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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 17:00

lettres-damour-a-Staline-copie-1.jpgMikhaïl Boulgakov, auteur entre autres de Le Maître et Marguerite, a entretenu des relations complexes avec le pouvoir politique. En particulier avec le premier représentant du pouvoir soviétique des années 30, Staline. Ce spectacle, écrit par Juan Mayorga et mis en scène par Jorge Lavelli, retrace  à partir de leur correspondance la relation entre les deux hommes, le tout arbitré par Mme Boulgakov.

 

Boulgakov se plaint en effet que ses pièces de théâtre, autrefois encensés par les autorités et par Staline lui-même, sont aujourd'hui censurées. Il décide donc d'écrire à Staline pour en comprendre les raisons. Bien que sa femme s'entête à lui dire que cela est inutile, il insiste. Jusqu'à un coup de fil de Staline, coupé en cours de conversation, et dont Boulgakov attendra vainement la reprise. Puisqu'il ne peut voir Staline en chair et en os, il le verra en songe.

 

Voilà une pièce avec un point de départ intéressant : comment l'artiste parvient-il à s'exprimer dans une dictature ? Quels compromis doit-il faire ? Ici, Boulgakov fait tout pour que ses pièces soient jouées, et demande même à quitter l'URSS, comme l'a fait un de ses confrères. Mais Staline lui répond qu'il n'a rien à faire hors de son pays, posant la question de la relation entre l'artiste et sa terre natale.

 

Malheureusement, l'ensemble n'est pas complétement convaincant. Ce n'est nullement à cause des acteurs (Luc-Antoine Diquéro, Marie-Christine Letort et Gérard Lartigau), mais plutôt à un rythme, dans le déroulement de la pièce. Le début est notamment un peu long, avec une imitation de Staline par Mme Boulgakov qui dure un peu trop. L'arrivée de Staline, sous forme de spectre, redonne de l'énergie au spectacle, et permet à l'ensemble de rebondir. Un spectacle que j'aurai aimé plus aimer, et qui s'il reste une production de qualité, manque de ce petit supplément qui fait les très bonnes pièces. Toutefois, il donne envie de lire Boulgakov, dont les titres des oeuvres reviennent souvent dans le spectacle : La garde blanche, Coeur de chien, L'île pourpre,... Et ce n'est déjà pas si mal !

 

Roman de Mikhaïl Boulgakov : Le Maître et Marguerite

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commentaires

Emmanuel 17/06/2011 09:53



Amusant comme les actualités des blogs culturels s'entrecroisent parfois par le plus grand des hasards. Nous venons juste d epublier sur le Blog des Bouquins le quatrième épisode de notre podcast (dans lequel nous
échangeons de vieux souvenirs de lecture) consacré au Maitre et Marguerite !


Ce spectacle devait faire un bon contrepoint à la lecture du roman, qui est fortement imprégné de cette souffrance vécue par boulgakov face à la censure. Je découvre malheureusement sur le site
du Théâtre de la Tempête que la dernière représentation avait lieu le 29 mai. Tant pis, nous nous contenterons de ton compte-rendu justement pondér :)



Yohan 19/06/2011 09:41



J'ai malheureusement une fâcheuse tendance à aller voir les spectacles pour les dernières représentations. Du coup, sur le blog, c'est moins efficace (ça reste une trace pour moi), sauf en cass
de tournée ou de reprise(ce qui arrive tout de même assez fréquemment).


Merci pour le lien vers le podcast, j'irai y jeter une oreille !



Franck Bellucci 07/06/2011 13:45



J'ai également beaucoup apprécié ce film. On y retrouve en effet le regard social, réaliste des frères Dardenne mais j'ai surtout apprécié l'émotion dénuée de tout pathos et l'extrême justesse du
jeu de l'enfant. Un film simple, sobre et pourtant profondément intelligent et bienveillant dans le regard qu'il porte sur le monde et les êtres.



Yohan 08/06/2011 22:15



Ah, Franck, tu t'es trompé de billet ;-). Je me permets donc de le copier au endroit !!!



Tietie007 05/06/2011 14:27



Même les dictateurs peuvent tomber amoureux !