cela ta plairait mais non. Comme quoi, rien n'est jamais acquis...


Franck Bellucci 02/11/2009 10:34


Je suis pleinement de ton avis, un vrai miracle de subtilité que ce film qu'il faut courir voir...


Yohan 03/11/2009 12:13


Oui, un petit miracle, car c'est un vrai prodige de faire passer autant d'émotions avec une intrigue aussi mince et une telle économie de moyens. Vraiment à découvrir !